Partager
À moins d’être construit en dur, un abri de jardin est une construction assez légère, et ce même s’il s’agit d’un abri de jardin en bois. Il est donc plus ou moins à la merci des agressions du climat, du froid, du vent, du soleil, et surtout de l’humidité insidieuse. Il est donc très important de protéger votre abri de jardin en bois de ces problèmes. Car non seulement il durera beaucoup plus longtemps, mais en plus ce que vous y stockez ne risquera pas non plus d’être abîmé. Du sous-sol jusqu’au toit, quelques conseils pour un abri des plus résistants !
Comment protéger un abri de jardin en bois de l’humidité ?
Le bois est un matériau naturel, vivant, qui est très apprécié pour la construction d’abris de jardins, entre autres. Sa faculté à laisser circuler l’air et l’eau est un avantage car des murs en bois permettent une autorégulation de l’air intérieur. Le revers de la médaille, c’est qu’une humidité stagnante est bue par le bois comme le ferait une éponge. Viennent alors les champignons puis les insectes (termites et autres insectes à larves xylophages), et le bois est alors pourri, détérioré.

Il faut donc protéger un abri de jardin en bois de toute humidité statique. Celle-ci peut venir d’une fuite dans le toit, d’un écoulement courant des eaux pluviales sur les mêmes planches, et de remontées humides du sol. Pour éviter ces problèmes, les plus courants, vous vous occuperez en priorité du toit et du bas de votre abri de jardin.
Un bois bien traité
Quelle protection pour un abri de jardin en bois ? Comment éviter qu’il ne soit abîmé par l’humidité, ainsi que tout ce que vous y rangez et stockez ?
Fongicide et insecticide
Vous trouverez parfois des abris de jardin fabriqués en Douglas, en cèdre rouge ou autre mélèze. Leur prix élevé s’explique par la qualité de ces bois durs, classés 3 ou 4, qui résistent naturellement à l’humidité. Ces bois n’ont pas besoin d’être traités.
De nombreux abris de jardin en bois sont fabriqués en pin ou en épicéa. Pour éviter que ce bois tendre ne boive l’eau qu’il reçoit et ne se dégrade rapidement, attaqué par des champignons, il est d’usage de le traiter.
Ce traitement peut être fait par le fabricant lui-même, dans ce cas il s’agit d’un traitement par autoclave, qui consiste à injecter par haute pression des produits antifongiques et insecticides au plus profond des fibres. Selon les procédés utilisés, cette méthode garantit une protection élevée du bois durant un grand nombre d’années, entre 10 et 20 ans.
Lorsque le bois n’est pas traité, c’est à l’acheteur de le faire. Le processus se réalise en plusieurs étapes, le produit incolore est appliqué au pinceau sur des surfaces bien sèches :
Une fois triées toutes les pièces de l’abri, passez sur chacune d’elle et sur toutes les faces un produit de protection (fongicide et insecticide) avec au minimum 2 généreuses couches. Stockez à l’abri du soleil et de l’humidité tout le temps du séchage, en moyenne 48 h.
Passez une dernière couche avant le montage, la couche de finition.
Une fois l’abri monté, passez encore 2 couches à l’extérieur.
Cette première application sera entretenue en moyenne tous les 2 à 3 ans grâce à une couche rapide sur toute la surface de l’abri, mais tous les 5 ans vous devrez réaliser une application plus importante, en 2 couches généreuses au moins.
Découvrez aussi nos conseils sur le traitement du bois des carrés potagers
Lasure ou peinture
Une fois l’abri traité et monté, appliquez une lasure ou de la peinture sur le bois, qui compléteront cette protection en limitant les effets des agressions climatiques.
La lasure est très appréciée car elle laisse visible le veinage naturel du bois. Il s’agit également d’un produit protecteur qui rend le bois plus étanche et qui a un léger effet contre les champignons et les insectes. Lorsqu’elle est teintée, elle protège également le bois contre les UV.
