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Jardinage au naturel

La lutte biologique contre la pyrale du maïs

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La lutte biologique contre la pyrale du maïs ne s’avère pas si facile. Ce joli et simple papillon fait pourtant beaucoup de dégâts, et pas seulement sur le maïs. Il s’attaque également à des plantes potagères ou ornementales, allant jusqu’à détruire la production ou casser les tiges. Pourtant, nous ne sommes pas si démunis. Cette pyrale peut en effet être éradiquée grâce à une petite guêpe parasite, et d’autres auxiliaires ne sont pas en reste pour nous en débarrasser. Et comme ils sont très efficaces dans cette famille des trichogrammes, c’est un cousin proche que l’on utilise pour un autre fléau, la pyrale du buis.

La lutte biologique contre la pyrale du maïs

La lutte biologique contre la pyrale du maïs

Qui est la pyrale du maïs ?

Ostrinia nubilalis est un papillon nocturne, un Lépidoptère d’environ 2 cm d’envergure. Ses ailes jaune crème pâle sont tachées de stries brunes, plus sombres chez le mâle que chez la femelle. Le mâle se distingue également par ses derniers segments qui dépassent des ailes au repos. La première nymphose (transformation de la larve en nymphe, stade précédent l’adulte) de l’année se produit vers les mois de mai juin, suivi de l’envol des adultes entre la mi-juin et la mi-juillet. Lorsqu’il y a une seconde génération, l’envol se fera entre mi-juillet et mi-août. La femelle dépose ses œufs par plaques d’une vingtaine sur la face inférieure des feuilles ou à leur aisselle. Elle peut pondre jusqu’à 100 œufs, par contre la mortalité de tous les stades réunis dépasse les 80%. La larve, brun jaune, mesure 2 cm au dernier stade de son développement. Elle a la tête plus sombre que le corps et montre sur chacun de ses segments 6 plaques rondes portant des soies. Les œufs éclosent en moyenne entre 5 et 15 jours, favorisés par un taux d’hygrométrie élevé. La durée du cycle de développement dépend elle aussi de la température et de l’hygrométrie, donnant naissance dans le sud à 2 générations de pyrales, seulement une dans le nord. À leur naissance, les larves se dispersent sur les feuilles alentours, se cachant souvent à la base du cornet formé par les feuilles du maïs. Elles s’en nourrissent, marquant leur présence de petits trous. Elles vont ensuite sur l’inflorescence mâle, puis dans la tige au moment de la floraison. Elles creusent des galeries jusque dans l’épi. Selon leur période de naissance, toutes les larves ne suivent pas le trajet en entier. Le cycle de développement comprend 5 stades larvaires. Lorsque les températures baissent, les larves de stade 5 se réfugient dans le collet de la plante ou dans les tiges restantes après récolte pour y entrer en diapause.


Ses dégâts

La pyrale du maïs a de nombreuses plantes-hôtes, outre le maïs : poivrons, glaÏeuls, framboisiers, houblon, pomme de terre et autres solanacées, chrysanthèmes, chanvre, tournesol, céleri, pois mangetout, ....

  • Le maïs : les galeries qu’elles creusent peuvent provoquer la casse des épis mâles et des tiges, ainsi que la chute des épis femelles. La plante est affaiblie, entraînant d’importante de perte dans la production.

  • Le poivron, la larve entre dans le fruit par son pédoncule. Cette blessure laisse à sa suite entrer des agents pathogènes, le fruit pourrit rapidement.

  • Le pois mangetout : la larve naît souvent dans les tiges, puis va se nourrir des nouvelles gousses.

  • La tomate, l’aubergine : les fruits sont également les organes touchés.

  • Les épinards, la betterave : les larves dévorent les feuilles.

  • La rhubarbe : tiges et feuilles sont criblées de trous.

  • La pomme de terre : en cassant des tiges à cause des galeries qu’elles y creusent, les larves provoquent une baisse du nombre de tubercules. Elles peuvent aussi provoquer une maladie bactérienne, la pourriture molle.

Outre les dégâts qu’elles font directement chez les végétaux, elles laissent également la porte ouverte à des pathogènes tels que la fusariose, maladie cryptogamique qui fait flétrir les tiges et pourrir les racines.


