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Acheter un abricotier bio n’est pas tout, il faut ensuite le planter, l’entretenir et le soigner de façon “bio”. Lui trouver un terrain et un emplacement qui lui est parfaitement adapté, le nourrir et l’abreuver mais sans excès, favoriser un développement harmonieux, sont des gestes importants et pourtant si simples. Les difficultés proviennent la plupart du temps des agressions des parasites et autres pathogènes. Que faire en cas d’attaque ? Comment ne pas utiliser de ces produits aujourd’hui décriés ? Quelles sont les mesures qui favorisent la bonne santé d’un abricotier bio ?
Cultiver un abricotier bio
La culture de l’abricotier bio implique de respecter la nature de l'arbre et de le cultiver selon ses besoins, de la plantation jusqu’aux soins ! Des conditions de culture adaptées à l’arbre fruitier sont le gage d’un arbre sain, bien nourri, capable de résister efficacement aux agressions.
Planter un abricotier
L’abricotier est un arbre des climats tempérés plutôt chauds (la période hivernale étant cependant indispensable à l’induction des bourgeons floraux, le cumul minimum étant de 500 heures). Il déteste les vents froids, les gelées qui détruisent sa floraison printanière très précoce. Du fait de cette sensibilité au gel, veillez, dans le nord de la France, à sélectionner des variétés à floraison plus tardive. Certains cultivars ont, eux, des floraisons très longues, ce qui réduit les pertes. Une installation contre un mur exposé au sud devrait également vous aider à avoir une bonne récolte. Son terrain de prédilection est sec, sableux voire caillouteux, bien drainé, mais l’abricotier étant généralement greffé, il va pouvoir être planté, pour schématiser, dans 2 types de sol différents, selon le porte-greffe utilisé : des sols calcaires, drainés, secs et légers, ou bien des sols lourds, humides. Il est crucial pour la bonne santé de votre abricotier bio que vous choisissiez son porte-greffe en fonction du sol sur lequel il va être planté. Vous vous dirigerez vers les pruniers pour les terres compactes ou vers les francs, les amandiers ou les pêchers pour les sols secs. À la plantation, un bon apport de matières organique sera effectué. Lors du choix de l’emplacement, veillez à ce que votre abricotier ait suffisamment d’espace tout autour de lui. La majorité des abricotiers sont autofertiles, donc la présence d’un autre sujet n’est pas indispensable, pour autant, elle reste conseillée car elle favorise et améliore la fructification.
Pour en savoir plus, lisez nos conseils sur la plantation de l'abricotier

Entretien du fruitier
Même si l’abricotier fait partie des fruitiers relativement résistants face à la sécheresse, il a besoin d’eau pour une bonne croissance, donc d’arrosages, notamment dans les régions les plus chaudes. Le printemps est une période de croissance importante, durant laquelle le sol doit rester assez frais, quant à l’été, les périodes de sécheresse sont difficiles à traverser pour tous les végétaux. Au cours de sa première année, arrosez abondamment, 2 arrosoirs de 10 l, mais peu souvent, 1 fois par mois en été, afin de pousser l’abricotier à développer ses racines en profondeur, il sera ainsi capable d’aller puiser de l’eau très loin sous la surface. Le paillage va limiter l’évaporation du sol, il doit être pour cela assez épais : feuilles mortes, tontes de gazon…
Astuce : installez une section de tuyau ou de drain lors de la plantation. Il sera placé verticalement, de la surface jusqu’aux racines, qui seront ainsi abreuvées directement à l’arrosage.
Tailler l’abricotier bio présente plusieurs avantages : le nettoyage du centre de l’arbre permet une bonne circulation de l’air et défavorise le développement des maladies. Cela apporte également beaucoup de luminosité aux fruits qui bénéficieront plus des rayons de soleil. La taille d’éclaircissement limite le phénomène d’alternance et rend donc la récolte plus homogène d’une année sur l’autre. Limiter sa hauteur rend la récolte bien plus confortable. Pour autant, cette taille n’aura pas lieu tous les ans, une fois tous les 3 ans est plus judicieux, à l’automne. Excepté bien sur la taille d’éclaircissement en mai ou juin, qui elle est annuelle.
Pour en savoir plus, lisez nos conseils sur l'entretien de l'abricotier et ceux sur la taille de l'abricotier
Fertilisation bio
Une fertilisation équilibrée est nécessaire à un développement harmonieux, qui ne laisse de côté ni la floraison et la fructification (avec un excès d’azote), ni la croissance de l’appareil végétatif. Les fertilisants et autres engrais bio pour l’abricotier sont : fumier et compost bien décomposés, corne broyée, algues marines, guano, cendre de bois, poudre d’os, engrais type 4 4 8.
