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Si vous avez des rosiers, il est possible que vous ayez vu le feuillage de certaines de leurs blanches disparaître en quelques jours et que vous ayez trouvé les coupables, de fines chenilles qui ont pris une position “menaçante” à ce moment. En fait, ce ne sont pas des chenilles mais des larves de petits insectes ailés, des tenthrèdes. Et il n’y a pas que les rosiers qui se voient envahis de ces fausses chenilles, dont la petite taille est inversement proportionnelle à leur voracité. Comment les reconnaître et s’en préserver ou s’en débarrasser ?
Informations
Description des tenthrèdes
Les tenthrèdes sont des cousines des guêpes et des abeilles, mais elles ressemblent plutôt à de petites mouches à l’abdomen voyant, jaune orangé et noir, ou bien vert, mais dépourvu de la taille fine courante dans cette famille. On estime à plus de 1000 espèces de tenthrèdes rien qu’en Europe.
C’est entre avril et juin que les vols de reproduction commencent, en fonction du climat, de la météo, et la ponte survient généralement vers la mi-mai. L’abdomen des femelles (l'ovipositeur, plus exactement) étant équipée à son extrémité d’une scie - d’où leur surnom de “mouche scie -” qui lui permet de découper les tissus végétaux pour y pondre, les feuilles sont souvent déformées ou abîmées. Lorsque les larves éclosent, elles restent le plus souvent près du lieu de ponte. Sachant qu’une femelle peut pondre jusqu'à 300 œufs.
Et c’est leur larve qui est surtout dangereuse pour les végétaux chez lesquels elle peut faire des dégâts plus ou moins importants. Très ressemblantes à des chenilles (on les appelle d’ailleurs couramment fausses chenilles), elles sont de couleurs variées, en fonction de l’espèce : brune, vert pâle ou vif, blanchâtres, bleu vert, jaune vert… Elles se distinguent des chenilles par le nombre de fausses pattes qu’elles affichent : six à neuf paires pour les larves de tenthrèdes et moins de six paires pour les vraies chenilles. Et par le nombre d’ocelles sur leur tête : un ocelle - faux œil - de chaque côté pour les larves, alors que les chenilles en ont plusieurs de chaque côté. Elles ont aussi une position caractéristique face au danger : leur corps se dresse en formant un S.
Sur les rosiers :
La tenthrède du rosier (Arge pagana) est une larve d’un vert plus ou moins pâle avec des points noirs, elle dévore le limbe des feuilles.
On trouve également Ardis sp., une larve jaunâtre à tête noire qui se développe à l’intérieur des pédoncules,
ou Alliantus sp., très jolie avec ses couleurs pastelles : vert tendre pour une partie du corps, des nuances de rose et de mauve sur la partie supérieure, le tout parsemé de pois blancs, et une tête orange.
Sur les arbres fruitiers :
La tenthrède limace (Caliroa cerasi) est, comme son nom l’indique, ressemblante à une limace miniature. Elle est d’un brun noir, visquese, courte, avec une grosse tête. Elle se trouve principalement sur les cerisiers, les pruniers, les poiriers dont elle dévore le limbe des feuilles.
On y trouve aussi Hoplocampa brevis, dont la larve se développe à l’intérieur des très jeunes poires. Sa tête est brun rouge et son corps jaune grisâtre.
Ou Hoplocampa testudinea, dont la larve blanchâtre à tête marron fait la même chose dans les jeunes pommes.
Ou Hoplocampa minuta, sa larve blanche à vert jaune se nourrit des prunes.
La tenthrède du groseillier (Nematus ribesii) : les larves sont d’un vert jaune avec des points noirs. Elles commencent par trouer les feuilles des groseilliers avant de les consommer.
Sur les choux et autres brassicacées : la tenthrède de la rave (Athalia rosae) est d’abord gris clair ou vert clair puis elle s’assombrit, devenant noire sur le dessus et gris sur la face inférieure.
Ces larves vivent en importantes colonies et se nourrissent sur la même branche voire sur la même feuille ou le même fruit. Elles grandissent très vite, arrivant au stade de nymphe - juste avant l’imago, le stade adulte - en dix à quinze jours. Elles se dissimulent alors dans le sol, à l’intérieur d’un cocon, ou bien dans la fente d’une tige. La deuxième génération arrive entre juillet et août, il peut y avoir une troisième et dernière génération en octobre dans les régions les plus chaudes.
