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La vie souterraine reste très mystérieuse pour la plupart des jardiniers. Les spécialistes, quant à eux, ne cessent de découvrir les interactions entre microfaune et microflore ainsi que tout ce qui influe sur la vigueur des plantes cultivées. Quelques révisions s'imposent donc pour tirer parti des dernières trouvailles scientifiques.
Précieuse vie du sol
Nul besoin de rappeler que la qualité de votre sol conditionne la beauté, la vigueur et la croissance de vos plantes, la qualité comme le volume de vos récoltes, au verger comme au potager. Le respect de ce support de culture naturel passe par une compréhension des mécanismes qui régissent l'alimentation des végétaux. Et en la matière, de nouvelles révélations semblent bien bouleverser les connaissances précédentes. En effet, un nouveau phénomène a été récemment mis à jour sous le nom barbare de "rhizodéposition". Pour faire simple, il s'agit de la mise en lumière de l'exsudation de substances chimiques par les parties en croissance des racines (coiffe et poils absorbants). Ces substances chimiques attirent et favorisent l'interaction avec les mycéliums (fins filaments blanchâtres témoignant de la prolifération de champignons et les racines des plantes) mais aussi les bactéries et autres micro-organismes présents aux alentours. Un accord tacite permet ainsi des échanges fructueux, une symbiose en quelque sorte, un pacte gagnant-gagnant profitant entre autres au végétal et c'est justement ce qui nous intéresse.
Le plus important, dans cette histoire, est de prendre conscience que les champignons et autres organismes permettent aux plantes de tirer parti des richesses organiques rendues ainsi assimilables et disponibles dans toute la zone d'exploration de ces précieuses alliées de l'ombre. Ceci démultiplie grandement la zone d'activité stricte des racines. D'où l'intérêt vital de favoriser la biodiversité, aussi bien hors sol (mélange d'espèces cultivées) que dans le sol. Cela est lié, bien sûr, à la présence d'une bonne quantité de matières organiques disponibles, qu'il s'agisse d'humus bien composté comme de matière en cours de décomposition. En cela, le BRF ou Bois Raméal Fragmenté (c’est-à-dire les déchets de tailles de rameaux d'essences caduques prélevés et broyés avant la repousse printanière) apporte ici tout son potentiel.

Agissez dès la plantation
Dès l'implantation de nouveaux végétaux, il est toujours souhaitable d'enrichir le sol en matière organique brute, qu'elle soit d'origine animale ou végétale. Outre l'accroissement de ses ressources nutritionnelles, cet apport est pratiquement toujours efficace quant à l'amélioration de la structure et de la texture du sol. L'apport de compost, de terreau, de fumier décomposé… sera donc hautement profitable. Mélangez cet amendement intimement avec la terre de remblai du trou afin de diluer, d'homogénéiser son effet et de favoriser sa complète décomposition. Inutile donc de tout enfouir profondément ce qui ne profiterait guère aux toutes nouvelles racines alors qu'elles en ont le plus besoin. C'est alors que cet apport s'avérera le plus profitable pour favoriser une bonne teneur en organismes symbiotiques.
Si vous souhaitez doper vos nouvelles plantations, il peut s'avérer utile aussi d'ensemencer le sol avec un mélange de mycorhizes du commerce. Il suffit, pour cela, de saupoudrer le sol de remblai de quelques pincées de cette poudre miracle. Ceci s'avère d'autant plus indispensable si vous avez décidé de planter un rosier là ou un autre rosier avait élu résidence auparavant. Ces substances seront efficaces si le sol reste frais, mais pas détrempé, afin d'assurer une bonne implantation des diverses souches de champignons et bactéries microscopiques.
Confortez en entretien
Le respect du sol consiste à ne pas trop le chambouler au profit d'une quiétude naturelle. A ces fins, veillez à ne pas tasser le terrain afin de favoriser le travail gratuit et fort efficace des vers de terre, ainsi que la propagation des mycéliums et autres organismes alliés. Un paillis organique (toujours appliqué sur terre fraîche et non gelée) sera aussi fort profitable en ce sens qu'il limitera la concurrence des mauvaises herbes tout en assurant une fraîcheur plus durable.
Pour en savoir plus, lire l'excellent livre de Guylaine Goulfier : "Révolution au potager", chez Rustica Editions.
Philippe Ferret