Le premier printemps après la plantation, apportez une matière organique rapide très azotée pour compenser une probable faim d’azote si vous avez apporté de la matière organique à la plantation. Une alternative : paillez autour du tronc avec du BRF déjà composté.
Un apport de compost ou de fumier sera fait en automne comme engrais de fond.
La cendre de bois est riche en potasse qui favorise la fructification, répandez-en une pelletée au cours de l’hiver. Cet apport peut également être fait grâce à du guano, épandu au printemps, si votre abricotier manque de vigueur. Cet amendement est en effet également riche en potasse, ainsi qu’en azote et en phosphore, ce qui représente une fertilisation coup de fouet pour un arbre carencé.
Un engrais bio rapide à la nouaison.
Des traitements bio
Cultiver des arbres fruitiers bio entraîne souvent une crainte quant aux maladies. L’abricotier est sujet à plusieurs parasites et pathogènes, notamment les Pseudomonas et la moniliose, tous deux capables de faire de gros dégâts. Les soins bio pour une maladie cryptogamique de l’abricotier restent centrés sur la bouillie bordelaise. Le cuivre est en effet un excellent fongicide et ce produit est toujours autorisé en culture bio.
Les maladies de l’abricotier

La moniliose
Cette maladie cryptogamique est une affection grave pour les abricotiers. Les spores du champignon responsable, Monilia laxa, pénètrent par les fleurs, donc tôt au printemps, et se répandent dans les tissus de l’arbre. Ils provoquent le dépérissement de tous les organes, des bouquets floraux aux fruits en passant par les rameaux et entraînent la formation de chancres dans l’écorce qui abriteront le champignon durant l’hiver. Les signes de cette maladie, caractéristiques, sont les taches concentriques claires qui entourent une pourriture brune sur les fruits, et le fait que fleurs, feuilles et fruits restent sur l’arbre une fois desséchés ou momifiés. Le calendrier des traitements bio de l’abricotier contre la moniliose :
Une fois les feuilles tombées, effectuez une application de bouillie bordelaise sur toute la ramure de l’arbre.
Durant l’hiver, passez le tronc de l’abricotier au blanc arboricole. Cela va détruire les spores des champignons (et accessoirement les formes hivernantes des parasites).
Au printemps, juste avant que les bourgeons ne commencent à s’ouvrir, effectuez une nouvelle application de bouillie bordelaise, ou bien d’infusion de prêle.
Appliquez à nouveau bouillie bordelaise ou purin de prêle juste avant la floraison (alternez l’un et l’autre afin de limiter l’utilisation de cuivre).
Une dernière application peut être faite à la fin de la floraison de l’abricotier si le temps est propice au développement des champignons.
Pour accompagner ce traitement et alterner les applications afin de réduire la quantité de cuivre, vous pourrez utiliser les extraits d’ail, de sauge, qui sont aussi des fongicides, utilisables contre la moniliose et autres maladies cryptogamiques. En biocontrôle, ce sont les levures Saccharomyces cerevisiae qui sont généralement employées.
À savoir : un sujet très atteint sera détruit, pour éviter la contamination à toutes les autres Rosacées des environs.
Pour en savoir plus, lisez notre fiche maladie sur la Moniliose de l'abricotier
Le chancre bactérien ou ECA
Cette maladie bactérienne (due à des Pseudomonas) se caractérise par des lésions brunes qui marquent la base des rameaux au printemps, des écoulements de gomme sont également visibles. Les feuilles peuvent se tacher de marques transparentes. L’arbre peut rapidement dépérir. En automne, à partir de la chute des feuilles, pulvérisez du cuivre durant 2 mois tous les 15 jours. Un badigeon de chaux sur le tronc est passé en hiver, suivi d’une pulvérisation de solution cuprique. Curez les lésions au printemps puis badigeonnez les plaies.
Autres maladies
L'oïdium sera traité tous les 10 jours au printemps avec de la décoction de prêle, du bicarbonate de soude, qui est également un antifongique (le soufre mouillable est également utilisé). Cette maladie cryptogamique est facile à reconnaître à cause du caractéristique dépôt blanchâtre et duveteux présent sur les feuilles, les rameaux et les fruits.
La tavelure : les décoctions de prêle renforcent les défenses immunitaires de l’arbre. Des applications de cuivre peuvent être faites juste avant la floraison.
