Partager
Très décoratif, apaisant, facile à cultiver, le bambou offre en plus une très grande variété : chaumes noirs, rouges ou jaunes, feuillage plus ou moins grand, nain ou géant, il y a un bambou pour chaque jardin. Le Japon est l’un des pays où cette graminée est particulièrement présente, elle y occupe d’ailleurs une place tout à fait à part qui allie l’utile au philosophique. Comme les Japonais, faites une place au bambou dans le jardin, il vous apportera une belle sérénité.
Les bambous au Japon
Les bambous japonais sont des graminées, comme tous les bambous. Ces plantes appartiennent aux Bambuseae, lorsqu’elles vivent dans les régions tropicales ou sub-tropicales du monde, ou bien aux Arundinarieae si elles sont originaires de régions tempérées. La plus grande majorité des espèces de bambous sont originaires d’Asie, environ 600 espèces. Le Japon en compte un grand nombre d’espèces réparties en 8 genres : Chimonobambusa, Pleioblastus, Pseudosasa, Phyllostachys, Sasa, Sasaella, Sasamorpha, Shibataea.

Description
Son chaume, la tige principale, est creuse, et composée de nombreux nœuds et entrenœuds qui lui donnent sa souplesse légendaire. Elle est ligneuse et se développe très vite, pouvant au final mesurer quelques centimètres comme plusieurs mètres. Le chaume est souvent vert mais il peut également être jaune, noir, brun, strié... Son système racinaire est composé d’un rhizome qui peut être pachymorphe, renflé et court, chez les bambous cespiteux (non traçants), ou leptomorphe, long et étroit, chez les espèces traçantes. Sur le rhizome se développent des bourgeons que l’on appelle les turions, les futurs chaumes.
L’esprit du bambou
Le bambou est omniprésent au Japon. Il y pousse vite, partout, et sa facilité d’utilisation fait qu’il accompagne la vie quotidienne des japonais depuis des siècles. Il y est “la plante à tout faire”, mais son usage n’y est pas simplement matériel. Peintres, maîtres du thé, guerriers, jardiniers, philosophes s’appuient sur le take, cette plante merveilleuse qui a participé à l’édification de la culture japonaise. Les jardins japonais bien sûr s’en sont emparés. Le bambou y sert de fontaine, de clôture, de paravent, mais aussi d’outils et y distille une ambiance tout à fait particulière.

Un bambou japonais au jardin
Le bambou est la plante idéale pour apporter un esprit zen et japonisant à un jardin. Il permet de réaliser des écrans brise-vue à la fois efficaces et légers, ou tout simplement de cloisonner certaines zones de détente.
À savoir : l’eau est un élément important du jardin japonais, notamment sous forme de fontaine, en bambous bien sûr pour un dépaysement total.
Quelques espèces à installer au jardin
Les Chimonobambusa sont des bambous buissonnants et traçants, avec 3 branches à l’extrémité du chaume. On en trouve une seule espèce au Japon, que l’on cultive en France :
Le Chimonobambusa marmorea possède un feuillage très dense, d’un vert clair et vif. Le chaume devient pourpre à l’arrivée du froid. Il mesure entre 1,50 et 2 mètres et peut très bien se cultiver en pot de fleurs, même à l’intérieur. Il se plaît en sol acide à neutre, léger.
Les Pseudosasa comprennent des bambous à port buissonnants ou arborescents.
Le bambou flèche, Pseudosasa japonica, est parmi les plus répandus, idéal dans les petits espaces. Un chaume jaune à vert clair allant jusqu’à 6 mètres de haut et un feuillage vert très léger, ce bambou s’utilise couramment pour réaliser des écrans brise-vue. Comme chez tous les bambous, son feuillage est persistant. Il aime le soleil et a besoin d’arrosages abondants.
Les Sasa sont des bambous généralement traçants et de petite taille, avec des feuilles assez larges.
Le Sasa kurilensis est un petit bambou qui ne dépasse pas 3 mètres de hauteur. Il est traçant et porte des feuilles d’un vert brillant, avec un port légèrement retombant. Il s’installe dans un sol frais, profond, sans excès de calcaire, au soleil ou à mi-ombre.
Les Phyllostachys, originaires de Chine, sont également présents au Japon. Ils aiment les sols riches et assez frais, drainés
Le bambou Moso, Phyllostachys edulis, est un bambou géant, qui peut atteindre 15 mètres à 28 mètres de hauteur. Cultivé dans le Sud de la france, c’est l’espèce qui aura le meilleur développement, on trouve d’ailleurs à la bambouseraie d’Anduze de très beaux spécimens de presque 25 mètres de hauteur. Très rustique, il résiste jusqu’à des températures de -20°. Ce bambou présente des chaumes bleu vert, qui jaunissent en vieillissant. Les turions sont comestibles (il est d’ailleurs cultivé industriellement au Japon pour cet usage) mais se développent très vite, plusieurs centimètres par jour. Le bambou Moso se plaît au soleil, dans un sol riche et relativement frais.
Le Phyllostachys aurea est une espèce traçante, aux chaumes verts s’ils sont à l’ombre, qui deviennent jaunes puis orangés au soleil. De très haute taille, environ 30 mètres dans son pays d’origine, il ne dépasse pas les 10 mètres en France. Il perd ses feuilles sous -8°, ses chaumes sont également assez fragile, la souche elle est rustique.
Le bambou noir, Phyllostachys nigra, est un bambou de taille moyenne, 7 à 8 mètres de hauteur. Ses chaumes deviennent noirs après quelques années.
Les Pleioblastus sont représentés par des espèces de bambous le plus souvent traçants. Il sont considérés comme des bambous japonais nains, bien que certains soient plutôt de taille moyenne :
Le Pleioblastus simonii est un bambou qui peut se cultiver en pleine terre ou en bac. dans ce dernier cas, il ne dépassera pas 2 mètres de haut, contre 6 mètres normalement. Très touffu et bien vert, ce bambou est peu exigeant.
Le Pleioblastus chino est un bambou très résistant au froid et particulièrement dense et traçant. Il sert le plus souvent de couvre-sol pour stabiliser des berges.
Les Fargesias, bambous non traçants, sont communs dans nos jardins, et également au Japon mais ils sont originaires de Chine. Ils poussent en touffes serrées sans trop s’étendre ce qui est un grand avantage et ils sont de petite taille, entre 2 et 5 mètres. Ils s’installent en terre fraîche et drainée.
Le bambou japonais Fargesia ‘Boo’. Il s’agit d’une variété hybride de Fargesia murielae, le bambou parapluie. Son port retombant est particulièrement gracieux.

