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Avec son feuillage persistant, sa généreuse et très précoce floraison et son caractère accommodant, le laurier-tin a de quoi plaire. C'est pourquoi on le rencontre dans beaucoup de jardin, en haie, en massif, voire en pot. Pour qu'il conserve la densité de son feuillage et cette floraison qui le recouvre, et aussi pour qu'il ne prenne pas trop d'ampleur, tailler le laurier-tin est très utile. Et aussi très simple, quelques gestes suffisant à parvenir à ces objectifs.
Quand et comment tailler le laurier-tin ?
Pourquoi le tailler ?
Le laurier-tin est un arbuste à croissance rapide et qui produit beaucoup de ramifications. Bien mener sa taille est avantageux.
En haie, tailler le laurier-tin permet de densifier l'écran végétal qu'il forme, de limiter sa profondeur et de garder une haie nette.
En port libre, elle permet de supprimer le bois mort et de garder une forme harmonieuse.
Pour la floraison, elle pousse les rameaux à se renouveler sans sacrifier les fleurs futures, à condition d'intervenir au bon moment !
La meilleure période pour le tailler
Le laurier-tin fleurit en saison froide et prépare ses boutons floraux plus tôt.
Après la floraison
Pour une taille d'entretien qui respecte la floraison à venir, intervenez juste après la floraison, en général entre la fin de l'hiver et le début du printemps, selon votre région. Une taille en juin est également possible, si le travail a besoin d'être affiné ou retouché.

En fin d'été
Tailler le laurier-tin en septembre est possible, par exemple pour limiter une haie qui trop vigoureuse ou pour supprimer des rameaux cassés. Il faut néanmoins le faire avec modération, et éviter d'agir par temps trop chaud ou trop sec, ce qui défavoriserait la cicatrisation.
Et en taillant à cette période, vous vous privez de la fructification décorative du laurier-tin, et vous en privez également les oiseaux qui en raffolent.
Quand ne faut-il pas tailler ?
En période de gel : les tissus fraîchement coupés souffrent davantage.
En plein débourrement (l'ouverture des bourgeons) : cette opération prend beaucoup de ressources à l'arbuste, il aura du mal à cicatriser.
En fin d'automne : quand c'est une taille importante, la cicatrisation ralentit et la coupe expose le végétal aux maladies.
En période très sèche : sans possibilité d'arrosage, la reprise sera plus lente, tout comme la cicatrisation.
Les bons gestes de coupe
Où couper ? Il faut tailler le laurier-tin au-dessus d'un départ de ramification orienté vers l'extérieur, pour aérer le centre de l'arbuste.
Combien retirer de bois ? En entretien, limitez-vous à un tiers des pousses et supprimez en priorité le bois mort et les rameaux qui se croisent.
Avec quels outils ? Un sécateur propre et bien affûté suffit pour proprement tailler un laurier-tin. Pour les branches âgées, utilisez un coupe-branches. La cisaille convient pour une haie, mais finissez par quelques coupes au sécateur, l'aspect en sera plus propre.
Pensez à désinfecter l'outil entre deux arbustes, surtout si vous avez repéré des feuilles malades.