Le coryneum : c’est sur les feuilles que l’on repère les traces de cette maladie cryptogamique appelée souvent “criblure”. Elles se tachent de marques rondes, brunes, ourlées d’un bord rouge. En cas d’attaque forte, les rameaux et les fruits sont également touchés. Une décoction de prêle sera appliquée en pulvérisations hebdomadaires dès que la végétation repart, puis au débourrement, vous appliquerez de la bouillie bordelaise.
La cloque : les feuilles, rouges et boursouflées, finissent par se dessécher. Vous pulvériserez du cuivre (bouillie bordelaise) sur tout le feuillage à l’automne, puis avant le débourrement. Renouveler encore l’application 3 fois durant le mois qui suit.
La verticilliose : due à un champignon, Verticillium dahliae, cette maladie se signale par un feuillage qui jaunit puis se flétrit et des rameaux brunis qui se dessèchent. Il est important de couper et détruire au plus tôt les organes atteints.
La sharka : maladie virale qui cause des lésions nécrotiques profondes dans les fruits. Elle est transmise par des parasites, notamment les pucerons. La lutte contre les pucerons est donc à privilégier pour limiter l’extension de cette maladie. Les abricotiers atteints doivent être arrachés.
Les parasites
Les pucerons provoquent une crispation des feuilles sous l’effet de leurs piqûres. Trop nombreux, ils prélèvent une quantité de sève importante dont l’absence peut nuire à l’arbre. De plus, ils sont vecteurs de maladies. Pour empêcher les colonies de s’étendre, employez les prédateurs de ces parasites : coccinelles, syrphes, chrysopes… Les engrais azotés sont à utiliser avec parcimonie. Des bandes de glu fixées sur le tronc limitent le nombre de fourmis qui viennent en aide aux pucerons et les transportent. Le purin d’ail est un bon répulsif contre les pucerons, le savon noir est également utilisé.
Les cochenilles : le blanchiment du tronc de l’abricotier est efficace pour détruire les formes hivernantes. À la fin du printemps, l’infusion d’origan sera un bon traitement.
Le carpocapse : pièges à phéromones et pose de sachets autour des fruits protégeront ceux-ci.
Pour en savoir plus, lisez nos conseils sur les maladies de l'abricotier
Les mesures prophylactiques
Nettoyez régulièrement votre jardin, notamment au pied des arbres fruitiers.
Si un végétal est malade, supprimez les parties atteintes et détruisez-les, que ce soient les feuilles, les bouquets floraux, les branches. Les fruits restés sur l’arbre et momifiés sont aussi enlevés et détruits.
Désinfectez vos outils de coupe entre chaque végétal.
Après une coupe, appliquez un produit cicatrisant sur la plaie.
Ne taillez que par temps sec.
Installez haies libres, friches, hôtels à insectes pour favoriser la biodiversité dans le jardin.
Quelques variétés résistantes
La première mesure à prendre pour neutraliser ces pathogènes est de planter des variétés résistantes, ou du moins à la sensibilité moindre. Évitez par contre les cultivars trop sensibles comme ‘Bergeron’ ou ‘Héléna du Roussillon’ pour la moniliose.
Deux variétés récentes ont été créées dans ce but, toutes 2 issues de la variété suisse ‘Luizet’ et proposant sa qualité gustative et sa précocité : la variété ‘Lisa’ est résistante à la moniliose, la variété ‘Mia’ est résistante à la bactériose, ou chancre bactérien.
L’abricot ‘Muscat’ : résistant à la moniliose. Cette ancienne variété méridionale est à maturité à la mi-juillet. Les fruits sont de calibre moyen, à la saveur musquée et juteuse.
L’abricot ‘Commun de Nicole’ : résistant à la moniliose. Une maturité début juillet pour ce petit abricot à épiderme clair et à saveur parfumée et sucrée.
L’abricot ‘Colonne somo’ : résistant à la moniliose. Moins précoce, celui-ci se récolte fin juillet. Il offre une saveur parfumée et sucrée.
L’abricot ‘Avikour’ : relative résistance à l’ECA.
L’abricot ‘Bakour’ : bonne résistance au chancre bactérien.
Conclusion Protection de la biodiversité, besoin de consommation de produits sains et de jardinage sans produits toxiques, l’envie de bio gagne sérieusement le jardin et les vergers, pour le bien de tous. Planter un abricotier bio, et le cultiver “proprement” n’est en fait pas bien compliqué, c’est surtout une question d’habitude : favoriser la présence d’insectes auxiliaires, privilégier les fertilisants organiques, respecter les besoins des végétaux, sont les bases d’une culture bio !
