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Conseils jardinage et plantes

Phormium : pour un jardin graphique

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Le phormium est sur le podium des plantes en vogue ces dernières années. L’offre et la demande vont crescendo : cette vivace architecturale est sortie des massifs de bords de mer où on la croyait cantonnée. La gamme s’est enrichie, des travaux d’hybridation ont permis la naissance de variétés diversement colorées aux silhouettes plus compactes compatibles avec les espaces réduits. Cultivé en pot ou en bac, le phormium fait une entrée remarquée sur les balcons, les terrasses et dans les jardins citadins. C’est la « plante chouchou » des paysagistes inspirés !

Phormium : pour un jardin graphique

Cette plante d’origine néozélandaise offre des atouts majeurs dans le décor végétal. Ils résident principalement dans la beauté de sa silhouette graphique et de son feuillage persistant. Attractif toute l’année, le phormium peut jouer les vedettes dans les compositions de la belle saison comme dans celles de l’automne et de l’hiver. Les plantes compagnes peuvent changer et même disparaître car le phormium sait assurer le spectacle en solo attirant le regard par l’élégance et l’originalité de ses longues lanières souples aux coloris surprenants allant du vert olive au noir métallisé en passant par des panachés de crème, de rouge ou d’orange de toute beauté. Au bout de quelques années de culture, il nous offre un atout bonus et fleurit en été sous la forme de hautes hampes florales aux panicules rouge sombre ou jaune clair suivis de capsules décoratives.

Le phormium s’intègre avec bonheur aussi bien dans un décor contemporain épuré et minimaliste que dans des scènes aux accents plus naturels, mêlé aux graminées, ces autres favorites du jardinier moderne. Ses teintes chaleureuses et sa présence exotique s’accordent bien à la saison estivale où l’envie de voyage est présente dans tous les esprits.

Sous des airs exotiques trompeurs, le phormium est une plante qui se montre bien plus rustique qu’on ne le croit. Il suffit de choisir la variété adaptée et de respecter quelques règles lors de la plantation. Rapidement, il se passe d’entretien et pousse rapidement insensible aux maladies, aux parasites, à la pollution, aux courants d’air et à la canicule estivale.


Dans les jardins de ville ou terrasses, graphiques, modernes, exotiques...

Le phormium est le type même de la plante qui assure le décor toute seule, supportant sans broncher embruns, pollutions et autres courants d’air. Il s’accorde bien avec les éléments minéraux (graviers, pavés, galets…), mais aussi avec le bois sous toutes ses formes (lames, planchers, palissades), l’osier, le bambou, sombres ou clairs… La valorisation est mutuelle avec des contenants aux lignes modernes, aux coloris sobres ou vifs pouvant être assortis avec la teinte des feuilles. Sa silhouette érigée et touffue forme un beau contraste avec les pots hauts et élancés à la mode depuis quelques années. Le graphisme de ses touffes permet des jeux de forme avec d’autres éléments de décoration comme des obélisques, des pergolas… en bois brut ou coloré de manière à s’harmoniser ou contraster avec le feuillage. Le phormium est aussi très à l’aise avec les autres végétaux. Aux quatre saisons, il offre relief et ampleur aux massifs de vivaces et de petits arbustes.

Par son côté très tendance et naturel, il s’associe comme une évidence avec les graminées dans un massif plantureux ou dans un jardin plus minéral et épuré comme le jardin de graviers ou le jardin sec (pour un entretien réduit). Son aspect très graphique peut être exacerbé par la proximité d’autres plantes dotées du même potentiel comme les bambous, les cordylines, les yuccas conférant au décor une ambiance design et contemporaine. On peut choisir d’intégrer les grands phormiums dans une petite haie touffue et dense, ne dépassant pas les 2 m, compatible avec les règles de copropriété. Une haie originale et très pratique qui ne représente pas un casse-tête de tailles répétées pour être belle !La mise en valeur des touffes de phormium peut se faire grâce à des couvre-sols persistants ou avec des paillis vivement colorés disposés en un tour de main.

Côté association colorée : il y a deux options, les harmonies avec des feuillages de teintes similaires mais de texture différente ou les contrastes de couleurs. Soyez à la page ! Les phormiums, surtout les variétés panachées ou sombres se marient bien avec les décors aux teintes chaudes, de nouveau en vogue. Cela amplifie leur exotisme naturel. On peut d’ailleurs prendre le parti de l’accentuer encore en les associant à d’autres exotiques comme les palmiers, toujours difficiles à marier, rappelant les bords de mer d’ici ou d’ailleurs.

Si la période faste du phormium est l’été, il est aussi possible de faire des focus sur d’autres saisons notamment l’automne car il se marie bien, par ses coloris, aux compositions de la rentrée sous le signe d’un "été indien".


Fleurs du phormium

Les meilleures plantes compagnes des phormiums

Laissez-vous guider par vos coups de cœur pour les associations, car elles sont nombreuses et faciles à réussir. Voici nos préférées :

Les plantes graphiques : acers, agapanthes, agave, boules ou pyramides de buis, Fatsia japonica, yucca, bambous, grandes graminées, fougères, fougère arborescente, hostas, euphorbes persistantes...

Les feuillages colorés : vivaces modernes comme les heuchères, petits sédums, vignes ornementales…

Les exotiques : sauges arbustives, abutilon, bananier, canna, arum….

