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De quelle manière faire son purin d’ortie ? Bien que facilement accessible dans le commerce, le purin d’ortie peut également être fabriqué à la maison pour un moindre coût. La recette, très simple, requiert tout de même quelques points d’attention pour une bonne fermentation, et quelques jours de patience. Pour les plus pressés, certaines techniques permettront de réduire ce temps de fermentation. Et pour ceux que l’odeur forte du purin d’ortie rebute, nous vous livrons également des astuces pour réussir un purin moins malodorant. Pour autant, ne vous attendez pas à un parfum de rose ! Envisagez la mise en place d’un massif d’orties dans le jardin qui vous rendra parfaitement autonome et apportera quelques avantages précieux pour le jardinier responsable. Vous n’aurez plus qu’à traiter vos légumes et plantes ornementales avec ce bon purin, elles vous remercieront !
Sa fabrication
Comment faire le purin d'orties ?
Pour 10 litres de purin il vous faudra :
2 seaux ou tout autre contenant de plus de 10 litres (pour que le brassage quotidien soit plus facile). Sélectionnez un contenant en plastique ou en bois, la fermentation du purin fait s’oxyder le métal.
Des bidons opaques.
Des gants et un sécateur pour ramasser et traiter les orties.
Un tissu (toile de jute par exemple) ou un grand torchon pour protéger le mélange pendant la fermentation. Il pourra également servir lors de la filtration.
Un grand entonnoir pour verser le purin dans les bidons.
Une balance pour peser les orties.
1 kilo d’ortie fraîche ou 100 g d’ortie sèche. L’ortie se cueille au printemps, entre avril mai avant qu’elle ne commence à fleurir. On utilise toutes les parties aériennes mais aussi les racines qui sont riches en éléments nutritifs. Attention par contre à ne pas cueillir des plantes montées en graines, celles-ci s’éparpilleraient dans tout votre jardin lors de l’utilisation du purin.
10 litres d’eau de pluie ou d’eau non calcaire (l’absorption des principes actifs est bloquée par la présence de cet élément). Il est possible d’utiliser l’eau du robinet mais en la laissant reposer au minimum 24 heures afin de la débarrasser du chlore qu’elle contient. Et pour rétablir un bon pH, ajouter 8 cl de vinaigre. Vous pouvez alors débuter la réalisation du purin, ou extrait fermenté, d’ortie.
Découpez les orties en petits morceaux. Plus ceux-ci seront petits, plus la fermentation sera rapide et la proportion d’éléments nutritifs et principes actifs restitués sera plus importante. Pour de grandes quantités, étalez tout simplement vos orties sur le sol et passez dessus avec la tondeuse.
Mettez l’ortie dans un des récipients de plus de 10 litres. Vous pouvez la mettre au fond telle quelle, ou bien, petite astuce pour rendre l’étape de filtration inutile, mettez-la dans un vieux mi-bas ou un filet quelconque.
Ajoutez l’eau puis remuez la préparation avant de la couvrir. Vous l’installerez dans un endroit ombragé et abrité de la pluie. Au cours de la fermentation, le mélange peut dégager de mauvaises odeurs, évitez donc de le placer à proximité de lieux de vie.
Brassez au moins une fois par jour jusqu’à la fin de la fermentation.
Lorsque vous ne voyez plus de bulles à la surface, la fermentation est terminée. La température joue un rôle important dans la rapidité du processus. Celui-ci peut prendre entre quelques jours s’il fait chaud et 2 voire 3 semaines s’il fait frais (pas de fermentation possible à moins de 10°). Quant aux températures au-dessus de 30°, elles nuisent à la qualité du produit fini.
Pour filtrer votre purin, fixez le tissu qui vous a servi à couvrir sur le deuxième récipient puis versez lentement le mélange eau + plantes. Grattez régulièrement le dessus du “filtre” pour permettre à la préparation de s’écouler. Vous pouvez filtrer plus ou moins finement. Pour une meilleure conservation dans le temps un filtrage fin sera nécessaire, mais le purin doit au final toujours contenir une partie de matière organique qui va former un dépôt vert au fond du bidon. Si le purin doit être pulvérisé, le filtrage doit également être très fin pour ne pas boucher le pulvérisateur. Ce filtrage peut être évité si vous avez préparé une petite quantité, à utiliser dans les jours qui suivent.
Jetez la bouillie d’orties dans le compost, elle constitue un super activateur de décomposition.
