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Les maladies des iris, les ravageurs, les parasites sont à l’origine de nombreux dégâts dans votre jardin. Même si pour certains champignons déjà installés, il n’existe pas de traitement, vous pouvez les enrayer par des gestes préventifs. Parmi ceux-ci, évitez de trop arroser vos fleurs ou de leur apporter trop d’engrais. Il en est de même avec les ravageurs. À l’aide de quelques remèdes maison, vous limiterez leur invasion.
Les maladies des iris
Les iris représentent environ 200 espèces. Certaines sont à bulbe, d’autres sont à rhizome. Selon leur variété, elles ne seront pas touchées par les mêmes maladies.
Les maladies des iris sont soit virales soit bactériennes. Selon la pathologie, les feuilles, les fleurs, le collet, les tiges ou le rhizome seront atteints. L’atteinte à l’intégrité de la plante a souvent pour origine une mycose. Parmi les plus répandues figure l’Hétérosporiose. Une humidité et un apport d’engrais trop importants contribuent à leur développement.
L’Hétérosporiose, une maladie des feuilles

L’Hétérosporiose est en tête parmi les malades des iris. Elle touche plusieurs espèces. C’est un champignon appelé également Didymellina macrospora qui se développe par temps humide entre mars et octobre. Les spores restent sur les feuilles mortes durant tout l’hiver. Dès le printemps, elles contaminent les plantes et se propagent sur d’autres, notamment par le biais du vent. Ce champignon s’attaque principalement aux feuilles de la fleur, cependant les boutons et les hampes florales peuvent être touchés. Il apparaît sur la partie supérieure sous la forme de taches rondes et ensuite ovales. D’abord d’aspect huileux, les taches deviennent rouges au centre et plutôt grises sur leur bord. Ensuite, le champignon se propage sur toute la feuille qui devient brun-rouge et se dessèche. L’Hétérosporiose n’attaque pas les racines ni les rhizomes, cependant cette maladie peut entraîner une floraison moins importante.
Les solutions Comme le champignon reste sur les feuilles l’hiver, celles-ci ne doivent pas être compostées, mais brûlées.
Lors de la fin de la floraison des iris, vous devrez vous en débarrasser. Cette action se réalisera une fois que les rhizomes auront puisé leurs réserves. Ce qui permettra d’arrêter son développement ;
Le champignon sera traité par l’application d’un fongicide comme du soufre, de la bouillie bordelaise ou un traitement à base de cuivre ;
En prévention, lorsque vous les arrosez, évitez les feuilles. De plus, il est conseillé de ne pas les humidifier le soir.
Les pourritures du rhizome et du collet

Les pourritures du rhizome et du collet font partie des maladies des iris. Leur développement est dû à un sol trop humide. La pourriture du rhizome est causée par un champignon appelé Botrytis convoluta. Parmi les espèces touchées figurent les iris germanica, pallida, plicata et atrofusca. Pour le collet et la racine, c’est également une mycose qui est à l’origine dont le nom est Sclerotium rolfsii. L’apparition du Botrytis convoluta a pour conséquence le développement de taches noires sur le rhizome. Ce qui entraîne son pourrissement sans qu’il y ait pour autant une odeur fétide. Quant au Sclerotium rolfsii, il est responsable de la survenue de taches noires à la naissance des feuilles. Ce qui provoque à terme la dégradation du rhizome.
Les solutions Il n’existe pas de réels traitements de fond, mais surtout des actions préventives pour éviter que le rhizome pourrisse.
Arrachez et brûlez les parties contaminées ;
Désinfectez avec une solution d’eau de javel (10 %) ou à base de permanganate de potassium (2 %) ; •
près avoir ôté la pourriture, vous pouvez recouvrir le rhizome infesté de cendre de bois ;
En prévention, plantez les iris dans un sol bien drainé et peu profond, si possible sur butte. Lorsque vous jardinez, évitez de blesser le rhizome.
La rouille
Une autre maladie de l’iris est la rouille. Celle-ci est cryptogamique, autrement dit elle est due à un champignon. Elle doit son nom au développement de pustules rouge-orangé sur les feuilles. La chaleur et l’humidité sont propices à sa prolifération, c’est tout naturellement qu’elle apparaît au printemps. Elle s’installe sur une plante tout en libérant des spores qui à l’aide du vent sont disséminées sur les espèces environnantes. La rouille attaque les feuilles. Le dessus est décoloré. Quant aux pustules, elles apparaissent sur le revers et sur les tiges. Les couleurs diffèrent. Les feuilles finissent par noircir et tomber. L’installation de cette maladie ralentit le développement de l’iris et notamment sa floraison.
Les solutions
Dès que vous constatez la présence de la rouille, coupez les feuilles contaminées ;
Appliquez un fongicide pour enrayer le développement de la rouille par exemple la bouillie bordelaise ou du soufre ;
Par prévention et pour renforcer la plante, arrosez avec une décoction de prêle diluée à 15 %. Elle peut être associée à un purin d’ortie. Dès le printemps, vous pouvez traiter en prévention les iris avec un purin de fougère ;
Pour éviter que ce champignon se développe, n’arrosez pas le soir et n’humidifiez pas les feuilles. Ne les plantez pas dans des endroits humides. Choisissez des variétés résistantes et variez les cultures.
Parmi les autres maladies des iris figure la mosaïque. Celle-ci est virale et il n’existe aucun traitement, par conséquent les plants malades devront être coupés et brûlés. Lorsque les iris sont infectés, ils deviennent rabougris. Les feuilles ont des stries jaunâtres et les fleurs ont des taches de couleur différentes. Une autre maladie qui touche cette fleur, la fusariose. Ce champignon attaque les iris bulbeux.
Les ravageurs de cette fleur
Les iris ne sont pas uniquement attaqués par des virus ou des bactéries. Certains prédateurs peuvent être à l’origine des maladies des iris ou tout au moins empêcher leur développement.
Les pucerons

