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Offrant des petites pommes plus décoratives que bonnes comme son grand frère fruitier, le pommier d’ornement a tout pour plaire. Ses fruits semblables à des cerises peuvent être transformées en des gelées acidulées, tandis que lui-même pare le jardin de ses charmes changeants. Très polyvalent, il trouvera toujours sa place dans un jardin de dimensions modestes, et ce n’est pas son entretien, presque inexistant, qui pourrait vous faire changer d’avis, n’est-ce pas ?
Un pommier décoratif et comestible
Le pommier à fleurs est un petit arbre dont les bourgeons puis la floraison enchantent les premiers jours du printemps. Le feuillage prend à l’automne des couleurs flamboyantes, et à partir de la fin de l’été apparaissent de belles petites pommes jaunes ou rouges, qui se mêleront joliment à ces couleurs automnales. Elles ont en plus tendance à rester longtemps sur l'arbre, bien après que l’arbre soit défolié, offrant un beau spectacle en plein hiver.

Les fruits du pommier d’ornement sont comestibles. Ces mini-pommes, de 1 à 3 cm de diamètre offrent des saveurs variées bien que pas toujours agréables à croquer crues (pour nous du moins, car les oiseaux eux les apprécient beaucoup et s’en régalent tout l’hiver ! ). Elles peuvent par contre être préparées en délicieuses gelées, car elles ont généralement une forte teneur en pectine.
Les variétés sont nombreuses, qui se déclinent :
en taille : petit arbre ou arbuste, de 3 Ã 12 m de hauteur ;
en port : buissonnant, colonnaire, pleureur, étalé ;
en floraison : elle varie entre le blanc, le rose tendre et le rouge carmin. Les bourgeons qui la précèdent, très abondants, offrent eux aussi des teintes entre le blanc et le rose soutenu.
en feuillage : de vert moyen à vert foncé, gris vert ou encore pourpre. La forme des feuilles aussi varie, généralement dentelées et simples, elles sont parfois lobées, voire trilobées chez certaines variétés.
Le pommier à fleurs se développe rapidement, est peu exigeant, très rustique, et se montre plus résistant face aux maladies que les espèces fruitières. C’est un arbre idéal pour les jardins de taille petite ou moyenne, fréquent en zones urbaines car il est résistant à la pollution. Auto-stérile, il a donc besoin d’un autre pommier à proximité pour que les fleurs soient fécondées. Il peut être conduit en basse-tige, pour obtenir un arbuste buissonnant aux ramifications basses, ou bien greffé haut sur une variété adaptée afin d’avoir un vrai petit arbre. Il est très polyvalent : on peut l’utiliser en haie libre, en arrière-plan de massifs, en isolé. Installé dans le verger, il facilite la pollinisation des autres fruitiers. Quant aux variétés naines, elles seront tout à fait à l’aise en bac.

Quelques variétés
Le pommier d'ornement Malus ‘Coccinella’ Courtarou : haute de 4 m en moyenne à l’âge adulte, cette variété montre un port plutôt évasé et des feuilles de forme ovale, vert sombre, qui virent au jaune orangé lorsqu’arrive l’automne. Ce pommier d’ornement à fleurs rose carmin affiche tout d’abord des boutons floraux rouges, dès le début du mois d’avril. Très résistant aux maladies et parasites, notamment au feu bactérien et à la tavelure, ce pommier d’ornement aime les terrains fertiles et bien drainés.
Le pommier d'ornement ‘Red sentinel’ affiche une taille moyenne de 4 à 5 m et un port arrondi et harmonieux, des boutons rose, une floraison blanche en avril. Son feuillage vert sombre devient d’un rouge intense en automne, parsemé de petits fruits également rouge vif ressemblant à des cerises.
Le pommier d’ornement ‘Evereste’ : une taille d’environ 4 m et un port d’abord érigé puis arrondi et compact, ce pommier décoratif est un des plus appréciés. Son feuillage ovale et pointu est d’un vert sombre, qui jaunit en automne. Ses boutons rouges apparaissent dès mars et donnent des fleurs blanches avec quelques touches rosées. Viennent ensuite les mini-pommes rouge orangé qui ressortent joliment sur le feuillage et restent sur l’arbre un long moment après la chute des feuilles. Bien que résistant, il peut parfois subir tavelure ou mildiou et se voir attaqué par des pucerons ou des tordeuses. Ses fruits ne se mangent pas tels quels, par contre ils se cuisinent en gelées. Il peut être formé en bonsaï.
Les pommiers d’ornement nains
Le pommier d'ornement, déjà de petite taille, s’offre également en variétés naines. L’espèce Malus sargentii, dont la taille ne dépasse jamais les 4 m de hauteur est souvent utilisé pour l’obtention de pommiers nains. Malus sargentii ‘Tina’, affiche des branches retombantes, un port arrondi et une taille de 1,50 à 2,50 m. Sa floraison blanc rosé, très longue, est précédée par des boutons floraux rouges, qui durent 2 semaines avant de s’ouvrir. Les fruits, rouge brillant, sont groupés par petits bouquets. Les feuilles, brillantes et vert sombre, sont trilobées et forment un couvert dense.