Répartissez ensuite le purin dans les bidons opaques et stockez-les au frais (12°) et à l’abri de la lumière. Le produit pourra ainsi se conserver environ 1 an. Prenez la précaution, après chaque utilisation, de vider le restant dans un contenant plus petit. Le but étant d’éviter autant que possible au purin de rester en contact avec de l’air. Il peut arriver qu’une légère fermentation se poursuive, le bidon va dans ce cas gonfler. Il suffira de régulièrement le vider du gaz emprisonné et de l’utiliser rapidement.
Si vous souhaitez faire un purin avec plusieurs végétaux (consoude, prêle, bardane, fougère), réalisez plutôt un mélange de 2 purins terminés. En effet, le temps de fermentation dépend de plusieurs critères, entre autres le végétal utilisé.
Le saviez-vous ? Les parties aériennes des orties sont couvertes de 2 sortes de poils. Les plus longs sont de véritables aiguilles, composées pour partie de silice. Leur extrémité très fine et pointue et leur rigidité leur permet de pénétrer sous la peau, mais ils sont en même temps très fragiles et, une fois plantés dans l’épiderme, ils s’y cassent en libérant un liquide particulièrement urticant. Celui-ci est composé notamment d’acide formique, qui provoque une sensation de brûlure, ainsi que d’histamine, d'acétylcholine et de sérotonine. L’acide formique étant utilisé par les fourmis, entre autres, pour se défendre.
Astuce pour le faire rapidement
Le purin d’ortie demande un temps de fermentation relativement long. En cas de manque de temps, il est possible de faire son purin d’ortie rapidement, du moins un peu plus rapidement, en appliquant quelques astuces :
Broyez vos orties le plus finement possible (vous mâcherez ainsi le travail aux bactéries).
Choisissez pour réaliser votre recette un moment où la température est clémente, au-dessus de 20°.
L’astuce en + : couvrez votre récipient avec un film plastique afin d’y faire monter la température ou installez-le au soleil. Il faut cependant veiller à ce que la température ne monte pas trop (au-dessus de 25°), au risque de faire pourrir la préparation au lieu de la faire fermenter.
Un “purin” express
Cette préparation n’est pas réellement un purin puisqu’il n’y a pas de fermentation, mais elle est tout de même assez efficace et s’utilise non diluée.
Récupérez les plus jeunes feuilles des orties, celles situées à l’extrémité de la tige. Toutes jeunes, elles sont plus riches en nutriments.
Lavez-les puis ajoutez de l’eau tiède et laissez décanter une journée.
Récupérez le liquide et utilisez-le dans les jours qui suivent.
Planter des orties
Bien que l’on trouve facilement des orties dans la campagne, en avoir dans son jardin permet d’en avoir toujours sous la main pour faire son purin d’ortie, mais pas seulement car elle offre d’autres bénéfices. Elle peut être installée dans un petit coin de prairie fleurie ou de friche, autour d’un arbre, où elle contribuera au bonheur de nombreux insectes auxiliaires en leur offrant un refuge voire un restaurant ! Les coccinelles par exemple raffolent de l’ortie : celle-ci attire en effet de nombreux pucerons et devient du coup très fréquentée par les coccinelles qui cherchent des garde-manger pour leurs larves. Les syrphes également apprécient l’ortie, mais plutôt en tant qu’abri. Les petites guêpes parasites, très efficaces contre les ravageurs du jardin, se plaisent aussi à venir y pondre. Des papillons (Vulcain, Paon de jour, Petite Tortue, …) y laissent eux aussi leurs œufs, agrémentant le repas des auxiliaires. On trouve également dans ces massifs d’ortie des prédateurs généralistes : punaises, coléoptères, araignées. De plus, l’ortie est nitrophyte, c’est-à-dire qu’elle assainit les sols trop riches en nitrates, en phosphates ou en calcaire. Elle sera semée directement en pleine terre, à l’automne ou au printemps. Elle aime les terres riches en azote, frais et elle supporte très bien les zones semi-ombragées.
Comment le faire sans odeur ?
Un purin étant le produit d’une fermentation, il ne peut pas être “sans odeur”. Par contre, il y a une différence entre l’odeur normale du purin réussi, qui dégage une odeur pas très forte et semblable à de l’urine de vache, et un purin qui a échoué car le mélange s’est putréfié au lieu de fermenter. Dans ce cas l’odeur peut effectivement être pestilentielle. Donc pour faire un purin sans odeur nauséabonde (qui sent normalement le purin (!!), il faut éviter que la préparation ne pourrisse. Pour ce faire, quelques précautions :
Installez votre récipient à l’ombre. La fermentation se fera moins rapidement mais se fera plus sûrement.