La peinture est une finition plus couvrante mais qui laisse tout de même le bois respirer. Elle est plus résistante que la lasure. Vous utiliserez pour peindre votre abri de jardin une peinture acrylique ou microporeuse, la peinture glycéro est trop étanche pour le bois. La peinture doit impérativement être précédée par l’application d’une sous-couche qui évitera que le bois ne boive la peinture.
L’entretien de la peinture comme de la lasure se réalise tous les 2 à 4 ans, en fonction du climat. La couche protectrice s’écaille, se fane, elle devient de ce fait moins efficace et moins esthétique. Il vous faudra tout d’abord nettoyer la surface, un coup de brosse sur du bois lasuré, un ponçage du bois peint, avant de renouveler la couche protectrice.
Pour le bois traité en autoclave, vous pouvez utiliser un mélange d’huile de lin (qui est un hydrofuge) et d’huile de térébenthine (insecticide). Votre abri sera encore mieux protégé et grisaillera moins vite.
Éviter les infiltrations qui viennent du toit
Le toit est un point faible dans toute construction, qui doit faire l’objet de la plus grande attention dans le but de protéger cette construction, ici l’abri de jardin en bois, de l’humidité.
Sa forme et ses dimensions tout d’abord ainsi que sa conception :
Un toit a toujours une pente, même s’il s’agit d’un toit plat.
Le bas de la pente, ce que l’on appelle le débord, dépasse suffisamment des murs pour que l’eau s’écoule au sol et non le long des murs.
Sa couverture doit être bien étanche. Vous garderez le feutre bitumé généralement livré pour vous en servir comme sous-couche d’une couverture plus efficace et durable : tuiles bitumées, shingle, membrane EPDM, bac acier… Les couvertures possibles sont nombreuses mais ne conviendront pas toutes à chaque situation : pente du toit, règles communales d’urbanisme…
Ce débord est complété par un système de gouttière qui amène les eaux pluviales au sol en un endroit choisi ou mieux, dans un récupérateur d’eau.
Dans le cas d’un abri adossé, pensez à rendre étanche la jonction entre le toit de l’abri et le mur contre lequel il s’appuie à l’aide d’une pièce en angle (un solin) qui dévie l’eau vers le toit.
Pour aller plus loin, retrouvez notre article : Quelle toiture pour mon abri de jardin ?
Protéger le bas de l’abri de jardin
C’est principalement en rehaussant l’abri, en le séparant du sol, que vous le protégerez contre les remontées d’humidité. Et même si vous avez décidé de poser votre abri sur une dalle béton, ce qui est généralement conseillé, cela ne vous dispensera pas de cette surélévation. En effet, l’eau peut s’accumuler sur la dalle, et plus longtemps car elle a plus de mal à s’évacuer que dans le sol.
Alors, comment protéger le bas de votre abri de jardin en bois ? Avant toute chose, vous préparerez le terrain qui va recevoir votre futur abri de jardin en bois. Il sera nettoyé, rendu plane et tassé pour une bonne stabilité. Idéalement, le terrain est décaissé sur une dizaine de centimètres, puis débarrassé de toutes les pierres et racines. Une toile géotextile est ensuite déposée et recouverte de gravier et de sable.

Un abri de jardin sur dalle
Si vous êtes décidé pour une dalle, celle-ci doit déjà être correctement conçue. Elle peut dépasser de 15 à 20 cm du contour de l’abri de jardin. Dans ce cas, elle devra afficher une forme de cône avec une pente de 1 % de chaque côté. Cela permettra à l’eau de s’écouler facilement. Des évacuations peuvent être placées dans les parties les plus basses. La dalle peut également être réalisée aux mêmes dimensions que l’abri, dans ce cas elle est même très légèrement en retrait pour une bonne évacuation. Dans tous les cas, elle est construite sur un film polyane qui évitera à l’eau du sol de remonter dans le béton.
