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Faire son entrée dans le monde de l’apiculture est une véritable aventure, passionnante, enrichissante, mais qui demande aussi de la rigueur et de la curiosité. C’est aussi faire un geste pour la biodiversité et pour la sauvegarde des abeilles. Voici quelques conseils pour vous aider à débuter dans l’apiculture.
Quel matériel faut-il pour débuter en apiculture ?
Il y a un matériel de base pour pouvoir débuter en apiculture et se lancer dans l’élevage des abeilles : l’équipement pour récolter le miel, celui pour vous protéger des piqûres, et des accessoires pour manipuler les ruches. Et, bien sûr, les ruches !
Il est possible de trouver des kits de départ pour les petits budgets et pour être sûr d’avoir tout le nécessaire.
Le matériel de protection
Le principe étant d’être couvert des pieds à la tête, le mieux est la combinaison intégrale. Ressemblant à la tenue d’un cosmonaute, elle est constituée d’un épais tissu et d’une cagoule rigide. C’est le choix le plus rassurant lorsque l’on débute
Vous pouvez également opter pour un ensemble composé d’une veste (vareuse) avec un chapeau avec voile, et d’un pantalon. Il est indispensable de s’équiper également de gants en cuir épais et remontant sur les avants bras et de chaussures montantes.

Les ruches
Bien choisir ses premières ruches est très important pour bien débuter en apiculture. Il existe en effet de nombreux types de ruches. Quelle ruche pour un débutant ? Les plus courantes sont les ruches verticales à cadres mobiles, notamment les ruches Dadant, qui sont également adaptées aux débutants. Elles ont par contre le défaut de moins convenir aux petites colonies, et de ne pas avoir un système d’aération optimum pour le bien-être des abeilles. De plus, il leur manque une planche d’envol, très utile aux butineuses. De nombreux professionnels recommandent néanmoins les ruches Warré, voire Voirnot pour les débutants, qui sont plus petites et plus faciles à gérer.
On conseille généralement de débuter en apiculture avec 3 à 5 ruches.
Composition d’une ruche classique

Une ruche est composée :
D’un toit, qui protège la colonie des intempéries. Accessoirement, c’est aussi par là que vous allez accéder à l’intérieur de la ruche.
D’un couvre-cadre, qui empêche les abeilles d’aller sous le toit et d’y déposer de la propolis qui va coller le toit… Il a d’autres emplois : on peut y poser un tapis isolant, pour l’hiver, ou bien y déposer de la nourriture si les ouvrières n’ont pas réussi à accumuler suffisamment de nourriture avant l’hiver.
D’un corps, qui constitue l’habitation en elle-même de vos abeilles. Il contient les cadres (8 ou 10) sur lesquels la reine pond et où les ouvrières stockent le miel et le pollen récolté dans la nature. Dans un corps de ruche peuvent vivre entre 50 000 et 60 000 ouvrières.
D’un plateau de fond avec une porte. C’est en effet par là qu’entrent et sortent les abeilles. La porte peut être fermée, notamment pour défendre la ruche, mais aussi pour pouvoir la déplacer. Le fond de ruche se pose sur un support qui va le surélever, afin qu’il ne soit pas en contact avec l’humidité qui peut remonter du sol.
Les cadres sont souvent mobiles et se placent dans le corps de la ruche et servent à l’élevage du couvain. Ils permettent aussi de stocker les provisions pour l’hiver.
Des hausses, qui se posent sur le corps, peuvent être ajoutées. Elles constituent un étage supplémentaire. Les hausses contiennent des cadres vides. Elles facilitent la récolte du miel car les ouvrières vont habiter dans le corps tandis que le miel sera produit dans la hausse. Mais ces hausses peuvent également être ajoutées seulement plus tard, lorsque la colonie augmente.
La ruche Warré
La ruche Warré est une ruche carrée, de 30 x 30 cm. Elle ne comprend ni hausse ni cadre mais des barrettes. Les éléments se posent les uns sur les autres, sur lesquels les abeilles bâtissent les rayons. Chaque élément est composé de 8 rayons, placés sur des barrettes avec cire.

