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Et si, plutôt que de greffer l’abricotier - ou de l’acheter greffé -, vous semiez les noyaux de quelques abricots délicieux que vous avez dégusté cet été ? Certes le résultat sera une surprise, mais il est fort probable que vous obtiendrez des fruits. De plus, le semis d'abricotier n’est pas très compliqué, il passe tout d’abord par la stratification à froid des noyaux, un grand mot pour une opération toute simple, puis par le semis en lui-même. Vous n’aurez plus ensuite qu’à bien planter vos abricotiers et à les chouchouter pour obtenir des fruits quelques années après !
Comment semer un noyau d’abricot ?
La stratification
Cette opération vise à ramollir la coque dure qui entoure la graine de l’abricot. Dans la nature, elle se produit lorsque le fruit tombe au sol et y reste tout l’hiver. Le froid mais aussi l’humidité sont donc les clés de la stratification, qui va permettre la germination de la graine. Non seulement, après une période passée au froid, la coque va pouvoir laisser passer le germe, mais cette période permet la levée de la période de dormance de la graine. Pour effectuer cette stratification du noyau d’abricotier, vous avez le choix entre 2 méthodes :
La stratification forcée : gardez vos noyaux d’abricots (nettoyés et bien secs) durant 2 à 3 mois au réfrigérateur, dans une boîte. Une fois passé ce laps de temps, vous pourrez les en sortir et les semer, à condition d’avoir la possibilité de disposer d’une pépinière hors gel. Vous pouvez également conserver vos noyaux au réfrigérateur jusqu’à la fin de l’hiver et les semer en pot ou directement en terre. Dernière possibilité : placez vos noyaux dans un endroit frais et sec pour qu’ils ne s’abîment pas, puis au moins 2 mois avant le printemps, installez-les au réfrigérateur.
La stratification naturelle : une fois vos noyaux d’abricots débarrassés des résidus de chair et séchés, vous pouvez choisir de patienter jusqu’à l’hiver, placez alors vos noyaux dans une enveloppe, au frais et au sec. Mais dans la nature, les noyaux n’attendent pas sagement dans un coin qu’il soit l’hiver pour tomber au sol ! Vous pouvez donc immédiatement les placer dans un contenant rempli de sable. Un pot en terre cuite assez large fait l’affaire, pourvu qu’il soit doté d’un trou de drainage. Vous allez y alterner plusieurs couches de sable humide et de noyaux après avoir mis un grillage sur le trou, un autre grillage protégera le haut du pot des rongeurs friands de noyaux en tout genre, surtout en hiver. Vous placerez ce pot dans un endroit dépourvu de soleil, le pied d’un mur exposé au nord est idéal. Vérifiez régulièrement que le sable soit toujours humide jusqu'à la fin de l’hiver où les coques devraient se fissurer. Vous commencerez peut-être même à voir des petits germes.
Le semis du noyau d’abricotier
Une fois que la stratification a fait son effet, il est temps de passer au semis de l’abricotier proprement dit. Vous installerez les noyaux par 4 ou 5 dans un pot rempli d’un substrat léger, type terreau pour semis ou un mélange à part égale de terre végétale et de sable. Vous installerez ce pot à la lumière, mais en évitant les rayons directs du soleil et vous maintiendrez humide jusqu’à la levée. La mise en terre est également envisageable, mais vous veillerez alors à continuer de protéger les noyaux des rongeurs en l’entourant d’un fin grillage avant de les mettre en poquets dans les trous de plantation. Prévoyez pour eux un sol meuble, léger, très drainant, amendé par du compost bien mûr. La saison estivale nécessitera un paillage épais et des arrosages réguliers. Vous pourrez éclaircir pour ne garder que le plus beau plant.
Pour en savoir plus, lisez nos conseils pour faire pousser un abricotier à partir d'un noyau.
La plantation de l’abricotier
À l’automne suivant, vous pourrez mettre en place vos jeunes plants d’abricotiers. Cet arbre est un méditerranéen d’adoption, originaire d’Asie. Il aime les sols très perméables, idéalement sablonneux sur une couche caillouteuse, légèrement calcaires. Un sol trop compact, qui conserve l’humidité, ne lui conviendra absolument pas. Il faudra alors creuser un trou volumineux, y déposer une épaisse couche drainante de graviers, voire y former une butte, afin que les racines restent le plus possible au sec. Autre option : attendre que le plant soit suffisamment formé pour le greffer sur un porte-greffe adapté à votre terrain, tournez-vous en l’occurrence vers les pruniers. En terme de climat, l’abricotier se plaît au soleil, à la chaleur, mais les hivers froids lui sont nécessaires, il est d’ailleurs très rustique. Il redoute les gelées tardives qui détruisent sa floraison très précoce, l’humidité stagnante des fonds de vallées, les vents violents.
