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Le thuya est un conifère très présent dans nos jardins, souvent pour former une haie mais aussi au fond d’un massif ou isolé. Malheureusement, il peut être la victime de parasites, notamment d’araignées rouges, ces acariens microscopiques. Comment éviter ces attaques qui peuvent faire beaucoup de dégâts ? Et quels traitements appliquer à un thuya contre ces araignées rouges ?
Quels traitements contre les araignées rouges sur le thuya ?
La taille de ces minuscules araignées rouge vif ou orange est inversement proportionnelle aux dégâts qu’elles peuvent faire sur les plantes. Comment lutter, quel traitement choisir contre l'araignée rouge sur le thuya ?
Les symptômes
Étant donné leur taille microscopique, ces araignées se repèrent généralement par leurs traces. Tout d’abord par les très fines toiles qu’elles tissent entre les aiguilles et les branches. Toiles qui leur servent à se déplacer comme à leur protection contre des prédateurs ou encore contre le vent et la pluie. Lorsque les tétranyques pullulent, les rameaux entiers peuvent être pris dans ces fins fils de soie.
De plus, comme les colonies sont souvent importantes et denses, elles provoquent le dépérissement des aiguilles du thuya sur des rameaux entiers qui deviennent jaunes puis roux. Une fois la période sèche passée, l’arbre prend une teinte gris argent terne. Cela peut aller jusqu’à la mort du thuya atteint, par exemple après des stress hydriques ou dus à la chaleur, ou encore chez les sujets jeunes, plus fragiles.

Les araignées rouges
Bien connues des jardiniers sous le nom d’araignées rouges, les tétranyques sont en fait des acariens (un sous-genre dans la classe des Arachnides). Les espèces les plus courantes au jardin sont les tétranyques tisserands (Tetranychus urticae), mais d’autres peuvent également s’y trouver, comme le tétranyque des conifères (Oligonychus ununguis).
Les tétranyques se nourrissent d’une substance gélatineuse située à l’intérieur des cellules, le cytoplasme qu’ils ingèrent en piquant les tissus des plantes. Ces tissus sont peu à peu détruits, d’où la teinte un peu métallique, plombée, que prennent les feuillages.
Les acariens sont des animaux très mobiles, qui peuvent se déplacer facilement d’une plante à l’autre par contact, par le vent ou encore par les outils ou tout simplement les mains du jardinier.
Les femelles pondent 2 types d’œufs. Les œufs d’été, pondus sur les aiguilles, sont en très grand nombre, et plus le temps est chaud et sec plus la reproduction est importante, les tétranyques peuvent alors pulluler et faire de gros dégâts. Les œufs d’hiver sont pondus en petite quantité. C’est souvent sous cette forme que vont hiverner certaines espèces, leurs œufs également rouges cachés dans les fentes de l’écorce ou à l'aisselle des rameaux. Chez d’autres, comme le tétranyque tisserand, ce sont les adultes qui hibernent au pied des plantes, dans les crevasses des troncs, dans les écailles des bourgeons. Ils pondront en fin d’hiver. Lorsque les étés sont chauds et secs, entre 25 et 30° et secs, il peut y avoir 8 générations dans l’année, voire plus. Par contre les ces acariens ne supportent pas une chaleur trop élevée, plus de 35°. Ils n’aiment pas non plus l’humidité.

Comment se débarrasser des araignées rouges ?
La méthode la plus simple est d’effectuer un arrosage à jet puissant de l’ensemble du thuya. Cela le débarrassera d’une grande partie de ces parasites.
Un traitement naturel contre l'araignée rouge sur le thuya : l’ortie en macération, à diluer dans de l’eau (à raison d’1 dose de macérât pour 5 doses d’eau) et à pulvériser sur les parties aériennes. L’ortie a en effet des effets acaricides.
Coupez les rameaux atteints et détruisez-les.
