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L'aucuba japonais est un très joli arbuste qui a l'avantage d'être résistant aux maladies et à la pollution. Il convient parfaitement à la ville tout en étant à sa place dans les jardins plus champêtres, à la condition néanmoins d’être installé le plus à l’ombre possible. Car ce laurier asiatique, qui n’a d’ailleurs rien d’un laurier, est très sensible au soleil direct. C’est du reste ce qui peut lui valoir parfois des taches brunes sur son beau feuillage vernissé. Que faire pour un aucuba qui a les feuilles noires ? Le soleil est-il le seul responsable et comment le soigner ? Voici quelques conseils pour entretenir au mieux votre aucuba.
Petit portrait de l’aucuba
Description
Plus connu sous le nom de laurier du Japon, l’Aucuba japonica est un arbuste à feuillage persistant. Vernissé, coriace, dense et avec des tons de vert très différents en fonction de l’âge des feuilles, ce feuillage est très décoratif. De nombreuses variétés montrent des teintes panachées ou encore mouchetées. Les feuilles ovales terminant en pointe sont dentelées. La floraison a lieu entre mai et juin. De teinte rouge à pourpre, les très petites fleurs sont groupées à l’extrémité des tiges, formant des grappes qui restent discrètes derrière les feuilles. Elles se transforment sur les pieds femelles (si un pied mâle est planté à proximité) en petites baies rouges qui resteront en place l’hiver, un joli contraste sur le feuillage vert plutôt sombre en hiver. Ces baies sont appréciées des oiseaux mais sont toxiques pour les humains.
À savoir : on dit que l’aucuba est dioïque, chaque individu porte soit des fleurs mâles soit des fleurs femelles. Comme ils ne sont pas reconnaissables, il est judicieux si vous voulez des baies de choisir vos aucubas durant la période de floraison.

Assez compact et à croissance normale à lente, cet arbuste ne dépasse pas sous notre climat 3 mètres de hauteur pour 2 mètres de largeur, alors qu’il dépasse les 5 mètres au Japon où en Chine où il pousse dans les sous-bois. Il tend à s’étaler par drageons ou par marcottage, pour une belle envergure au pied à maturité.
L’aucuba peut être choisi comme arbuste de haie car il supporte bien d’être taillé, ou bien être installé à l’arrière-plan d’un massif. Choisissez des variétés panachées pour illuminer un coin d’ombre du jardin. Certaines sont irrégulièrement marginées d’un vert plus tendre, d’autres sont mouchetées ou piquetées de jaune crème. Il s’adapte bien à la culture en pot, son feuillage dense le rendant très efficace pour former un brise-vue sur une terrasse. À l’abri du soleil bien sûr !
Plantation
Il se plaît dans les zones ombragées ou tamisées du jardin, surtout dans les régions les plus chaudes, dans des terres fraîches et riches, drainantes, neutres à légèrement acides. Malgré ces préférences, il est facile à vivre et s’adapte à tout sol bien drainé
Rustique jusqu’à -15°, il ne craint ni la pollution, ni les embruns, ni la sécheresse et les chaleurs intenses (en épisodes courts), une fois qu’il est bien implanté.
L’aucuba peut être planté entre mars et octobre, en évitant néanmoins les périodes les plus chaudes et sèches. Dans les régions les plus au sud, il pourra être planté également en hiver.
Pour une plantation de l’aucuba en terre : creusez un trou de 60 cm de côté et mêlez à la terre ôtée du terreau horticole amélioré avec un engrais organique. Si votre sol est argileux, compact, ajoutez du gravier au fond du trou. Installez la motte bien réhydratée de façon à ce que le collet de l’arbuste soit au niveau de la surface du sol et comblez le trou. Tassez au fur et à mesure puis arrosez copieusement. Un paillage limitera l’évaporation. Les arrosages seront réguliers les deux premières années après l’installation. En massif, vous espacerez l’aucuba de ses voisins d’un mètre environ. Dans une haie bien sûr, les sujets seront plus proches, gardez 80 centimètres à un mètre environ entre chaque pied selon la variété choisie.

Pour une plantation de l’aucuba en pot : installez au fond d’un grand pot une couche de drainage épaisse. Préparez un substrat léger et riche avec du terreau horticole, de la perlite et un engrais à diffusion lente.Placez l’arbuste dont la motte a été préalablement réhydratée puis complétez le pot en tassant le substrat. Arrosez.
Mon aucuba a les feuilles noires : maladies et ennemis
Quel parasite ou quelle maladie de l’aucuba rend ses feuilles noires ? L’aucuba n’est pas un arbuste fragile, il résiste à la plupart des maladies et parasites. A priori, les seuls maux qui peuvent l’atteindre sont des brûlures dues au soleil ou bien, éventuellement, une maladie cryptogamique. Les symptômes étant très proches, seule la guérison pourra indiquer de manière plus certaine quel était le problème.

