Aller au contenu
Jardinage au naturel

Comment lutter contre la pyrale du buis ?

Partager

Trouver les moyens efficaces de lutter contre la pyrale du buis devient urgent. Cet insecte ravageur venu d’Asie met en péril vos buis. Devenue une espèce invasive, la pyrale du buis occupe désormais toute la métropole française. Elle est redoutable car elle n’a pas de prédateur naturel réellement connu. De plus, son cycle de reproduction est au nombre de trois au cours d’une année. La lutte contre cet insecte est devenue un problème national. Un programme a été mis en place pour étudier notamment les traitements pour réagir efficacement.

Comment lutter contre la pyrale du buis ?

Comment la reconnaître ?

Pour lutter contre la pyrale du buis (Cydalima perspectalis), il est important de prendre en compte ses transformations. En effet, au cours d’un cycle, vous verrez ce lépidoptère de la famille des Crambidae sous plusieurs apparences :

  • Le papillon nocturne

  • La chenille

  • La nymphe (la chrysalide)

Le papillon nocturne est blanc, bordé de marron et avec des reflets violacés. Il s’agit du spécimen le plus répandu. Mais il existe également un papillon brun. Il est reconnaissable grâce à sa forme triangulaire. Il a environ 4 cm d’envergure. Il vit la nuit, cependant vous le verrez en journée s’il est dérangé. Contrairement à beaucoup de papillons nocturnes, celui-ci est butineur, donc il se nourrit de différentes plantes.

Le papillon femelle pond des œufs sur vos buis. Les premiers temps, ils ne sont pas visibles car aplatis et translucides. Sur la partie inférieure des feuilles, se découvrent des petits amas composés de plusieurs œufs. Au cours de leur développement, la couleur change pour finir avec une pointe noire correspondant à la chenille.

Quant à la chenille, son corps est vert clair. Sa tête est noire luisante, des verrues noires et des poils blancs parcourent son corps. Elle n’est pas urticante. Elle mesure entre 3.5 et 4 cm, et se nourrit exclusivement de buis, tout au moins en France. En effet, en Chine, en Corée, au Japon, elle s’alimente avec des plantes proches comme le houx, le fusain. Elle peut être confondue avec la piéride du chou.

La chenille arrive au bout du cycle, avant la nymphose, moment où elle se transforme en chrysalide.


Pourquoi est-elle redoutable ?

Elle est redoutable car lutter contre la pyrale du buis sous-entend se débarrasser du papillon nocturne, des chenilles, des œufs. En Europe, on observe 3 cycles de reproduction d’avril à octobre. Ces cycles se chevauchent, par conséquent une même période marque la présence de papillons mais également de chenilles.


Comment fonctionne son cycle de vie ?

  • Après l’accouplement, le papillon femelle vient pondre ses Å“ufs sur les parties inférieures des feuilles de buis. Au cours d’un cycle, elle peut pondre 200 Å“ufs. Au bout de 2 jours, ses Å“ufs éclosent. Des larves (ou chenilles) apparaissent.

  • La chenille a environ 4 semaines d’existence. Au cours de cette période, elle va connaître 4 mues. À chaque fois, elle deviendra un peu plus grosse et plus vorace. Il est possible de reconnaître ces mutations grâce à la taille disproportionnée de la tête.

  • Son alimentation sera adaptée selon ses phases de mutation.

  • Au bout d’1 mois, la chenille ralentit son rythme effréné et s’immobilise. Vient le moment de la transformation en chrysalide entre les feuilles non dévorées de vos buis. La chrysalide passe du vert au brun.

  • Environ 21 jours après, un papillon sort et le cycle recommence

Selon les régions, les premiers envols de papillons commencent au mois de mai. Entre chaque ponte s’espace un délai de 2 mois.

L’entrée dans l’hiver ne marque pas pour autant la disparition de ces insectes ravageurs. Les chenilles en 3e et 4e phase de mutation meurent. Quant aux plus jeunes, elles hivernent à l’abri dans des cocons tissés par leurs soins. Elles se réveillent au mois de mars. Les chrysalides éclosent à la même période. Les hivers étant de plus en plus cléments, leur réveil est de plus en plus tôt.


Une chenille ravageuse

Lutter contre la pyrale du buis implique de devoir se débarrasser des chenilles à l’origine des ravages de vos arbustes. Qu’ils soient en haie, en bordure ou topiaires, vos buis sont menacés. Les chenilles raffoleraient principalement de 2 variétés : le buis commun et de Colchide (appelé également du Caucase). Les dégâts de la chenille se réalisent en 4 étapes qui correspondent aux phases de mutation. Au cours de celles-ci, l’insecte va grandir et finir par se transformer en nymphe.

  • Lors de sa sortie, la chenille est petite (3 mm) et se nourrit des cuticules se trouvant sous les feuilles. À ce stade, il est difficile de la voir car elle se cache.

  • Lors de la 2e phase, la chenille grandit et grignote désormais des feuilles (dessous et dessus). Ce sont également les premiers signes de toiles qu’elle tisse pour se déplacer et de feuilles marrons.

  • Lors de cette 3e phase, la chenille est de plus en plus vorace et mange de feuilles entières. Cette voracité affaiblit vos buis et empêche la photosynthèse.

  • Au cours de la dernière phase, les feuilles deviennent rares. La chenille s’attaque à l’écorce et aux tiges. Le buis devient sensible aux maladies et aux champignons.

Sans intervention de votre part, l’avenir de vos arbustes est compromis à cause de l’appétit féroce de ces chenilles.

Le papillon, quant à lui, laisse vos buis. Il provoque, cependant, des désagréments visuels et sonores. Attiré par la lumière des maisons, des réverbères, les envolées nocturnes sont de plus en plus nombreuses. Il peut être à l’origine de gêne pour la circulation ou pour certaines installations frigorifiques.