Comment repérer la présence de la pyrale du maïs ?

  • Les trous que percent les larves en se nourrissant ont une disposition particulière, en “coup de fusil”.

  • Elles laissent une sorte de sciure à l’aisselle des feuilles ou au niveau des pédoncules.

  • Présence de tiges cassées.

  • Présence de chenilles.

La lutte biologique contre la pyrale du maïs avec les trichogrammes

Les trichogrammes sont de plus en plus utilisés en tant qu’agents de lutte biologique contre la pyrale du maïs. Leur efficacité est en effet importante, identique à celle des insecticides conventionnels. Ils ont une bonne innocuité, inoffensifs aussi bien pour l’homme que pour les autres auxiliaires et l’environnement. Ce sont de petits hyménoptères parasites, de minuscules guêpes, dont les larves grandissent à l’intérieur des œufs de l’hôte. On dit qu’ils sont oophages. C’est l’espèce Trichogramma brassicae que l’on utilise face à la pyrale du maïs. Les lâchers se réalisent à la ponte, empêchant la pyrale de se multiplier. Effectués au bon moment, ils permettent un parasitisme de 80 à 95% des œufs de pyrales. Dans le nord de la France, des lâchers de Trichogramma se réalisent les derniers jours de juillet, dans le sud ce sera plutôt au mois de juin. De cette façon, les générations issues du premier lâcher s’occuperont de parasiter les œufs au fil des pontes. Les trichogrammes sont vendus sous forme de plaquettes que l’on accroche aux végétaux infestés, dans lesquelles se trouvent des œufs d’une espèce inoffensive, parasités avec Trichogramma brassicae. On trouve également des plaquettes avec des trichogrammes adultes. Pour l’agriculture, ce sont des calculs précis qui déterminent les dates de lâchers, afin qu’ils soient effectués dès les premières pontes, assurant ainsi une grande efficacité et une seule campagne annuelle. La lutte biologique contre la pyrale du maïs avec les trichogrammes est une des plus utilisées sur des grandes surfaces agricoles. Elle réunit en effet aujourd’hui efficacité, simplicité et coût modéré.


Autres méthodes de lutte biologique contre la pyrale du maïs

  • Les Diptères sont également des parasites d’insectes, notamment des tachinaires, utilisés pour lutter contre les pyrales du maïs. Les espèces Lydella thompsoni et Pseudoperichaeta nigrolineata sont notamment utilisées.

  • Des champignons tels que Beauveria bassiana infectent les pyrales à tous les stades. Une fois l’hôte mort, ils émettent de nouvelles spores et cherchent un autre hôte à contaminer.

  • Des bactéries : c’est Bacillus thuringiensis qui est utilisée, en pulvérisation sur le feuillage.

  • De nombreux prédateurs sont susceptibles de se nourrir des chenilles ou d’œufs de pyrales : les carabes sont voraces et consomment un grand nombre d’insectes variés, les coccinelles, les syrphes, les punaises Orius ou Anthocorides.

Et aussi :

  • L’aspersion des végétaux juste après l’éclosion des jeunes larves peut en exterminer une grande partie.

  • La rotation des cultures : alterner des végétaux sensibles avec d'autres qui ne le sont pas permet de rompre le cycle de développement.

La lutte biologique contre la pyrale du buis


Chenille de la pyrale du buis

Qui est la pyrale du buis ?

La pyrale du buis est aussi un papillon nocturne, présent en France et sur le reste du continent européen depuis la fin des années 2000. Elle est exclusivement phytophage du buis, consommant à la fois l’écorce et les feuilles et peut défolier un grand nombre de sujets en peu de temps. Espèce fort invasive originaire d’Asie, Cydalima perspectalis est d’ailleurs depuis 2008 sur la liste de l’OEPP du fait de la rapidité de sa colonisation.

La chenille de la pyrale a une tête noire et des segments verts avec des lignes noires à vert sombre et blanches. Elle porte aussi de longues soies blanches non urticantes et 10 paires de fausses pattes. L’imago (l’adulte) est un papillon blanc nacré, dont les ailes irisées sont entièrement bordées de brun. Il vole à partir du mois de mai et a une vie d’une dizaine de jours. On peut en voir jusqu’à la fin de l’été.

