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Pailler le sol est fort bénéfique aux plantes comme au sol lui-même, c’est même le geste nécessaire pour un sol vivant et fertile. Les matériaux utilisés pour pailler sont nombreux, et parmi ceux que l’on peut trouver dans le commerce le paillis de coco a de quoi séduire. Il offre de multiples avantages, plaisant autant aux plantes potagères qu’aux vivaces, bulbes ou arbustes. Certes venant de contrées lointaines, il est cependant une bonne revalorisation des déchets de la noix de coco, que l’on utilise la coque entière ou seulement ses fibres.
D’où vient le paillis de coco ?
On trouve en réalité deux types de paillis de coco : le paillis de coques et le paillis de fibres. Dans tous les cas, il s’agit d’une revalorisation des déchets produits par la vente de l’amande comestible du cocotier.
Le paillis de coques de coco est constitué par les coques de noix de coco mûres, réduites en morceaux de même calibre.
Le paillis de fibres de coco : le mésocarpe de la noix de coco (le coir) est la partie filandreuse comprise entre la pellicule interne de la coco et son épiderme. C’est une matière organique entièrement biodégradable. Ce coir est une fibre végétale ligneuse, que l’on travaille beaucoup au Sri Lanka et en Inde. Il faut à peu près 1000 noix de coco pour extraire 10 kg de fibre de coco. Ces fibres doivent subir un long trempage pour dissoudre la substance qui les lie entre elles. Ce traitement permet également de les débarrasser du sel dont elles sont couvertes. En effet, Cocos nucifera, le cocotier, pousse sur les plages et est donc constamment fouetté par les embruns.
On le trouve en sacs de vrac pour le paillis de coques ou en blocs compressés pour les fibres, qui doivent être trempés pour faciliter le décompactage.
Utiliser ce paillis au jardin
Pourquoi pailler le sol ?
Pailler le sol au jardin est très favorable à la terre. Cela favorise la vie du sol, insectes et vers de terre, micro-organismes, les premiers qui décomposent les matières organiques et les seconds qui les transforment en éléments nutritifs indispensables pour les végétaux. Ils aèrent la terre, la stabilisent, la fertilisent...
Le saviez-vous ? Les micro-organismes (les microbes) ont un rôle primordial pour la vie, ce sont eux seuls qui rendent assimilables pour les végétaux les éléments issus de la décomposition. Il semble même que les plantes carencées stimulent la micro-faune spécifique à la transformation de l’élément qui leur manque.
Le paillis est un isolant, qui protège le sol des changements rapides de température. C’est notamment entre le jour et la nuit qu’il se révèle très utile mais pas seulement. Lorsqu’il gèle, les racines peuvent être mises à mal, alors que si le sol est paillé, sa température baisse moins rapidement et le gel peut ne pas atteindre les racines, ou pas assez longtemps pour les affaiblir. L’activité biologique du sol, elle, est limitée par le froid. La protection apportée par le paillis est donc à la fois favorable aux racines des végétaux et aux organismes qui vivent dans le sol.
Le paillis limite l’évaporation de l’eau contenue dans le sol. Celui-ci reste donc suffisamment frais pour que les végétaux puisent l’humidité dont ils ont besoin, notamment durant les périodes de sécheresse. Les microorganismes vivant dans le sol ont eux aussi besoin d’humidité.
La mise en place d’une couverture limite l’érosion des sols. En effet, la présence d’un paillis organique tel que le paillis de coco entraîne la prolifération des “travailleurs de l’ombre”, parmi lesquels les champignons mycorhiziens qui jouent un rôle crucial dans la stabilisation des sols. Elle favorise également la présence des “aérateurs”, notamment les vers de terre qui creusent de nombreuses galeries sous la surface. Grâce à ces galeries, les végétaux peuvent développer des racines profondes et nombreuses qui vont elles aussi stabiliser le sol.
En freinant la pénétration des eaux de pluies, le paillis limite le lessivage qui entraîne les plus petites particules (l’érosion) et la lixiviation : la fuite des éléments nutritifs, notamment les nitrates issus de la transformation de l’azote de l’air par les bactéries (la minéralisation), vers les nappes phréatiques qu’elles polluent. Restant dans le sol, disponibles pour les plantes, ces nitrates ne polluent pas et nourrissent les plantes.
Pailler, c’est-à-dire déposer des matières organiques fraîches sur le sol est d’autant plus judicieux que la décomposition de ces matières organiques fraîches se fait à l’air libre, par des organismes aérobies.
Fibres ou coques de coco ?
Le paillis de coco s’étale en couche de 7 à 9 cm autour des plantations. Certains installent le paillage lorsque le sol est bien réchauffé mais il est envisageable de le laisser au sol en permanence, comme dans la nature. Vous pourrez dans ce cas limiter les semis en pleine terre et les réaliser plutôt à l’intérieur.