Comment lutter contre la pyrale du buis naturellement ?

Pour lutter contre la pyrale du buis, il faut être sur tous les fronts. En effet, pour être efficace, vous devez vous débarrasser à la fois des papillons et des chenilles.


La lutte visuelle et manuelle

Si votre région est concernée par l’invasion de la pyrale du buis, il est préconisé d’observer régulièrement vos arbustes. Au moins une fois par semaine, scrutez avec attention les feuilles. Dès l’apparition de jeunes chenilles, n’hésitez pas à passer un jet d’eau sur vos arbustes.

Les chenilles n’étant pas urticantes, vous pouvez les ôter avec les mains. Si leur nombre est important, le travail devient vite fastidieux. De plus, elles sont sensibles au bruit. Dans ce cas de figure, il est préférable de choisir un traitement biologique.


La lutte par l’introduction d’auxiliaires

Pour éliminer les œufs, le trichogramme est le parasitoïde de la situation. En introduisant ce micro-insecte au moment des premières pontes, vous éradiquerez les futures chenilles. En effet, la femelle trichogramme pond à l’intérieur de l’œuf de la pyrale du buis. Une fois éclos, la larve se nourrit du contenu, par conséquent elle élimine les futures chenilles. Tant qu’il y a des œufs, cet insecte fait son travail et ensuite disparaît naturellement.

La chenille serait toxique pour les oiseaux à cause de l’ingestion de buis. En Europe, l’homme serait son seul prédateur. D’après des études, il semblerait que les mésanges et les moineaux ne soient pas insensibles à cet insecte. Quant au frelon asiatique, il chasserait les jeunes larves.


Quels sont les produits biologiques efficaces ?

Si vos buis sont envahis, un traitement biologique est plus adapté. Il permet d’éliminer les chenilles au bout de quelques jours. Parmi les produits proposés, vous trouvez le pyrèthre et le Bacillus thuringiensis.

Un produit a base de pyrèthre végétal est naturel et efficace, cependant ce traitement de contact n’est pas sélectif. La conséquence est l’élimination des chenilles mais également de tous les insectes gravitant autour de vos buis. Parmi ceux-ci figurent les auxiliaires utiles à la biodiversité de votre jardin.

Le produit à base de Bacillus thuringiensis s’avère être aujourd’hui le plus efficace car il agit de l’intérieur. Les chenilles ingèrent le produit et les cristaux protéiques détruisent les cellules de son intestin. Elle ne peut pas se nourrir et par conséquent meurt.

Ce traitement s’applique uniquement si les chenilles sont présentes sur vos buis. Il doit être pulvérisé sur toute la surface, en prenant soin de ne pas oublier le dessous des feuilles. Le traitement sera appliqué le soir, en évitant un temps pluvieux. Laissez agir pendant une semaine et recommencez l’opération, notamment si vous constatez la présence de chenilles.


Comment piéger les papillons nocturnes ?

Parmi les moyens de lutte contre la pyrale du buis, le piège est une solution. Il s’agit de supprimer les papillons mâles et de limiter la reproduction. C’est un moyen également de repérer les périodes d’accouplement et de traiter les buis en conséquence.

Les pièges commercialisés sont à base de phéromone. En effet, lors de l’accouplement, le papillon femelle produit cette substance chimique qui attire le mâle. Accrocher ce leurre au buis ou le poser à proximité fait venir les papillons.

Ce dispositif se pose dès le mois d’avril et jusqu’à octobre pendant les 3 cycles de reproduction. Le piège s’utilise pendant plusieurs années et peut être rechargé. Il se trouve en jardinerie.


L’astuce pour le piéger

Une façon astucieuse de piéger ces papillons nocturnes est de fabriquer son propre dispositif. Vous devez partir du principe que cet insecte est attiré par la lumière.

Le piège maison le plus facile est celui de deux récipients qui se superposent. La partie basse contient une source lumineuse. La parte haute est remplie d’eau et de liquide vaisselle. Vous vous débarrassez de ces papillons naturellement.

Il existe plusieurs méthodes pour créer un piège, le vecteur commun reste la source lumineuse.


Que faire après le traitement ?

Même si vous avez gagné la première manche contre la pyrale du buis, elle peut revenir. Le papillon peut voler sur plusieurs kilomètres.

Une fois que vous avez traité vos buis, nettoyez-les au jet d’eau. Il enlèvera les toiles ainsi que les déjections verdâtres, traces de leur présence. Débarrassez vos arbustes de leur partie infestée en les taillant. L’ajout d’un fertilisant leur permettra de reprendre leur croissance.

Quant aux déchets coupés, ils devront être brûlés ou broyés en fins morceaux. Pour vous en débarrasser, soit vous les enterrez, soit vous les mettez dans le composteur. Pour ce dernier, il faut déjà qu’il soit constitué de plusieurs couches. Il est important de se débarrasser de ces déchets pour éviter une contamination.

Lorsque vous constatez une invasion, un voile anti-insectes empêchera les papillons d’accéder à vos buis sains. De même, vous pouvez les poser en prévention.

Un buis défolié n’est pas forcément perdu. Il faut attendre au moins un mois pour que les feuilles repoussent. Il existe un test qui consiste à gratter l’écorce. Si c’est vert, il y a encore de l’espoir.

L’invasion de la pyrale du buis s’étend de jour en jour, cependant des traitements existent pour lutter. Pour être efficaces, ces différentes méthodes doivent être combinées pour éradiquer à la fois les papillons et les chenilles. Même si vous sauvez vos buis de cet insecte ravageur, vous n’êtes pas à l’abri d’une récidive. La vigilance sera de rigueur pour repousser la pyrale du buis.