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Détruire les oeufs de ce papillon importé d’Asie est un bon moyen pour éviter qu'ils ne deviennent chenilles et dévorent tout le feuillage des buis alentours. La pyrale du buis est en effet une espèce très invasive, dont la population progresse rapidement à travers tout le territoire, dévastant de nombreux buis dans les parcs, jardins et sous-bois. C’est pourquoi de nombreuses recherches sont menées pour parvenir à lutter efficacement contre ce ravageur qui ne possède aucun prédateur dans nos contrées. Quelques solutions existent aujourd’hui pour protéger les buis, dont les plus prometteuses s’attaquent directement aux œufs de la pyrale afin de les éradiquer.
Lutter contre la pyrale du buis
Les dangers de la pyrale
La pyrale du buis est un papillon originaire d’Asie orientale. Elle est arrivée en Europe vers 2008, certainement via le commerce de végétaux, et se répand à vive allure dans la plupart des pays du continent. Amatrice exclusive de buis, c’est sa chenille qui est dangereuse, défoliant à toute allure buis ornementaux comme buis sauvages. En l’absence de prédateurs naturels et avec une reproduction qui avoisine les 3 à 4 générations par an, la pyrale du buis est considérée comme une espèce invasive. La femelle pond environ 1000 œufs en plusieurs fois, et chaque cycle dure au plus 60 jours. De plus, l’hiver les voit seulement se mettre en diapause le temps que le redoux arrive. La population de ce lépidoptère augmente de ce fait très rapidement. Autre cause d’extension rapide, sa discrétion au début de son implantation. Les papillons ont des mœurs nocturnes, donc ils peuvent passer inaperçus, et les chenilles sont dissimulées au cœur des buissons de buis jusqu'au moment où l’arbuste est déjà bien mal en point. Les buis sont également victimes de la maladie du dépérissement, qui est causée par des champignons, mais il est facile de confirmer la présence de la pyrale : les chenilles tissent des fils de soie entre les feuilles dès le 2e stade de leur développement, et elles produisent une grande quantité d’excréments verts clairs qui restent suspendus aux fils ou bien tombent au sol. Parcs et jardins comme buxaies naturelles sont aujourd’hui atteintes sur la majeure partie du pays. Ces dégâts entraînent de nombreuses conséquences. Esthétiques bien sûr, mais pas seulement : les risques d’incendie sont plus élevés dans les zones naturelles où sévit la pyrale, et la biodiversité y est menacée. Le patrimoine naturel et culturel sont eux aussi menacés, tout comme le tourisme qui y est rattaché.
Qui est la pyrale du buis ?
La pyrale adulte du buis est un charmant papillon nocturne, aux ailes irisées blanches cernées de brun. Elle pond pour la première fois vers le mois de juin sur le revers des feuilles de buis. Quelques jours plus tard, les petites chenilles naissent et commencent aussitôt à se nourrir du feuillage de leur hôte, très reconnaissables avec leur livrée vert acide ornée de bandes blanches et vert sombre. Elles sont bien sûr de plus en plus voraces au fur et à mesure de leur développement, pouvant même dévorer l’écorce lorsqu’elles ne trouvent plus de feuillage à se mettre sous la dent. Autant dire que les buis attaqués n’apprécient pas ces invitées. Il commence par prendre un aspect desséché, qui s’étend progressivement, et s’affaiblit car il ne peut plus procéder à sa photosynthèse. Vers le début du mois d’août, la pression baisse car le deuxième vol a lieu. Les pontes suivantes sont très échelonnées et se reproduisent jusqu’en octobre. Les larves abordent l’hiver en tissant un cocon entre des feuilles pour se protéger du froid. La deuxième année, l’attaque commence dès le mois de mars, voire plus tôt dans les régions méridionales (l’activité de la chenille est possible dès 7°). Ce sont les chenilles hivernantes, réveillées de leur diapause, qui ont besoin de se nourrir pour terminer leur croissance. Premier vol de l’année au mois de juin, et le cycle recommence.

Les solutions en lutte biologique
Les nématodes Steinernema carpocapsae : ils infectent les larves de pyrales en pénétrant dans leur organisme, les tuant en 48 heures. Ils se déplacent grâce à l’eau, le milieu doit donc être très humide.
