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Conseils sur les animaux

Que faire dans la ruche mois après mois ?

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Le calendrier apicole

La tenue d’un rucher se cale totalement sur les étapes de la vie d’une colonie d’abeilles. Après un hiver calme, la ruche se met rapidement au début du printemps à bourdonner tout son saoul, à se remplir de provisions et de couvain. C’est une période intense, aussi bien pour la colonie que pour l’apiculteur. Le début de l’été voit arriver un autre gros travail qui suit la production de ces efficaces ouvrières, la récolte du précieux miel. L’apiculteur devra ensuite s’assurer que ses colonies aient tout ce qu’il faut pour bien passer l’hiver, avant de préparer leur ruche à affronter le froid et les intempéries.

Le calendrier apicole

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Le calendrier de l’apiculteur est étroitement lié à son climat, ainsi qu’à l’altitude où sont installées les ruches et autres facteurs. Les étapes ci-dessous peuvent être décalées de plusieurs jours, voire semaines, en fonction des régions.


Le travail de la ruche en hiver

Janvier

Lorsqu’il fait froid, les abeilles hivernantes sont rassemblées en grappe compacte afin de protéger du froid la reine, qui est au centre. L’ensemble se déplace lentement sur les cadres emplis de miel, désoperculant cellule après cellule afin de se nourrir. Cette grappe ne doit pas être dérangée, sous peine de perdre un grand nombre d’ouvrières et de risquer d’affaiblir la colonie tout entière. Les beaux jours ensoleillés, la température peut avoisiner les 20° au soleil. Cela entraîne une reprise d’activité intense dans la ruche si celle-ci est assez importante, voire une reprise de la ponte de la reine, mais ce couvain trop précoce demandera souvent trop de ressources aux abeilles pour arriver à son terme.

Le mois de janvier est un mois de repos pour l’apiculteur.

  • C’est le bon moment pour faire du bricolage et du rangement, recycler la cire…

  • Par contre, dans le cas d’un nouvel élevage, il pourra surveiller le poids de la ruche afin de s’assurer que la colonie ne manque pas de nourriture. Il lui faudra agir par temps doux, et avec beaucoup de douceur afin que les abeilles, stressées, ne se ruent pas à l’extérieur. Si les ressources en miel sont trop basses, un apport de candi sera indispensable.


Février

Les jours de soleil peuvent faire rapidement monter la température au-dessus de 20°C dans la ruche. La grappe va alors se disloquer dans la journée et les ouvrières aller faire quelques vols de propreté. Ces escapades, bien que nécessaires, peuvent s’avérer dangereuses si le sol est recouvert de neige. Celui-ci les attire, et une fois qu’elles y sont posées, elles sont incapables de repartir, paralysées par le froid.

  • L’apiculteur doit surveiller les alentours de ses ruches par ces belles journées. Il pourra récupérer les abeilles perdues dans la neige pour les réchauffer et sauver une partie de la colonie.

Février est également le mois où les glandes variées des abeilles se remettent en fonction. La reine se remet doucement à pondre. À partir de la fin du mois les abeilles d’été vont commencer à naître, remplaçant les hivernantes qui elles s’apprêtent à mourir. Le jeune couvain réclame soins, chaleur et nourriture. Les stocks de miel et de pollen sont mis à sac et les ouvrières font des excursions pour aller chercher de l’eau. L’abondance de ces stocks est à ce moment là particulièrement essentielle à la survie de la ruche, les abeilles pouvant utiliser la moindre parcelle de leur nourriture pour nourrir le couvain, au risque de ne plus rien avoir à manger.

  • Normalement, l’apiculteur a veillé à cette abondance avant l’hiver. Si ce n’est pas le cas, c’est le moment où jamais de nourrir la colonie en climat chaud ! Candi ou sirop, selon la température.

  • Vérifiez également qu’il n’y ait aucune trace de diarrhées sur la planche d’envol, à l’entrée de la ruche. La dysenterie ou le nosema peuvent en être la cause.

  • Par contre la ruche ne doit pas être ouverte, excepté si, même après avoir donné un coup, il n’y a absolument aucun bruit à l’intérieur. Une ruche morte ne doit pas être laissée ouverte et doit être évacuée, pour éviter les éventuelles transmissions de maladies.

  • Si le temps est vraiment beau et doux et que les embouteillages commencent, il peut être temps d’agrandir le trou d’envol.

À savoir : Si la saison froide a été difficile et que la colonie est affaiblie, il peut arriver que les abeilles d’hiver meurent avant que les abeilles d’été ne commencent à naître en nombre suffisant pour assurer la relève. La colonie est alors menacée d’une extinction très rapide.


Mars

L’activité a repris son plein, les jeunes butineuses commencent à rentrer du pollen. La reine pond d’autant plus que le nombre de nourrices est important et que la nourriture est disponible en quantité. Dans les ruches les plus faibles, la reine pond peu et la ruche court le risque d’être pillée, car pas assez forte pour se défendre.

