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Sans pollinisation, pas de fruits. Autant dire que c’est un sujet qui doit faire l’objet de beaucoup d’attention lors de l’achat d’un poirier ! Celui-ci va devoir être accompagné d’une variété compatible, à moins d’être autofertile mais même dans ce cas, deux poiriers c’est toujours mieux qu’un seul. Alors à vos tableaux, pour de jolis et très bons mariages !
Comment se pollinise le poirier ?
La pollinisation du fruitier, une affaire de butineurs
On distingue plusieurs types chez les fruitiers et autres végétaux :
Les arbres dioïques sont monosexués, chaque individu ne porte que des fleurs mâles ou que des fleurs femelles. Ils sont donc allogames, ne pouvant être fécondés que par du pollen émis par un autre arbre fruitier. Les kiwis sont des fruitiers dioïques.
Les arbres monoïques sont bisexués, chacun porte à la fois des organes mâles et des organes femelles, parfois dans une même fleur (les hermaphrodites), parfois dans des fleurs mâles ou femelles. Pour limiter l’autopollinisation, les arbres monoïques stricts ne développent pas les fleurs mâles et femelles en même temps (le noisetier en est un bon exemple). Les hermaphrodites, eux, peuvent théoriquement se féconder eux-mêmes, mais la nature se montre très imaginative lorsqu’il s’agit de limiter l’autofertilisation donc nombre de végétaux sont autostériles. La pollinisation croisée est en effet toujours préférable, car elle permet un enrichissement des gènes impossible dans le cas de l’auto-fertilisation. Les fruits obtenus par pollinisation croisée présentent de meilleures qualités organoleptiques, de plus grandes capacités de conservation. De plus, la pollinisation croisée réduit les phénomènes d’alternance et améliore la nouaison (la transformation de la fleur en fruit). Les fruits sont également plus résistants face aux agresseurs. L’auto-stérilité de l’arbre fruitier provient d’une hormone, l’auxine, qui inhibe la germination d’un grain de pollen venant du même arbre. Les poiriers et les pommiers notamment sont généralement autostériles.
Le saviez-vous ? Toutes les fleurs d’un arbre n’ont pas besoin d’être pollinisées, 10% suffisent à produire une quantité de fruit “normale”.
Les arbres fruitiers sont des espèces dites “entomophiles”, c’est-à-dire qu’elles sont pollinisées par les insectes, bien que le vent participe pour une part mais celle-ci est très légère. Ils transportent le pollen d’une fleur à l’autre, d’un individu à l’autre. Ce sont les abeilles sauvages les plus forcenées dans ce travail d’une utilité vitale, suivies par les bourdons qui sont également de gros travailleurs. Les abeilles domestiques préfèrent au poirier des fleurs au nectar plus sucré.

Le poirier
Le poirier est souvent autostérile, et il offre aux insectes butineurs un nectar moins qualitatif que celui des pommiers, il pourra donc être moins visité, selon les essences qui se trouvent à proximité. Sa floraison dure entre 1 et 3 semaines. Les fleurs sont sensibles aux gelées printanières et leur pollen devenir inactif. Les poiriers auto-stériles doivent être pollinisés par une autre variété de poirier, qui fleurit en même temps et dont le pollen est compatible. Il n’y a pas de pollinisation croisée entre poirier et pommier, mais la présence de pommiers et autres arbres fruitiers participe à la richesse de la biodiversité utile à toute bonne pollinisation. Prévoyez donc dès la plantation l’achat de 2 variétés compatibles, ou bien installez le poirier choisi suffisamment près de son pollinisateur. La distance de pollinisation entre 2 poiriers est de 100 m maximum. Elle dépend du vent, du type d’insecte, de la quantité d’autre nectar à proximité...
Favoriser la pollinisation
Il est important de favoriser la présence d’insectes pollinisateurs dans le jardin, plus ils seront nombreux plus le nombre de fruits sera grand et leur qualité meilleure. Pour ce faire, il faut que l’environnement soit riche en plantes à fleurs, car la floraison des arbres fruitiers dure peu de temps et les insectes butinent du printemps jusqu’à l’automne. Vivaces et annuelles, arbustes, floraisons échelonnées attireront ces précieux auxiliaires. Les friches ou prairies naturelles, les haies mixtes sont autant de restaurants et d’hôtels qui permettront une grande biodiversité dans votre jardin. La présence de ruches dans un verger, même petit, est une idée à exploiter, d’autant plus que si vous ne récoltez pas le miel, vous n’avez rien à faire ! Veillez à ce qu’il n’y ait pas de source plus intéressante pour l’abeille domestique dans les environs pour qu’elle ait envie de visiter les fleurs du poirier.