Des plantes pleines de légèreté : abélia, grands gauras blancs ou roses, fenouil pourpre ou vert, lavandes…

Des plantes avec qui on ne les attend pas : mariage audacieux du classique et du moderne : au pied d’une glycine, d’un rosier grimpant (phormium utile car masque les bases souvent disgracieuses des rosiers grimpants !).

Les couvre-sols : conifère rampants, thyms, romarin, origan doré, petites graminées colorées : fétuques, hakonechloa.

Des vivaces d’automne : grands sédums, anémones du Japon, grands asters buissonnants.

Des belles écorces pour les décors d’hiver : cornus, rubus, saules.


Les Conseils clés pour jardinier pressé

Les Phormiums sont des plantes très peu exigeantes. Selon que vous les élèverez en bac ou au jardin, voici les conseils les plus importants :


En pleine terre :

1. Soleil à gogo, sol parfaitement drainé (avec graviers) ; 2. 1ère année : arroser régulièrement et pailler ; 3. Protéger l’hiver avec un voile ; 4. Les années suivantes : le phormium se débrouille !


En pot :

1. Dans un grand pot, avec une bonne couche de drainage, terreau + sable ; 2. Arroser régulièrement et fertiliser chaque mois toute la belle saison ; 3. Protéger le pot contre le gel. Rempoter tous les 2 ans.


Phormium en hiver

Pas à pas, la feuille de route du jardinier exigeant

De bons débuts

Hormis en climat doux où il est possible de les planter aussi en automne, préférez une installation printanière afin que les plantes aient bien repris avant l’hiver. Choisissez une exposition baignée de soleil ou légèrement tamisée pour la mise en valeur de certains coloris sombres ou à plusieurs teintes. En région très ensoleillée, évitez le plein soleil aux panachés qui craignent les brûlures. Le phormium apprécie un sol fertile, parfaitement bien drainé. C’est ce dernier point qui conditionne la rusticité. En effet, plus que le froid, c’est l’humidité hivernale aux racines qui peut condamner le phormium. Astuce : surélevez la souche sur une petite butte en sol compact ou humide en hiver ou installez-le près d’un arbre aux racines gourmandes en eau (pas dessous pour éviter l’ombrage !).

Si votre sujet en conteneur présente un chignon de racines serré, incisez autour de la motte sur toute la hauteur et démêlez les racines. N’oubliez pas le trempage avant plantation. Drainez le fond du trou, qui doit faire deux fois la motte, avec des petits cailloux et mélangez la terre avec du sable grossier et un peu de terreau si elle est compacte.


Ensuite

Le premier été, accompagnez la reprise par des arrosages fréquents et un paillage au pied particulièrement des variétés naines plus sensibles à la sécheresse. En fin d’automne, complétez le paillage pour protéger la souche du gel car les phormiums nouvellement plantés supportent mal des températures descendant sous les -5°C. Une fois bien installés, les phormiums supportent des hivers même rigoureux surtout les Phormium tenax qui peuvent repartir de la souche au printemps suivant. Certains hybrides (notamment ceux de cookianum) se montrent plus gélifs. En région froide, protégez-les en les plantant contre un mur bien exposé, en emballant le feuillage avec deux épaisseurs de voile d’hivernage ou cultivez-les en pot. A partir de la 2e année : plus rien à faire hormis un petit nettoyage des feuilles sèches et l’apport d’un bon compost pour encourager la végétation au début du printemps! Mises en garde : observez vos phormiums à plusieurs couleurs. Certaines feuilles unies, vertes ou bronze, peuvent se développer. Supprimez-les dès leur apparition afin qu’elles ne prennent pas le dessus.

Le bon truc : les phormiums sont très peu sensibles aux parasites et aux maladies. Cependant, les jeunes plants peuvent parfois subir des attaques de cochenilles farineuses, reconnaissables à leur aspect cotonneux. Celles-ci ralentissent la pousse et peuvent décolorer les feuilles. Traitez avec un produit anti-cochenille ‘bio’ du commerce à base d’huile de colza ou fabriquez un mélange maison avec une cuillère à café de savon noir, une cuillère à soupe d’alcool à 70° ou ménager et 250 mL d’eau tiède. Cette solution va rendre perméable le bouclier cotonneux des cochenilles et les tuer en quelques jours. Renouvelez deux ou trois fois à 15 jours d’intervalle.


Phormium en bac

Culture en bac

Les variétés naines ou intermédiaires de phormium se prêtent bien à ce type de culture. Choisissez un contenant d’au moins 40 à 50 cm de diamètre pour les plus grands et 25 cm pour les nains. Soignez le drainage : trou au fond du pot, couche de billes d’argile. Choisissez un terreau de qualité et allégez-le avec 1/3 de sable grossier. Tassez avec la main le substrat autour des racines et terminez par un arrosage copieux.

Arrosez régulièrement au cours de l’été et fertilisez une fois par mois de mai à septembre. Protégez le pot en hiver en le rentrant de décembre à mars dans une pièce éclairée, non chauffée mais hors-gel en hiver. Entourez le pot qui reste dehors avec plusieurs épaisseurs de voile d’hivernage. Évitez les excès d’eau (lieu protégé des précipitations, pas de soucoupe, arrosage parcimonieux hors période de gel).

Rempotez tous les 2-3 ans. Surfacez au printemps si vous ne rempotez pas.