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Conseils jardinage et plantes

Bruyères d'hiver : l'élégance en toute simplicité

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Les bruyères de l’hiver résistent au froid et même sous la neige, elles percent courageusement le tapis blanc pour arborer leurs clochettes roses, rouge ou blanches. Leur longue et généreuse floraison n’est pas leur seul atout. Elles possèdent aussi un feuillage persistant à l’aspect toujours soigné, capable de jouer les couvre-sol, les écrins protecteurs ou les vedettes de couleurs.

Bruyères d'hiver : l'élégance en toute simplicité - © Harald - stock.adobe.com

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Idéales pour le jardinier débutant comme le plus expérimenté, elles donnent du caractère à toutes les ambiances, naturelles, romantiques ou contemporaines. Elle se glissent partout avec bonheur : en pot sur le rebord de la fenêtre, au fond d’un grand jardin de campagne, sur un talus, sous les arbres, parmi les arbustes ou les vivaces, en bordure, au centre des massifs pour les variétés arborescentes, dans la rocaille, dans le carré d’aromatiques. Profitez de leur effet couvre-sol très efficace et trop peu utilisé. En quelques saisons et pour un entretien minime, vous serez débarrassé des mauvaises herbes.


La légende venue d'Écosse…

Erica carnea - © Exclusive - stock.adobe.com

Lors de la création du Monde, regardant les ingrates collines d'Écosse, Dieu se dit qu'elles seraient bien belles, couvertes d'arbres et de fleurs. Il demanda alors au Grand Chêne, le plus fort et le plus beau des arbres, s'il était prêt à embellir ces paysages. Le chêne répondit qu'il avait hélas besoin d'un sol riche et profond…

Dieu se tourna alors vers le Chèvrefeuille, liane parfumée, mais celle-ci, sans un support, mur ou un grillage, ne saurait être heureuse… Dieu pensa alors à la Rose, reine des fleurs, mais elle ne se sentait pas le courage d'affronter le froid, la pluie et le vent… Un peu désemparé, Dieu aperçut alors une petite plante toute simple, au feuillage toujours vert, portant de jolies fleurs roses ou blanches, c'était une Bruyère. Celle-ci hésita, ne sachant si elle serait à la hauteur de la tâche. Mais comme c'était une demande de Dieu, elle décida d'essayer. Touché par son courage et sa détermination, Dieu décida alors de la récompenser de trois présents. C'est ainsi que la bruyère fût dotée de trois belle vertus : la robustesse du chêne, le parfum délicat du chèvrefeuille et la douceur sucrée de la rose.



Conseils de paysagiste

Bruyères d'hiver rose et blanche - © Birgit Reitz-Hofmann - stock.adobe.com

La compagnie de plantes un peu inattendues permettra des mises en scène plaisantes et/ou originales. Imitez la nature : jouez les tapis de camaïeux pour souligner le côté un peu sauvage de leur beauté. Plantez-les en nappe souple, évitez les lignes droites. N’hésitez pas à marier les différentes espèces pour assurer le relais des floraisons et constituer de beaux patchworks.


Ses meilleures compagnes

Jouez la carte du dynamisme et de la modernité en renouvelant les associations :

  • avec des graminées (petites et grandes),

  • des écorces colorées (bouleau, cornouiller, saule, Rubus),

  • des petits arbustes et des vivaces à feuillage persistant dont les aromatiques et les panachés (buis, euphorbe, Hebe, rhododendron et piéris, romarin, thym, laurier, bergénia, heuchère, fougère),

  • des arbustes du printemps (magnolia, cornouillers et pruniers à fleurs, genêts),

  • des petits arbustes à baies colorées (callicarpa, pernettya, skimmia)

  • toutes les autres fleurs de l’hiver: petits bulbes, vivaces, bisannuelles, cyclamens…

L’association avec les petits conifères reste un classique incontournable, leurs feuillages se font joliment écho. Jouez alors avec leurs coloris, leurs textures.


La bruyère aux petits soins

Bruyère blanche en buisson - © jiggotravel - stock.adobe.com

Une plante frugale

Un emplacement dégagé, eau soleil ou à mi-ombre, (évitez le soleil brûlant surtout pour les variétés à feuillage doré). Un sol léger, frais en été mais bien drainé en hiver. Contrairement à la majorité des bruyères, Erica carnea et Erica x darleyensis tolèrent une terre légèrement calcaire.


De bons débuts

Présentées en godet ou en conteneur, elles peuvent être plantées toute l’année avec une petite préférence pour l’automne et le printemps. Choisissez-les en fleurs pour être sûr du coloris. Les rares échecs de culture viennent d’une plantation ratée ! Trempez la motte dans un seau d’eau afin de bien l’hydrater. Prenez soin de ne pas la briser. Mais si elle est pourvue d’un chignon compact de racine, démêlez superficiellement celui-ci pour favoriser la reprise. Ajoutez environ une poignée de bon terreau ou de tourbe dans le trou de plantation. Ne couvrez pas trop la motte, moins de un centimètre de terre suffit pour la couvrir et éviter que les racines ne sèchent. Offrez un espace vital de 30 cm au moins autour de chaque plante.


Un bon paillage la première année

Bruyère blanche - © Drimarondo - stock.adobe.com

Paillez le sol autour de la motte avec des végétaux broyés, de la paillette de lin ou des matériaux minéraux (surtout pas calcaires !). Cette protection empêchera la levée de mauvaises herbes tout en maintenant une fraîcheur aux racines si le temps est sec. Arrosez généreusement une fois par semaine à la belle saison et douchez les feuillages s’il faut très chaud. Si besoin, désherbez les plantes non paillées tant que l’effet couvre-sol n’est pas suffisant.


Ensuite, elles poussent toute seules

En se décomposant, le paillage organique suffit à nourrir ces plantes assez frugales. Si les plantes sont installées dans de la terre de bruyère pure, compensez la pauvreté de cette dernière en apportant un engrais spécial arbustes de terre de bruyère au début du printemps. Évitez les engrais riches en azote qui favorisent le feuillage au détriment des floraisons.


Une légère taille en fin de floraison

Le secret pour leur conserver une belle silhouette réside en un épointage à la cisaille après la floraison. Ainsi les touffes gardent une belle densité et ne vieillissent pas en prenant un air dégingandé. Ne les réduisez jamais plus que de moitié car les bruyères ont du mal à repercer sur du vieux bois. D’où la nécessité d’une taille annuelle. Toutefois Erica carnea se contente d’une taille légère tous les 2-3 ans.


En pot : un bon drainage

Leur croissance assez lente et leurs dimensions modestes (hormis Erica arborea) permet de les planter en pot ou en jardinière pour lesquels 20 cm de profondeur suffit. Soignez le drainage lors de la plantation : pot en matériau poreux (terre cuite, bois…), trou de drainage, lit de billes d’argile. Employez un substrat composé à parts égales de terre de bruyère et de terreau pour géraniums. La croissance lente et la frugalité des bruyères permettent un rempotage tous les deux ans à la fin de la floraison.

Le petit truc en plus : si votre eau est calcaire, ce qui peut faire jaunir le feuillage à la longue, arrosez à l’eau de pluie ou ajoutez un filet de vinaigre blanc dans votre eau pour la neutraliser.

Texte : Colour your life





Plante de terre de bruyère