La pollinisation manuelle du poirier
Il peut arriver que l’arbre pollinisateur disparaisse (maladie, abattage…), ou bien qu’il n’ait jamais existé (erreur à l’achat, don, arbre déjà présent…). Il peut aussi arriver que les pollinisateurs soient trop rares, ce qui est de plus en plus fréquent avec la perte des ruches. Les conditions météorologiques peuvent aussi influer gravement sur la production. Vous pourrez dans tous ces cas vous tourner vers la pollinisation manuelle. Pour que la fécondation se fasse, il faut que le pollen, qui est la gamète mâle, soit déposé sur les stigmates de la fleur, le stigmate étant l’organe femelle. Le pollen est récupéré sur les anthères, celles-ci ne le libérant que lorsque la température dépasse 5°.
Récupérez une branche de la variété pollinisatrice, portant des fleurs à peine ouvertes. Si vous placez cette branche dans de l’eau, les fleurs continueront à s’ouvrir et leurs anthères émettront rapidement du pollen.
Prélevez avec un pinceau fin, vos doigts, une fleur de pissenlit, un bâton à l’extrémité emplumée… un peu de cette poudre précieuse et allez la déposer sur le pistil des fleurs du poirier autostérile. Choisissez de préférence une journée sans vent ni pluie, pas trop chaude.
La pollinisation manuelle du poirier peut également être pratiquée en complément d’une pollinisation par les insectes. En l'occurrence, c’est plutôt l’inverse qui se produit, une pollinisation manuelle va être plus efficace, plus générale. Attention tout de même à ne pas trop fatiguer le poirier et s’il y a trop de fruits, ils seront plus petits.
Le tableau des poiriers pollinisateurs
Il y a de nombreux poiriers autostériles, qui ont besoin de la présence d’autres poiriers aux alentours pour que la fécondation se fasse mais aussi des poiriers autofertiles, dont le pollen des fleurs va pouvoir polliniser d’autres fleurs du même individu. Des poiriers compatibles à proximité sont cependant toujours utiles !
Les poiriers autostériles
Poirier à polliniser | Poiriers pollinisateurs |
|---|---|
Angelys | William’s, Conférence, Doyenné du Comice |
Doyenné du Comice | Williams, Beurré Hardy, Dr Jules Guyot, Conférence, Général Leclerc, Highland, Passe Crassane, Bergamotte Espéren, Beurré d’Hardenpont, Joséphine de Malines, Légipont |
Conseiller à la Cour | Louise Bonne, Williams |
Beurré d’Aremberg | Louise Bonne, Williams |
Jeanne d’Arc | Doyenné du Comice, Légipont, Williams |
Beurré Giffard | Conférence |
Duchesse d’Angoulème | Williams |
Docteur Jules Guyot | Conférence, Général Leclerc |
Beurré Clairgeau | Beurré Hardy, Bergamotte, Louise Bonne |
André Desportes | William’s |
Général Leclerc | Conférence, Doyenné de Comice’, William’s |
Beurré des Enfants Nantais | William’s |
Beurré Giffard | Louise bonne, Guyot, William’s |
Beurré Lebrun | Conférence, William’s |
Curé | Doyenné du Comice, William’s |
Les poiriers autofertiles
Poirier à polliniser | Poiriers pollinisateurs |
|---|---|
Conférence | Williams, Dr Jules Guyot, Doyenné du Comice, Beurré Hardy, Général Leclerc |
Bartlett | syn. ‘William’s’, syn. ‘Bon Chrétien William’s’ : Beurré Bosc, Anjou, Bergamotte, Conférence, Doyenné du Comice, Beurré d’Hardenpont, Dr Jules Guyot |
Beurré Hardy | Williams, Conférence, Dr Jules Guyot, Doyenné d'Hiver, Doyenné du Comice, Passe Crassane |
Louise Bonne d’Avranches | Williams |
Comtesse de Paris | Williams, Conférence, Louise Bonne, Précoce de Trévoux |
Saint-Jean | Louise Bonne, Williams |
Duc de Bordeaux | Conférence, William’s, Doyenné du Comice |
Pour aller plus loin, lisez nos conseils pour choisir votre poirier et le planter !
Conclusion Lorsque le poirier fleurit, au printemps, on l’imagine quelques mois plus tard recouvert d’autant de poires qu’il a de fleurs. Mais le poirier est souvent auto-stérile et il a besoin des petites bêtes butineuses pour le polliniser. Or, la nature ne l’a pas trop aidé en lui donnant un pollen moins attractif que celui d’autres arbres fruitiers. Heureusement que le peu de fleurs visitées suffisent à produire un nombre de fruits tout à fait convenable, voire bien plus dans de bonnes conditions !