Mais cela peut ne pas suffire, par exemple si la colonisation est très importante. Vous pourrez vous tourner vers un traitement biologique contre les araignées rouges de votre thuya :
La punaise Macrolophus pygmaeus, ou plutôt ses larves, est une prédatrice des acariens. Elle sera utilisée comme traitement contre les araignées rouges sur vos thuyas tant qu’il n’y a pas de toiles et en début d’attaque, entre avril et octobre.
Les typhlodromes, Amblyseius Californicus, sont des acariens prédateurs. Ils ont l’avantage de ne pas être spécialisés, ils ont d’autres sources de nourriture que les tétranyques (thrips, pollen, nectar, miellat…). Ils peuvent donc être aussi utilisés en prévention. Ils sont actifs entre 18 et 30° et tolèrent bien les environnements secs.
L’utilisation d’acariens prédateurs est très efficace contre l’araignée rouge qui est sa proie principale et ils peuvent être employés lorsqu’il y a des toiles. Il s’agit de Phytoseiulus persimilis. Par contre, il ne supporte pas les températures supérieures à 25° et a besoin d’une humidité de 75 %. Vous le choisirez donc en fin de printemps et toute fin d’été, lorsque les tétranyques commencent à arriver. Une boîte de 500 de ces acariens convient pour une surface de 25 m2.
Il est aussi possible d’utiliser un insecticide biologique comme traitement du thuya contre l'araignée rouge, notamment lorsqu’il y a déjà des toiles :
Les insecticides à base d’huile essentielle d’orange agissent par contact sur les tétranyques et ont un effet visible en 2 ou 3 heures. Ils sont généralement à diluer dans de l’eau.
Le pyrèthre est un acaricide de contact. Il s’utilise en fin de journée, et par température douce.
Pour éviter une re-colonisation, pensez à pulvériser une huile végétale sur les troncs et branches, à faire entre septembre et novembre ou en février mars. L’huile de colza est couramment utilisée comme matière active. Le produit va former une fine couche grasse autour des œufs ou des adultes hivernants, couche qui va les asphyxier.
Cet acarien a de très nombreux hôtes, des plantes potagères aux légumes en passant par les arbres et arbustes. C’est pourquoi il est difficile de s’en débarrasser.
En prévention
Quelques gestes d'entretien permettent de ne pas avoir à appliquer de traitement contre l'araignée rouge sur le thuya.
Si vous apportez de l’azote à au printemps, soyez modéré dans cet apport. En effet, en excès, l’azote entraîne un développement trop important et les tissus des aiguilles de ces résineux sont de ce fait plus fragiles.
L’apport de compost et/ou de fumier au printemps et à l’automne fournit de nombreux et variés éléments nutritifs qui vont contribuer à fortifier les défenses de l’arbre. Et ce de manière progressive, donc sans excès. De plus, c’est souvent des sujets plantés en terrains pauvres que ces acariens attaquent. D’autant plus d’ailleurs si ces terrains contiennent beaucoup d’azote.
Paillez le sol entre vos thuyas pour maintenir le sol frais. Vous pouvez utiliser de la paille, du compost, du BRF ou encore des déchets de tonte.
En période sèche et chaude, arrosez en brume le feuillage de vos thuyas 1 à 2 fois par semaine.
Favorisez les prédateurs de ces acariens. Vous pouvez installer des hôtels à insectes, laisser au sol des tas de branches ou de pierres, monter des piles de tuiles, semer des zones de prairies fleuries, planter des haies champêtres, en privilégiant les chrysopes, les coccinelles et les perce-oreilles qui se régalent de ces parasites, et d’autres ravageurs d’ailleurs. Leur présence régulera la quantité de ces ravageurs.

Quels autres parasites ou maladies sur le thuya ?
Les rameaux qui deviennent bruns roux et secs sont malheureusement un symptôme assez courant chez le thuya. Et ce n’est pas toujours l'araignée rouge qui en est la cause. Les causes peuvent également être variées, un stress dû à une attaque affaiblissant l’arbre qui peut alors être attaqué par d’autres agresseurs.