  • Dans ces petites colonies, l’apiculteur doit veiller à garder un trou d’envol assez petit pour que les gardiennes, même en petit nombre, arrivent à retenir les pillardes.

  • Un nourrissement sera également le bienvenu pour soutenir la ponte de la reine et ainsi renouveler les effectifs. Évitez cependant le miel qui attirerait immanquablement d’autres abeilles.

  • La ruche ne doit pas être ouverte tant que les températures sont froides, les abeilles ayant encore beaucoup d’efforts à faire pour garder le précieux couvain au chaud et la reine serait également perturbée. La visite de printemps doit attendre que la douceur (de 15 à 20°) soit revenue.

  • Un traitement contre la dysenterie peut être donné si besoin.

  • Les abeilles ont à partir de là des besoins en eau importants. Placez une coupelle d’eau à proximité, en plein soleil. Elles recherchent également des minéraux et des oligo-éléments : des cailloux et du sable peuvent être mis dans la coupelle.

  • Il peut y avoir un besoin urgent d’agrandissement, si la colonie est exceptionnellement forte. Pour ce faire, une hausse peut être ajoutée mais en prenant quelques précautions afin de ne pas refroidir l’intérieur de la ruche.


Le travail de la ruche au printemps

Le travail de la ruche au printemps

Avril

Le printemps est là et les butineuses vont et viennent sans cesse pour ramener du pollen et du nectar. Plus l’activité au trou de vol est importante, plus la ruche est forte et s’assure une belle année. Les abeilles d’hiver ont presque toutes disparues, remplacées par de très nombreuses abeilles d’été.

  • Le trou d’envol est très encombré et doit (encore) être agrandi.

  • Lorsque la colonie se développe très rapidement, un agrandissement peut être nécessaire pour limiter les risques d’essaimage. Cependant il faut encore faire attention aux températures : encore basses, la pose d’une hausse va refroidir la ruche et provoquer un gros stress pour la colonie, et pour la reine qui va temporairement cesser de pondre.

  • Dans les régions à climat doux, il est possible de commencer à s’occuper des nucléï, ailleurs il faudra attendre le mois prochain.

La visite de printemps

Elle peut enfin avoir lieu, si les conditions sont réunies : idéalement après 3 jours au-dessus de 20°, pas de vent. Choisissez le moment de la journée où il fait le plus chaud. Pensez à désinfecter le lève-cadres et vos gants entre chaque ruche pour éviter la transmission d’éventuelles maladies. Inspectez le fond de ruche : nombre d’abeilles mortes (elles ne doivent pas être plus d’une dizaine), traces de moisissures (problème d’aération), de diarrhée (dysenterie ou maladies), présence de prédateurs (souris, guêpes…). Les cadres sont décalés d’un cran l’un après l’autre. Cette phase est délicate, car il est possible que la reine soit sur l’un d’entre eux et il ne faudrait pas l’écraser par inadvertance. C’est notamment au milieu que le risque est le plus grand.

Les points de contrôle :

  1. Combien d’abeilles y a t-il dans la ruche ? Si tous les intervalles entre cadres (les ruelles) sont occupés, il s’agit d’une ruche forte. Dans le cas contraire, la ruche est faible. Les colonies vigoureuses seront divisées, autant pour renforcer des plus faibles que pour éviter l’essaimage. Il faudra également ajouter des hausses là où c’est nécessaire.

  2. Y a t-il un couvain ? Sa quantité est-elle adaptée à la force de la ruche ? Est-il conforme (compact, disposé en cercles concentriques) ?

  3. S’il n’y a pas de couvain ou si celui-ci n’a pas un bon aspect, y a t-il une reine assez jeune, des nourrices sont-elles présentes ?

  4. La nourriture est-elle suffisante ? Les cadres doivent encore contenir du miel. Si ce n’est pas le cas, un nourrissement est indispensable car le butinage ne rapporte pas encore assez de pollen.


Mai

La reine continue à pondre quantité d’œufs et les butineuses sont en plein travail. Les miellées importantes débutent et les cadres se remplissent à toute vitesse lorsque la colonie est forte. Il doit toujours y avoir de la place pour le stockage du miel.

  • Minimiser les risques d’essaimage en agrandissant si besoin (et seulement si besoin).

  • C’est la bonne période pour diviser vos colonies les plus vigoureuses.

  • Si des essaimages ont tout de même lieu, récupérez les essaims primaires (ceux qui partent) pour former de nouvelles colonies. La ruche souche peut offrir la possibilité de faire des nucléï.


Juin

Au solstice d’été, la ponte de la reine atteint son maximum avant de décroître et les récoltes sont abondantes du fait des nombreuses floraisons. La population des colonies est également à son maximum.

