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Jardinage au naturel

Lutter contre le clytre des saules : nos conseils

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Parmi la famille des chrysomélidées, qui sont des petits coléoptères, se rencontrent les clytres, et notamment le clytre des saules, qui peut être de loin confondu avec une coccinelle. Bien que cousin des chrysomèles, donc, il n’a pas la voracité de celles-ci envers les feuillages, notamment parce que sa larve est carnivore et très spécialisée. Petite histoire du clytre des saules.

Le clytre des saules est-il dangereux pour les arbres des jardins ?

Qui est le clytre des saules ?

Le clytre des saules, Clytra laeviuscula, ressemble à une coccinelle assez allongée, il est orange et ponctué de 4 taches noires (2 petites rondes en haut des élytres et 2 grosses au milieu un peu carrées). Tout le reste du corps (tête, pattes...) étant noir. On peut le trouver un peu partout entre mai et août dans les pays du sud et du centre de l’Europe, principalement en bordures de bois et forêts et dans les prairies.

Ce petit coléoptère, une chrysomèle plus précisément, de 4 mm de large et 6 à 10 mm de long, mange essentiellement des feuilles d’arbres, principalement de saule, d’où son nom, mais aussi de frênes, de peupliers, de chênes, de noisetiers, ou encore de pruniers ou de pêchers. Ainsi que d’un peu de pollen, notamment de marguerites. C’est aux heures les plus chaudes de la journée que les adultes sortent de leur cachette pour se nourrir.

La femelle pond près d’une fourmilière (de fourmis rousses uniquement) et dissimule ses œufs dans une petite boule qu’elle confectionne avec ses excréments et un peu de terre. Cette boulette va être ramassée par les ouvrières qui vont s’en servir pour la construction ou la rénovation des galeries de la fourmilière. Contrairement aux adultes, la larve est carnivore, et, bien installée dans la place, elle va se nourrir deux années durant non seulement des déchets alimentaires des fourmis mais aussi des œufs et des larves fourmis. Pour se protéger des mandibules des fourmis, la larve se fabrique une réplique de la gangue d’excréments (le statoconque) fabriquée par la femelle.

Le clytre des saules peut être facilement confondu avec d’autres coléoptères de la même famille, notamment avec le clytre à 4 points dont les 2 taches arrière sont plus petites et plutôt arrondies.


Le clytre à 4 points, très ressemblant au clytre des saules

Faut-il lutter contre ce coléoptère ?

Le clytre des saules ne fait pas partie des insectes dits ravageurs. Étant polyphage (il se nourrit de plusieurs espèces), il se nourrit ça et là, ne faisant donc pas vraiment de dégâts sur les arbres dont il mange les feuilles.

Néanmoins, comme il est sédentaire, s’il y a peu d’arbres qui l’intéressent là où il se transforme en adulte, il peut être poussé à s’attaquer à peu d’arbres et donc à y faire quelque tort. Cela reste cependant assez rare.

Pour vous en débarrasser, dans le cas où vous auriez pris quelques individus en train de se gaver de feuilles du saule crevette qu’il semble bien apprécier, ramassez-les en les faisant tomber dans une boîte pour les transporter ailleurs, en lisière de forêt. Si possible à proximité d’une fourmilière !

Si vous êtes moins arrangeant, vous pouvez les donner à vos poules…

Par ailleurs, sachez que leurs prédateurs principaux sont les oiseaux et les chauve-souris.

Il est vrai que dans la famille des chrysomèles, ces petits coléoptères beaux comme des bijoux, de nombreuses espèces peuvent être un problème pour certains végétaux :


La chrysomèle du saule, nettement plus préjudiciable que le clytre

  • La chrysomèle du saule s’attaque aux feuilles du saule pleureur, du saule noir, du saule laurier, entre autres. Les adultes grignotent le bord des feuilles à partir du printemps, les larves mangent l’épiderme des feuilles de la mi-juillet à la mi-août pour la première génération, sachant qu’il peut y avoir 3 générations dans la même année et sur le même arbre. Comme ce sont souvent les mêmes arbres qui sont atteints année après année, ils finissent par s’affaiblir. Pour vous en prémunir, favorisez la présence des coccinelles qui mangent leurs œufs.

  • La chrysomèle du romarin, Chrysolina americana, raffole du feuillage et des boutons floraux du romarin et autres aromatiques telles que la lavande, le thym, la sauge… Adultes et larves sont en cause, et lorsque le temps le permet, c’est-à-dire de plus en plus, plusieurs générations de chrysomèles du romarin vont se succéder sur un plant ou un autre à proximité. Vous pouvez les faire tomber sur un drap installé sous la plante attaquée dont vous secouerez les branches. À faire avant la ponte des œufs, donc entre le printemps et l’été. Ou alors, si l’attaque est très importante, coupez les rameaux dont les feuilles portent des œufs et brûlez-les.

Il y a également la chrysomèle de la menthe, du peuplier, du concombre…

Le clytre du saule n’étant pas un nuisible, il n’y a pas de traitement pour s’en débarrasser. Il fait partie de la population normale de nos prairies et forêts et ne représente pas un danger, le clytre du saule ne pique même pas et n’est pas non plus intéressé par le potager. Si vous constatez des dégâts importants dans vos saules ou autres arbres feuillus, il faut certainement chercher ailleurs !