On l’appelle également “ruche écologique” car elle offre aux abeilles des conditions de vie similaires à celles qu’elles ont dans leur milieu naturel. La ruche se réchauffe plus facilement et elle permet en hiver de nourrir les abeilles avec du miel.
Cette ruche demande moins de matériel. Notamment l’extracteur, car on récupère les rayons que l’on va ensuite casser au-dessus du maturateur. Le miel va s’y écouler tout seul. Avec beaucoup de ruches, il faut cependant un matériel spécifique pour la récolte, mais cela sera pour plus tard !
Les accessoires
Ce sont des outils qui vont vous permettre de manipuler les éléments de la ruche sans blesser ses occupantes. Vous vous équiperez en fonction du type de ruche choisi.
L’enfumoir permet de diffuser de la fumée dans la ruche, avant chaque manipulation. Cette fumée calme les abeilles. On met dans l’enfumoir un combustible adapté, qui forme une fumée froide et non nocive.
Le lève-cadre est un racloir. Il s’utilise pour gratter la propolis collée sur les cadres qui empêche de les décoller.
La brosse à abeilles s’utilise pour enlever avec douceur les abeilles qui seraient restées sur le cadre.
Un support, sur lequel vous pourrez poser les cadres une fois ôtés de la ruche.

Il faut également se munir de nombreux autres éléments pour débuter en apiculture : du matériel pour monter les cadres, si vous optez par exemple pour des ruches Dadant, le traitement contre le varroa, de la nourriture.
Quel budget pour se lancer dans l'apiculture ? Il faut compter un minimum de 500 à 600 € par ruche Dadant peuplée et équipée ainsi que tout le matériel nécessaire. Donc au moins 1500 € pour les 3 ruches. Le prix des ruches Warré est à peu près similaire, mais le budget équipement sera un peu moins élevé.
Budget auquel vous ajouterez un budget formation.
L’équipement pour la miellerie
Bien sûr, qui dit ruche, dit miel et donc une pièce (garage, abri de jardin, atelier) pour installer tout ce qu’il faut pour extraire le miel. Voici ce qu’il vous faudra pour aménager votre miellerie et débuter en apiculture :
Le couteau à désoperculer : le miel situé dans les alvéoles est protégé par un opercule de cire, qu’il faut donc retirer pour récupérer le miel.
Le bac à désoperculer : lorsque vous allez ôter les opercules, il est plus que conseillé de poser le cadre debout dans un bac, qui va recueillir non seulement les opercules mais aussi le miel qui va commencer à couler.
L’extracteur : il s’agit d’une machine dans laquelle on place les cadres pleins de miel. La machine tourne, et la force centrifuge fait sortir le miel qui va descendre en bas de la cuve. Un robinet permet de recueillir le miel. Il existe des extracteurs manuels ou électriques. Cette machine est très pratique mais vous pouvez éventuellement vous en passer et récupérer le miel en pressant.
Un maturateur : le miel doit être décanté avant d’être mis en pot. Vous trouverez des maturateurs dans les magasins spécifiques, mais vous pouvez aussi bien vous servir d’un grand (20 kg c'est bien) récipient en plastique alimentaire avec un couvercle qui ferme hermétiquement. La présence d’un robinet est un vrai plus !
Un filtre : utile lorsque vous allez verser le miel dans le maturateur, car il va permettre de retenir la cire qu’il peut encore rester après avoir désoperculé.