À savoir : il arrive que les feuilles de l’aucuba soient abîmées, brunies puis noircies par le gel, malgré sa grande résistance. Il s’agit des feuilles inférieures uniquement, les plus vieilles donc. Elles finiront par tomber.
Des brûlures dues au soleil
Les taches brunes sur les feuilles deviennent sèches. Généralement, si rien n’est fait, les feuilles de l’aucuba deviennent entièrement noires, et elles peuvent être toutes touchées.
L’Aucuba japonica est un arbuste d’ombre, qui ne supporte pas le plein soleil ni même la mi-ombre, et ce d’autant moins en régions chaudes et/ou en période de sécheresse prolongée. Les variétés panachées sont encore plus sensibles aux effets nocifs du soleil. L’arbuste doit être installé à l’ombre. Si soleil il y a malgré tout, veillez à ce qu’il n’y soit exposé qu’aux moments les moins chauds de la journée, le matin tôt et en toute fin d’après-midi. Pensez également à lui offrir des arrosages copieux et réguliers s’il est au soleil, le feuillage bien hydraté sera plus apte à résister.
Un champignon
Les taches brunes à noires sur les feuilles de l’aucuba peuvent être dues à un champignon. Une fois que l’aucuba a les feuilles totalement noires le problème s’étend généralement sur les rameaux et le tronc. Pour finir par un arbuste entièrement noir et sec.
L’anthracnose est une maladie cryptogamique relativement courante. La prévention reste le meilleur moyen de lutter contre ce champignon qui peut rapidement proliférer. Il faut éviter les excès d’azote et ne pas mouiller le feuillage lors de l’arrosage. L’humidité est en effet favorable à l’apparition de ce pathogène. Ce n’est cependant pas le seul champignon qui peut s’attaquer à l’aucuba.
La présence de ces champignons semble être une conséquence secondaire d’un grand stress, l’exposition excessive au soleil étant un des stress courants mais aussi :
un sol compact qui retient l’eau et asphyxie les racines,
des écarts de températures importants entre le jour et la nuit,
des carences, notamment en phosphore ou en potassium.
Il faut couper et détruire les feuilles atteintes de taches brunes, ce qui n'aura aucune conséquence pour votre arbuste, si ce n’est lui redonner un peu de fraîcheur et peut-être réussir à stopper l’attaque. Un traitement fongicide est également nécessaire. À pulvériser sur la plante entière, en quantité, sans oublier le revers des feuilles, jusqu’à ce que votre aucuba dégouline. Si le sol est compact, griffez-le pour le décompacter, l’aérer. Patientez un mois puis apportez-lui un engrais plutôt organique ou en tout cas à libération lente. Cet engrais doit être riche en phosphore et potassium, il va aider l’aucuba à lutter contre le champignon. Au printemps suivant, ramassez et détruisez les feuilles qui sont tombées depuis, griffez à nouveau le sol autour du pied puis pulvérisez de la bouillie bordelaise en prévention.
À savoir : n’oubliez pas de désinfecter vos outils de coupe après avoir taillé votre arbuste malade.
Comment entretenir un aucuba ?
L'aucuba apprécie l'ombre, qu’il soit en terre ou en pot vous veillerez à ce que son exposition soit au pire semi-ombragée.
Arrosez-le régulièrement, deux fois par semaine à peu près, en été seulement s’il est en terre, et du printemps à l’automne s’il est en pot. En hiver, vous attendrez que la surface du substrat soit sèche avant d’arroser à nouveau.
Des apports de fertilisants équilibrés seront faits une à deux fois par an en sol pauvre. L’aucuba en pot demandera une fertilisation plus importante, un apport d’un engrais liquide bien équilibré pourra être fait tous les mois durant la période de végétation.
L’aucuba en pot, en isolé ou en massif peut être taillé de temps en temps, notamment pour lui conserver un port dense et compact et pour lui offrir un petit nettoyage. Il se taille également s’il fait partie d’une haie. S’il vieillit et qu’il tend à se dégarnir du bas, n’hésitez pas à le rabattre quelques centimètres au-dessus du sol, il repartira sans problème. Quelle période pour tailler un aucuba ? La taille se réalise en fin d’hiver début de printemps pour ne pas se priver des jolies baies rouges, une fois par an pour les sujets en haie, ponctuellement pour les sujets isolés ou en massifs.
Si vous souhaitez multiplier vos aucubas, sachez que les semis ne donneront que des individus au feuillage vert uni, la variété type. Pour obtenir des nouveaux sujets panachés il vous faut faire des boutures.
Cet arbuste que l’on appelle souvent laurier du Japon est très apprécié par les jardiniers, y compris les débutants, car il est peu exigeant et facile à vivre, tolérant à peu près tout à partir du moment où il est bien installé. Son point faible est son épiderme, plus habitué au soleil tamisé, voire absent, des sous-bois où il pousse spontanément dans sa région d’origine. Et lorsque l’aucuba montre des feuilles noires, il est probable qu’il ait été agressé par le soleil, même si d’autres stress peuvent l’affaiblir et favoriser eux aussi la présence de champignons peu sympathiques.
