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La courtilière est un gros insecte d’aspect peu sympathique que l’on peut trouver dans les jardins. Mal aimée des jardiniers, elle n’en est cependant pas une farouche ennemie, car elle se révèle également fort utile pour lui et son passage ne fait pas forcément de gros dégâts. Pourtant parfois il devient urgent d’agir pour protéger les plantations. Alors dans ce cas comment se débarrasser des courtilières au jardin et au potager ?
Qui est la courtillière ?
La courtilière, Gryllotalpa gryllotalpa, est également appelée “taupette” ou “taupe grillon”. Elle fait partie des orthoptères, comme les grillons (les vrais cette fois), les sauterelles et les criquets. Comme eux, le frottement de ses élytres provoque un “chant” très particulier.
Mesurant entre 5 et 10 cm une fois adulte, elle est de couleur brune sur le dessus du corps, orangée sur le dessous. Elle a une forme allongée et un thorax très volumineux qui prolonge sa tête sans vraie démarcation, ce qui lui donne une allure assez particulière. Sa morphologie rappelle d’ailleurs étrangement celle du petit mammifère à laquelle elle a emprunté son nom. Notamment au niveau des pattes antérieures, très proches de la tête, courtes et larges avec des “griffes” qui partent vers l’extérieur.

La courtilière est également dotée d’ailes transparentes qui lui permettent de voler.
Elle vit dans les sols plutôt humides, légers, meubles, aussi bien en pleine nature que dans les jardins. Elle a la particularité de découper tout ce qui se met en travers de son chemin, que ce soit des branches, des racines, ou des vers de terre ! C’est d’ailleurs ce qui fait que le jardinier n’apprécie pas trop sa présence, même s’il ne la voit pas puisqu’elle a un mode de vie strictement nocturne.
Elle est cependant de plus en plus rare, voire nettement en voie de disparition dans certains pays. En France, elle est considérée comme espèce menacée dans toutes les régions du sud, et fortement menacée d’extinction dans certaines zones. En effet, les zones humides tendent à s’amenuiser ou à être de plus en plus polluées.
Est-elle dangereuse pour les plantations du jardin ?
Étant omnivore, ce petit insecte peut bien sûr se nourrir des racines et divers tubercules qu’il trouve dans le sol.

Cependant, les courtilières apprécieront tout autant de dévorer quelques larves bien juteuses, des fourmis et tout autre insecte qu’elles peuvent croiser.
Elles concourent donc à vous débarrasser de quelques ravageurs bien plus nocifs qu’elles, les larves de hannetons, les limaces, les vers gris (tipules) pour ne citer qu’eux. Il est donc judicieux de tenir compte de ce fait avant de chercher à vous débarrasser des courtilières à tout prix !

Tout dépend des dégâts effectifs qu’elles font dans vos planches potagères, qui dépendent du nombre de courtilières présentes dans le jardin, et donc du nombre de prédateurs qui s’y trouvent également. Tout est une question d’équilibre !
Car malheureusement elles ne sont pas inoffensives pour vos plantes : outre les racines, elles vont détruire également le collet des végétaux attaqués, il arrive qu’elles sectionnent la base de certains plants, et qu’elles en déracinent plus ou moins d’autres lors de leur travail de fouisseur.
Les solutions
Pour pouvoir lutter contre un ennemi, encore faut-il le connaître, et en l’occurrence savoir si ce sont bien des courtilières qui grignotent les racines de vos salades ! Comme elles sont surtout actives la nuit, il est très rare de les croiser. Par contre, il est beaucoup plus fréquent de repérer leurs galeries. Celles-ci peuvent être longues de plusieurs mètres et comme elles sont superficielles elles sont relativement visibles en surface, faisant se craqueler le sol.
Favorisez le plus possible la biodiversité dans votre jardin. Plus celle-ci sera importante, plus l'équilibre évitera que les dégâts commis par les courtilières et autres “ravageurs” soient importants. Cet insecte a de nombreux prédateurs : taupes et hérissons, musaraignes, oiseaux tels que pies, merles, étourneaux, hiboux…

Autre méthode de lutte biologique : utiliser les nématodes Steinernema carpocapsae.
Son endroit préféré dans le jardin est… le tas de compost ! Il lui offre les conditions qu’elle apprécie : sol meuble, plutôt chaud et humide. De plus, elle y trouve amplement de quoi se nourrir. Donc éloignez autant que possible le tas de compost de vos planches potagères.
Le travail du sol dérange de nombreux ravageurs qui vivent dans le sol. Donc même s’il est déconseillé en temps normal pour respecter la vie et l’équilibre de ce sol, n’hésitez pas à employer ce moyen si les courtilières sont un problème important. Vous détruirez ainsi leurs galeries, mais aussi leurs œufs.
Vous pouvez les piéger pour en récupérer un grand nombre et les emmener loin de votre jardin (et de celui de vos voisins !) : au mois de septembre ou octobre, creusez des trous d’une trentaine de centimètres de profondeur et remplissez-les de compost légèrement humide, puis recouvrez de terre ou de morceaux de bois, il est probable que des courtilières viendront y hiverner ; durant la saison estivale, réalisez des rigoles que vous garderez humides, recouvrez-les de planches ; enterrez sur les lieux de passage des boites type boîtes de conserve, les courtilières tomberont à l’intérieur et seront incapables d’en ressortir.
Comme souvent dans la nature comme au jardin, l’équilibre est ce qu’il y a de plus important pour qu’aucune espèce ne devienne en surnombre et donc nuisible. Cet insecte très utile qu’est la courtilière permet de lutter contre des ravageurs du jardin et elle nourrit d’autres espèces très utiles. Alors même si des moyens efficaces existent pour vous débarrasser des courtilières, veillez à n’en user que si vos plantations, et donc vos récoltes, sont en danger. Et tâchez si possible de commencer par des actes de régulation de leur population, vous ne le regretterez pas !
