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Jardinage au naturel

5 moyens de lutte biologique contre les aleurodes

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Les aleurodes sont des insectes ravageurs des cultures souvent nommés mouche blanche. Ils nuisent aussi bien aux plantations potagères qu’aux ornementales. Non seulement ils affaiblissent leur hôte et provoquent l’apparition d’un champignon bien connu, la fumagine, mais en plus ils sont le vecteur de développement de virus. Heureusement, la lutte biologique n’est pas désarmée face à ce nuisible redoutable malgré sa petite taille !

5 moyens de lutte biologique contre les aleurodes

Qui est l’aleurode ?

Les aleurodes sont des Hémiptères minuscules, 3 mm environ ailes ouvertes, affichant 2 paires d’ailes membraneuses. Leur principale caractéristique physique se situe au niveau des ailes : celles-ci sont opaques et ponctuées de nombreux grains blancs semblables à de la cire qui paraissent poudrer la surface. Les larves passent par 4 stades, dont seul le premier est actif. Dès le second stade, les larves sont dites sessiles, c’est-à-dire qu’elles semblent directement fixées à leur support. elles sont à ce moment là de forme plate et ovale. Au 4ème stade elles ne s’alimentent plus et forment un puparium lui aussi ponctué de cire, mais ici sous forme de filaments. En France on rencontre principalement 3 espèces d’aleurodes nuisibles. On repère généralement les adultes, semblables à des mouches adultes, lorsqu’ils volent en nombre autour des plants pour pondre sous les feuilles. Lorsque les conditions sont optimales, le cycle de reproduction peut s’accomplir en 3 semaines.

Les dégâts : les aleurodes prélèvent la sève et excrètent du miellat en grande quantité, amenant la formation de fumagine sur les parties aériennes. Leur présence provoque un ralentissement de la croissance des hôtes, un jaunissement au niveau des feuilles qui finissent par se nécroser. Ils transmettent également des viroses aux plantes attaquées.


L’aleurode du tabac

Bemisia tabaci C’est un membre de la famille des Aleyrodidés. Il est susceptible de s’installer sur un grand nombre de plantes-hôtes, notamment dans les zones tropicales. Il est devenu très résistant à de nombreux insecticides. Le manque de lumière, les températures ou le taux d’hygrométrie très élevées sont des facteurs de stress qui peuvent réduire sa durée de vie mais aussi la durée du cycle. Sa température optimale se situe entre 30 et 33°. Les adultes sont également actifs en hiver et sont capables d’y survivre sans aucune nourriture pendant des semaines.

Le saviez-vous ? Il semble en réalité exister divers biotypes de cette espèce, qui affichent soit des hôtes différents, soit des capacités de transmission du virus plus ou moins importantes. La souche B, souche du poinsettia ou B. argentifolii, s’est rapidement répandue en de nombreux points du globe.

Cet aleurode est un ravageur à tous les stades et a une préférence pour les tomates, courgettes, poivrons, aubergines, concombres. Une caractéristique de ses dégâts, qui lui a donné son nom : les feuilles des cucurbitacées se tachent d’argent. Les fruits sont également touchés et ne mûrissent pas normalement : les tomates sont dures, avec des taches jaunes ou vertes.


L’aleurode des serres

Trialeurodes vaporarium Tomates, haricots, poivrons, cucurbitacées, aubergines et astéracées sont les plantes-hôtes privilégiées de l’aleurode des serres, mais celui-ci trouve également à se nourrir sur des plantes adventices qui lui permettent de survivre en hiver ou lorsqu’il manque de plantes-hôtes. Ce n’est que dans les régions plus froides qu’on ne trouve cet aleurode qu’en serre, ses conditions optimales de vie et de reproduction étant aux alentours de 22°. Dans les parties plus méridionales de la France il vit tout aussi bien à l’air libre. Au contraire de l’aleurode du tabac, c’est sur l’apex (le sommet, donc les parties les plus jeunes et tendres) des plantes qu’il s’installe.


L’aleurode floconneux des citrus

Aleurothrixus floccosus Majoritairement présent sur les agrumes, il peut induire de grosses pertes du fait du développement de fumagine qui va recouvrir feuilles et fruits, rendant ces derniers impropres à la consommation.


Lutter contre les aleurodes à l’aide des punaises

  • Macrolophus pygmaeus est un prédateur polyphage, mais il avoue cependant une préférence pour les aleurodes. Présent naturellement dans les régions méridionales, on peut le rencontrer sur les tomates et autres Solanacées ou sur le tabac. L’adulte s’attaque à tous les stades de leur développement, et particulièrement les Å“ufs et les larves.

  • Macrolophus caliginosus s’emploie en complément des parasitoïdes. Cette petite punaise sera lâchée précocement car il lui faut du temps pour s’établir.

  • Nesidiocoris tenuis : cette punaise est active à tous les stades de son développement contre les aleurodes des serres et du tabac. Elle se nourrit des Å“ufs et des larves.

Lutter contre les aleurodes à l’aide d’acariens

  • Amblydromalus limonicus : au départ utilisé pour son efficacité contre les acariens phytophages, cet acarien prédateur s’est également révélé être utilisable contre l’aleurode des serres ainsi qu’avec l’aleurode du tabac. Adultes aussi bien que larves et nymphes consomment Å“ufs et larves en aspirant le contenu du corps de leur proie. Sa reproduction est très rapide, croissant en fonction de la quantité de nourriture.

  • Amblyseius swirskii : ce sont les nymphes et les adultes qui se nourrissent des Å“ufs et des larves des aleurodes. Cet acarien a l’avantage de pouvoir également se nourrir de pollen, il peut donc être lâché en prévention sur des plantes à pollen. Il se reproduit rapidement mais a besoin de températures assez chaudes.

Lutter contre les aleurodes à l’aide de coccinelles

  • Delphastus pusillus : même si elle préfère les Å“ufs et les nymphes des aleurodes, cette coccinelle peut consommer ce nuisible à tous les stades. Adultes et larves sont des prédateurs. On lâchera la coccinelle en présence d’une grande quantité de proies afin qu’elle se montre plus efficace. On évitera par contre de l’utiliser en même temps que les parasitoïdes car elle ne consomme pas de proies parasitées.

Lutter contre les aleurodes à l’aide de parasites

  • Encarsia formosa est notamment efficace contre l'aleurode des serres, surtout pour les cultures sous abri. Les femelles pondent dans les larves du 3e stade et s’attaquent aux larves du 2e stade. Cet hyménoptère est moins efficace sur les végétaux pileux comme le concombre, la courgette ou la tomate.

  • Eretmocerus eremicus : on l’utilisera plus particulièrement avec des températures élevées.

  • Eretmocerus mundus est spécifique à l’aleurode du tabac et il apparaît souvent spontanément dès que son hôte est présent.

Lutter contre les aleurodes à l’aide de champignons

  • Lecanicillium muscarium (syn. Verticillium lecanii) : ce champignon sera utilisé en complément d’un autre auxiliaire car ses spores doivent être dispersées, elles ne se déplacent pas seules.

Autres moyens de lutte biologique

  • La pulvérisation d’eau savonneuse sous les feuilles est une méthode qui a fait ses preuves. Elle peut éventuellement précéder un lâcher d’auxiliaires pour rendre leur travail plus rapide.

  • Les plantes compagnes : certains végétaux sont réputés pour éloigner les aleurodes, comme le basilic, l’aneth, l’œillet d’Inde, capucine...

  • L’installation de filets sur les plantations à risque est une méthode préventive efficace.