Les différents types de taille
La taille de formation
Pour obtenir un buisson dense, taillez légèrement les extrémités après la floraison, en raccourcissant une partie des jeunes pousses. L'objectif est de provoquer la ramification. Vous observerez la densification de l'arbuste en 2 ou 3 années.
La taille d'entretien
Tailler légèrement un laurier-tin adulte une fois dans l'année suffit : ôtez le bois mort, aérez légèrement le centre et raccourcissez les pousses trop longues afin de conserver une silhouette équilibrée.
La taille de rajeunissement
Un laurier-tin âgé ou pas assez taillé peut se dégarnir à la base ou produire beaucoup de vieux bois. Étalez l'intervention sur 2 ou 3 ans : supprimez chaque année un tiers des plus vieilles branches à la base, raccourcissez quelques branches restantes et laissez les nouveaux rameaux prendre le relais. Cette stratégie limite le stress et favorise une meilleure reprise.
La taille sévère
Tailler sévèrement un laurier-tin s'envisage si l'arbuste est trop volumineux, très dégarni à la base, ou endommagé. Enlevez d'abord les branches mortes, rabattez ensuite les charpentières en conservant des points de départ de jeunes rameaux. Sachez que la floraison sera réduite la saison suivante.
Tailler une haie de laurier-tin
Haie libre ou haie taillée
Il y a deux types de conduite pour une haie de laurier-tin.
Haie libre : privilégiez une taille douce une fois par an après la floraison. Vous garderez un aspect naturel et vous profiterez des fleurs et des baies.
Haie taillée : préférez tailler le laurier-tin en deux passages, le premier après la floraison, le second en fin d'été si nécessaire. C'est le bon choix pour une haie très nette, au même titre que pour d'autres arbustes pour haie.
Pour une haie bien dense
Pour éviter une base qui se dégarnit, donnez une forme légèrement trapézoïdale (plus large en bas), décalez la ligne de coupe d'une année à l'autre et éclaircissez de temps en temps au sécateur pour laisser passer l'air et la lumière. Deux tailles douces seront mieux supportées qu'une taille sévère.
À ne pas confondre : le laurier-tin et les vrais lauriers : le laurier-tin n'est pas un vrai laurier au sens botanique : c'est une viorne (Viburnum tinus). On le confond souvent avec le laurier-sauce (aromatique), le laurier-rose (très toxique) ou le laurier-palme (haie persistante). Si vous recherchez une viorne persistante à floraison hivernale, c'est bien le Viburnum tinus, le laurier-tin, qu'il faut tailler après sa floraison.
Après la taille

Arrosage et paillage
Si le temps est sec, arrosez copieusement une à deux fois la première semaine. Un paillage limite l'évaporation de l'eau et protège la vie du sol. Par contre, veillez à laisser quelques centimètres libres autour de la base de l'arbuste.
Fertilisation douce
Apportez au printemps un peu de compost mûr en surface, ou un amendement organique à libération lente. Évitez les engrais trop azotés qui favorisent un feuillage abondant mais fragile, au détriment du reste de l'arbuste.
Que faire des déchets de taille ?
Les jeunes rameaux sains se broient bien et forment un paillage fort utile au jardin. Les petites sections peuvent aller au compost. Par contre, si vous suspectez une maladie, évacuez les déchets en déchèterie pour ne pas disséminer l'agent pathogène dans le jardin.
Problèmes courants : maladies, parasites et erreurs de taille
Les maladies les plus fréquentes
Un laurier-tin malade se repère à son feuillage qui se marque de taches, jaunit ou noircit. Parmi les problèmes courants : taches sur les feuilles, fumagine liée aux pucerons ou cochenilles, dépérissements de rameaux mal aérés. Supprimez les parties atteintes, aérez la ramure et détruisez les feuilles malades tombées au sol.
Prévenir les attaques après une coupe
Taillez par temps sec, désinfectez les lames entre chaque arbuste et utilisez un outil bien affûté pour des coupes nettes qui cicatrisent mieux.
Les erreurs à éviter
Tailler trop tard le laurier-tin et supprimer les boutons : vous perdez une bonne part de la floraison suivante.
Tailler trop sévèrement en fin de saison : l'arbuste repart mal avant l'hiver.
Uniformiser à la cisaille
sans jamais éclaircir : l'intérieur se vide et les maladies progressent.
Négliger la forme en trapèze d'une haie : un sommet trop large dégarnit la base.
Les baies et le feuillage du laurier-tin sont non comestibles et sont toxiques. Apprenez aux enfants à ne pas les porter à la bouche et ramassez celles qui tombent si votre chat ou chien a tendance à tout goûter. Lors de la taille, portez des gants si vous avez la peau sensible, puis lavez-vous les mains.
Tailler le laurier-tin est une tâche simple, qui n'a pas besoin d'être réalisée par un jardinier expert. C'est une des raisons pour lesquelles le laurier-tin est si courant dans les jardins, en plus de toutes ses autres qualités !