Les trichogrammes : ces micro-guêpes détruisent les œufs de la pyrale en les parasitant. Les larves du trichogramme se développent dans les œufs de l’hôte à la place de celui-ci.
Les bactéries Bacillus thuringiensis sont ingérées par les larves et libèrent dans leur organisme des toxines qui paralysent leur système digestif. Ne pouvant plus s’alimenter, les larves meurent rapidement.
Les phéromones sexuelles sont utilisées pour capturer les adultes mâles afin d'empêcher la reproduction. Peu utilisables pour des grandes densités d’individus, ces pièges sont néanmoins très utiles pour repérer les dates de vols et ainsi déterminer les bonnes périodes pour appliquer un traitement.
Parmi toutes ces méthodes, seules les trichogrammes s’attaquent directement aux œufs, voici comment détruire les oeufs de la pyrale du buis. C’est pourtant un des meilleurs moyens de voir diminuer la population de pyrales. En effet, les mœurs nocturnes de l’adulte le rendent peu disponible pour des prédateurs du règne des mammifères (excepté les chauves-souris) et la toxicité de la chenille la rend peu appétissante pour ces mêmes prédateurs. Le buis contient en effet un certain nombre de substances alcaloïdes toxiques, qui se retrouvent dans l’organisme des chenilles. On peut même y trouver ces molécules à une concentration jusqu’à 20 fois plus concentrée que dans la plante. Cette toxicité ne suffit certes pas à tuer les oiseaux qui se risquent à consommer une de ces chenilles, mais elle peut les rendre légèrement malades. Pourtant de nombreuses observations font part d’oiseaux en train de manger des chenilles : moineaux, mésanges, rouge-gorge, rouge-queue, mais les scientifiques mettent cette consommation sur le compte de “test de comestibilité”. Une fois le test effectué par ces oiseaux, il est fort possible qu’ils n’y reviennent pas… D’ailleurs, il est probable qu’il s’agisse d’une stratégie de défense de la pyrale, les chenilles préférant consommer les feuilles les plus âgées, plus chargées en alcaloïdes que les jeunes feuilles.
La prévention
La présence de la pyrale peut être un peu limitée grâce à quelques mesures préventives :
Inspectez soigneusement les buis que vous achetez ou que l’on vous donne/offre.
Favorisez la présence d’oiseaux type mésanges, moineaux et de chauves-souris.
Évitez de laisser rameaux secs, feuilles sèches et autres déchets végétaux au pied de vos buis.
Réalisez des inspections au cœur de vos buis dès le mois de novembre pour repérer les chenilles hivernantes que vous pourrez supprimer facilement.
Si vous taillez des buis attaqués (voire tous buis par précaution), détruisez les déchets ou broyez-les finement pour ne pas laisser de larves ou d’œufs en mesure de devenir adultes.
Comment détruire les oeufs de la pyrale du buis ?
Savoir comment détruire les oeufs de la pyrale du buis est un but judicieux, permettant de limiter rapidement la densité d’individus dans une zone. En effet, les mœurs nocturnes du papillon font qu’il trouve peu de prédateurs sur son chemin, et le régime alimentaire strict des chenilles les rend toxiques, donc moins appétissantes pour les oiseaux qui seraient intéressés. Pour autant, ce n’est pas parce c’est un bon moyen de lutter contre la pyrale que les méthodes pour le faire sont légion. À ce jour, on n’en connaît d’ailleurs que 2 : une destruction mécanique, impossible à réaliser quand la pyrale est bien implantée ou que le nombre de buis est important, et l’utilisation de trichogrammes, qui à ce jour paraît efficace. Les expérimentations étant cependant toujours en cours, du fait que ce ravageur nouvellement implanté fait courir un risque important aux buis, on peut espérer que la recherche offrira ultérieurement de nouvelles solutions.
La méthode manuelle
Ôter les oeufs à la main n’est envisageable que si vous avez peu de buis et de petite taille. Après avoir repéré le papillon, comptez 7 à 10 jours pour que la ponte se fasse, vous avez à ce moment là une petite semaine pour agir. La méthode est simple, bien que laborieuse, et consiste à nettoyer le feuillage du buis en totalité, feuille après feuille (d’où l’importance de la taille des arbustes et de leur nombre ! ). Les œufs sont déposés sur le revers des feuilles, jamais sur leur endroit. Ce nettoyage peut être réalisé en pulvérisant un produit spécial contre les pyrales du buis sur l'ensemble du feuillage. Le principal étant d’être exhaustif puisque sur une seule feuille il peut y avoir jusqu’à 30 futures chenilles.