Le paillis de fibres de coco est très bénéfique grâce à ses nombreuses propriétés :
La fibre de noix de coco montre une bonne durabilité car sa dégradation est lente. Une fois décomposée, elle apportera de nombreux nutriments au sol, libérant du potassium, du fer, du manganèse, du cuivre et du zinc.
La lignine qui la constitue est bénéfique pour la pédofaune. Sa présence va favoriser le développement de tous ces organismes qui transforment la matière organique en nutriments. La lignine joue un rôle prépondérant dans l’humification des sols, et l’humus permet de stabiliser ces sols (le complexe argilo-humique). Ce paillis ne doit d’ailleurs pas être enfoui, car les insectes (collembole, larves de diptères) qui dégradent la lignine et la cellulose sont des organismes aérobies. Si ce paillis riche en lignine est enfoui, ce sont les bactéries dans le sol qui vont le décomposer, et comme elles auront besoin pour ce faire d’azote minéral, elles le “voleront” aux cultures, provoquant une faim d’azote.
Le paillis de fibres de coco révèle de bonnes capacités de rétention d’eau (4 fois son poids) car il possède une structure spongieuse. Il améliore aussi bien les sols argileux que les sols sableux.
Il a un pH neutre, entre 5,2 et 6,8 , convenant à tous les végétaux.
Il ne se tasse pas, ce qui lui conserve ses propriétés isolantes.
Il s’utilise aussi bien dans les massifs ou au potager que pour pailler des bacs.
Sa teinte neutre, brune, s’adaptera parfaitement à toutes vos plantations et les mettra en valeur.
Les limaces et autres gastéropodes n’apprécient pas son contact.
À savoir : d’origine totalement naturelle, le paillis de coco est autorisé en cultures biologiques. Constitué de fibres, il fréquent dans les cultures hydroponiques. Les fibres de coco sont également utilisées pour la fabrication de bouchons à semis et vous pouvez sans problème les mélanger à votre terreau ou à la terre de votre jardin pour les plantations.
Le paillis de coques de coco montre les mêmes propriétés que le paillis de fibres. Il est encore plus durable et sa décomposition apporte également du potassium et des oligo-éléments. La structure des morceaux de coques de coco est granulaire, poreuse, ce qui lui confère de bonnes capacités de rétention d’eau et d’air. Cette structure granuleuse déplaît aux limaces. Il est dense et stable et résiste bien au vent.

Au potager
Le paillis de coco peut être installé au pied de la plupart des plantes potagères, excepté autour des bulbes d’ail, d’oignon et d’échalotes qui craignent l’humidité et risqueraient de pourrir. Les jeunes salades sont elles aussi un peu réfractaires au paillis car il abrite fréquemment des gastéropodes voraces, mais le paillis de coco est désagréable pour ces rampants. Privilégiez les plantes potagères gourmandes en eau : tomates, fraisiers, courgettes, concombres, haricots… Bien stabilisées au niveau de l’apport en eau, elles seront plus productives et en meilleure santé. Les tomates notamment ont besoin de cette stabilité, car l’alternance d’excès et de manques d’eau provoque chez les fruits la nécrose apicale (la maladie du cul noir). Autre bénéfice, les légumes tardifs continueront à produire car la terre sera maintenue chaude par le paillis, vous pourrez ainsi gagner une à deux semaines de récoltes supplémentaires.
Au jardin d’ornement
Ce matériau d’un beau brun clair est idéal pour tous les massifs et plates-bandes. Installé sur un groupe de bulbes, il n’empêchera pas ces derniers de germer et gardera le sol couvert tant qu’ils seront en dormance. Les vivaces apprécient également d’avoir leur souche à l’abri du gel. Comme il est souvent difficile de trouver des végétaux qui se plaisent sous les arbres, un paillis de coco peut être la solution pour ne pas laisser le sol nu. Les racines des arbres auront ainsi à leur disposition un sol vivant, bénéfique pour leur nutrition et la bonne santé de l’arbre. Si vous gardez en permanence le sol de vos massifs couvert, vous aurez juste à écarter légèrement le paillis de coco pour effectuer vos plantations. Parc contre si vous semez, il vous faudra dégager l’espace le temps de la levée, excepté si ce sont de grosses graines.
Conclusion Le cocotier est est un végétal dont on peut utiliser toutes les parties. Les coques des noix de coco notamment, une fois vidées de leur contenu comestible, sont revalorisées en divers matériaux. On peut en faire un paillis très apprécié au jardin ainsi que pour les cultures hors sol. Bon isolant, il retient très bien l’eau et l’air et va se décomposer lentement pour participer à la formation d’une bénéfique couche d’humus. Les légumes sont convenablement protégés du froid, des fortes précipitations et autres agressions, tandis que les plantes ornementales sont parfaitement mises en valeur par ce matériau très polyvalent.
