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Voyage de la SNHF
Veitshöchheim (Bavière)
La guerre de Trente Ans était terminée quand en 1680-82 fut construite une résidence d’été à quatre pavillons d’angle, dominant l’axe du jardin, un vivier à carpes, deux bassins, un jardin de fleurs, un potager, une faisanderie. En 1686, le domaine fut agrandi vers le Sud dans ses limites actuelles.
L’élan d’un jardin baroque fut donné en 1702 par le Prince Evêque Johann Philippe von Greiffenclau. Le programme initial comportait un très grand bassin à jet d’eau, alimenté par une prise d’eau au Main, un système de canalisation, de roue de relevage et de réservoir de charge. A partir de 1721, le nouveau Prince Evêque Johann Philipp Franz von Schönborn confia les travaux à Balthasar Neumann. En 1625 furent disposées les innombrables statues en provenance des anciennes résidences des Greiffenclau. La statuaire fut complétée en 1752 par les frères van der Auvera et par J.P.A. Wagner.

Nouveau ressaut de l’histoire européenne en 1763 quand prend fin la guerre de Sept Ans et que débute la période rococo du domaine. L’ornementation est décuplée, confiée à l’architecte des bâtiments Johann Philipp Geigel. Tout passe à la nouvelle mode, la grande cascade d’Hercule (détruite dans le bombardement de 1945), les parterres fleuris, la grotte fantastique (Materno Bosi), les jeux d’eau qui furent sa spécialité, tandis que celle de Ferdinand Tietz était la statuaire. L’apogée du parc dura 40 ans. La nouvelle mode paysagère du 19ème siècle ne toucha Veitshöchheim que tardivement et légèrement, après la sécularisation de 1803. Dès 1919, la Bavière fut absorbée dans l’Empire et à partir de 1926, ce fut le temps des inventaires et des études, des constats et des restaurations. Voici comment le caractère historique du style baroque fut remis au grand jour.

Résidence de Würzburg (Bavière)
La Résidence du Prince Evêque de Würzburg a été bâtie entre 1720 et 1744 sur les plans de Balthasar Neumann. Son jardin rococo est du à Johann Demeter et à Johann Prokop Mayer. Ce dernier avait déjà une forte expérience acquise depuis 1755 en Allemagne, Autriche, France, Pays-Bas et Grande-Bretagne. L’agencement, dans l’enceinte étroite des fortifications de la ville, explique le compartimentage symétrique. A noter que les copies des statues de J.P.A. Wagner sont une merveille d’espièglerie et de détails. La partie sud du parc fut paysagée au 19ème siècle. A partir de 1950, le Département des Bâtiments de Bavière restaura le jardin de la Résidence dans son état du 18ème siècle. Chaque année, les 9 ha de jardin sont ornés de 70 000 annuelles cultivées dans les serres du parc et, depuis 1981, la Résidence et ses jardins sont inscrits sur la liste de l’Héritage Culturel Mondial de l’UNESCO.
Jardin des Princes au Marienberg (Bavière)
Le jardin des Princes s’inscrit sur le coté oriental du promontoire de la forteresse (Festung). Il sert donc de transition visuelle depuis les appartements princiers vers le Main et vers la ville. Pour y accéder, nous devrons cheminer depuis le bastion ouest à travers les portes fortifiées et les enfilades de cours. Le jardin des Princes fut commandé par Johann Philipp von Schönborn et complété en 1700 par Johann Philipp von Greiffenclau à l’emplacement d’un autre jardin signalé dès 1523. Il comporte deux fontaines cascade, une belle balustrade, un parterre à huit compartiments, quatre statues mythologiques (copies d’oeuvres attribuées à Jakob van der Auvera) et deux pavillons latéraux. Le dessin des parterres fut restauré en 1937-38 d’après les plans du 18ème siècle et planté de rosiers. Le secret du lieu est la vue sur la ville qu’il faut aller apprécier en fin de journée.