Les pucerons et notamment les petits insectes verts sont des prédateurs des iris. Ils se développent en colonie et se nourrissent de la sève des plantes. Ce qui a pour conséquence d’affaiblir celles-ci. Les feuilles se recroquevillent. Leur prolifération influe sur la croissance des tiges et de la floraison. Ces insectes peuvent également transmettre le virus de la mosaïque de l’iris.
Les solutions
Vous pouvez introduire des auxiliaires comme les coccinelles, prédatrices avérées de ces petits insectes ;
Une autre façon de s’en débarrasser est de pulvériser une eau savonneuse à base de savon noir. Vous pourrez ensuite passer un jet d’eau pour nettoyer les feuilles ;
Il existe d’autres méthodes naturelles telles que la pulvérisation d’un purin d’ortie dilué ou un purin de sureau ;
À proximité de vos iris, vous pouvez planter des plantes ou fleurs dont l’odeur repousse les pucerons. Parmi celles-ci, vous trouvez les œillets d’Inde, la lavande…
L’escargot et la limace

Les escargots et limaces sont également des prédateurs des iris. Ces gastéropodes sont friands de leurs jeunes feuilles et ont tendance à les grignoter. Ils sont également amateurs des boutons floraux. Souvent, ils ne laissent même pas le temps à la fleur de s’ouvrir et vous retrouvez la tige par terre.
Les solutions Excepté les traitements du commerce, il existe des moyens naturels pour les faire fuir :
En mettant de la sciure de bois autour des touffes, vous créez une barrière naturelle. Elle repousse les limaces tout en apportant à vos iris du phosphore et de la potasse. S’il pleut pendant plusieurs jours, cette barrière naturelle tend à disparaître. La sciure est à remettre régulièrement pour être efficace ;
Un autre moyen naturel pour détourner les limaces et escargots est de poser à proximité une coupelle de bière. Ils sont attirés par ce breuvage ;
Évitez de planter vos iris en périphérie, car les limaces pondent au printemps principalement à cet endroit ;
Certaines plantes sont des anti-répulsifs naturels comme le persil, le cerfeuil, le trèfle ou encore la capucine ;
Si des hérissons occupent votre jardin, sachez qu’ils se nourrissent d’escargots et de limaces.
Les autres prédateurs
Hormis les pucerons et les gastéropodes, les iris sont victimes d’autres nuisibles. Parmi eux la chenille verte qui est à peine visible. Elle se glisse à l’intérieur des boutons floraux et les dévore rapidement. La solution est de détruire la plante pour enrayer la reproduction.
Un autre prédateur est le Macronoctua onusta, communément appelé le perceur de l’iris. Même s’il sévit surtout aux États-Unis et au Canada, il a déjà été aperçu en France. C’est un petit papillon nocturne qui s’attaque essentiellement aux iris rhizomateux. Il pond ses œufs sur les plantes et ses larves, des petites chenilles, creusent des galeries. Cela conduit à terme au pourrissement du rhizome. Elles sont également vectrices d’une bactérie appelée Erwinia carotovora.
Les nématodes sont des petits vers qui attaquent le système vasculaire des iris. Les feuilles deviennent jaune et brune. Une solution est de planter à côté des Soucis dont les racines formeront une barrière naturelle.
Si votre jardin est visité régulièrement par des rongeurs, il faudra penser à protéger vos iris bulbeux avec du grillage. Il en est de même avec les taupes. Elles sont utiles notamment pour vous débarrasser des larves. En creusant leurs tunnels, ces petits animaux risquent de nuire à vos iris rhizomateux. Ce qui aura pour conséquence une absence de floraison.
Comment limiter les maladies ?
Pour limiter le développement des maladies des iris, quelques bonnes pratiques peuvent être adoptées en amont.
Lorsque vous acquérez des iris rhizomateux, laissez sécher les rhizomes au soleil pour enlever les bactéries. Une alternative est de les faire tremper dans une solution javellisée à 10 % pour tuer les bactéries ;
Évitez la monoculture. N’hésitez pas à associer différentes variétés de plantes. En ne mettant que des iris, vous risquez de développer les maladies propres à cette plante ;
Dès que vous constatez des feuilles avec des taches, coupez-les et brûlez-les. Ne les laissez pas traîner à côté de vos plantations ;
Désinfectez tous vos outils si des plants sont malades ;
Une trop grande quantité d’engrais peut être à l’origine des maladies, limitez vos apports ;
Plantez vos iris dans un sol bien drainé et ensoleillé ;
Laissez de l’espace à chacune de vos cultures.
Vous pouvez anticiper les maladies des iris en appliquant quelques règles. Ces fleurs, qu’elles soient bulbeuses ou rhizomateuses, ne doivent pas être plantées dans un sol trop humide. De plus, même si elles ont besoin d’engrais, celui-ci sera utilisé avec parcimonie. Les maladies ne sont pas leurs seules ennemies, certains nuisibles apprécient ces plantes. Dès que vous constatez leur présence, n’hésitez pas à les traiter et vous débarrasser des feuilles et racines déjà touchées.
