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Vous avez constaté des galeries en surface, dans votre potager ? Le campagnol semble s’être introduit dans votre jardin pour y trouver le gîte et le couvert, y faisant par la même occasion des dégâts parfois importants. Quelles astuces ou techniques pouvez-vous utiliser pour éloigner le, ou plutôt les campagnols de votre potager ?
Petit portrait du campagnol
Bien que le nom de campagnol désigne au sens courant un très grand nombre d’espèces de mammifères vivant dans les campagnes (on trouve sous ce nom courant une bonne cinquantaine de mammifères appartenant au genre Microtus, ou bien au genre Clethrionomys ou encore au genre Arvicolinae), on va parler ici du du campagnol des champs, Microtus arvalis et du grand campagnol terrestre, Arvicola terrestris, souvent appelé rat taupier qui sont les plus courants dans notre contrée.
Le campagnol des champs
De petite taille, entre 9 et 13 centimètres, le campagnol des champs affiche une silhouette toute ronde et une queue courte, de 2 à 4 centimètres, jamais plus longue que son corps, et il pèse entre 18 et 50 grammes. Son poil a une teinte brun roux, il a de petites oreilles rondes et un museau allongé. Il apprécie peu les températures basses et l’humidité du nord de la France ni les sols trop arides du sud. Il est installé partout ailleurs.
Les femelles ont jusqu’à 6 portées dans une année, avec au plus 5 bébés par portée. Ce campagnol ne vit pas plus d’un an et atteint sa maturité sexuelle à 30 jours.
Ce petit rongeur se trouve dans les milieux ouverts de type prairies, champs cultivés, terrains enherbés, et près des habitations durant l’hiver. Il creuse des galeries dans le sol qui relient des terriers et qui débouchent en surface via des coulées où il dépose ses déjections. Ces galeries peuvent être tracées à la surface, notamment lorsque la population est importante.
Il sort de sa tanière le jour comme la nuit, alternant des périodes d’activités et de repos.
Son alimentation se constitue principalement de graines, qu’il trouve sur le sol, et de végétaux. Il apprécie dans les champs les céréales, les endives, les chicorées et autres salades, les bulbes, les pommes tombées au sol. Lorsqu’il y a des arbres, il va également consommer l’écorce à la base du tronc. Il est capable d’y grimper.
Le grand campagnol terrestre
Arvicola terrestris, le rat taupier ou grand campagnol, est un rongeur plus gros, de 12 à 20 centimètres plus une queue de 6 centimètres environ. Son museau pointu est complété par des incisives longues et recourbées comme celles du castor et des petites oreilles.
Ce campagnol vit lui aussi dans les prairies ainsi que dans les champs cultivés et les potagers. Il y creuse des galeries et des terriers souterrains et se nourrit des racines qu’il rencontre sur son chemin, causant de gros dégâts dans les champs cultivés et dans les potagers.
Contrairement au campagnol des champs, il aime les climats frais et se trouve surtout dans les massifs montagneux, en-dessous de 2000 mètres d'altitude.
Le nombre de petits et la durée moyenne de vie sont sensiblement identiques à ceux du campagnol des champs, si ce n’est que la maturité sexuelle des rats taupiers arrive à huit semaines.
Pour en savoir plus sur ce rongeur, lisez notre article qui explique comment se débarrasser des rats taupiers.

Les signes de leur présence
Feuilles de légumes entièrement boulottées, plants avachis sur le sol, poireaux disparus, sont souvent des traces du repas de campagnols. De jeunes plants d’arbres qui dépérissent rapidement en sont également, sans racines il est difficile de survivre. Les arbres adultes sont moins touchés de par des racines puissantes, étendues et nombreuses, néanmoins ils peuvent montrer des signes d’affaiblissement et être attaqués par des pathogènes.
Vous pourrez également apercevoir un trou dans le sol donnant sur une galerie ouverte et oblique, avec des déjections sur le côté, nid du campagnol des champs, ou bien un trou qui s’enfonce à l’oblique dans le sol avec un monticule de terre qui bouche légèrement l’entrée, nid d’un rat taupier.

