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Un hérisson au cœur de votre jardin d’agrément, c’est la révélation d’un jardin en pleine santé. Ce charmant animal contribue à la biodiversité de votre espace vert. Et si vous constatez sa présence dans votre extérieur, préservez-la et offrez lui toutes les chances d’y vivre en paix. Vous pouvez lui réserver un coin de votre jardin, limiter les dangers.
Un hérisson dans le jardin
Portrait
Le hérisson d’Europe est un petit mammifère nocturne - il sort de sa tanière au crépuscule - et craintif. Au moindre danger il se roule en boule, ne laissant à disposition de ses éventuels agresseurs que ses quelques 6000 piquants. Sa très mauvaise vue est largement rattrapée par son odorat qui lui permet de détecter la présence d’une larve à 3 cm sous terre !
Il aime les endroits ouverts tels des prés ou jardins bordés de haies ou les lisières de bois. Il a tendance à composer son nid avec des feuilles, de la mousse ou des herbes, le plus simplement du monde, avec lesquelles il forme un tas sous lequel il se cache.
C’est un avantage certain de bénéficier d’un hérisson dans son jardin, il se nourrit d’escargots et de limaces mais également d’insectes, d’œufs ou de baies ! Ainsi, les jeunes pousses de vos plantes du potager ou les fruits tels que les fraises sont préservés des parasites avides de leur jus sucré. Véritable auxiliaire de jardin, ce petit mammifère nocturne dévore aussi les vers, larves, chenilles, carabes et bien d’autres insectes dont certains sont des agresseurs de vos cultures. La nuit venue, cet allié de poids du jardinier s’invite pour débarrasser vos plants de tous les nuisibles sans s’attaquer aux végétaux. En somme, le compagnon idéal ! Il peut parcourir jusqu’à 4 km par nuit pour chercher de quoi se nourrir.
Il hiberne de novembre à mars et a besoin avant cette période d’avoir une alimentation très riche qui lui permettra de survivre.
Le protéger
Le saviez-vous ? Le hérisson d’Europe est protégé depuis 1981. Si vous en croisez un, vous pouvez aussi contribuer à sa protection ! Pour cela, prenez une photo ou un vidéo de l’animal et participez à l’Opération hérisson de l’association France Nature Environnement.
Cette protection ralentit la chute vertigineuse des effectifs de ce petit animal. Il en meurt néanmoins énormément, notamment du fait des routes, des pesticides, de la disparition et du morcellement de son habitat naturel, de la disparition progressive de son alimentation, des parasites. Contribuer à sa préservation est un geste bon pour l’environnement et la biodiversité car il est loin d’avoir une population suffisante pour assurer la survie de son espèce. Cette protection passe par les refuges que vous leur offrez, la création de coins de friche ou la diversité floristique de votre jardin.
Le saviez-vous ? Le hérisson d’Europe est protégé. L’article L411-1 informe que sont interdits “la destruction ou l'enlèvement des œufs ou des nids, la mutilation, la destruction, la capture ou l'enlèvement, la perturbation intentionnelle, la naturalisation d'animaux de ces espèces ou, qu'ils soient vivants ou morts, leur transport, leur colportage, leur utilisation, leur détention, leur mise en vente, leur vente ou leur achat”.

