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Jardinage au naturel

Gare aux envahisseuses

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Elles poussent vite et bien. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, dès que nous avons le dos tourné, elles envahissent sournoisement nos massifs et plates-bandes. Ces plantes qui ont su de prime abord nous séduire deviennent rapidement des ennemies scélérates et la guerre est ouverte. Jardiniers débutants, méfiez-vous de ces végétaux intrépides et ne vous laissez pas abuser. A défaut, un jardinier averti en valant deux, employez-les à bon escient, du moins en connaissance de cause.


Gare donc aux acacias dans le midi (les mimosas qui s'y naturalisent dans les collines), au sycomore (Acer pseudoplatanus) et au frêne (Fraxinus excelsior), arbres aux nombreuses semences à croissance rapide, à l'arbre du paradis (Ailanthus altissima), au sumac ou Rhus typhina et au faux acacia (Robinia pseudoacacia) aux souches éminemment drageonnantes. Parmi les arbustes, les arbres aux papillons, Buddleia davidii, envahissent très rapidement les friches industrielles. En milieu aquatique, évitez d'introduire des cannes de Provence, Arundo donax, à la croissance luxuriante tout comme les roseaux, Phragmites australis, ni les plantes flottantes oxygénantes telles que l'élodée et le myriophylle, du moins sans surveillance. Les terres fraîches sont irrésistiblement propices à la sauvagerie des symphorines, des renouées géantes et bambusiformes comme le Fallopia japonica et Fallopia sacchalinensis. En sous-bois, méfiez-vous des ails que sont les Allium ursinum ou ail des ours et A. triquetrum, l'herbe aux goutteux ou Aegopodium podagraria, même dans sa forme panachée, l'anodin lierre des bois, Hedera helix ou encore l'attrayante impatience de l'Himalaya, Impatiens glandulifera ainsi que la géante berce du Caucase, Heracleum mantegazzianum au demeurant allergisante par contact. Au soleil et même en terre pauvre, vous aurez fort à faire avec les verges d'or ou Solidago, les montbretias ou Crocosmia crocosmiiflora ominiprésents dans les jardins bretons. Les valérianes, Centranthus ruber, savent s'égayer même à la verticale d'un mur de pierre sèche. Dans les rocailles la belle de onze heures, Ornithogalum umbellatum se ressème à l'envi dans le moindre interstice. Résistez aussi, dans les massifs, à planter la marguerite sauvage, Leucanthemum vulgare, ou la linaire jaune, Linaria vulgaris. Vous en seriez bien trop vite envahi.