Aller au contenu

SOLDES : NOUVELLE DÉMARQUE ! J'en profite

Jardinage au naturel

Le purin de prêle

Partager

Le purin de prêle est fort utile au jardin, alors que la prêle est considérée comme une plante indésirable dans le jardin. Cette plante est en effet composée de minéraux et oligoéléments qui jouent un rôle important dans le développement des végétaux et leur résistance face à certains agents pathogènes, notamment la silice. On trouve même dans la prêle des substances insecticides et insectifuges. Facile à préparer, ce purin peut aussi s’acheter dans le commerce. Il sera utilisé pour protéger et renforcer de nombreuses plantes, autant au potager qu’au verger ou au jardin d’ornement. Finalement, elle n’est pas si indésirable que ça la prêle, n’est-ce pas ?

Prêle

Le purin de prêle

La prêle est une plante sauvage qui appartient à la famille des Équisétacées et au même groupe que les fougères. Il existe plusieurs espèces de prêle mais la plus facile à trouver est la prêle des marais, qui pousse spontanément au bord des points d’eau, des fossés. C’est pourtant la prêle des champs, Equisetum arvense, qui est la plus utile du fait de sa richesse en silice (jusqu’à 70 %). Elle est également riche en potasse et en calcium, en soufre, cuivre, phosphore, manganèse, ainsi qu’en alcaloïdes dont de l’acide nicotinique. La prêle des champs est communément appelée “Queue de rat” ou “Queue de renard”. Cette vivace apprécie les sols sablonneux à tendance acide et se plaît un peu partout dans les champs et sur les talus où elle commence à apparaître au mois d’avril, voire mai. Elle a un aspect très graphique de par les fines verticilles (tiges insérées à la même hauteur) qui se développent a intervalles réguliers autour de la tige, formant comme de multiples chandeliers à 8 branches superposés. Ses feuilles sont réduites à leur plus simple expression : des minuscules collerettes placées aux nœuds des tiges. Cette plante ne porte pas de fleurs mais des épis bruns libérant des spores. Il y a en fait 2 types de tiges : celles qui sont ramifiées sont des tiges stériles, tandis que celles qui ne sont pas ramifiées sont les tiges fertiles, qui portent les épis.


La prêle en fleur

La silice lui donne d’importantes propriétés fongicides car cette substance a un rôle important dans la formation des parois cellulaires :

  • Elle permet une meilleure résistance des végétaux face aux attaques des champignons tels que le mildiou, l’oïdium ou la rouille.

  • Elle favorise la croissance et le bon maintien des parties aériennes.

  • Elle favorise la concentration de la chlorophylle dans les feuilles.

  • Elle profite au développement du chevelu racinaire.

Les alcaloïdes lui apportent une réelle utilité en tant qu’insecticide et insectifuge, contre le ver du poireau, les acariens, les araignées rouges...

Le saviez-vous ? La prêle offre aussi de nombreuses propriétés médicinales : ses effets reminéralisants sont utiles au système osseux, elle soulage les problèmes articulaires et les tendinites, elle est également diurétique. Ses tiges sont réduites en poudre, préparées en jus, tisanes ou bien teinture-mère. Les tiges jeunes sont comestibles.


Fabrication du purin de prêle

La recette

Pour préparer 10 litres de purin de prêle il vous faudra :

  • 1 kg de prêle des champs à récolter entre la fin du printemps et le début de l’été, afin que les éléments soient bien concentrés. Vous ne conserverez que les parties aériennes.

  • 10 L d’eau de pluie, ou de source par défaut, à température ambiante. Si vous ne disposez que de l’eau du réseau, laissez-la reposer au moins 24 heures avant utilisation.

Et comme matériel :

  • 2 contenants dont 1 de plus de 10 litres (une plus grande taille vous facilitera le brassage). Évitez les contenants métalliques qui pourraient s’oxyder sous l’effet de la fermentation. Préférez des récipients en plastique ou en bois.

  • Un grand morceau de tissu pour protéger le mélange tout en laissant passer l’air qui servira également pour le filtrage.

  • Des gants et un sécateur pour couper menu la prêle.

  • Un entonnoir pour verser le mélange dans les récipients où il sera stocké.

À savoir : même si vous faites une consommation intense de prêle, surtout ne tentez pas d’en installer dans votre jardin ! Elle se révèle en effet fort envahissante à cause de ses vigoureux rhizomes.

La préparation

  1. La prêle sera hachée finement, pour faciliter la fermentation et permettre à tous les éléments de se diffuser dans la préparation. La fermentation de la prêle est longue, une dizaine de jours en moyenne, sachant que plus il fait chaud plus la fermentation est rapide. Versez l’eau dessus. Vous pouvez également mettre les plantes dans un bas ou un filet, vous n’aurez plus qu’à sortir l’ensemble une fois la fermentation terminée, le filtrage se fera tout seul !

  2. Laissez votre récipient à l’abri de la pluie et à l’ombre s’il fait chaud. Même si la chaleur rend la fermentation plus rapide, elle l’altère également lorsqu’elle dépasse 30°.

  3. Pour activer la fermentation, le mélange sera brassé au moins 2 fois par jour au début. Une fois suffira par la suite.

  4. La préparation est terminée lorsque plus aucune bulle n’apparaît en surface lors du brassage.

  5. Avant de l’utiliser, le mélange doit tout d’abord être filtré. Fixez le tissu et versez doucement votre mélange. Le processus est assez long car les restes de plante bouchent régulièrement les trous de votre tamis improvisé.

