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Les envies d’autonomie alimentaire, certes relative, sont très présentes à l’heure actuelle, et les potagers fleurissent jusque sur le toit des immeubles en pleine ville. Et pour faire un potager, il faut préparer, travailler le sol, et ce à plusieurs périodes dans l’année. Mais on sait aujourd’hui qu’il est préférable, la plupart du temps, de ne pas retourner ni mélanger les différentes couches du sol. Alors comment travailler la terre pour le potager sans la retourner ?
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Travailler le sol sans retourner les couches : pourquoi ?
Il y a plusieurs moments au potager où il est nécessaire de travailler le sol :
Lors de la préparation du sol à l’automne, ou au printemps avant les semis et plantations, le sol doit être ameubli, non seulement pour faciliter le travail du jardinier mais aussi pour que la terre puisse bien entourer les racines sans poches d’air et que les racines puissent ensuite bien s’épanouir.
Le sol est également travaillé aux moments d’apports d’amendements type fumiers, composts, chaux, etc.
En été, quand le sol est dur et compact et que les arrosages et les précipitations ruissellent au lieu d’être absorbés par la terre. Le décompactage de la croûte qui se forme sur le sol en été, notamment en cas de fortes chaleurs et en sol argileux, est indispensable pour que les végétaux et les organismes vivants dans le sol bénéficient d’une bonne circulation de l’air et de l’eau dans ce sol, la croûte présente empêchant cette circulation.
Lorsque l’on fertilise les légumes au pied avec du compost ou un autre engrais organique, il est judicieux d’intégrer superficiellement le fertilisant au sol.
Or, tous les organismes qui vivent en surface et ceux qui vivent en-dessous de la surface ne sont pas là où ils sont par hasard, ils sont là où les conditions leur permettent de vivre. Et notamment la présence d’oxygène : les micro-organismes qui sont à la surface sont des organismes aérobies, qui ont besoin d’oxygène pour vivre et pour être actifs, alors que les micro-organismes qui sont sous la surface sont des organismes anaérobies, qui n’ont pas besoin d’oxygène. Les vers de terre, espèce primordiale pour la santé de nos sols, sont également très diversifiés et certaines espèces vivent en surface alors que d’autres vivent en-dessous.
En retournant le sol, vous mettez tout ce petit monde sens-dessus-dessous, et ceux qui ont besoin d’oxygène pour survivre meurent. Les vers de terre sont très impactés, entre les blessures mécaniques dues à la bêche, l’exposition à leurs prédateurs lorsqu’ils ne sont plus cachés dans le sol, la destruction de leurs galeries et la modification de leurs conditions de vie, leur nombre est drastiquement diminué.

Ne pas retourner le sol préserve sa biodiversité et donc sa capacité à bien nourrir les plantes.
Comment bien travailler la terre pour potager ?
Pour travailler la terre du potager sans la retourner, il suffit d’employer les bons outils, et de faire les bons gestes ! Néanmoins, chaque terrain est unique, de par sa nature et de par le climat dans lequel il évolue, il est judicieux de tester quelle période est la plus favorable à tel ou tel travail du sol. C’est pourquoi au démarrage d’un potager il est conseillé de commencer par de petites surfaces.
Comment préparer le sol à l’automne ?
Les fourches à bêcher à deux manches (aussi appelées aérobêches ou encore bio-fourches) type biogrif ou grelinette sont très efficaces pour décompacter, aérer le sol lors de la préparation de planches potagères à l’automne ou au printemps, sans pour autant retourner et mélanger les différentes couches.
La technique consiste à enfoncer les dents, faire quelques mouvements d’avant en arrière avec une biogrif. Faites quelques pas en arrière puis recommencez. Si besoin, vous pouvez passer dans le sens perpendiculaire afin d’avoir une terre encore plus fine.

Il est également possible de préparer le sol sans le travailler du tout, juste en l’occultant : pour un premier potager, étalez une couche de 20 cm d’épaisseur de matière organique sur le sol, à l’automne dans les régions à hivers rigoureux, durant l’hiver dans les régions à hivers doux. Vous pouvez bien sûr mélanger les matières : fumiers, compost, feuilles mortes, BRF, broyat… Si vous ne disposez pas suffisamment de matière organique, déposez sur le sol une sous-couche de carton (non blanchis et non imprimés). Après ce couvert, le sol sera prêt à être utilisé pour les cultures.
Vous pouvez également semer des engrais verts à la fin des cultures d’été ou au tout début du printemps, ceux qui ont des racines puissantes et profondes travaillent en douceur le sol, vous n’aurez plus qu’à faucher avant de passer à vos cultures potagères.
À savoir : pourquoi ne plus utiliser la bêche ? Le jardinier n’est peut-être pas le plus important par rapport à la santé du sol, néanmoins, le travail à la bêche est épuisant et particulièrement douloureux pour le dos. Par ailleurs, la bêche s’utilise pour ramener la terre du dessous dessus, ce qui est mauvais pour la faune du sol, elle ne peut pas seulement aérer.
Comment amender le sol ?
À l’automne, après cette préparation du sol, c’est le moment d’apporter un amendement type fumier ou compost, et de l’incorporer très superficiellement, soit à l’aide d’une aérobêche dont vous n’enfoncerez pas les dents complètement, soit à l’aide d’une griffe.
Cet apport aura pour effet non seulement d’apporter de nombreux nutriments au sol, au grand bénéfice des plantes qui y seront cultivées, mais il aura également un effet sur la nature, sur la texture du sol qui sera amélioré, plus meuble et riche au fil des années.
Un petit coup de râteau terminera le travail.
Comment décompacter le sol ?
Les aérobêches peuvent être utilisées en enfonçant les dents sur quelques centimètres seulement pour casser la croûte en surface.
Pour réaliser des décompactages superficiels en été, vous pouvez utiliser une griffe, en veillant à ne pas l’enfoncer trop. Mais pour plus de facilité, vous pourrez vous tourner vers des grattoirs oscillants, très efficaces et moins fatigants à utiliser pour le jardinier.

Comment fertiliser les légumes ?
Certaines plantes potagères, les vivaces en particulier, telles que la rhubarbe ou l’artichaut, ont besoin d’être fertilisées tous les ans. Pour ce faire, une fois appliqué le fertilisant organique adapté, vous utiliserez une petite griffe à main ou bien un outil tel que le rotogrif pour intégrer le fertilisant superficiellement à la terre au pied de vos plantes potagères les plus gourmandes.
Travailler la terre pour le potager est indispensable - enfin presque, les techniques de non-travail du sol se répandent, que ce soit chez les particuliers ou chez les agriculteurs. Et heureusement il est tout à fait possible de faire ce travail sans trop bousculer toute la vie qui est là dessous, notamment grâce à de nouveaux outils, autant ingénieux qu’efficaces.