Symptômes
Les dégâts sont assez variables en importance. Dans le cas d’un végétal vigoureux et d’un petit nombre de larves, ils ne seront qu’esthétiques. Mais pour un végétal jeune ou affaibli par ailleurs, et/ou avec un nombre élevé de larves, la plante peut s’affaiblir beaucoup, parfois jusqu’à en mourir.
À l’examen, vous pourrez voir les larves sous les feuilles ou le long d’une tige. Quand elles se sentent menacées, elles forment immédiatement un S, caractéristique des larves de tenthrède.
Les feuilles d’une ou de quelques branche(s) sont dévorées rapidement, chaque larve pouvant ingurgiter deux fois son poids en une journée. Certaines espèces se nourrissent uniquement d’une face ou de l’autre des feuilles, alors que d’autres engloutissent le limbe entier, ne laissant que les nervures.
Sur le rosier, une fanaison rapide de la fleur peut être provoquée par une fausse chenille qui en consomme l’intérieur du pédoncule.
Sur les choux, la première génération s’attaque à la face inférieure des feuilles en la décapant, les larves plus âgées, elles, ne laissent que les nervures.
Sur les poiriers, les jeunes hoplocampes dévorent les fruits de l’intérieur, elles rejettent leurs excréments à l’extérieur. Ces amas noirâtres sont la seule trace visible de leur présence sur les prémices du fruit, alors que les restes de fleurs y sont encore présents. Les fruits chutent précocement.
Sur les pommiers, c’est la même histoire. La présence des larves est décelée grâce aux amas noirâtres sur les fruits en formation. Si les pommes arrivent quand même à se développer et ne tombent pas, elles sont marquées par une trace circulaire liégeuse très caractéristique. L’intérieur des pommes est rempli des excréments et dégage une odeur de punaise. Les fruits peuvent aussi tomber précocement.
Sur les pruniers, les larves dévorent les fruits de l’intérieur, qui chutent rapidement. Lorsqu’il s’agit de la deuxième génération, les fruits ont un ou deux trous très nets et l’intérieur sent la punaise.
Lutte curative
Écojardinage
Vous pourrez les enlever à la main si elles sont peu nombreuses, en les faisant tomber dans un seau d’eau savonneuse.
Coupez la feuille ou la branche sur laquelle vous avez repéré des déformations ou des larves de tenthrèdes et détruisez-les, soit en les écrasant (pas de crainte à avoir, elles ne sont pas urticantes), soit en les noyant dans de l’eau savonneuse. Il est judicieux de couper au-dessus d’un contenant afin d’éviter que nombre d’entre elles se laissent tomber et reviennent dévorer vos plantations.
Quel(s) produit(s) ?
Quel insecticide naturel est efficace contre les chenilles sur les rosiers ? C’est là que savoir distinguer les larves de tenthrèdes des chenilles est important.
Utilisez un insecticide à base de pyrèthre végétal. Le Bacillus thuringiensis (Bt) ne va servir à rien ici puisqu’il est efficace contre les chenilles et non contre les larves.
Lutte préventive
Gestes de culture
Examiner régulièrement les feuilles des végétaux sensibles entre mai et juillet pour agir au plus tôt.
Biner le pied végétaux sensibles entre la fin septembre et la mi-octobre puis avant le mois de mai. Lorsque la mauvaise saison arrive, ces fausses chenilles se laissent en effet tomber au sol pour y hiverner et en ressortir au stade adulte au printemps suivant. Biner permet de les exposer au froid et à leurs prédateurs.
Méthodes douces
Favorisez le maximum de diversité végétale dans votre jardin pour attirer insectes, mammifères et batraciens parmi lesquels se trouveront des auxiliaires utiles pour prédater ces ravageurs. Et incitez-les à rester en leur offrant également le gîte : friche, tas de bois ou de pierres, haies, mare, nids spécifiques… Les prédateurs les plus confirmés sont les oiseaux, notamment les insectivores et durant la période de couvaison, mais aussi les musaraignes, les guêpes parasitoïdes, les araignées…