Ne couvrez pas hermétiquement le contenant : la fermentation dégage des gaz qui stagneront dans le récipient et dégageront une mauvaise odeur.
Et le plus important : brassez le mélange tous les jours, voire plusieurs fois par jour, durant plusieurs minutes et en soulevant bien toute la matière. Ce sera plus facile si l’ortie a été taillée en petits morceaux.
La sauge officinale ou le lithothamne (algue marine très riche en minéraux) que l’on conseille de rajouter pour éviter les exhalaisons du purin peuvent montrer une certaine efficacité, mais ils sont à ajouter seulement à la fin de la fermentation. La sauge va en effet bloquer cette fermentation, tout comme le lithothamne qui est très concentré en calcaire. Ajouter l’une ou l’autre une fois que la fermentation est terminée peut protéger le purin et éviter une nouvelle fermentation.
Le saviez-vous ? Il existe 2 types de purins. L’un est animal, issu du fumier et des urines des vaches notamment, l’autre est donc végétal. Les 2 sont utilisés comme fertilisants mais seuls les purins végétaux ont des effets sur les maladies qui touchent les plantes.
Son utilisation
Le purin d’ortie peut être employé de nombreuses manières :
Comme engrais riche en azote et en potassium, phyto-stimulant. Le purin d’ortie peut être appliqué en pulvérisations foliaires ou bien en arrosage sur la plupart des plantes ornementales et des légumes, excepté les légumes racines et les légumineuses. La bonne période d’utilisation se situe soit après la plantation, soit tout au long de la croissance selon les végétaux sur lesquels il est utilisé (l’azote favorisant le feuillage au détriment de la floraison). Il va également aider des plantes ayant subi un stress (sécheresse, repiquage, ravageurs, taille) et doper les plus faibles. On le pulvérisera sur le substrat des semis à la croissance longue pour pallier son appauvrissement.
Comme traitement antifongique préventif. Le purin d’ortie est un éliciteur, qui favorise les systèmes de défense antibiotique des végétaux. Il s’emploie notamment contre le mildiou mais aussi contre la nécrose apicale ou la fonte des semis.
Comme cure de fer pour les végétaux atteints de chlorose, en attendant un amendement du sol approprié.
Comme activateur de compost. Arroser le compost avec des restes de purin d’ortie permet d’en faire augmenter la température et de multiplier les micro-organismes décomposeurs.
Comme désherbant. La concentration du purin d’ortie pur est telle qu’il peut brûler les végétaux sur lesquels il est pulvérisé. À utiliser très parcimonieusement pour ne pas provoquer des surcharges de nitrates dans le sol et les nappes phréatiques.
Comment l'utiliser ?
Le purin d’ortie doit absolument être dilué pour tout usage sur les végétaux.
De 2 à 5% pour des pulvérisations. Les pulvérisations se réalisent le matin ou le soir, en abondance afin que le feuillage soit bien trempé.
10% pour les arrosages. N’arrosez pas vos végétaux au purin lorsqu’elles souffrent de la sécheresse, apportez-leur d’abord beaucoup d’eau seule. La terre doit être déjà humide avant chaque arrosage.
De 1 à 3% pour les arrosages au goutte-à-goutte.
De 20% pour les trempages.
Conclusion
Les vertus des plantes sont depuis longtemps connues par l’homme qui les a utilisées de diverses manières pour se soigner, se nourrir, et également pour traiter ses cultures. Les préparations à base de plantes sont de ce fait nombreuses et variées, dont la plus connue reste l’indétrônable purin d’ortie. La plante en elle-même possède déjà beaucoup de propriétés, qui seront optimisées par la réalisation du purin. En effet, celui-ci nécessite une fermentation qui va apporter d’autres éléments bénéfiques. Sa richesse en éléments nutritifs principaux, tels l’azote ou le potassium, sont de véritables activateurs de croissance. Il sera utilisé dilué sur la plupart des végétaux présents au jardin, soit dans le but de les fertiliser, soit pour stimuler leurs défenses naturelles contre les maladies cryptogamiques. On pourrait presque l’appeler la “toute bonne”, mais le nom est déjà pris !