La lutte biologique avec les trichogrammes
Les trichogrammes sont des insectes qui font partie de la famille des hyménoptères. Ce sont de minuscules guêpes parasitoïdes oophages, dont la taille est le plus souvent en-dessous du millimètre. Leur méthode d’action consiste à pondre à l’intérieur des œufs d’un hôte, et de ce fait de détruire les oeufs de la pyrale du buis. La larve du trichogramme va alors se développer au détriment de celle de cet hôte. Cette larve va en effet se nourrir des résidus de l’embryon pour se développer. À l’éclosion, le trichogramme est une petite guêpe hyperactive qui cherche immédiatement à s’accoupler. Le cycle est donc très rapide entre le parasitisme des œufs de la pyrale et une nouvelle génération de trichogrammes qui va chercher de nouveaux œufs-hôtes à parasiter. La souche de trichogrammes utilisée pour lutter contre la pyrale du buis est spécifique des lépidoptères, et ceux-ci sont très peu nombreux à s’intéresser aux buis. De ce fait, le parasite ne nuira à aucune autre espèce de papillon.
Comment utiliser les trichogrammes ?
Les trichogrammes utilisés pour détruire les œufs de la pyrale du buis peuvent être issus de plusieurs souches. D’après les expérimentations de l’INRA (toujours en cours), quelques-unes sont particulièrement efficaces sur le terrain : les souches Y et P qui sont des souches indigènes, donc à préférer, et Sa qui est exotique. Une nouvelle souche indigène porte cependant beaucoup d’espoirs, qui parasiterait spontanément les œufs de la pyrale. L’application se réalise à l’aide de diffuseurs, qui sont installés au cœur des buis. Le traitement se réalise à des périodes bien précises, à déterminer en fonction des vols des papillons. En effet, comme les œufs sont pondus entre 7 et 10 jours après l’envol, et qu’ils mettent environ 7 jours à éclore, le laps de temps durant lequel le traitement sera utile est assez restreint. Pour vous assurer de cibler la bonne période, il est conseillé d’effectuer des repérages pour déterminer les périodes de vol. Les papillons volant la nuit, il peut être difficile de les apercevoir durant la journée. Ils sont cependant très réactifs et s’envoleront s’ils sont effrayés. Vous pouvez également vous balader le soir avec une lampe de poche pour vérifier leur présence. Les périodes de vol se situent aux alentours de fin mai début juin pour le premier, entre la mi-juillet et la mi-août pour la seconde. Les vols suivants, s’il y en a, sont plus diffus car les pontes s’échelonnent. Pour plus de précision, l’utilisation de pièges à phéromones est judicieuse. Les pièges seront installés vers le début du mois de mai, les phéromones sexuelles spécifiques qu’ils contiennent vont attirer les mâles et les capturer. Bien placés au milieu des buissons de buis, ils vous informeront des premiers arrivants et du pic d’envol, vous permettant ainsi de mettre en place les diffuseurs de trichogrammes au bon moment. Il est conseillé de répéter le lâcher de trichogrammes 2 fois à chaque vol, pour être sûr de bien parasiter les éventuels retardataires. Et bien sûr de placer de nouveaux diffuseurs après chaque vol.
Conclusion Comment détruire les oeufs de la pyrale du buis ? De nombreuses expérimentations ont cours depuis quelques années pour parvenir à limiter la progression de la pyrale du buis, ce papillon asiatique arrivé accidentellement en France il y a 10 ans. En effet, en l’absence de prédateurs naturels, cette pyrale a envahi la plupart des régions et fait planer le risque de disparition du buis dans nos forêts et jardins. Pour éviter de recourir à des insecticides nocifs pour la nature, les solutions de lutte biologique sont privilégiées, notamment l’utilisation de micro-guêpes parasites qui détruisent les œufs de la pyrale. Ces petits trichogrammes représentent un grand espoir pour la sauvegarde de ce patrimoine, car les solutions sont malgré tout fort peu nombreuses.