Une fois réalisé le trou de plantation, ameublissez la terre que vous en avez ôtée et mêlez-la à une fumure, compost ou fumier bien mûr. Placez dores et déjà un tuteur, qui sera face aux vents dominants pour éviter les frottements. Vous éviterez ainsi de blesser les jeunes racines, et le tuteur permettra au tout jeune abricotier de ne pas subir de ruptures dans son système racinaire à cause du vent. Votre fruitier restera également bien droit. Ôtez ensuite les pots de vos jeunes arbres et secouez doucement pour faire tomber la terre, puis placez bien droit dans le trou, en étalant les racines. Comblez le trou en tassant légèrement, puis réalisez une cuvette autour du tronc qui délimitera les arrosages. Arrosez copieusement. Des apports réguliers seront indispensables les 2 premières années. Pour inciter les racines à se développer en profondeur, arrosez peu souvent, 1 fois par mois, mais abondamment, 20 l à chaque fois.
Pour en savoir plus, lisez nos conseils sur la plantation de l'abricotier.

Comment cultiver un abricotier ?
Entretenir l’abricotier
L’abricotier issu de semis possède des racines suffisamment profondes pour ne pas avoir besoin d’arrosages, excepté lors des longs épisodes de sécheresse tels que l’on en connaît aujourd’hui. Le paillage est utile : bien épais, il va limiter les effets de la chaleur sur les racines et maintenir une relative fraîcheur dans le sol. La taille des abricotiers se doit d’être légère et espacée, car ils sont sensibles à la gommose. Vous la réaliserez tous les 3 ans au cours de l’automne, en supprimant les branches mal placées ou abîmées, en aérant le centre de la ramure pour que les fruits bénéficient mieux du soleil et que l’air circule correctement, limitant les agressions cryptogamiques. À la floraison, il est courant de supprimer quelques fleurs par bouquets afin d’obtenir des fruits plus gros et goûteux. Cette pratique a également pour effet de réduire le phénomène d’alternance. La fertilisation de l’abricotier se compose d’un engrais de fond à l’automne (la fréquence dépend de la richesse de votre sol), fumier ou compost bien mûr, suivi d’un peu de cendre de bois durant l’hiver pour apporter la potasse nécessaire à la floraison et à la fructification.
Si votre abricotier est un peu faible, offrez lui du guano, un engrais rapide qui lui donnera un bon coup de fouet.
Un abricotier en permaculture
Dans un jardin en permaculture, les végétaux sont souvent associés pour favoriser une entraide souvent très bénéfique. Dans le cas des abricotiers (et autres arbres fruitiers), le sol à leur pied n’est pas biné et désherbé. En effet, la végétation préserve de l’érosion et une fois décomposée, l’humus produit rend les nutriments du sol plus assimilables par les arbres. Pour en savoir plus, lisez notre article sur les 7 points clés pour faire un potager en permaculture. De plus, y installer des plantes choisies selon les besoins est très judicieux.
Les engrais verts en font partie, par exemple les plantes de la famille des légumineuses (féveroles, pois, trèfle) qui possèdent une caractéristique avantageuse : elles sont capables de récupérer l’azote de l’air pour le fixer dans leurs racines. Certaines sont également très efficaces pour ameublir le sol (moutarde). Une fois fauchées au sol, elles libéreront cet azote qui bénéficiera à l’abricotier.
Sans besoin spécifique, la conservation de la végétation spontanée est tout aussi bien, elle sera fauchée au printemps et laissée au pied de l’arbre.
Les plantes à fleurs attirent un grand nombre de pollinisateurs. Pour cela échelonnez les périodes de floraison et misez sur la variété.
Un abricotier de semis en permaculture sera également accompagné d’animaux. Les poules notamment vont limiter le développement des adventices, et surtout vont picorer les fruits tombés aux sols et les larves qui y habitent (lisez notre astuce Lâcher les poules au verger pour en savoir plus). L’abricotier issu de semis étant parfois plus sensible à certaines maladies ou parasites, il sera aidé par cette présence qui va le débarrasser de la proximité de nombreuses bactéries et autres agresseurs. Des ruches et autres hôtels à insectes sont également un bon moyen de favoriser la pollinisation et la biodiversité.
Pour en savoir plus, lisez nos conseils sur l'entretien de l'abricotier
Conclusion Semer des noyaux d’abricots pour obtenir des arbres fruitiers est plutôt une bonne chose, même si on ne jure aujourd’hui que par le greffage. Le semis offre en effet quelques avantages dont il serait dommage de se passer, notamment en terme de biodiversité. Pour ne rien gâcher, l’opération est très simple, il faudra juste un peu de patience avant de pouvoir vous régaler des fruits produits. Et après un tel engagement, ne vous reposez pas sur vos lauriers, privilégiez une culture saine et naturelle de votre abricotier !