Un arbre peu exigeant
Ce petit arbre appréciera un sol meuble et riche, frais, mais il accepte toute bonne terre de jardin ainsi que les sols légèrement calcaires. Offrez lui une situation à l’abri du vent pour protéger sa floraison et ne lui infligez pas les ardeurs du soleil aux moments les plus chauds de la journée. Par contre, bien qu’il puisse être installé à mi-ombre, la quantité de soleil participe à la générosité de la floraison, à la beauté des couleurs et également à la bonne santé et à la vigueur de ce petit pommier. Sa plantation s’effectue de préférence en automne, en octobre dans les régions à hivers rigoureux, plutôt entre novembre et janvier dans les zones à climat plus doux. Acheté en conteneur, le pommier à fleur pourra être aussi installé au printemps. Dans le cas d’un pommier d’ornement à racines nues ou d’un scion, un habillage des racines et un pralinage sont conseillés, pour faciliter la reprise du sujet. Installez un tuteur avant de placer l’arbre, qui aidera celui-ci à pousser bien droit. Mélangez à la terre ôtée du trou un peu de compost bien mûr. Attention à ne pas enterrer le point de greffe ! Pour vous y aider, une petite astuce : une fois le trou de plantation creusé, installez un manche de balai ou d’outil de jardin en travers et installez votre pommier d’ornement dans le trou pour vérifier que son point de greffe soit bien au-dessus de la surface du sol. Les pommiers d’ornement nains seront mis en bacs assez larges et profonds, au moins 50 cm en tout sens avec une large couche de drainage.
Association au jardin
En haie libre ou en massif, le pommier d’ornement tiendra compagnie à d’autres arbustes à floraison printanière comme des lilas, des forsythias, des viornes, des magnolias ou encore des cerisiers du Japon. En isolé, situation particulièrement adapté aux variétés à port retombant, son pied sera entouré de jonquilles et autres bulbes de printemps, de primevères et diverses vivaces… Pensez également à y associer des fleurs ou arbustes qui fleurissent durant l’été pour compenser son moindre intérêt durant la formation des fruits. Et un peu plus tard, à la fin de l’été, la coloration jaune, orangée ou rouge des pommes s’alliera très bien aux couleurs flamboyantes des asters. Au verger, il permettra la pollinisation croisée des pommiers à fruits tout en offrant un gain de place avantageux.
Un entretien facile
Le pommier d’ornement est des plus simples à entretenir. Il suffit de nettoyer régulièrement les branches mortes et d’aérer son centre. Une taille légère à la fin de l’hiver ou au tout début du printemps pourra être effectuée si besoin mais cette taille doit rester légère. Au début de la croissance, des arrosages suivis et abondants favoriseront son développement, car il n’apprécie pas la sécheresse.
Les maladies
Bien que plus résistant que le pommier à fruits, le pommier d’ornement montre une sensibilité plus ou moins importante aux mêmes maladies et parasites :
L’oïdium est provoquée par un champignon et est très reconnaissable grâce au feutrage blanc qui recouvre les feuilles et aux rameaux qui deviennent d’un gris sale. Les rameaux touchés doivent être supprimés. Décoction de prêle et dilution de petit-lait sont des traitements efficaces s’ils sont utilisés dès les premiers signes.
Maladie cryptogamique courante chez les pommiers, la tavelure est surtout préjudiciable aux fruits, car bien que le feuillage puisse être bien touché et prendre un vilain aspect cloqué en été, l’arbre n’est pas dangereusement atteint. Par contre il est préférable de le soigner, ne serait-ce que pour les pommiers aux alentours. Vous pouvez pulvériser des décoctions de prêle ou bien utiliser une bactérie, Bacillus subtilis.
Les pucerons cendrés sont verts ou roses et recouverts d’une sorte de cendre blanchâtre. Les pucerons lanigères sont brun violacé et sont protégés par un amas cotonneux blanc. Leurs piqûres provoquent des chancres sur l’écorce. De nombreux auxiliaires se régalent des pucerons : coccinelles, chrysopes, syrphes… Il faut également empêcher les fourmis de monter dans l’arbre car elles protègent les pucerons de leurs ennemis. Des applications d’huile blanche au printemps et à l’automne sont un bon traitement préventif.
Privilégiez des méthodes biologiques pour soigner votre pommier d’ornement (et le reste de votre jardin ! ) et favorisez la présence d’auxiliaires. Et souvenez-vous qu’un végétal installé dans un sol et à une exposition qui lui conviennent, dans un terrain fertile, sera toujours en meilleure santé ! En été et en hiver installez un paillis épais au pied de votre pommier décoratif, qui le protégera du froid et de la sécheresse.
Comment le multiplier ?
Les pommiers d’ornements sont difficilement multipliables, mis à part en réalisant une greffe en écusson au mois d’août (choisir un pied franc ou un MM106). En effet, les semis, en plus de demander de la patience, donnent rarement la descendance attendue. Quant au bouturage, bien que tout à fait possible, est à pratiquer avec précaution à cause du puceron lanigère qui se plaira beaucoup sur ces toutes jeunes racines.
Conclusion
Même si ses fruits, bien que comestibles, ne soient pas vraiment un régal, le pommier d’ornement cumule les attraits. Il est facile à entretenir et, très esthétique, il se pare tout au long de l’année de charmes variés : multiples bourgeons aux teintes vives, puis fleurs délicates suivies de petites pommes colorées, feuillage dense et vert qui se pare à l’automne de rouges et orangés éclatants, et pour finir, les fruits toujours aussi colorés qui attirent le regard en hiver. Et ces mini-pommes trouvent malgré tout des amateurs, car les oiseaux frugivores en sont friands !