  • Surveiller les ruches pour ajouter des hausses dès que le besoin s’en fait sentir.

  • C’est le dernier moment pour faire construire des cadres, profitez-en. Dès la fin du mois, les cirières ne construiront plus puisque les rentrées de provision vont commencer à diminuer.

  • Il peut encore y avoir des essaimages, il ne faut pas relâcher votre attention.


Le travail de la ruche en été

Le travail de la ruche en été

Juillet

Le nombre de floraisons a beaucoup diminué, la reine pond moins et les butineuses sont presque au chômage ! La colonie peut donc commencer à prélever sur ses stocks.

  • C’est le moment de récolter, dès que le miel est operculé. Agissez par une belle et chaude journée. Attention à ne pas laisser traîner une goutte de miel, le manque de nourriture à butiner rend les colonies pilleuses.

  • Les cadres seront mis à lécher.

  • Selon les régions, il est possible de faire transhumer les ruches pour les miellées de sapin. Dans ce cas, il sera judicieux de conserver quelques cadres operculés à rendre aux colonies qui ne doivent pas être hivernées avec ce miellat. Des cadres de miel peuvent aussi être gardés pour les colonies les plus faibles.

  • Si des essaimages tardifs ont eu lieu, vous veillerez à garantir des provisions pour les nouvelles colonies qui n’auront pas le temps de les réaliser, contrairement aux essaimages des mois d’avril et mai. Un nourrissement sera effectué au sirop de sucre pour éviter d’attirer des pilleuses.

  • Une fois la récolte effectuée, le traitement contre le Varroa doit être effectué.


Août

Les abeilles d’été commencent à mourir et les faux-bourdons sont expulsés de la ruche. La reine commence à pondre les abeilles d’hiver.

  • La récolte et le léchage des cadres peuvent encore être faits s’ils ne l’ont pas été en juillet.

  • Si le traitement anti-varroa n’a pas été fait en août, il est encore temps, même s’il est préférable de le faire aussitôt après la récolte pour garantir que les abeilles d’hiver seront saines.

  • Attention au frelon asiatique. Si des attaques se produisent, il est indispensable de poser des pièges.

La visite d’automne

Faites le tour de vos ruches pour faire le point sur le nombre d’abeilles dans chacune, la présence d’un couvain sain et la quantité de nourriture stockée (15 kg par ruche).

  • La ponte peut éventuellement être stimulée par un sirop léger qui va être immédiatement par la colonie

  • Pour remplacer les provisions prélevées lors de la récolte, un nourrissement au sirop lourd doit être effectué. Il doit avoir lieu le plus tôt possible, tant que des abeilles d’été sont présentes, qui se chargeront de la transformation en miel.

  • Surveillez les traces de maladies et soignez si besoin.


Septembre

La population d’abeilles d’été est progressivement remplacée par les hivernantes et les mâles ont quasiment tous disparus.

  • La visite d’automne peut encore être faite.


Le travail de la ruche en automne

Le travail de la ruche en automne

Octobre

Les abeilles ne sortent plus que l’après-midi car il fait trop froid. elles doivent être nombreuses dans la colonie pour garder celle-ci au chaud tout l’hiver. Ou du moins avoir un espace adapté à leur taille (un petit espace sera plus facile à chauffer si les abeilles d’hiver sont peu nombreuses) et suffisamment de nourriture.

  • Il est encore possible de nourrir les abeilles avec du sirop, tant que les températures ne descendent pas sous les 10° dans la journée. S’il fait trop froid, il faudra remplacer le sirop par du candi.

  • On peut préparer la ruche à l’hivernage en installant un nourrisseur et en réduisant le trou de vol. Un isolant peut être déposé sous le toit et il faut vérifier qu’il n’y a aucune fissure. La ruche doit être bien stable, une protection contre les éventuels chutes de branches ou autre est judicieuse car le moindre choc perturbe la colonie. Le trou de vol est protégé par une planchette ou une tuile pour ne pas être bouché par de la neige, des feuilles mortes...

Astuce : à l’aide d’une cale placée à l’arrière de la ruche, faites penchez celle-ci légèrement vers l’avant. Cette pente permettra à l’humidité due à la condensation de s’évacuer.


Novembre

Les abeilles ne sortent plus du tout, de toute manière il n’y a quasiment plus aucune floraison. La grappe commence à se former, devenant de plus en plus compacte au fur et à mesure de la baisse des températures.

  • Dès qu’il fait moins de 5°, les colonies ne doivent plus être dérangées. Il faut donc profiter des éventuelles belles journées pour vérifier que l’hivernage a été bien préparé.


Décembre

La colonie est calme, tout occupée à garder la reine au chaud.

  • La seule chose que peut faire l’apiculteur est l’éventuel traitement hors couvain à l’acide oxalique. Dans ce cas, il faut agir avec beaucoup de douceur pour ne pas trop stresser la colonie.