À savoir : les populations des campagnols, qu’ils soient terrestres ou des champs, sont très cycliques, un cycle durant de 3 à 5 ans. Elles montrent des pics puis le nombre d’individus baisse progressivement, en fonction de nombreuses conditions.
Comment se débarrasser du campagnol au potager ?
Différentes méthodes sont utilisées par les jardiniers pour se débarrasser de ces bêtes, petites mais très gênantes dans un potager.
En prévention
En règle générale, favorisez autant que possible la biodiversité dans votre jardin, pour tâcher de limiter le nombre de ces ravageurs.
Vous pouvez compter sur l’aide des prédateurs de ces campagnols. En effet, les oiseaux, notamment les rapaces, qu’ils soient nocturnes ou diurnes (buses, éperviers, chouettes…), ainsi que les pies et les corbeaux peuvent vous être très utiles. Des mammifères sont également leurs prédateurs, tels que la belette, la fouine et tous les autres mustélidés, ainsi que le hérisson, le chat ou le renard. Pensez à adopter un chat que vous laisserez aller librement dans le jardin (même si celui-ci est loin de s'attaquer seulement aux ravageurs…) ; installez des perchoirs pour les rapaces nocturnes et des nichoirs spécifiques pour attirer les bons oiseaux, plutôt sur les bords de votre terrain, à moins que vous ne soyez proche d’une zone boisée ou de falaises où ces rapaces trouvent généralement un gîte.
Les hautes herbes leur sont favorables car elles les dissimulent aux yeux des prédateurs. Donc tondez court et évitez le paillage et les zones en friche ou en prairie fleurie... même si c’est dommage par ailleurs ! Dans le cadre d’un jardin en permaculture, tondez et supprimez les paillages seulement en cas d’invasion.
Les haies, le plus diversifiées possible, les îlots d’arbustes, permettent aux mammifères ou aux oiseaux prédateurs d’être présents dans le jardin. Il en va de même pour tous les tas de pierre ou de bois, les arbustes…
Si vous avez des arbres fruitiers, ramassez les fruits tombés au sol pour éviter de les attirer avec de la nourriture facile.
Si vous avez un chien ou un chat, pensez en le brossant à récupérer des touffes de poils que vous déposerez soigneusement dans la galerie du rongeur. Une dissuasion assez efficace !

Les faire fuir
Déranger ses galeries et terriers est un bon moyen de faire fuir le campagnol des champs. Dès que vous repérez une sortie, remuez ou percez le sol avec une grelinette ou une bêche. Et comme il doit y avoir d’autres galeries et sorties dans le secteur, soyez attentif. Faites de même si vous voyez une taupinière, car les campagnols (notamment le rat taupier) empruntent souvent les galeries de leurs cousines ! Sachez cependant que vous ne pourrez pas détruire l’ensemble de leur réseau souterrain car celui-ci peut s’étendre sur plusieurs dizaines de mètres en longueur comme en profondeur.
La présence du jardinier est peu propice à la tranquillité du campagnol et peut, à force, le faire aller s’installer un peu plus loin. Le bruit et les vibrations lorsqu’il se déplace peuvent être remplacées par des tiges de métal (genre fer à béton) enfoncées dans la terre et chapeautées par une bouteille en plastique dur qui sera agitée au moindre vent. Pour éviter que les campagnols ne s’y habituent, pensez à déplacer les tiges ou à les enlever de temps en temps.
Les méthodes définitives
Il est bien sûr possible de mettre du poison à l’entrée des galeries, qui va drastiquement diminuer la taille de la colonie. Mais cette méthode a un inconvénient majeur : le poison en question ne va pas tuer que les campagnols. Ses prédateurs seront également empoisonnés, et d’autres animaux risquent d’en consommer, notamment vos animaux domestiques.
Les pièges létaux sont une autre méthode définitive. Si ce n’est que les campagnols se reproduisent très vite et qu’il va vraiment falloir poser beaucoup beaucoup de pièges pour arriver à limiter un peu la population. De plus, comme avec le poison, vous risquez de tuer des prédateurs de campagnols.
Les astuces pour limiter les dégâts
Malheureusement, durant les phases de pullulation, il est difficile de lutter efficacement cotre les campagnols. Les pièges ne peuvent attraper que quelques individus, la destruction des galeries est certes efficace mais elle peut rarement être totale. Protéger les cultures de la gloutonnerie de ces rongeurs est donc assez indispensable.
Lors de la plantation d’arbres et arbustes, entourez la motte avec un morceau de grillage à poule. Pensez à bien laisser le grillage dépasser du sol afin d’empêcher les rongeurs de s’attaquer à l’écorce.
Les salades peuvent être plantées dans des carrés potagers au fond habillé par ce même type de grillage. Leurs racines peu profondes ne dépasseront pas du grillage.
Ce rongeur creuse des galeries profondes. Il s’attaque aux racines des légumes, et à celles des jeunes arbres fruitiers, pouvant ainsi réduire à néant votre travail. Pour limiter ces dégâts et tenter de réguler la population de campagnols dans votre potager, il est conseillé d’employer plusieurs méthodes en même temps.