Lorsqu’un hérisson fréquente un jardin, voire qu’il y loge, quelques simples gestes contribueront à l’y faire rester.
Les pesticides et autres produits chimiques peuvent l’empoisonner (comme d’autres animaux d’ailleurs), évitez d’en utiliser. Les granulés anti-limaces sont particulièrement dangereux puisque le hérisson est friand de ces gastéropodes.
Pour l’inciter à rester dans votre jardin, rien de mieux que de conserver autant que possible une zone naturelle, sauvage, à l’écart dans un coin de votre jardin. Ne tondez pas à cet endroit et laissez la végétation spontanée s’installer. Il apprécie de pouvoir se cacher sous un tas de bois ou de feuilles, ou encore à l’intérieur d’un buisson. Vous pouvez même lui fabriquer un petit abri douillet pour l’hiver.
Faites-en sorte d’améliorer la qualité du sol, que ce soit par le compost ou le paillage. Cela permettra d’attirer des insectes et micro-organismes dont le hérisson pourra se nourrir.
Disposez dans ce coin un petit point d’eau, cela peut même être une petite gamelle à remplir régulièrement d’eau fraîche mais avec deux conditions à savoir : installez une pente douce ou un dispositif de remonte pour éviter la noyade puis si le point est profond, assurez-vous que l’eau soit renouvelée régulièrement à cause des pontes de moustiques.
Ne laissez pas sortir votre chien la nuit dans le jardin, s’il est sujet à l’attaquer. Il peut venir à bout d’un hérisson, et se faire mal par la même occasion.
Evitez de déplacer vos fagots de bois. Il s’agit peut-être du nid qu’il a choisi.
Attention lorsque vous tondez ou débroussaillez, vérifiez qu’un hérisson n’a pas fait sa cachette sur le passage. Les herbes hautes sont un véritable refuge pour le hérisson. De plus, certaines fleurs riches en nectar et en pollen attirent les insectes pollinisateurs dont le hérisson se nourrit.
Laissez un passage de 15 cm de large dans vos murs et clôtures afin qu’il puisse sortir de votre jardin lors de ses explorations nocturnes.

Est-il conseillé de nourrir un hérisson ?
Dans le désir de protéger un petit animal, l’envie peut être forte de lui donner également à manger. C’est généreux mais déconseillé ! Le hérisson est un animal sauvage qui doit le rester. Chercher sa nourriture fait partie de sa nature. D’une manière générale, on évite de nourrir la faune sauvage, qui, opportuniste, préfèrera la facilité d’une gamelle pleine à la recherche de proies. Il vaut beaucoup mieux travailler son jardin en préservant sa biodiversité pour fournir une source de nourriture naturelle abondante au hérisson que de le nourrir artificiellement.
Le nourrissage du hérisson est possible, de façon ponctuelle ou sur une période donnée, si un centre de soin du Réseau des centres de soin de la faune sauvage vous le recommande. Ces conseils sont à appliquer pour l’individu en difficulté. Ne tentez pas de nourrir tous les hérissons qui profiteront de votre jardin sous couvert que cela vous a été recommandé pour un cas spécifique et unique.
Le nourrissage régulier a de nombreuses conséquences sur la faune sauvage :
Modification du comportement de chasse et risque d’habituation à une source permanente de nourriture.
"Mauvais" apprentissage du comportement de chasse par la mère à ses petits si elle est habituée à se nourrir à un point fixe.
Transmission de parasites et pathogènes. En effet, de nombreuses espèces sont solitaires hors période de reproduction. Les points de nourrissages favorisent l’attroupement d’individus à un même point ce qui favorise la transmission de maladies entre eux.
Enfin, les croquettes, notamment pour chatons qui sont très riches, ont des effets délétères non visibles sur le court terme tels que l’obésité et le dysfonctionnement des reins et du foie. Les croquettes ne font pas partie du régime alimentaire naturel du hérisson. Le lait et le pain sont également à proscrire car toxiques pour le hérisson. En effet, ils ne sont pas dirigés par celui-ci. Si des chats sont nourris dans votre jardin, placez leur gamelle en hauteur, le hérisson ne pourra pas y accéder.
Si vous trouvez un hérisson qui semble faible et dénutri, appelez un centre de sauvegarde de la faune sauvage, des spécialistes sauront quoi faire et vous indiqueront la marche à suivre.

Pour l’eau, évitez les bols, il va poser les pattes sur le rebord du bol… et le renverser. Si votre gamelle est profonde, n’hésitez pas à mettre une branche ou un caillou pour que les autres animaux et insectes venant s’y abreuver ne s’y noient pas.
Faut-il nourrir le hérisson ? La réponse est donc non. Afin d’aider concrètement la biodiversité et notre ami à piquants, le mieux est de ramener de la biodiversité dans votre jardin afin qu’il y trouve par lui-même de quoi se nourrir et construire son nid. L’objectif étant de ne pas les rendre dépendants de l’humain mais bien de les préserver !
