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Après la tempête de cet hiver il nous a fallu faire face aux dégâts engendrés par les vents violents. Les arbres de nos jardins ont beaucoup souffert et certains n'ont pas fini de panser leurs plaies.
Une valse à deux temps !
Au fond de notre jardin s'imposait jusqu'alors un vieux frêne pleureur. Il fut démembré en quelques heures, la plupart de ses grosses branches déchirées à jamais. Le recours drastique à la tronçonneuse s'imposait pour les réduire à l'état de moignon. Toutefois deux d'entre-elles subsistaient, intactes après ce grand tumulte. Devions-nous les laisser ou les sacrifier sur l'autel de la chirurgie arboricole ? Nous n'avons, tout compte fait, pas eu le cœur de les sectionner. Dès le printemps, par un afflux inopiné de sève, de nouvelles branches poussèrent à l'extrémité de ces membres rescapés avec une vigueur incroyable (plus de trois mètres de longueur pour certaines) jusqu'à former un rideau impénétrable. Les deux branches maîtresses ployaient misérablement sous ce fardeau de verdure. Inutile de vous dire que la silhouette obtenue était fort déséquilibrée, bref incongrue.
Cet été, la décision fut donc prise de supprimer ces grosses branches devenues disgracieuses. Armé cette fois-ci d'une scie très performante en acier japonais et aux dents inspirées de celles du requin, j'entrepris cette tâche qui s'avéra étonnamment rapide. Restait alors à débiter le bois pour le faire sécher et surtout la plus ingrate des corvées, à couper en menus morceaux les branches vertes destinées à la collecte des éboueurs.
Un nouveau départ
Bien qu'ayant perdu plusieurs mois de végétation, nous sommes rassérénés par l'observation quotidienne des repousses vigoureuses. A ses pieds, le grand frêne décapité nous offre un spectacle inattendu d'anémones japonaises plus géantes et florifères que jamais. Les hostas ainsi découverts ne semblent pas en souffrir et sont tous aussi beaux. Ce sont autant de signes positifs qui nous aident à patienter avant d'admirer à nouveau la ramure majestueuse d'antan.
