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Jardinage au naturel

Psylle du poirier

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Le psylle du poirier est un petit insecte qui peut causer des dégâts importants sur l'arbre, il est considéré comme le pire ennemi du poirier ! Les insecticides ne lui font plus peur et les professionnels ont bien du mal à trouver des traitements efficaces. Le secret pour vaincre le psylle ? La lutte biologique ! Elle cherche à renforcer naturellement les défenses du poirier et préserve la présence des prédateurs naturels de la psylle.


Poirier malade

Type de maladie

Insectes piqueurs-suceurs


Périodes d'attaque

  • Printemps

  • Été


Parties touchées

  • Feuilles

  • Fleurs

  • Fruits


Description

Le psylle commun du poirier, de son nom scientifique Cacopsylla pyri, est un insecte minuscule de 2-3 mm, qui fait penser à la cigale, de couleur rouge orangé à noir. Le bas de son corps est strié de blanc. Leurs ailes font apparaître des veines foncées. Il appartient au même ordre que les cycadelles, les pucerons, les aleurodes et les cochenilles, nuisibles bien connus du jardinier... C'est un insecte piqueur suceur de sèves, et phytophage.

Cycle de vie du Psylle du poirier

Les psylles adultes passent l'hiver sous l'écorce de l'arbre. Ils se réveillent assez tôt chez le psylle du poirier, puisque la femelle commence à pondre ses oeufs dès le mois de février. On parle de plusieurs centaines d'oeufs par génération, et de plusieurs générations selon les régions. Les oeufs sont minuscules et allongés, ils sont regroupés par petites dizaines à la base des bourgeons ou dans les crevasses de l'écorce de l'arbre. 

A leur éclosion, les larves, de couleur jaunâtre, s'attaquent de manière très vorace à leur hôte. Elles commencent par dévorer l'intérieur des boutons floraux (mettant à mal la récolte à venir), et au fil de leur mue et de leur croissance (doublant de taille à chaque stade de développement) elles colonisent les feuilles, les pétioles, les rameaux, les fruits... Leur couleur évolue alors vers le violacé à brun-rougeâtre, striée de blanc et de taches noires.

Leur période d'attaque s'étend du printemps à l'été, avec plusieurs générations se succédant. C'est en septembre que la dernière génération de larves devenues adultes se mettent à hiberner jusqu'en janvier. Les psylles sortiront alors de leur hibernation en janvier pour s'accoupler et un nouveau cycle commencera.


Symptômes

  • Dès le mois de février et le retour des beaux jours, les oeufs sont pondus à la base des bourgeons et dans les crevasses de l'écorce du poirier. Minuscules, de forme allongés, les oeufs sont par paquets de 6 à 10 et restent très discrets.

  • Au printemps, les larves ont éclos. Elles sont tout d'abord confinées dans les bourgeons qu'elles dévorent de l'intérieur. Elles se nourrissent alors exclusivement des fleurs et des jeunes feuilles.

  • En été, elles ont beaucoup grossies et s'en prennent aux nouvelles pousses puis aux feuilles. Au début, on ne pourra les observer que sur la face inférieure des feuilles, où elles forment de longs amas sombres le long des nervures. Ensuite elles étendront leur champ d'attaque aux rameaux, fruits...

  • Le poirier ralentit voire stoppe son développement, il présente des feuilles mal formées, couvertes de petits insectes marrons le long des nervures. Si l'attaque est forte (à cause de températures douces), les feuilles et les fruits tombent de manière prématurée. Les fleurs deviennent brunes et meurent. Les dernières générations de psylle en fin d'été peuvent sérieusement compromettre la récolte de l'année suivante.


Évolution

  • Le poirier souffre plus du miellat sécrété par les psylles que de leur appétit vorace des fleurs et des feuilles. Les psylles causent alors le même type de dégâts que les pucerons, insectes piqueurs suceurs eux-aussi. Et le miellat qu'ils sécrètent est lui aussi récupéré par les fourmis qui les incitent à en produire de plus en plus et qu'ils les défendent farouchement.

  • Et c'est tout ce miellat qui, comme chez les pucerons, favorisera l'installation d'un champignon noir, la fameuse fumagine qui noircit les rameaux et les fruits, les rendant inconsommables.

  • Qui plus est, par les piqûres et leur prélèvement de la sève, les psylles peuvent transmettre des virus au poirier. Virus qui peuvent mettre en péril la récolte de l'année en cours mais également celle de l'année suivante.


