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Le poirier nashi dont le fruit, le nashi est aussi appelé poire-pomme ou poire japonaise. C'est pourtant bien une poire, quoi qu’en dise la rumeur qui le décrit comme une hybridation d’un poirier et d’un pommier. Sa forme de pomme cache une chair certes croquante mais bien plus juteuse, ressemblant effectivement à la poire. Très répandu dans certains pays d’Asie d’où il est d’ailleurs originaire, il a mis fort longtemps pour nous parvenir et reste encore peu courant dans les jardins et les vergers. Pourtant, il a des qualités précieuses : une belle silhouette étalée, une grande abondance de fruits, des couleurs flamboyantes à l’automne. Et aucun doute, vous trouverez chaussure à votre pied parmi les nombreuses variétés existantes !
Description du nashi
Surnommé pomme-poire, poire asiatique ou bien poire des sables (en Amérique du Nord), le nashi a fait son entrée sur le marché français il y a peu de temps, dans les années 1980. Il est par contre arrivé aux États-Unis bien plus tôt du fait des immigrants asiatiques, dans les années 1800, et y est de ce fait bien plus répandu. Il est originaire de Chine où il est cultivé depuis plus de 6000 ans en régions tempérées mais est également répandu en Corée du Sud et au Japon. Malgré son nom de pomme-poire, le nashi est réellement une poire, Pyrus pyrifolia (notre poire est appelée au Japon “Yōnashi”, ce qui signifie “poire d’outre-mer”).
Le poirier nashi est un arbre fruitier de petite taille, 3 m en moyenne, qui appartient à la famille des Rosacées et à la sous-famille des Maloïdées. Ses feuilles, caduques, sont d’un vert franc, ovales et très pétiolées, avec un bord délicatement denté, un peu plus grandes (10 à 12 cm environ) que les feuilles de nos poiriers. En automne, elles revêtent de superbes teintes automnales. Le port du nashi est dit “divergent”, il commence par se dresser puis s’étale, voire retombe, avec une envergure au moins égale à sa hauteur. Sa floraison est typique des Rosacées, des petites fleurs d’un blanc tirant sur le rosé, à 5 pétales. Elles sont chez le nashi particulièrement nombreuses par contre, du fait de leur précocité (entre le pêcher et le poirier) elles sont assez exposées aux gels de printemps. Certaines variétés ont cependant une floraison plus tardive. Elles donnent naissance à des fruits dont la forme est le plus souvent celle d’une pomme (en fait, les cultivars japonais ont plus une forme de poire tandis que les cultivars européens ont une forme de pomme) mais qui serait habillée d’un épiderme de poire. Sa saveur est peu parfumée, douce, la poire mêlée à des notes de miel et d’ananas, à la fois croquante et juteuse. Le nashi se consomme sans sa peau qui est épaisse, souvent cru car il a une forte teneur en eau. Il passe sans problème des salades de fruits aux salades de légumes qu’il rafraîchit agréablement, accompagnant par exemple des chiffonnades de crudités avec une sauce épicée.
Cuit, il pourra être la base de confitures mais aussi de tartes et crumbles, ou encore poché comme nos poires. En salé, il peut être sauté au beurre pour accompagner une volaille. Il s’associe particulièrement bien au foie gras, au miel et au gingembre. Très désaltérant, il est également riche en fibres et en antioxydants. Peu calorique (51 au 100 g), il présente une forte teneur en potassium, vitamine C et vitamine K.
Très rustique, cette espèce de poirier supporte sans problème des températures de -15° à -20° (il a d’ailleurs besoin de froid pour bien fructifier), par contre elle est sensible au vent.
Quelques variétés de nashi
Le ‘Chojuro’ : fruits ronds un peu aplatis de moyen à gros calibre, à l’épiderme bronze doré marqué de lenticelles blanches. Ils sont matures en septembre, parfumés et sucrés, de bonne qualité gustative. Cette variété est résistante à la tavelure et a une longue durée de vie.