Les étapes pour bien commencer l’élevage des abeilles
L’activité d’une colonie d’abeilles est très dépendante du climat, c’est pourquoi il est très important de vous renseigner auprès d'apiculteurs locaux pour savoir à quel moment il est recommandé de démarrer et d’installer ruches et abeilles.
Pensez à faire le tour de vos voisins pour les prévenir de votre projet, c’est un geste de bon voisinage !
1 - Se former / se renseigner
L’apiculture est une activité assez technique et qui demande beaucoup de connaissances, même si elle reste accessible à tout un chacun. Il est donc indispensable, pour bien débuter en apiculture, de lire énormément sur le sujet, et d’approcher des professionnels qui pourront vous parler des bonnes pratiques apicoles, des différentes abeilles, du matériel… Certains pourront même vous “former”, et être disponibles pour vous répondre lorsque vous aurez démarré et que vous aurez un millier de questions à poser !
Il existe également des stages qui se font sur des ruchers école, voire des formations en ligne. Le syndicat apicole de votre département pourra vous renseigner sur toutes les possibilités autour de chez vous.
2 - Installer les ruches
Dans l’absolu, une ruche peut être installée partout, à condition néanmoins de respecter la législation.
Préférez néanmoins un endroit facile d’accès pour qu’il soit aisé pour vous d’aller quotidiennement voir vos protégées, abrité du vent dominant et bien ensoleillé. La présence d’eau à proximité est essentielle. Idéalement, vous orienterez l’entrée des ruches vers le sud-sud-est. La proximité avec des plantes nectarifères et mellifères est indispensable.
Une zone calme et peu polluée est un plus.
Sachez néanmoins qu’il y a des distances de sécurité à respecter entre les ruches et les voies publiques ou les habitations. Rapprochez-vous de la mairie de votre commune qui vous permettra de consulter le Code Rural en vigueur.
3 - Trouver des abeilles
C’est de toute façon au printemps que l’on installe un essaim dans une ruche, il va vous falloir anticiper pour être prêt à cette période, en fonction de la manière dont vous allez obtenir ces essaims.
Acheter des abeilles
C’est le plus simple pour avoir des abeilles, surtout pour débuter en apiculture. Par contre c’est là qu’il vous faut anticiper le plus. Trouvez et réservez vos abeilles durant l’hiver, au plus tard en janvier, pour être fin prêt au printemps. Vous pouvez vous renseigner auprès d’apiculteurs professionnels dans votre région, ou bien trouver un magasin spécialisé. Un essaim installé dans une nouvelle ruche ne produira très certainement qu’à partir de l’année suivante.
Vous pouvez même acheter une colonie dans sa ruche, ce qui vous permettra de récolter vos premiers kilos de miel dans l’année.
Profiter de l’essaimage
L’essaimage est un mode de reproduction des colonies d’abeilles. Une nouvelle reine prend la place de l’ancienne, qui va partir avec une partie des ouvrières. L’essaim va attendre à proximité de l’ancienne colonie le temps que les éclaireuses trouvent un nouvel endroit pour s’installer. C’est à ce moment-là qu'il est possible de récupérer ces abeilles pour peupler de nouvelles ruches en les attirant vers une ruche grâce à des odeurs.
Il est recommandé de vérifier l’état de santé de l’essaim, les abeilles sauvages sont plus susceptibles d’être porteuses de maladies, mais aussi de leur race, car certaines sont moins agressives que d’autres, et donc plus adaptées à un jeune apiculteur.
4 - Faire les démarches administratives
Aujourd’hui, il est obligatoire de déclarer ses ruches, même pour débuter en apiculture, que l’on n’en a qu’une et que c’est destiné être une activité de loisirs. Ce pour des raisons sanitaires, bien sûr, mais aussi pour avoir une assurance ainsi que pour des raisons fiscales.
La déclaration est annuelle et doit être faite entre le 1er septembre et le 31 décembre. Il est possible de la faire en ligne sur le site du Portail de l’Agriculture, ou bien à l’aide du Cerfa 13995*04, à l’adresse indiquée sur le site. Cette déclaration va vous permettre de recevoir un numéro NAPI (Numéro d’immatriculation d’APIculteur), qu’il vous faudra inscrire sur vos ruches.
Vous vous tournerez ensuite vers votre assurance, cela vous permettra d’être couvert en cas de tout incident dû à cette activité.
Chaque apiculteur est tenu de tenir un registre d’élevage dès lors qu’il donne ou vend à l’extérieur de son “cadre domestique privé”.
Débuter en apiculture n’est pas démarrer n’importe quelle activité. Le matériel nécessaire est important, d’où un budget relativement élevé, bien que rapidement couvert par le prix du miel si vous décidez de vendre votre petite production, ou tout simplement en n’achetant plus de miel !