Terrain favorisant

  • Les psylles se développent particulièrement vite dans les régions à hiver doux. En effet, ces insectes se réveillent à la sortie de l'hiver, dès que la température dépassent les 10°C durant 2 jours consécutifs.

  • Des températures douces (autour de 23°C) lui permettent de passer de larves à adultes en 1 mois seulement, au lieu de 100 jours (à 10°C).


Plantes sensibles

Le poirier en hôte principal, le pommier en quelques rares cas et très exceptionnellement le cognassier


Lutte curative

Conseils de traitement

  • Vérifiez les jeunes pousses, quand les bourgeons commencent à gonfler au printemps. Cherchez la présence de miellat, cette substance collante et transparent sécrétée par les psylles, à la base des bourgeons de feuilles pour repérer les larves rougeâtres.

  • Observez également les feuilles, si elles présentent des brûlures ou sur leur face inférieure des colonies d'insectes marrons au niveau des nervures.

  • Renouvelez cette recherche toutes les semaines, dès le mois de février dans les régions à hiver doux et jusqu'en octobre.

Traitement écojardinage

Agissez contre les psylles comme vous le ferez contre les pucerons.

  • Ayez recours à leurs prédateurs naturels comme les coccinelles ou les chrysopes

  • Pulvérisez du savon noir (à 2%) sur les poiriers pour déloger les larves et éliminer le miellat !

  • Installez des colliers de glu autour du tronc pour contrer la montée des fourmis qui aident les larves à se multiplier et à sécréter encore plus de miellat.

Certes il ne sera sûrement pas totalement éradiqué, mais sa population sera contenue et les dégâts causés resteront minimes.

Traitement chimique

Bannissez tout insecticide ! Même ceux à base de pyrèthre qui ont pourtant fait leur preuve. Les psylles sont des insectes devenus résistants à ces traitements. Traitements qui par contre réduisent la population de leurs prédateurs naturels : coccinelles, chrysopes, certaines punaises notamment les punaises anthocorides, grandes prédatrices de psylle....

Des moyens efficaces pour combattre la maladie ou le nuisible qui ronge votre plante.


Lutte préventive

Gestes de culture

Optez pour une culture bio non intensive, qui laisse à chaque poirier la place pour se développer, et pour devenir plus résistant et plus robuste face aux attaques.

  • Les poiriers sont cultivés avec une plus grande distance entre chaque arbre. L'arbre a la place de s'épanouir

  • Les apports d'engrais sont réduits pour que l'arbre devient plus vigoureux ("moins assisté"), et raisonnés, équilibrés pour lui apporter ce dont il a réellement besoin. Inutile d'apporter en grande quantité un engrais, qui paradoxalement affaiblira l'arbre qui se développera trop vite. Si vous apportez de l'engrais pour corriger des carences de votre sol, identifiez bien la ou les carences pour les corriger spécifiquement.

  • On privilégiera la présence de prédateurs naturels en installant des hôtels à insectes en bannissant du jardin l'utilisation de tout traitement chimique (même ceux à base de pyrèthre !)

Méthodes douces

  • L'observation pour repérer le plus tôt possible les premières larves de psylle et agir sans attendre !

  • Le jet d'eau pour déloger les larves repérées

Prévenez le retour des psylles en pulvérisant dès la fin de l'hiver (janvier-février) de l'huile blanche paraffinique sur l'écorce des poiriers. Cette couleur blanche perturberait les femelles prêtes à pondre qui ne reconnaitrait pas les troncs du poirier. Elles partiraient donc en chercher d'autres ailleurs...

Les professionnels ont recours au kaolin, qui n'est pas un insecticide mais une argile calcinée blanche riche en silice, la kaolinite, un produit 100% naturel qui ne ferait aucun mal à l'arbre. Il est connu en cosmétique pour ses effets purifiants sur la peau et sa capacité à absorber les excès de sébum.

Le kaolin est à pulvériser sur toute la surface du tronc et dans toutes les crevasses de l'écorce (là où les femelles pondent leurs oeufs) avant la ponte des femelles, donc en janvier dans les régions à hiver doux, ou en tout cas avant le retour des températures au-dessus de 10°C.

Des moyens efficaces pour prévenir toute nouvelle attaque de la maladie ou des nuisibles qui se sont déjà attaqué à vos plantes ou qui risquent de recommencer.