Planter un bambou
Les bambous apprécient le soleil et la chaleur et tolèrent bien la mi-ombre dans les régions les plus méridionales. En plein soleil, ils auront de gros besoins d’eau. Pour autant ils supportent bien le froid, la plupart résistent à des températures inférieures à -20° et les climats montagnards ne les gênent pas trop. Ils sont peu exigeants quant à la nature du sol, tolérant aussi bien le calcaire que l’acidité tant qu’il n’y a pas d’excès. Par contre ils préfèrent des terrains bien drainés qui ne risquent pas de faire pourrir leur rhizome. Chacun a cependant ses préférences, renseignez-vous sur l’espèce choisie. Ils seront plantés au printemps ou au mois de septembre dans les régions les plus au nord, ailleurs, en zones à hivers doux, ils seront plutôt mis en place durant l’automne. Laissez suffisamment d’espace entre les rhizomes pour un bon développement : 1 mètre pour les bambous nains, 4 mètres pour les petits espèces, 5 mètres pour les moyennes, 7 mètres pour les bambous géants. Les bambous traçants nécessiteront encore plus d’espace. Un peu de compost au fond du trou de plantation leur sera bénéfique et dopera leur reprise. Installer un bambou japonais en pot est tout à fait envisageable, à condition qu’il s’agisse d’une espèce naine ou de petite taille. Veillez à sélectionner un contenant profond, au moins 60 centimètres, et à y mettre une bonne couche de drainage.
À savoir : certains bambous japonais sont envahissants du fait de leur rhizome traçant. Pour maîtriser leur développement, vous pouvez les cultiver en bac ou bien installer autour de leurs racines une barrière anti-rhizome solide.
L’entretien
Les 2 premières années après la plantation, les besoins en eau du bambou sont importants pour assurer une bonne reprise, d’autant plus si le sol est bien drainé. Vous préfèrerez arroser en pluie fine et en plusieurs fois afin qu’il profite bien.
Tant qu’ils sont jeunes et pas encore bien installés, une protection hivernale pourra être utile, un simple paillage épais sur la souche suffira dans la plupart des cas. Un paillage au pied est de toute façon conseillé aussi bien l’été que l’hiver, qui protégera également de la déshydratation en été.
Le développement rapide du bambou fait de lui un gourmand. Ses besoins en azote sont importants, qui lui servira à former aussi bien ses chaumes que les feuilles. Tous les 2 à 3 ans, au printemps, apportez lui de bonnes quantité de compost ou de fumier En été, c’est de phosphore et de potasse qu’il a besoin, utiles pour nourrir les rhizomes.
La taille du bambou japonais est facultative, mais rabattre au pied les cannes mortes est une bonne chose. Cela se fait au printemps, les chaumes supprimés seront vite remplacés par d’autres. Vous pouvez également tailler votre bambou pour lui redonner une taille ou une forme harmonieuse. dans ce cas, attendez plutôt l’été, que les turions se soient développés.
Les jeunes turions peuvent être attaqués par des limaces, il pourra être utile de les protéger le temps qu’ils deviennent plus coriaces. Les bambous peuvent également subir des attaques d’araignées rouges par temps très sec. De bonnes pulvérisations du feuillage permettront de résoudre le problème.
Ces immenses graminées ont un charme fou dans un jardin. Très différents les uns des autres, vous pourrez vous amuser à rassembler une petite collection de bambous japonais et profiter de leur doux bruissement les jours de vent. Ils vous offriront une certaine sérénité, d’autant plus que leur entretien est des plus simples. Sauf si vous avez sélectionné des bambous traçants que vous n’avez pas isolés, au revoir la sérénité dans ce cas !