Le poirier nashi ‘Kosui’ : fruits ronds de calibre moyen à épiderme bronze, sucrés et tendres, matures à la fin du mois d’août. Variété de forte vigueur. C’est la variété la plus répandue au Japon, très productive et bonne pollinisatrice.
Le ‘Niitaka’ : gros fruits jaunes sucré à maturité tardive, septembre à octobre. Il aime les sols frais, la bonne terre de jardin.
Le poirier nashi ‘Hosui’ : fruits juteux de bon calibre, à épiderme bronze et lenticelles blanches, matures fin août début septembre.
Le ‘Kikusui’ : fruits juteux et croquants. Cette variété est très productive et se conserve bien. Arbre fruitier de taille moyenne.
Le ‘Shunsui’ ( ou ‘Shinsui’) : fruits juteux et parfumés de 6 centimètres de diamètre, matures entre août et septembre. Cette variété est considérée comme la meilleure bien qu’elle soit moyennement productive. Il se plaît en sol relativement frais et profond, peu calcaire. Sa floraison est tardive, apparaissant vers le mois d’avril.
Le poirier nashi ‘Shinseiki’ : fruits de bon calibre, lisses vert-jaune sucrés, matures au début du mois d’août. Variété résistante à la tavelure et autofertile, de vigueur moyenne.
Le ‘Kimizuka’ : fruits bronze de gros calibre, sucrés et juteux, matures en août. Variété très productive.
Le ‘Nijisseiki’ : fruits à chair jaune sucrée, matures fin août / début septembre. Variété autofertile.
Le ‘Shinko’ : fruits à épiderme bronze et à chair fine, de bonne conservation, matures à la mi-septembre.
Le ‘Ya Li’ : fruits de gros calibre, variété auto-stérile, vigoureuse et productive.
Le ‘Benita’ est un hybride de nashi ‘Hosui’ et de Pyrus communis ‘Général Leclerc’. Les fruits sont un peu plus piriformes que les autres variétés, de teinte jaune clair. La chair est croquante et juteuse, plus parfumée qu’un vrai nashi.

Comment cultiver le poirier nashi ?
Comment le planter ?
Ce type de poirier se plaît au soleil, en sol bien drainé et profond, léger, à pH acide à neutre. Vous le planterez à l’automne s’il est en racines nues, par contre en container, vous ferez selon votre climat : en régions froides, continentales, vous le planterez au printemps, vous attendrez l’automne en climat méridional. Installez-le à proximité d’autres poiriers et nashis pour favoriser une bonne pollinisation, même les variétés autofertiles comme le ‘Nijisseiki’ qui offriront une production de meilleure qualité s’ils ne sont pas isolés. Le nashi ‘Shinseiki’ est souvent utilisé comme pollinisateur, ou encore le poirier ‘William’. Lors de la plantation, réalisez un grand trou de 50 centimètres en tous sens et enrichissez la terre de compost. Vous installerez un tuteur qui restera en place 3 à 4 ans, permettant à votre fruitier de pousser bien droit et de ne pas être abîmé lors de vents violents. Attention à ne pas enterrer le point de greffe. Une fois l’arbre en place, paillez généreusement après avoir arrosé copieusement.
Le saviez-vous ? Il a été observé lors d’études de biotopes en agroforesterie que les poiriers sauvages, dans les bois clairs ou en lisière de forêts, se développent toujours aux côtés d’un chêne, à 2 m de distance maximum. Lorsqu’un jeune plant de poirier est déraciné, il meurt. il semblerait que le système mycorhizien du chêne ait une importance vitale pour ces jeunes arbres. Le biotope du poirier inclut également de nombreuses autres rosacées, des alliacées, les sauges. Une idée pour votre futur verger ?
Comment l'entretenir ?
Ce poirier est relativement facile à entretenir bien que demandant quelques soins. En effet, cet arbre fruitier présente une originalité : il ne fleurit que sur les rameaux d’un à 2 ans.
