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Voyage de la SNHF
Weikersheim (Bade-Wurtemberg)
Ce lieu devint la résidence des Hohenlohe après la guerre de Trente Ans (1648). Le programme baroque comporte une ordonnance symétrique, des parterres fleuris, une statuaire, des jeux d’eau et une grande orangerie inscrite dans la perspective principale. A partir de 1750 commença la période rococo que caractérisait une ornementation maximale. Les quelques 522 plantes exotiques de l’orangerie furent utilisées en été pour orner le jardin. Le toit de l’orangerie reçu balustrade, obélisques et statues. Les bordures de parterres furent retracées en cheminements tourmentés. Un bassin fut creusé pour y recevoir une fontaine d’Hercule. La statuaire, toujours présente, combine dix-huit thèmes distribués dans les quatre directions du jardin. Mais en 1805, la collection botanique ne comptait plus que 30 plantes et la mode n’était plus à la symétrie. Weikersheim subit alors la vague romantique, laquelle épargna cependant la statuaire. La simplification commença. En 1831, les fontaines d’Hercule et de l’orangerie furent comblées et plantées. Cet état perdura jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale. Ce n’est qu’en 1952 que débuta une longue période de restauration. L’état actuel reprend le dessin connu en 1750, sans les parterres de broderie, mais avec des bordures fleuries, la statuaire d’origine, l’orangerie et les bassins restitués.

Grand parc de Schweztingen (Bade-Wurtemberg)
Le château et ses abords furent dessinés et créés par les architectes Alesandro Galli da Bibiena et Nicolas de Pigage pour le Prince Electeur Karl Theodor, à partir de 1743. Les jardins baroques sont dus à l’architecte lorrain de Pigage et au jardinier de cour J.L. Petri. Ils s’ouvrent sur un parterre circulaire entouré de bâtiments formant péristyle en hémicycle (1749-50). Au-delà s’étendent bosquets, bassins et un grand canal terminal et perpendiculaire à l’axe principal. Latéralement furent créés différents enclos d’agrément, pleins d’imprévu : la Volière, le Théâtre de plein air de style rococo (1752), la fameuse orangerie de Pigage (1762) dont les parterres sont entourés d’un fossé d’eau, puis la Maison des Bains. Certains éléments d’ornement sont inspirés des jardins de Stanislas (Lunéville, La Malgrange, Steinville, Commercy, etc.). D’autres tels les oiseaux métalliques de la volière (anciennement à la Malgrange), des statues (Atalante, nymphe, animaux marins, l’Arion attribué au sculpteur Barthélemy Guibal, ainsi que les enfants et le sanglier, etc.) et certaines girandoles sont réputées provenir des châteaux lorrains de Stanislas, après l’inventaire de 1766. A cet ensemble parfaitement conservé, combinant les particularités lorraines et italiennes, fut incorporé un parc paysager. Les parties extérieures du grand parc furent transformées en jardin anglais par Friedrich von Sckell dans les années 1776-86. Il redessina les bassins rectangulaires en leur donnant des berges sinueuses d’un lac et ajouta différentes fausses ruines. Les nouvelles fabriques furent cette fois encore confiées à Nicolas de Pigage et ce furent le temple de la flore sylvestre, l’aqueduc romain, le temple de Mercure et la mosquée turque (1778-1795), avec son jardin. Les aménagements en restèrent là lorsque Karl Theodor accéda en 1778 au trône de Bavière, transférant alors sa résidence à Munich. Le parc a été récemment restauré. Le grand parterre l’a été en 1974, sur le plan initial de Petri.

Jardins de Favorite (Bade-Wurtemberg)
Ce château fut conçu dans les années 1710-20 comme retraite de campagne de la marquise Sibylla Augusta von Baden-Baden, veuve de Louis-Guillaume, dit « Louis le Turc ». Les travaux furent confiés à l’architecte Michael Ludwig Rohrer. Le plan des jardins réguliers était alors organisé sur un axe principal. Après 1771, le domaine passa à la branche Baden-Durlach, le jardin déclina et fut réhabilité à la mode anglaise par Johann Michael Schweykert. Le schéma baroque fut réduit, seuls demeurèrent les bâtiments, le vivier rectangulaire, le jardin de l’ermitage et le bois de la Faisanderie. Les travaux de Schweykert continuèrent jusqu’en 1805 suivant les théories de Lancelot Brown (Capability) et de Humphrey Repton. Au-delà du château fut dessinée une grande prairie, équilibrée de groupes d’arbres, ouverte sur un étang, son île et le paysage lointain.