La femelle pond ses œufs translucides par plaques au revers des feuilles de buis. Ceux-ci éclosent après 3 à 5 jours à 25°. Les 5 à 7 stades larvaires, durent environ 4 semaines au bout desquelles les chenilles atteignent leur taille maximale qui est de 4 cm. C’est durant la nymphose qu’elles tissent leur cocon. Il faudra environ 3 semaines pour que la transformation complète soit effectuée. La dernière génération de chenilles de l’année par contre entre en diapause dans un cocon avant la fin de son cycle. Dès leur sortie d'hibernation, au mois de mars, elles poursuivront leur cycle de croissance et recommenceront à dévorer les feuilles de leur plante-hôte.

2 à 4 générations peuvent se succéder par an et une femelle peut pondre jusqu’à 1 200 œufs.


Ses dégâts

Les chenilles de la première génération attaquent en premier lieu le dessous des feuilles situées à l’intérieur de l’arbuste. Elles sont de ce fait invisibles sans un examen attentif de l’arbuste. Leurs suivantes poursuivent le travail en allant vers l’extérieur, tandis que les plus vieilles larves finissent les feuilles entamées, laissant uniquement les nervures. Elles dévorent également les branches, tiges, bourgeons. Le buis commence alors à dépérir, se desséchant du bas vers le haut. On peut alors voir les traces de leur présence : des filaments de soie dans les rameaux, ainsi qu’un grand nombre de mues des larves. Mais il est souvent trop tard à ce moment là pour sauver l’arbuste et pour empêcher la dissémination de ces ravageurs.


le papilon de la pyrale du buis

Quelle lutte biologique contre la pyrale du buis ?

  • Les trichogrammes Trichotop buxus, ces petits hyménoptères parasites, vont pondre leurs œufs dans les œufs des pyrales du buis femelles et les parasiter. Les plaquettes doivent être installées juste avant que les œufs n’éclosent. Il est conseillé d’utiliser les pièges à phéromones pour repérer les premiers vols pour une bonne efficacité.

  • La bactérie Bacillus thuringiensis : elle agit par ingestion, synthétisant une toxine qui tue les larves de lépidoptères. Le produit doit être pulvérisé sur le feuillage dès que les chenilles ayant passé l’hiver se réveillent de leur diapause, puis une semaine après le premier vol de l’année pour cibler les jeunes chenilles. Dans ce cas également des pièges à phéromone permettent de déterminer le moment d’agir. Appliquez cette bactérie à la suite des trichogrammes pour encore plus d’efficacité, Bt se chargera d’éliminer les larves qui ont pu éclore des oeufs non parasités.

  • Les mésanges commencent à être utilisées dans la lutte contre la pyrale du buis, elles raffolent en effet des chenilles de toutes sortes. On leur installe des nichoirs à proximité des buissons de buis.

Les autres moyens de lutte contre la pyrale du buis

  • La lutte mécanique : les parties infestées sont supprimées et brûlées et les œufs et chenilles ôtées et détruites. Il est également possible d’utiliser un souffleur ou un jet d’eau puissant pour les faire tomber et ensuite les ramasser pour les détruire.

  • Les pièges à phéromones : attirant les mâles grâce à des phéromones de synthèse, ceux-ci sont dans l’incapacité de trouver les femelles et finissent par tomber et mourir dans le piège.

  • Les filets : ils empêchent les papillons de pondre sur les buis.

Conclusion

L’utilisation massive de produits phytosanitaires et les méthodes de culture ont mis à mal la biodiversité dans les jardins. L’équilibre une fois rompu, les ravageurs ont tout loisir de se répandre tel un feu de paille dès que les conditions le leur permettent, car aucun prédateur ne guette à l’horizon. Ces ennemis naturels des nuisibles doivent alors être réintroduits par lâchers successifs afin de lutter pour sauvegarder les plantations. Les pyrales font partie des fléaux car elles se développent en grand nombre et sont voraces. C’est en imitant la nature, en utilisant leurs ennemis naturels, que l’on peut en venir à bout, sans pour autant ramener un juste milieu dans les populations proies/prédateurs. Il n’y a qu’en réintroduisant peu à peu des plantes variées, des haies sauvages, des friches, que la biodiversité s’installera à nouveau, apportant cet équilibre si nécessaire.