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Conseils jardinage et plantes

Maladie du poirier : les feuilles noires

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La maladie du poirier à feuilles noires touche votre fruitier. Votre beau poirier, que vous bichonnez avec tant d’attention, montre des feuilles noires, tachées. Mais quelle est donc cette maladie ? Il y a en fait plusieurs possibilités entre le feu bactérien, la tavelure, l’entomosporiose ou encore la fumagine. Il est important d’agir au plus vite, car les maladies cryptogamiques ne plaisantent pas et peuvent en plus être très contagieuses et se répandre dans votre jardin ou verger. Le mieux reste cependant de prévenir et de traiter vos arbres fruitiers avant même qu’ils ne développent l’une ou l’autre de ces pathologies fort fâcheuses.

Maladie du poirier : des feuilles noires

Maladie du poirier à feuilles noires et recroquevillées : le feu bactérien

Description

Il s’agit d’une maladie bactérienne très dangereuse, qui peut tuer un sujet en quelques mois. C’est la bactérie Erwinia amylovora qui en est la cause, transportée par les oiseaux, les insectes, mais aussi par le vent, la pluie, ou encore par la main de l’homme via des outils infectés ou des greffons malades. Cette maladie du poirier à feuilles noires a besoin de températures douces pour se développer, à partir de 18° (les températures optimum se situant entre 24 et 27°), pénétrant dans l’arbre par les fleurs, n’importe quelle fissure ou plaie, ainsi que par les jeunes pousses en développement. La période la plus délicate se situe d’ailleurs notamment autour de la floraison. Des taches brun rouille apparaissent sur le feuillage qui s’étendent rapidement. Les feuilles noires se dessèchent mais restent sur l’arbre. L’extrémité des jeunes rameaux atteints s’enroule sur elle-même comme une crosse et les bourgeons et les bouquets floraux brunissent et sèchent. Une branche touchée peut mourir en quelques jours dans des conditions favorables à la bactérie. Celle-ci provoque en effet l’arrêt de la montée de sève au-dessus des parties où elle est installée. La bactérie progresse dans l’organisme végétal, se répandant dans le tronc puis dans les racines. Les parties ligneuses développent des chancres, qui permettent à la bactérie de s’abriter durant l’hiver. Ces chancres exsudent au printemps et en été un liquide visqueux qui s’écoule par gouttelettes, contenant un grand nombre de bactéries qui vont être à nouveau disséminées.


Le feu bactérien du poirier

Solutions

Malheureusement, cette maladie est incurable, on ne peut s’appuyer que sur des gestes préventifs.

  • Éviter de planter auprès des poiriers (et autres fruitiers sensibles comme le pommier ou le cognassier) d’autres espèces intéressant cette bactérie : sorbier, néflier, aubépine, cotonéaster, cognassier du Japon, pyracantha.

  • Privilégiez des variétés résistantes au feu bactérien, Angelys par exemple.

  • Trop d’humidité dans le sol et/ou des arrosages par aspersion sont des facteurs favorisants.

  • Réalisez des pulvérisations de purin de prêle durant le printemps.

  • Supprimez les parties atteintes dès apparition des premiers symptômes, en coupant au moins 1 m en-dessous des symptômes et brûlez-les. Les plaies occasionnées sont traitées au cuivre.

  • Évidez les chancres apparus sur les troncs de vos arbres puis désinfectez.

  • Lorsqu’un sujet est trop atteint, il est urgent de l’arracher et de le détruire.

  • Désinfectez vos outils entre chaque sujet, et même entre 2 rameaux si vous suspectez la maladie.

Taches noires sur feuilles et fruits : la tavelure

Description

C’est un champignon, Venturia inaequalis, qui entraîne la tavelure du poirier. Le feuillage se tache de marques sombres aux contours flous qui traversent le limbe, puis se rejoignent. Les poires sont tachées de petites zones circulaires noires. En période de croissance des fruits, ceux-ci vont se déformer et afficher des crevasses liégeuses, devenant impropres à la consommation. La maladie du poirier à feuilles noires atteint aussi les jeunes branches, dont l’écorce se marque de lésions olivâtres qui font exploser l’écorce. Ces rameaux ne pourront plus produire de fruits ni de rameaux l’année suivante. La tavelure peut également provoquer l’apparition de chancres sur les branches. Le champignon va se conserver tout l’hiver sur les feuilles au sol et dans le sol et les rameaux infectés gardent du mycélium. Dès le printemps, des spores vont être libérés pour de nouvelles contaminations. Les conditions favorisant ce développement : humidité et température entre 7 et 25°. Ce sont les tissus jeunes qui vont être le plus atteints par la tavelure. Une fois l’arbre infecté, d’autres spores seront produits pour une plus grande emprise sur le végétal touché. La rosée est un facteur clé pour la contamination, car elle assure une bonne humidité sur le feuillage.


