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Face à des étés de plus en plus chauds et secs, la nécessité de prévoir des plantations pour créer de l’ombre se fait grande. Bien sûr, vous pourrez avoir recours à des plantes grimpantes palissées sur une pergola ou une tonnelle ou bien à une classique treille. Toutefois, rien ne vaut l’ombre fraîche d’un bel arbre pour passer des moments sereins dans le jardin.
Les bienfaits et conséquences de l’ombre
Outre la fraîcheur que procurent les arbres alentour (ombre portée) ou sous leur ramure, leur présence dans un jardin assure une bonne rétention des sols par leurs abondantes racines. Ils améliorent la qualité de l’air que l’on respire, atténuent les bruits et filtrent la pollution. Ce sont aussi des gîtes précieux pour la faune et donc la biodiversité. De même, vous les emploierez pour masquer une vue, une perspective peu engageante.
Cependant, leur implantation doit être mûrement réfléchie, car il convient de se projeter dans l’avenir pour pressentir les conséquences de ces actes. On rencontre en effet bien souvent des arbres placés trop près des bâtiments, dont ils ombragent à l’excès les pièces ou bien des lignes électriques aériennes. C’est aussi sans compter sur les nuisances des racines, capables parfois de détruire des canalisations et de s’infiltrer dans les fosses septiques, voire de soulever les dallages, parfois endommager les fondations. Noter d’ailleurs que celles de certains arbres s’étendent jusque trois fois le diamètre de leur couronne. L’ombre et le manque de circulation de l’air peuvent aussi provoquer des stagnations d’eau et entraîner, de fait, des pourritures alentour, l’apparition de salpêtre sur les murs…
Vous l’aurez compris, la place d’un arbre d’ombrage, c’est loin de la maison ou des bâtiments. Renseignez-vous donc sur les dimensions adultes des arbres proposés et écartez d’avance la solution des élagages qui détruisent la beauté intrinsèque des arbres et occasionnent des frais considérables. La sagesse conduit donc souvent à l’adoption d’arbres à faible développement, ceci au prix de quelques années supplémentaires de patience, car ces végétaux poussent pour la plupart moins vite que les essences à grand développement. Dans votre choix d’implantation, tenez compte également de l’ombre portée de l’arbre adulte et du changement d’angle selon les saisons, les heures du jour…
Critères de choix
Bien souvent, le jardinier cherchera des plantes à port étalé, voire tabulaire pour couvrir une grande surface. Dans ce cas, envisagez les platanes à tailler chaque année en plateau, ou encore le superbe mûrier à feuilles de platane, Morus kagayamae, à grandes feuilles vertes et luisantes. Bien souvent, il vous faudra progressivement remonter la couronne de ces arbres proposés en tige dans le commerce, c’est-à-dire supprimer progressivement les branches les plus basses pour pouvoir s’installer sans problème en dessous. Évitez le recours au mûrier noir dont les fruits tacheraient irrémédiablement votre dallage. Dans le même genre de mise en garde, les tilleuls en fleurs, au pouvoir soporifique, encouragent le sommeil. Les noyers, quant à eux, sont réputés pour leur ombrage fort dense et très froid.
Les rois de l’ombre
Si vous recherchez une ombre légère, optez pour le superbe arbre à soie, ou Albizzia julibrissin aux feuilles très composées et à la silhouette évasée, exotique. Le févier doré ou Gleditshia ‘Sunburst’ offre une ombre dorée très spéciale. Attention, au printemps, les fleurs mellifères attirent les insectes butineurs puis tombent à terre en quantité. Sa croissance est très rapide. C’est le cas également des Catalpa et Paulownia aux feuilles très grandes, veloutées et floraison abondante, blanche à cœur jaune pour le premier, d’un superbe bleu pour le second. Le Catalpa bugnonioïdes ‘Nana’ ou catalpa boule 'Nana' est particulièrement indiqué dans les petits jardins. Dans le Midi, en fonction du climat, vous porterez votre choix sur les platanes sur vous disposez de place et envisagez des élagages périodiques, le joli Melia azedarach aux fruits en perles persistant jusqu’en hiver, le classique micocoulier ou encore l’arbre pluie d’or ou savonnier, Koelreuteria paniculata à l’abondante floraison estivale.
Attention aux pleureurs
L’idée de recourir à un arbre pleureur pour constituer une tonnelle naturelle doit être bien mesurée. En effet, la plupart de ces essences prennent, en s’étalant ainsi, des proportions incontrôlables. Tel est le cas du Frêne pleureur à la croissance effrénée (!) et bien sûr du classique saule pleureur à réserver aux très grands parcs. Le Sophora pleureur est cependant plus recommandable, car il pousse lentement. Prévoyez toutefois de supporter ses branches pour obtenir une tonnelle fonctionnelle.
Philippe Ferret
