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Jardinage au naturel

La lutte biologique contre les fourmis

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La lutte biologique contre les fourmis peut se justifier lorsqu’elles envahissent les logements ou bien lorsque leur présence sur les plantes empêche de lutter contre les vrais nuisibles que sont les pucerons et les cochenilles. Les fourmis sont en réalité des insectes précieux dans la nature, du moins dans nos contrées ! Mais leurs colonies sont redoutables et peu de prédateurs sont capables de les atteindre, cette lutte doit donc s’accompagner de quelques astuces pour éviter l’invasion.

La lutte biologique contre les fourmis

La lutte biologique contre les fourmis dans le jardin

Les fourmis ne sont pas réellement des ravageurs de nos jardins, bien qu’elles puissent parfois mettre à mal la récolte de fraises ou autres fruits à la recherche de sucres. Elles seraient même plutôt utiles en fait !

  • Elles contribuent à recycler la matière organique en se nourrissant entre autres des cadavres d’insectes, voire d’animaux et de déchets variés.

  • Elles creusent de nombreuses galeries dans le sol, lui permettant de s’aérer.

  • De nombreuses plantes se reproduisent grâce à la dispersion de leurs graines par des fourmis.

  • Les arbres fruitiers attirent les fourmis grâce à des glandes contenant du nectar afin qu’elles les protègent des parasites. On dit qu’ils sont myrmécophiles.

Cependant elles ont un défaut, et non des moindres : elles défendent les pucerons et cochenilles qui, eux, sont bien des ravageurs de nos cultures. Les pucerons et les cochenilles ont une relation mutualiste avec les fourmis : ces dernières récupèrent le miellat de certaines espèces, en échange de quoi elles les protègent, les transportent, voire les abritent en hiver.

Les fourmis ont peu de prédateurs spécifiques, et leurs prédateurs occasionnels ne sont pas non plus très nombreux et sont moyennement efficaces pour lutter contre des colonies de plusieurs centaines, voire milliers, d’individus (la taille des colonies varie selon les ressources alimentaires et l’environnement). La fourmi est en effet un insecte social, qui a développé depuis ses 100 millions d’années d’existence de “nombreux mécanismes de défense collectifs ou sociaux” :

  • Elles ont des cimetières à l’extérieur des fourmilières, grâce auxquels les éventuels parasites ou agents pathogènes sont évacués et ne peuvent pas contaminer le nid.

  • Elles se nettoient les unes les autres, également pour se débarrasser des pathogènes.

  • Elles placent dans leur nid des morceaux de résine exsudés par les résineux lorsqu’ils sont blessés, qui contiennent des substances ralentissant le développement des bactéries et des champignons.

La lutte biologique contre les fourmis reste donc assez complexe et confidentielle. On ne trouve d’ailleurs à la vente qu’un seul type d’agent pour les combattre, les nématodes.


Les nématodes

Steinernema feltiae est un vers microscopique. Il vit dans le sol et se nourrit des larves de divers insectes (thrips, carpocapses, tordeuses, …) en s’introduisant dans leur organisme pour y libérer une bactérie. Celle-ci dégrade les tissus de la proie en nutriments dont va se nourrir le nématode. Il est nécessaire d’attendre une certaine température pour utiliser les nématodes, 10 à 12° au minimum. Le sol, lui, doit être entre 8 et 30°. En général, le traitement se fait entre le mois d’avril et le mois de septembre. Les nématodes s’utilisent ici aussi bien en prévention que comme traitement curatif lorsque les fourmis sont déjà installées. Ils sont vendus sous forme de poudre qu’il faut diluer dans l’eau ( prenez de l’eau à température ambiante) d’un arrosoir ou d’un pulvérisateur. Remuez constamment pour que les petits vers soient bien dispersés. Le mélange sera versé directement sur une fourmilière (au minimum 1 million d’individus dans 2 litres d’eau pour une fourmilière). L’application se réalise sur un sol humide, seulement le soir car les nématodes ne supportent pas la lumière du soleil. Arrosez tout de suite après afin que les nématodes pénètrent profondément dans la fourmilière.


Les guêpes parasitoïdes

Ce sont les Elasmosoma notamment, appartenant à la sous-famille des Neoneurinae, qui s’attaquent aux fourmis. Ce sont des endoparasitoïdes, c’est-à-dire qu’elles pondent dans l’hôte afin que leurs larves s’en nourrissent de l’intérieur.


Les mouches phorides

Ce sont des mouches parasitoïdes minuscules qui volent au-dessus des nids ou des colonnes de fourmis pour repérer des hôtes. Elles pondent leurs œufs dans le corps des fourmis grâce à leur ovipositeur. Lorsque les larves naissent, elles se nourrissent des tissus de leur hôte. Il en existe de nombreuses espèces en Europe et aux États-Unis, par exemple Pseudacteon en France.


Les fourmis

Il existe des fourmis myrmécophages, qui vont parasiter d’autres espèces de fourmis. D’autres espèces rentrent dans les nids pour voler les nymphes ou dévorer les larves.