La tavelure du poirier

Solutions

  • Ramassez et brûlez les feuilles et fruits tombés au sol.

  • À l’automne, supprimez et détruisez toutes les branches atteintes.

  • Appliquez de la bouillie bordelaise une première fois à l’automne, une fois que les feuilles sont tombées, une deuxième fois au débourrement, puis à la formation des fruits.

  • Pulvérisez de la prêle en extrait à partir de la floraison et renouvelez les pulvérisations après chaque précipitation.

  • Dès que des signes de tavelure apparaissent, appliquez de la bouillie bordelaise.

  • À l’achat, privilégiez les variétés résistantes : Conférence, Williams, Jeanne d’Arc, Guyot, Harrow street, Trévoux…

Taches rondes noires et rouges : l’entomosporiose

Description

Cette maladie cryptogamique, due au champignon Entomosporium maculatum, affiche ses premiers signes sur les feuilles les plus jeunes : des petites taches circulaires, oscillant entre le brun et le rouge, et des croûtes. Ces taches s’étendent et se réunissent, pouvant ainsi couvrir une grande partie de la feuille. Les feuilles plus âgées montrent le même type de taches, mais celles-ci sont brunes avec leur centre gris et un contour brun rouge sombre. Au centre des taches peuvent se repérer des points noirs, qui sont des zones produisant des spores, particulièrement caractéristiques de cette maladie. Les pétioles sont atteints, puis les jeunes rameaux. Les fruits également sont touchés, marqués de taches noires et croûteuses, devenant durs au toucher. Il arrive fréquemment qu’ils se momifient sur l’arbre. Le feuillage entier finit par tomber et les fruits trop touchés pour être consommés. Le manque de feuilles affaiblit l’arbre. Celui-ci ne mourra pas par contre sa croissance risque d’être ralentie. Les feuilles noires qui tombent au sol sont responsables de la première contamination au printemps, les spores se dispersant facilement. Par la suite, ce sont les zones à spores sur l'arbre qui disséminent la contagion, notamment durant les périodes douces et humides. Il n’y a que l’été, lorsqu’il fait sec et chaud, qu’il n’y a aucune production de spores.


Solutions

La lutte contre cette maladie du poirier à feuilles noires est difficile lorsque celle-ci est bien implantée, il est fortement conseillé d’agir dès les premiers signes en supprimant toutes les feuilles, fruits et rameaux atteints. Ceux-ci seront bien sur brûlés.

  • En prévention, ramassez toutes les feuilles mortes au pied de vos poiriers.

  • À la plantation, espacez vos fruitiers.

  • Aérez bien leur centre lors des tailles d’entretien et supprimez les branches mortes qui sont de vrais nids de pathogènes.

  • Certaines variétés sont moins sensibles que d’autres, se renseigner avant l’achat.

  • Utilisez de la bouillie bordelaise : une application après la chute des feuilles puis au débourrement, au printemps. Elle sera ensuite renouvelée une fois par mois jusqu’à l’apparition des fruits.

Feuilles couvertes d’une suie collante : les pucerons

Description

Ce dépôt noirâtre et poudreux, souvent collant, qui recouvre les feuilles du poirier est un effet secondaire de la présence de pucerons, notamment le puceron cendré du poirier qui sécrète du miellat en grande quantité. De couleur brun mauve, il est recouvert d’une pruine blanchâtre et se nourrit de la sève de l’arbre comme tous ses congénères. Les feuilles s’enroulent sur elles-mêmes et se recouvrent de ce champignon, défavorisant le processus de photosynthèse. Déjà affaibli par la présence des pucerons, l’arbre peut ralentir sa croissance et être atteint par de nombreux parasites et pathogènes.


Solutions

Pour éviter le développement de cette fumagine, il faut se débarrasser des pucerons :

  • L’huile blanche appliquée sur le tronc après la chute des feuilles tue les œufs et les larves hivernantes.

  • Réalisez des pulvérisations de savon noir et d’alcool à brûler dilués dans de l’eau, à renouveler jusqu’à disparition des parasites.

  • Une bonne biodiversité au jardin favorise la présence des prédateurs de pucerons.

  • Des bandes de glu placées sur le tronc du poirier évitent que les fourmis, alliées des pucerons, ne les défendent contre ces prédateurs.

Conclusion

De bonnes conditions et soins de culture, une biodiversité importante, des variétés et des porte-greffes résistants et adaptés au terroir, voilà des méthodes éprouvées pour renforcer la résistance de vos arbres fruitiers, et de tous les végétaux d’ailleurs. Être vigilant est également un acte efficace de prévention, pour être à même d’agir le plus tôt possible. Les maladies du poirier à feuilles noires sont en effet très contagieuses et difficiles à éradiquer une fois installées. Comme toujours, mieux vaut prévenir que guérir !