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Certains le surnomment le roi des arbres, le chêne est un arbre imposant courant dans nos forêts comme dans nos jardins. Genre aux multiples espèces, Quercus est présent dans toutes les régions de France.
Une taille qui en impose
Selon l’espèce, le chêne peut être un arbre de plus de 35 m de haut ou un modeste arbuste ne dépassant pas un mètre en tout sens. Ceux que l’on rencontre habituellement dans les parcs mesurent 15-20 m de hauteur, comme le chêne pédonculé Quercus robur et le chêne sessile ou rouvre Quercus petraea. De croissance rapide, le chêne est un arbre capable de vivre plusieurs siècles, son tronc atteignant plus de 50 cm de diamètre. Le port du chêne varie aussi selon les espèces : il est arrondi chez le chêne pédonculé, pyramidal chez le chêne des marais Quercus palustris, en colonne chez Quercus robur fastigiata et artificiellement en cépée. Il arrive qu’on le trouve dans la nature sous cette forme, mais il a alors subi le passage d’un animal ou d’un champignon ou un orage. Isolé sur une pelouse, le chêne déploie ses rameaux pour dispenser son ombre. Il peut aussi former de belles haies taillées, le chêne vert Quercus ilex s’y prête bien et, taillé dans des formes géométriques, crée de belles allées. Pour les experts, le chêne peut aussi se cultiver en bonsaï.
Les atouts du chêne
Les nombreuses espèces de chênes offrent un large choix de formes de feuilles. La plus courante étant la feuille lobée, si caractéristique du chêne. Le feuillage dense est vert-uni, panaché chez certaines espèces. En automne, il se pare de couleurs vives et chaudes : jaune, rouge, orange, roux… Qui plus est, les feuilles du chêne se décomposent rapidement, parfaites pour le compostage. La floraison passe inaperçue, des chatons jaunes apparaissent à la fin du printemps et au début de l’été. Les fruits sont des glands, qui, chez le chêne chevelu Quercus cerris, sont entouré de soies ce qui le fait ressembler à une fleur. Une astuce pour faire germer des glands ? Semez-les en pots en automne, laissez-les dehors en hiver, arrosez puis placez-les sous châssis à 10°C en mars. Ne faites pas pousser des glands de chênes des forêts, ils sont trop volumineux et de croissance trop lente pour faire de bons arbres de jardin.
Un chêne pour chaque sol
Rustique à semi-rustique, le chêne appréciera une place en plein soleil dans un endroit dégagé. En raison de sa taille imposante, on réfléchira bien à l’endroit où planter cet arbre. La transplantation n’est pas facile car ses racines se développent en profondeur. Le chêne pousse dans une terre fraîche, bien drainée, riche et profonde. En fonction de votre sol, vous privilégierez le chêne des marais – qui pousse en sol humide, le chêne écarlate Quercus coccinea – en sol sec non calcaire – ou le chêne chevelu – en sol calcaire.
Peu de soins
Grand arbre, le chêne ne demande pas beaucoup d’entretien. Une taille se révélera néanmoins nécessaire chez les vieux sujets : elle consiste à supprimer le bois mort et les branches cassées. La coupe s’effectue en hiver lorsque l’arbre est au repos (vers février) ou en été (vers août-septembre après les grosses chaleurs). Pensez à couper à la base de la branche et à appliquer un mastic ou du goudron pour cicatriser la plaie au plus vite. N’oubliez pas que toute plaie est une porte d’entrée toute trouvée pour les infections.
Des ennemis ?
Un arbre de cet envergure attire inévitablement des envieux, et des bêtes affamées comme la mineuse des feuilles, surtout en climat humide. Les mineuses sont des chenilles qui creusent de petites galeries brunâtres dans le limbe, visibles sur le dos de la feuille. Elles se protègent dans une cuticule cireuse, il est donc difficile de s’en débarrasser. Il n’existe pas de traitement, le mieux étant de couper et de brûler les feuilles atteintes. En sol lourd et mal drainé, le pourridié ou armillaire couleur de miel fait des ravages dans le système racinaire de l’arbre avant de remonter le long de son tronc. Ces champignons orange-beige se développent à la base des arbres affaiblis et les dessèchent en quelques jours. Fournissez au chêne un bon apport d’éléments nutritifs, supprimez les branches atteintes et laissez le combattre par ses propres moyens cette intrusion. S’il ne semble pas y parvenir, abattez l’arbre et brûlez la souche sur place. Le chêne n’est pas épargné par les pucerons, ces petites bêtes vert clair se voient à l’œil nu, sous les feuilles, près des nervures. Pour vous en débarrasser de manière bio, assurez-vous d’avoir dans votre jardin quelques coccinelles. L’oïdium peut également s’attaquer au chêne. Cette poudre blanche sur les feuilles est due à un champignon et peut être traitée simplement avec du petit lait ou du lait écrémé dilué : 1L de lait pour 9 L d’eau. Très fréquentes chez le chêne, les galles peuvent devenir un problème si elles sont en trop grand nombre sur l’arbre. Elles sont dues au cynips du chêne ou mouche à galles, un insecte piqueur et suceur de sève qui pond ses œufs dans des excroissances (souvent de forme arrondie) de la feuille.
Un peu de botanique et de culture
De la famille des Fagacées, le genre Quercus compte plus de 500 espèces caduques, persistantes ou semi-persistantes, originaires des régions tempérées, tropicales ou subtropicales. Son aire de répartition s’étend du Mexique au Sud-Est asiatique et à la Nouvelle Guinée. Le chêne est exploité depuis des siècles pour son bois dur employé en sculpture, en construction navale ou encore en chauffage. Le chêne a une forte symbolique, c’était sous ses branches que l’on rendait la justice. Et c’est à son pied que l’on récolte les précieuses truffes.
Caractéristiques