Les araignées

Certaines espèces apprécient beaucoup les fourmis. Elles les guettent aux entrées de la fourmilière et les mangent après les avoir paralysées (Zodarion elegans par exemple), ou bien construisent des toiles sur des lieux de passage comme les Theridions.


Les pics verts


Les pics verts

Prédateur naturel des fourmis et de leurs larves, entre autres insectes, cet oiseau se balade dans la nature et les jardins en picorant le sol. Lorsqu’il tombe sur une fourmilière en plein hiver, il peut y faire beaucoup de dégâts grâce à sa langue collante et très longue. D’autres membres de la famille des pics se régalent de fourmis mais agissent plutôt en pleine nature.


Les lézards

Leur rapidité leur permet de gober une file entière de fourmis avant qu’elles ne se rendent compte de l’attaque. Les jardins sont normalement bien pourvus en lézards des murailles, très communs et qui s’adaptent à de nombreux environnements. Procurez-lui un tas de pierres en plein soleil.


Les crapauds

Le crapaud commun Bufo bufo est un vorace prédateur de nombreux invertébrés, dont les fourmis. Lui aussi équipé d’une langue collante, il peut décimer un grand nombre d’ouvrières en train de transporter de la nourriture. Évitez d’utiliser des produits chimiques et offrez lui un abri pour l’hiver avec un tas de vieilles tuiles ou de pierres. Gardez également un coin en friche dans le jardin pour qu’il puisse s’y dissimuler.


La lutte biologique contre les fourmis dans la maison


La lutte biologique contre les fourmis dans la maison

Il peut être gênant d’avoir des fourmis à l’intérieur, d’autant plus que généralement leur nombre augmente peu à peu, rallongeant les files ininterrompues. Elles y cherchent de la nourriture bien sûr, notamment du sucre, mais aussi de la chaleur. Les espèces les plus courantes dans nos intérieurs sont : la fourmi brune des jardins, la fourmi noire des bois, la fourmi des pharaons, la fourmi d’Argentine. Quelques précautions peuvent être prises afin d’éviter de les attirer :

  • Ne laissez pas de nourriture à l’air libre : tout doit être rangé soit dans des boîtes hermétiques, soit au réfrigérateur. Pensez également à la vaisselle dans l’évier qui doit être faite immédiatement.

  • Équipez-vous d’une poubelle qui ferme complètement, une poubelle à pédale par exemple.

  • Maintenez le sol propre : aspirateur et serpillère doivent être passés régulièrement afin qu’il n’y ait pas de traces d’aliments au sol qui attireraient immanquablement une ou plusieurs éclaireuses.

  • Les placards eux-aussi doivent être gardés propres, tout comme les plans de travail.

Lorsqu’elles ont déjà repéré des sources de nourriture dans le logement, remontez la file pour détecter leurs entrées, souvent des fissures dans les murs, des aérations, … que vous pourrez alors boucher.


Méthodes alternatives à la lutte biologique contre les fourmis

Les fourmis se dirigent en suivant le chemin olfactif laissé par les phéromones des éclaireuses. Lorsque l’une d’elles trouve une source de nourriture au cours de ses explorations, elle retourne à la fourmilière en laissant des traces et va prévenir ses consœurs. De nombreuses fourmis partent alors chercher cette manne en suivant le même chemin. Et chaque fourmi qui prendra cette route laissera elle aussi des phéromones. Le chemin est donc de plus en plus “odorant”.

  • Pour perturber leur trajet vers un endroit de la maison ou même dans le jardin, il suffit d’effacer cette trace odorante. On peut le faire en y déposant une odeur très forte, comme le vinaigre, le poivre noir ou de l’huile essentielle de lavande, de menthe ou de citron par exemple ou encore en plantant à des endroits stratégiques des plantes aromatiques puissantes : menthe poivrée et lavande, mais aussi marjolaine, fenouil, .... Les œillets d’Inde semblent également les repousser.

  • En prévention, vaporisez du vinaigre tout autour des points d’entrée de votre maison.

  • Les mêmes “produits” peuvent être utilisés sur le nid, afin de faire fuir la colonie, mais elle pourrait ensuite tout aussi bien s’installer à un autre endroit du jardin !!

  • Lorsque les fourmis s’occupent d’une colonie de pucerons ou de cochenilles, on peut en voir de longues files sur le tronc de la plante envahie. Pour qu’elles ne puissent plus accéder à leur troupeau, des bandes de glu sont placées tout autour du tronc.

Conclusion

Les fourmis sont des insectes très utiles mais leur nombre peut facilement les rendre invasives, particulièrement lorsqu’elles pénètrent dans les maisons pour s’y abriter ou pour trouver des sources de nourriture. Au jardin, elles ont aussi le défaut de protéger des ravageurs qui leur fournissent le précieux miellat. Mais du fait de leur nombre et de leur mode de vie, il est difficile de les faire disparaître. Il est certes possible de les empêcher d’entrer dans les logements grâce à quelques astuces, par contre au jardin la lutte biologique contre les fourmis ne peut pratiquement s’appuyer que sur la biodiversité.