Malgré ces précautions toujours utiles, l’abri ne sera pas posé directement sur la dalle. De nombreuses possibilités existent pour ce faire. Par exemple, le poser sur des parpaings recouverts de goudron. Ou encore le poser sur des lambourdes en bois classe 4 qui seront séparées du béton par du feutre bitumeux. L’étanchéité sera assurée par du silicone, ou mieux, par une bande de caoutchouc un peu épaisse qui absorbera toutes les irrégularités. Le joint, quel qu’il soit, doit être posé sous la base de l’abri, donc avant lui, pour être comprimé par le poids et remplir correctement son rôle.
Certains déposent l’abri sur une bande de polystyrène extrudé de 5 cm d’épaisseur au moins, qui aura le double rôle de surélever et d’étanchéifier car en s’écrasant, le polystyrène comblera également les irrégularités du sol. Il a par contre le défaut de se dégrader dans le temps.
Astuce : Quel que soit le matériau utilisé pour rehausser votre abri, placez-le très légèrement en retrait des bords de l’abri, vers l’intérieur bien sûr, afin que l’eau ne stagne pas sur le bord de cette rehausse.
Une alternative à la dalle béton : les dalles gravillonnées ou les pavés autobloquants (6 cm d’épaisseur au moins), également posés sur du polyane ou sur de l’EPDM (le matériau utilisé pour le fond des bassins ou des piscines), et au préalable sur du sable. Cette dalle a l’avantage d’être moins définitive que la dalle béton.
Découvrez aussi notre article : Comment rehausser un abri de jardin ?
Un abri de jardin sans dalle
Il est aussi possible de monter un abri en bois sans l’étape dalle en béton en plaçant des plots au sol qui soutiendront un plancher sur lequel sera monté l’abri. Les plots peuvent être des parpaings, à étanchéifier avec du feutre bitumeux ou de l’EPDM, ou des plots spéciaux pour ce type de construction. Les uns comme les autres sont semi-enterrés dans une épaisse couche de sable et graviers.
Sur ces plots seront fixés les pièces de bois qui soutiendront le plancher.
Dans tous les cas, vous fixerez l’abri sur la dalle ou sur les plots grâce à des ancrages qui viendront le maintenir au sol en cas de vents violents.
Notre sélection d'abris de jardin en bois :
Comment isoler un abri de jardin en bois ?
L’isolation est une méthode complémentaire pour protéger l’abri de jardin en bois, qui limite l’humidité comme le froid. Cela vous rendra également la pièce plus confortable, notamment si vous y passez du temps à bricoler ou à vous occuper de semis, boutures et autres petits travaux de jardinage.
Isoler l’abri par le bas
C’est au moment de la surélévation de l’abri que vous poserez l’isolant du sol. Il s’agit souvent de plaques de polystyrène extrudé de 50 mm d’épaisseur, à placer entre le support du plancher et le plancher en lui-même.
Isoler l’abri par le toit
Le toit d’un abri de jardin en kit est souvent des plus basiques puisqu’il est constitué de chevrons soutenant des planches (la volige), sur lesquelles se fixe la couverture, assez peu de modèles sont fabriqués avec des combles. Le bois a beau être un matériau isolant naturel, il ne suffit pas à maintenir le froid à l’extérieur.
Pour l’isoler, il va vous falloir le doubler, à l’intérieur ou à l’extérieur, afin de prendre l’isolant en sandwich.
Par l’extérieur :
L’étanchéité est le premier point à travailler, une membrane anti-humidité, le pare-vapeur, sera posée directement sur la volige.
Fixez ensuite des liteaux sur les planches et le pare-vapeur.
Placez entre ces liteaux le matériau isolant choisi. L’isolant mince est le premier choix pour un abri de jardin, car comme son nom l’indique, il est fin et ne fait donc pas perdre de place, mais il est plus efficient de rester sur de la laine de roche, de verre ou encore de l’ouate de cellulose.
Fixez sur les liteaux des planches qui formeront la nouvelle volige (OSB, bardage ou autre).
Placez la couverture.

