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Jardinage au naturel

Ver de la grappe : symptômes et traitements

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Tout aussi ravageur qu’imprévisible, le ver de la grappe est la larve de petits papillons inoffensifs. Il est très courant dans les vignobles de toutes les régions et peut faire subir de graves dommages à la production de raisin. Il est néanmoins possible de lutter contre ce ravageur, autant en prévention qu’en curation.

Le ver de la grappe sur la vigne
Le ver de la grappe sur la vigne - © andrewhagen - stock.adobe.com

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Informations

Type de maladie : ravageur

Périodes d'attaque : printemps et été

Parties touchées : bourgeons floraux, feuilles, baies

Évolution : perte de la production

Terrain favorisant : des hivers doux et humides, la sécheresse ou l’humidité et la fraîcheur

Plantes sensibles : vigne


Description

Le ver de la grappe est la larve d’un petit papillon de nuit qui, lui, ne fait pas de dégâts. On appelle aussi ces chenilles des tordeuses. Ces larves ont comme élu la vigne comme hôte privilégié, et peuvent s’y montrer des ravageurs très importants car elles s’attaquent directement aux grains de raisin - pour les deuxième et troisième générations, la première étant moins dangereuse.

On trouve quatre espèces de vers de la grappe en France : 

  • Eudémis (Lobesia botrana) a une origine méditerranéenne, il se plaît donc plus dans le sud de la France. Ses ailes sont beiges tachetées de brun. Les œufs ont une forme de lentille blanche à jaune, légèrement irisée. Sa chenille est longue et fine, d’une couleur jaune vert avec une tête orangée, et a des mouvements très vifs.

  • Cochylis (Eupoecilia ambiguella), lui, est originaire d’Europe Centrale du nord. Il est plus sensible aux temps secs, notamment ses larves, pour qui des taux d’hygrométrie inférieurs à 70 % sont difficiles à supporter. Les ailes du papillon sont beige rosé rayées en plein milieu d’une bande grise à noire. Sa chenille est orange avec une tête noire et a des mouvements très lents.

  • Eulia, la petite tordeuse de la grappe (Argyrotaenia ljungiana), affiche des ocre, avec une bande transversale et des taches brun roux.  Les chenilles ont une couleur allant du vert clair au vert sombre, elles ont elles aussi des mouvements très vifs.

  • Cryptoblabes, la pyrale, bien connue pour les buis, est aussi un vers de la grappe. Il s’agit de l’espèce Cryptoblabes gnidiella. Les larves ont une tête brune et un corps verdâtre à brunâtre rayé de noir dans le sens de la longueur. Contrairement à ses congénères, elle parasite plus d'une centaine de végétaux différents.

Au premier stade, le vers de la grappe mesure à peine 2 mm. Elle pénètre très rapidement dans les boutons de fleurs ou dans les baies de ses hôtes. Elle va ensuite grandir assez vite et mesure, au dernier stade, entre 8 et 15 mm.

Le stade larvaire peut durer plus ou moins longtemps, en fonction de l’espèce, du climat et de la saison, ce qui influe sur le nombre de générations qui peuvent se succéder dans une année, de deux à quatre actuellement.

Une fois que la saison chaude est terminée, les chenilles arrivent au stade de chrysalide, dissimulées dans les anfractuosités des ceps de vigne.


Symptômes

Les symptômes varient en fonction de la période de ponte et de l’espèce de tordeuse : 

  • Les chenilles Eudémis et Cochylis de la première génération se nourrissent des boutons de fleurs. Elles en font des sortes d’agglomérats maintenus avec du fil de soie, les glomérules des vers de la grappe. Les dégâts ne sont pas graves.

  • Les chenilles Eulia, elles, s’installent dans des sortes de fourreaux construits sous les feuilles et elles se nourrissent des tissus végétaux. Les feuilles attaquées ont un aspect grêle, décharné.

  • La deuxième et la troisième génération des trois espèces arrivent lorsque les baies sont formées. Les chenilles les perforent pour aller s’en nourrir. Outre la perte de la production, ces plaies sont une porte d’entrée pour le botrytis de la vigne, avec des risques accrus par temps humide, mais aussi pour d’autres champignons ainsi que pour d’autres ravageurs.