La taille est donc essentielle pour conserver une bonne productivité et consiste à favoriser ces jeunes rameaux. Il est alors intéressant de le palisser et d’attacher toutes les nouvelles pousses, vous éviterez ainsi tout dégât dû au vent.
Le nashi peut également être conduit de plein vent, alors taillé sur le modèle du pommier de plein vent. La taille de formation permet d’obtenir des charpentières robustes, réalisée entre les mois d’octobre et mars. Ces rameaux sont parfois un peu trop grêles pour soutenir le poids des fruits, un étayage de ces rameaux est alors indispensable pour éviter qu’ils ne cassent.
Des tailles de nettoyage peuvent être ponctuellement nécessaires, afin de supprimer des branches abîmées ou mortes, ou encore pour maîtriser son étalement.
Pour favoriser la fructification, un éclaircissage est judicieux, supprimez au mois de juillet quelques fruits dans les bouquets trop denses, ce qui est généralement le cas car le taux de nouaison est élevé. L’idéal est de ne garder qu’un ou 2 fruits par bouquets, ils se développeront bien mieux ainsi. Pour en savoir plus, lisez nos conseils : Eclaircir les fruits. La récolte des nashis se fait entre les mois de juillet et octobre, dès la deuxième année après la plantation. Attention, attendez leur pleine maturité car ils ne mûrissent plus une fois cueillis et évitez au maximum les heurts car ils sont très fragiles. Leur conservation est assez bonne, 2 semaines environ à température ambiante et jusqu’à 1 mois dans le bac à légumes du réfrigérateur. Pour une conservation plus longue, placez-les dans un cellier sec et frais, en clayettes aérées, pour une durée de 3 mois maximum. Les arrosages sont nécessaires au cours de 2 à 3 ans qui suivent la plantation, puis lors des épisodes de sécheresse. Au mois de mars, un apport de matières organiques fertilisantes sera incorporé par griffage. La cendre de bois, riche en potasse, est recommandée pour la floraison et la fructification du nashi.
Comment le greffer ?
Comme la plupart des arbres fruitiers, le poirier nashi se multiplie par greffage. Pour greffer un nashi sur un poirier, choisissez Pyrus communis, le poirier commun, ou encore un franc de nashi comme en Asie. Chaque méthode a ses avantages et ses inconvénients :
La greffe sur poirier offre une meilleure adaptabilité aux sols compacts et humides, ainsi qu’à la sécheresse. Le fruitier est par la suite très vigoureux mais donne de petits fruits.
Un sujet greffé sur poirier nashi émet beaucoup moins de rejets et se montre particulièrement vigoureux.
Plus rarement, le nashi sera greffé sur Pyrus betulaefolia ou Pyrus calleryana, 2 espèces venant de Chine.
Quelles maladies l'attaquent ?
En ce qui concerne les maladies, cet espèce de poirier est sensible à la tavelure et à l'oïdium, de nombreuses variétés résistantes ont cependant été sélectionnées qui résistent à ces maladies. Le feu bactérien est également une maladie qui touche ces poiriers mais les variétés qui y sont sensibles ne sont pas commercialisées en France. Les parasites qu’il craint sont les pucerons, qui apprécient ses jeunes pousses, et le carpocapse.
Conclusion Les arbres fruitiers offrent une telle diversité que l’on ne peut qu’être régulièrement surpris par une espèce, d’autant plus lorsqu’elle vient de loin comme le poirier nashi. Celui-ci est déjà un très bel arbre, avec son port retombant et ses grandes feuilles qui resplendissent à l’arrivée de l’automne. Quant à son fruit, il nous étonne car il nous trompe l’œil avec sa forme typique de pomme… qui n’en est pas une, et par sa texture et sa jutosité de poire. Ce qu’il est en fait, une espèce de poire, tout droit venue de Chine et du Japon.