Par l’intérieur :
Placez l’isolant entre les chevrons.
Fixez le pare-vapeur sur l’isolant.
Couvrez l’isolant en clouant des planches, du lambris ou autre sur les chevrons.
L’isolant type laine de verre doit être découpé 1 cm plus grand que la dimension des panneaux dans lesquels il va être inséré.
Isoler l’abri par les murs
Les murs représentent environ 25 % de la déperdition de chaleur totale. Comme pour le toit, ils peuvent être isolés par l’intérieur comme par l’extérieur, cela vous oblige à ajouter un bardage ou des parois, selon le cas.
Vous pouvez utiliser du polystyrène extrudé, comme pour l’isolation du sol. Collez-le contre les parois et plaquez le pare-vapeur dessus à l’aide d’adhésif. Un bardage viendra finir le mur.
Si vous avez l’intention d’installer l’électricité dans l’abri, pensez à installer les câblages avant de mettre en place l’isolation !
Et les ouvertures !
Les ouvertures peuvent également être améliorées. Remplacer les fenêtres par du double vitrage est un gain important en matière d’isolation mais cela représente un surcoût. Les vitrages peuvent tout simplement être recouverts par un film de survitrage qui vous aidera à gagner quelques précieux degrés.
La porte de l’abri de jardin doit être assez robuste et bien fixée pour résister aux intempéries. Elle peut éventuellement être doublée, dans ce cas vous prendrez soin de remplacer les charnières qui devront supporter un poids plus important, voire même isolée comme vous l’avez éventuellement fait pour les murs. Si l’interstice en-dessous de la porte est important, n’hésitez pas à installer une bavette qui empêchera tout autant l’air que l’eau de passer. De l’air et/ou de l’eau peut également passer par-dessus la porte, entre le chambranle et son rebord. Placez dans ce cas une latte en haut de la porte qui viendra faire couvre-joint.
Pour aller plus loin, rendez-vous sur notre article : Comment isoler mon abri de jardin ?
Diverses astuces
Quelques petits gestes et conseils pour vous aider à encore mieux protéger un abri de jardin en bois.
L’emplacement de votre abri de jardin en bois a beaucoup d’importance pour sa facilité d’utilisation mais pas seulement. Évitez de l’installer à l’ombre, ou alors sous des arbres caducs qui laisseront au soleil toute la place pour assécher le bois en période froide et humide. Faites également attention aux zones plus humides de votre jardin, des nappes d’eau peuvent parfois être proches de la surface.
Si le fabricant n’a pas prévu de grilles d’aération (ou pas assez), n’hésitez pas à en installer. Elles doivent être placées face à face en haut et en bas des murs, si possible face aux vents dominants pour qu’il y ait un courant d’air. Parallèlement, aérez aussi souvent que possible.
Nettoyez souvent la gouttière à l’automne et en hiver notamment, les feuilles peuvent boucher la descente et provoquer des écoulements d’eau le long des murs.
En fin d'été début d’automne, une tournée de vérification de l'étanchéité du toit, des ouvertures, des parois est conseillée, avec les réparations qui s’imposent. Pour repérer les éventuelles fuites, faites l’inspection juste après une grosse averse. Des traces sombres sur les parois intérieures sont un signe certain de la présence d’eau. Un colmatage soigné à l’aide de silicone ou de mastic règlera le problème mais une solution plus pérenne sera à envisager, comme la mise en place d’un revêtement extérieur.
Découvrez aussi notre guide complet : Abris de jardin: réglementation, montage, entretien...
Vous l’aurez compris, le point le plus important pour éviter la détérioration de votre abri est l’étanchéité. Toutes les méthodes pour protéger votre abri de jardin en bois contre l’humidité sont donc bonnes à prendre. Surélever l’abri par rapport au sol est déjà une bonne chose, et en complétant avec un toit digne de ce nom et doté d’une gouttière vous devriez déjà obtenir un bon résultat. Et ne plus craindre pour les affaires et outils qui y sont rangés !