Les facteurs favorisant la croissance de la population de ces tordeuses sont très nombreux, ce qui rend leur attaque en nombre et leurs dégâts très imprévisibles. Les vents, la pluviométrie, la nature du sol, l’humidité de l’air et du sol, les températures hivernales et printanières, la variété… sont autant de facteurs qui se croisent et qui rendent complexe la lutte contre ces ravageurs.


Lutte curative

La lutte préventive est privilégiée contre le ver de la grappe, sauf en cas de forte colonisation des pieds et cela concerne donc généralement les deuxièmes et troisièmes générations. Outre de sauver une partie de la production de raison, cela permet de limiter la population qui va hiverner et de limiter également les risques de Botrytis.


Conseils de traitement

Après la floraison, supprimez les glomérules à la main, vous limiterez ainsi le nombre d’individus des générations suivantes.


Écojardinage

Contre les vers de la grappe, les gestes d’écojardinage sont plutôt préventifs que curatifs.

Quel(s) produit(s) ?

  • Appliquer un insecticide biologique à base de Bt (Bacillus thuringiensis) lorsque les œufs des deuxièmes et troisièmes générations en sont au stade de tête noire (un point noir - la tête - est très visible à travers la paroi des œufs). Une seconde application est généralement nécessaire, une dizaine de jours plus tard. Le Bt autorise une récolte trois jours après son application.

  • Un insecticide basé sur une bactérie qui tue les chenilles par ingestion. Il est important de l’appliquer dès l’apparition des chenilles, et même si possible des œufs. Vous renouvellerez l’application après une semaine si besoin, ou si des fortes pluies rincent le produit au cours de la semaine.


Lutte préventive

Gestes de culture

  • Effeuiller les ceps autour des grappes défavorise la Cochylis et, surtout, limite les risques de développement de la pourriture grise (Botrytis). Il est conseillé d’agir une fois la floraison terminée et avant la fermeture de la grappe (le moment où les raisins sont assez gros pour se toucher les uns les autres).

  • Au printemps jusqu’au changement de couleur des grains, limiter le nombre de branches et la densité de feuilles autour des grappes permet de rendre plus efficaces les traitements appliqués en pulvérisations. 

  • Utiliser les auxiliaires est une méthode préventive ou curative pour réguler et modérer le nombre de ravageurs. Certains peuvent être attirés naturellement dans un jardin, tandis que d’autres devront être installés. Gardez dans votre jardin des zones en friche, des haies variées, des pierres en tas ou en muret, des tas de bois, des espèces variées de fleurs, pour favoriser la présence de ces auxiliaires. Les plus utiles pour le ver de la grappe sont les chrysopes, qui adorent les œufs et les chenilles, les syrphes, qui se nourrissent notamment de chenilles de tordeuses, les araignées, les chauves-souris, qui chassent les papillons de nuit, notamment la pipistrelle commune et le petit rhinolophe. Vous pourrez vous procurer des nichoirs pour ces dernières.


Méthodes douces

Il s’agit de méthodes efficaces et douces, mais qui demandent une connaissance précises des divers stades de la chenille.

  • La piégeage sexuel est une technique très utilisée contre les papillons dont les chenilles parasitent les cultures. Des hormones sexuelles sont libérées, spécifiques à l’espèce visée, qui attirent et piègent les mâles. Cela a pour effet de diminuer fortement la reproduction. Ces diffuseurs sont installés avant que les vols de reproduction n’aient commencé. Cette méthode est totalement inoffensive pour toutes les autres espèces. Elle permet également de repérer le début des vols pour mettre en place les traitements de biocontrôle.

  • Les pièges alimentaires sont une autre solution. Contrairement aux pièges sexuels, ce sont les femelles qui sont ciblées et piégées. Et ils sont infaillibles pour connaître la période de ponte, qui débute entre quatre et sept jours après les premières captures. 

  • Il est possible d’effectuer des lâchers de trichogrammes, des micro-guêpes parasitoïdes, au moment où les papillons sont en vol afin de cibler les œufs à venir. Ces parasites pondent leurs œufs dans les œufs des tordeuses. Campoplex capitator a en plus l’avantage d’être présent tout au long de l’année sur la vigne. Il s’agit également d’une méthode préventive très ciblée.