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Les insectes auxiliaires remplissent un rôle important dans le jardin : ce sont les pollinisateurs des arbres fruitiers et des légumes, les prédateurs naturels des ravageurs des plantes cultivées. Sans eux, la récolte au verger et au potager serait compromise et peu saine à manger… Mais ces insectes et autres amis du jardinier sont de moins en moins nombreux ! Plus que jamais, le jardinier doit les accueillir dans son jardin, et les garder. Pour certaines espèces, dites protégées comme la libellule et la chauve-souris, c’est leur survie qui est en jeu !
La population d’insectes pollinisateurs est en déclin, sur une grande partie de la planète. L’abeille domestique n’est pas la seule touchée : bourdons, papillons, mouches et coléoptères sont eux aussi menacés. La raison principale de ce déclin : la réduction de leur territoire, la disparition de nombreuses zones habitables (haie et autres espaces laissées sauvages, mare et ruisseau, forêt et sous-bois).
Le Grenelle de l’environnement II a tiré la sonnette d’alarme et pour enrayer ce phénomène, a lancé la mise en place de trames vertes et bleues. Il s’agit de « constituer un réseau écologique cohérent qui permette aux espèces de circuler et d’interagir, et aux écosystèmes de continuer à rendre à l’homme leurs services ». En d’autres termes, il s’agit de relier entre eux les espaces verts et les milieux aquatiques éparpillés sur la surface du pays et ainsi d’agrandir le territoire de la faune utile.
Et le jardin est un de ses espaces verts qui peut jouer le rôle de "corridor écologique", de liaison verte !
Zoom sur quelques auxiliaires à sauvegarder
L’osmie ou abeille solitaire
Cette abeille solitaire a un gros corps roux et mesure 15 mm environ. Elle est capable de résister aux températures fraiches de la sortie d’hiver (12-14°C). L’osmie cornue joue un rôle important au jardin puisqu’elle visite les premières fleurs du printemps et celles des arbres fruitiers. La femelle fait son nid dans des trous de 6-8mm de diamètre, dans du bois ou de la pierre tendre, des coquilles d’escargots vides, dans le sol… On la trouve ainsi dans les trous des fenêtres des maisons. Dans la galerie choisie, elle pond 8-10 œufs sur 10cm de long, dépose du pollen pour nourrir les larves à leur éclosion puis bouche l’entrée avec de l’argile. D’où son autre appellation d’abeille maçonne. Cette précieuse petite abeille pollinisatrice n’est pas agressive. Et le jardinier a tout intérêt à lui construire des abris dans son jardin et surtout son verger ! Une bûche accrochée à 1m50 du sol orientée à l’est ou au sud, et percée de trous de 8mm fera parfaitement l'affaire.
La chauve-souris
Depuis l’antiquité, la chauve-souris a mauvaise réputation, et ces rumeurs sans fondement ont poussé à la détruire. Seul mammifère volant, elle joue pourtant un rôle irremplaçable pour le jardinier, et les hommes en général puisqu’une seule chauve-souris peut consommer 60 000 moustiques en une seule saison. Ces insectes deviennent d’ailleurs un véritable fléau dans certaines régions de France ! Depuis 1981, la chauve-souris est enfin protégée par la loi, mais 90% des effectifs ont disparu en un demi-siècle. Les raisons sont multiples : uniformité des paysages, manque de nourriture ou empoisonnements (pesticides), disparition des gîtes. La chauve-souris trouve refuge en hiver dans les greniers, sous un pont, sous un tunnel, dans une grotte, dans un tronc d’arbre, à l’abri des températures trop froides. Elle hiberne pour passer cette saison froide ; un réveil en hiver lui est fatal. En été, elle se cache dans les fissures des maisons, dans les troncs d’arbres ou sous le toit des cabanes, dans les jardins.
Les amphibiens
Les amphibiens, au même titre que les pollinisateurs sont aussi en déclin. Leurs habitats se font rares, ils sont pollués ou asséchés. La diminution de la couche d’ozone n’arrange rien, leur peau étant extrêmement sensible aux UV. Sur les 5 743 espèces connus d’amphibiens, 1 856 soit 32% sont menacées d’extinctions. En France les 29 espèces d’amphibiens présentes sont maintenant classées espèces protégées. Ils sont pourtant nombreux à aider le jardinier : la salamandre terrestre et le triton sont des prédateurs naturels des escargots et limaces, le crapaud et la grenouille des insectes, pucerons et larves. Pour accueillir les amphibiens, rien ne vaut une mare ou un bassin (sans trop de poissons, qui dévorent leurs têtards), avec des berges exposées au soleil pour la grenouille, un coin d’herbe jamais dérangé pour la salamandre et le triton qui nichent dans le sol en hiver.

Les libellules et demoiselles
La libellule est facilement reconnaissable par son long corps ressemblant à une brindille, ses deux paires d’ailes et ses yeux globuleux. Leur milieu de vie est gravement menacé (pollution, assèchement des zones humides, remembrement), certaines espèces sont d’ailleurs protégées. Le jardinier aura plaisir à la voir voler près de son plan d’eau, car elles dévorent bon nombres de larves d’insectes, notamment des moustiques. Elle est aussi une nourriture pour d’autres auxiliaires (insectes et petits mammifères). De plus, la présence de libellules près de sa mare est signe d'une richesse faunistique. Elle s’installe à proximité des plans d’eau, pourvus de grandes plantes de berges tels que les roseaux, ainsi que d'arbres et arbustes. Elle y trouve refuge face à ses prédateurs.

Quelques idées pour accueillir les auxiliaires
des tas de pierre, de bois, de feuilles, les vieilles souches, les tuiles, vielles tôles et paillis de vos plantes cultivées…
des nichoirs pour les oiseaux.
une mare, un bassin ou tout autre point d’eau pour les amphibiens. Lisez l'article sur la création d'une mare par des enfants ;
une haie champêtre composée d'espèces locales pour attirer et garder les oiseaux, les petits mammfères, les insectes... Lisez notre fiche conseils pour planter une haie mélangée ;
des herbes hautes, un coin de jardin laissé en friche et jamais dérangé. Le meilleur moyen d'attirer bon nombres d'insectes et petits mammifères ;
une prairie fleurie pour attirer les pollinisateurs, à faucher en automne. Lisez nos conseils pour en savoir plus sur les prairies fleuries ;
une maison pour insectes. Différentes "chambres" seront nécessaires pour accueillir différentes espèces d'insectes.
des plantes mellifères pour les tous les pollinisateurs (papillons, abeilles, bourdons, osmies...) : • Parmi les plantes aromatiques : bourrache, thym, lavande, mélisse, menthe, origan et verveine ; • Parmi les plantes ornementales : népéta, aster, gaillarde, muscari, rose trémière, bruyère et mélilot blanc ; • Parmi les arbustes à haies : aubépine, houx, troène, lilas, seringat, mahonia, groseillier sanguin ; • Parmi les plantes grimpantes : lierre, ronce, clématite, glycine, chèvrefeuille, vigne vierge, bryone ; • Parmi les arbres : tilleul argenté, saule blanc, saule marsault, érable champêtre, aulne glutineux, acacia de Sibérie, cerisier...
