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D’où vient la cire d’abeille avec laquelle nous encaustiquons nos meubles en bois ? Ce petit insecte qu’est l’abeille est social et très organisé, et il a besoin de cellules de stockage pour son miel et le pollen, ainsi que pour protéger ses larves. Comme elle sait tout faire, l’abeille fabrique donc ces indispensables cellules, grâce à une sécrétion de son propre corps. Elle va ensuite travailler cette matière pour former ces rangées d’hexagones parfaits qui nous étonnent tant. C’est l’apiculteur qui récupérera ensuite cette cire, qui est très utilisée dans de nombreux domaines de la vie courante.
Comment se passe la production de cire ?
Seules les abeilles du genre Apis, les abeilles sociales, produisent de la cire. Ce sont les cirières qui la fabriquent, des ouvrières de 12 à 19 jours, grâce à 8 glandes placées sur leur abdomen. Ces glandes cirières se développent en même temps que l’abeille et atteignent leur plus grande taille vers le 12e jour. Il faut une quantité de nourriture suffisante durant les premiers jours de vie de l’insecte pour que ces glandes aient une bonne croissance. Elles sécrètent cette matière sous forme liquide, qui se durcit sous l’action de l’air en minuscules feuilles blanches et translucides, comme des écailles qui ne pèsent pas plus de 0.8 mg chacune. 1 250 000 écailles sont nécessaires pour produire 1 kg de cire ! Une fois ces feuilles extraites, les abeilles les malaxent avec leurs mandibules, et c’est le mélange avec leur salive qui permet d’obtenir la cire, une pâte opaque et malléable. Au départ, la cire est blanche, c’est le pollen et le miel qui vont la colorer en jaune au fil du temps, plus sombre quand il s’agit des alvéoles du couvain. En travaillant la cire avec leur salive, il semble également que les abeilles y intègrent volontairement de la propolis et du pollen. Une fois le stade de cirière terminé, les glandes commencent à s’atrophier et ces abeilles deviennent des butineuses.
Le saviez-vous ? Le dernier stade de la vie de l’abeille est celui de butineuse, après environ 21 jours. Cette tâche épuisante sera sa dernière ; après de nombreux allers-retours chargée du précieux nectar, l’abeille finira sa vie au pied d’une fleur.
Que font les abeilles avec la cire ?
Les ouvrières façonnent cette pâte avec leurs pattes et leurs mandibules pour former les alvéoles ainsi que les opercules qui les fermeront. Ces alvéoles vont pouvoir accueillir le miel, le pollen, ainsi que le couvain. Pour celui-ci, ce sont les larves elles-mêmes, une fois arrivées au stade de nymphe, qui réclament la fermeture de l’opercule en envoyant des phéromones.
Dans la ruche
Pour sécréter, travailler, façonner la cire et la maçonner, les ouvrières forment une grappe dont la température s’élève entre 33 et 36°, afin que la cire soit suffisamment souple. Cette grappe est constituée de cirières alignées horizontalement, formant une pyramide. Les unes forment des boulettes de cire que les autres forment en alvéoles aux parois très minces. Elles les placent ensuite les unes à la suite des autres et le travail se poursuit ainsi jusqu'à remplissage total du cadre. Les abeilles construisent ces cellules sur les cadres en allant du haut vers le bas, chaque cellule étant inclinée vers l’intérieur de 13°. Ce travail (production et façonnage), nécessite beaucoup d’énergie, donc une grande quantité de miel et de pollen : 8 kg de miel pour 1 kg de cire. La ruche doit donc disposer de suffisamment de ressources pour pouvoir construire des rayons supplémentaires. Mais une fois ce kilo de cire maçonné, il pourra recevoir jusqu’à 27 kilos de miel.
Le saviez-vous ? Il semblerait que la forme parfaitement hexagonale des rayons de la ruche soit due au caractère très fluide de la cire lorsque les abeilles façonnent les alvéoles. Celles-ci seraient en fait circulaires, mais lorsqu’elles sont posées les unes au-dessus des autres, des angles se forment naturellement à leur jonction par la cire qui s’écoule.
L’apiculteur et la cire
Pour récupérer le miel, l’apiculteur est obligé d’ôter ces opercules. La cire est souple au-dessus de 30°, et elle fond à 63°. Elle est hydrophobe, c’est-à-dire qu’elle n’est pas dissoute par l’eau. Il y a plusieurs méthodes pour récupérer la cire d’abeilles mais le cérificateur solaire est le moyen le plus plébiscité car il entraîne peu de coûts : il permet de faire fondre la cire grâce à la chaleur solaire. Les chaudières à cire, elles, font fondre la cire grâce à la vapeur d’eau. Quant à la fusion à l’eau chaude, elle consiste à placer les cadres dans de l’eau chaude (non bouillante). Cette cire est récupérée dans un bac puis refondue dans de l’eau bouillante pour la purifier. Elle va rester à la surface (elle a une densité moindre que l’eau). De nombreuses impuretés vont flotter et peuvent être récupérées à l’aide d’une écumoire. Refroidie, la cire va ensuite durcir et former un bloc, dont le bas rassemble toutes les impuretés présentes, comme le pollen ou la propolis mais aussi de la poussière, des morceaux d’abeille... (on appelle cette partie du bloc le talon, qui sera retiré). L’opération va être recommencée à plusieurs reprises afin d’obtenir une cire très pure. Cette cire est notamment utilisée pour réaliser des feuilles de cire gaufrée à fixer dans les cadres, que l’apiculteur placera ensuite dans les ruches, évitant aux abeilles d’avoir à recommencer ce travail laborieux. Ces feuilles sont ré-imprimées avec des alvéoles de plus grande taille que les alvéoles construites naturellement. Quand l’apiculteur a récupéré le miel, il peut également faire fondre la cire des alvéoles, mais il n’y a que la cire d’opercules qui est utilisée pour réaliser la cire gaufrée. Elle est en effet plus pure et moins porteuse de molécules toxiques pour les abeilles car fraîchement produite.
Utilisation de la cire
Composition de la cire
La cire d’abeille est composée de nombreuses substances, plus de 300, en majorité des esters variés et des hydrocarbures. La cire est utilisée à de nombreuses fins :
Elle est un élément courant en cosmétique, où elle sert de lubrifiant, par exemple pour les rouges à lèvres.
Dans la maison elle sert de produit d’entretien pour le bois ou le cuir, leur assurant une bonne protection. Elle permet également de façonner des bougies et autres objets de décoration.
Comestible, elle peut servir dans l’alimentaire, comme additif (E901).
En médecine, elle a des propriétés cicatrisantes et anti-inflammatoires.