  6. Il pourra ensuite être stocké dans des bidons opaques ou bien à l’abri de la lumière, dans un endroit frais. Remplissez bien vos bidons jusqu’en haut pour qu’il n’y ait pas d’air, et après une utilisation, pressez le bidon pour en expulser l’air. L’oxydation du produit sera ainsi évitée. Si votre bidon gonfle, il suffira de l’ouvrir pour en faire sortir le gaz accumulé.

Il peut être conservé plusieurs mois dans de bonnes conditions.

Astuce : plutôt que des bidons, stockez votre purin dans des bouteilles d’1 l, vous ne risquerez pas d’altération du produit.

Purin de prêle séchée

Plutôt que préparer des litres de purin, il est possible de conserver la plante séchée pour l’utiliser quand bon vous semble. Disposez-la à l’ombre, à l’air libre. Une fois sèche, vous la stockerez au sec. Pour réaliser un purin avec de la prêle séchée, vous utiliserez 5 fois moins de plante que lorsqu’elle est fraîche (par exemple, pour 10 l, 200 g de feuilles sèches au lieu d’1 kg de plate fraîche).


Acheter du purin de prêle

Du purin de prêle en extrait se trouve dans toutes les jardineries. Il suffit d’ajouter de l’eau avant de l’utiliser. On peut également trouver de la prêle en granules, qu’il vous faudra laisser macérer.

À savoir : la décoction de prêle semble être plus intéressante pour en extraire la silice. Par contre, l’utilisation de la prêle en purin est particulièrement intéressante en synergie avec d’autres purins végétaux. Pour réaliser une décoction de prêle, faites macérer 100 g de feuilles fraîches dans 1 l d’eau de pluie durant 24 h, puis faites bouillir 30 mn avant de laisser refroidir. La décoction s’utilise filtrée, à une dilution de 10 %. Elle ne sera pas conservée plus de 15 jours, dans une bouteille en verre ou en plastique.


Quelles utilisations pour le purin de prêle ?

Cette décoction s’utilise du printemps jusqu’à la fin de l’été en prévention de l’oïdium et d’autres maladies cryptogamiques. Il est dans ce cas :

  • dilué à 2 % (jusqu’à 5 %) et pulvérisé environ 2 fois par mois sur les jeunes plants. La jeunesse du plant est un facteur important de réussite de l’action préventive. La silice étant un élément important dans la résistance des tissus végétaux, la plante aura plus de chance de se construire une bonne défense contre les maladies cryptogamiques si elle est traitée jeune.

  • dilué à 5 % en arrosages de 1 à 2 fois par mois.

  • Il peut également servir à arroser le terreau des jeunes semis pour éviter la fonte des semis.

En curatif, la dilution est de 10 %. Le purin de prêle est toutefois à réserver aux attaques de faible ampleur. Une décoction sera plus efficace en cas d’attaque sévère.

Ce remède est également employé pour soulager des plantes atteintes de chlorose en fer. Réalisez une dilution à 20 % que vous verserez au pied des plantes 2 à 3 fois dans l’année. Respectez bien une attente de 20 jours avant un nouvel arrosage.

Pour renforcer vos plants, arrosez-les avec ce purin dilué à 20 % auquel vous ajouterez un purin d’ortie dilué à 10 %.

À savoir : ce purin peut être mélangé à du purin de consoude, de fougère ou d’ortie pour un apport en azote plus important. Il est préférable de faire le mélange de divers purins plutôt que de mélanger les plantes pour faire un purin, en effet les temps de fermentation sont différents.


Le purin de prêle contre le mildiou et autres champignons

Purin de prêle pour la vigne

La vigne est régulièrement atteinte de mildiou. Il apparaît notamment sur les parties les plus jeunes. Les feuilles se marquent sur leur revers de taches claires qui se recouvrent d’un feutre blanc avant de se nécroser. Les parties aériennes touchées se déforment, brunissent et finissent par mourir. Les fleurs ne se développent pas si le champignon s’est installé avant leur formation.


Mildiou sur la vigne

Les arrosages au purin de prêle (ou de décoction) se réalisent au débourrement. Il peut aussi être pulvérisé en complément du traitement cuprique (associé à du purin d’ortie jusqu’en juin).


Purin de prêle pour la tomate

Le champignon qui cause le mildiou se plaît sur les tomates, et comme tous les pathogènes de ce type, il apparaît lorsque le temps est chaud et humide. Les spores sont dans le sol où ils ont passé l’hiver, attendant le retour de conditions favorables. Les premiers signes de son installation sont des taches brunes qui se forment sur les feuilles. Ces taches grandissent puis les feuilles se dessèchent. L’ensemble du pied finit par être infecté. 


mildiou sur les tomates

Traitez vos pieds de tomate tous les 15 jours en prévention dès qu’ils atteignent 2 feuilles, jusqu'au mois de juillet. Il semblerait que les arrosages du sol soient plus efficaces contre ce champignon.


Purin de prêle pour le rosier

Le rosier est sensible à certaines maladies cryptogamiques comme l’oïdium, la rouille et le marsonia. En prévention, des pulvérisations foliaires régulières (tous les 15 jours du printemps à l’automne)  le protégeront de l’attaque de ces champignons. Il pourra également être arrosé pour renforcer ses défenses et sera également employé en curatif :

  • Contre la rouille : tous les 15 jours, à alterner avec une solution à base de bicarbonate de soude.

  • Contre le marsonia (les tâches noires) : même chose mais en alternant avec du purin d’ortie.

  • Contre l’oïdium : même chose mais en alternant avec une solution à base de lait.


rosier malade

Le purin de prêle comme insecticide/fuge

C’est à une dilution de 20 % que le mélange sera utilisé. Contre les pucerons et les acariens, il sera utile d’ajouter du savon noir dilué à 0.3 %. On l’utilisera aussi contre le ver du poireau, à diluer à 5 %.