Par ailleurs, les conifères tendent à réagir lorsque le sol ou le climat ne leur convient pas. Un sol trop compact étouffe leurs racines, tandis qu’une terre trop légère provoque un stress hydrique. Dans ce cas, ils prennent une teinte rousse et perdent leurs aiguilles. Ces mauvaises conditions entraînent un affaiblissement qui va les rendre plus vulnérables face aux champignons comme aux ravageurs.
Les ravageurs
Le bupreste
Le bupreste est un très joli petit coléoptère vert irisé avec des pois d’un bleu sombre. Le problème est qu’il pond ses œufs sur les branches du thuya et que, une fois nées, ses larves pénètrent sous l’écorce et se nourrissent du bois. Cela provoque un roussissement des rameaux et des aiguilles car la sève n’y parvient plus (totalement ou partiellement), les rameaux atteints dépérissent. La décoloration des rameaux se produit par zone entière jusqu’au sommet du thuya, car ce sont les rameaux situés au-dessus de la position des larves qui sont touchés. Des trous ovales, faits par les adultes qui vont s’envoler, et les galeries faites par les larves sont des signes de la présence du bupreste.
On ne connaît pas à l’heure actuelle de traitement contre cet insecte xylophage.
Le scolyte
Ce petit coléoptère noir à grosse tête creuse des galeries dans les branches et le tronc, visibles par les trous ovales ou ronds prolongés par des galeries semi-ouvertes qu’il laisse derrière lui. Ces galeries ont un aspect particulier, formant un dessin de plume ou de toile d’araignée. Le scolyte peut entraîner le brunissement et le dessèchement des rameaux de petits diamètre lorsque les galeries coupent les canaux conducteurs de sève.
Le xylébore
Il s’agit encore d’un coléoptère, et très proche visuellement comme dans les dégâts du scolyte. Les galeries sont creusées par les femelles qui y apportent du mycélium qui nourrira leurs larves. Leurs galeries sont perpendiculaires, ce qui entraîne un écoulement de sève. Les branches situées juste au-dessus de ces galeries deviennent brunes et dépérissent.
Les champignons
Le Phytophthora cinnamoni
Ce terrible champignon entraîne une mort rapide de l’arbre en bloquant totalement le passage de la sève. Il s’attaque à ses racines et, lorsque les signes de sa présence sont visibles, il est généralement trop tard pour soigner votre haie de thuya . On peut néanmoins repérer des traces de moisissure à la base du tronc.
C’est souvent lorsque les plantes sont en situation de stress que le Phytophthora s’y attaque, stress hydrique notamment ou sol trop compact,
Il faut arracher et traiter aussitôt et plusieurs fois vos autres thuyas avec un fongicide. Le remplacement de la terre sur l’ensemble de la souche et même au-delà est conseillé.
Le Didymascella thujina
On peut voir sur les aiguilles des minuscules taches en relief brun clair qui foncent rapidement. Lorsqu’elles tombent, les rameaux deviennent grisâtres, avec un aspect criblé.
C’est surtout le Thuja plicata atrovirens qui est touché par cette maladie qui n’a pas de traitement.
Le Chancre cortical du cyprès
Ce champignon, Coryneum cardinale, n’attaque pas seulement les cyprès mais aussi d’autres conifères, notamment les thuyas, et surtout lorsqu’ils sont plantés en haie. Cela s’explique par le fait que ce chancre pénètre principalement dans l’arbre par les plaies de taille, mais les plaies peuvent aussi être dues à un insecte ou à une branche arrachée. L’attaque commence souvent par la base du thuya, dont les branches deviennent rousses et se dessèchent. La maladie progresse vers le haut de l’arbre. On peut voir des chancres à la base des rameaux atteints, desquels sort une substance résineuse.
Il n’y a pas de traitement contre le chancre cortical. En début d’attaque, vous pouvez essayer de pulvériser de la bouillie bordelaise, mais attention aux surdoses.
Pour limiter les risques de maladies dues aux plaies de taille, lisez notre article “Tailler vos haies de conifères : thuya, cyprès…”.
L’araignée rouge est un véritable fléau pour les thuyas. Elle peut néanmoins être au moins régulée grâce à des gestes préventifs, notamment des bonnes conditions de culture, ainsi qu’avec des méthodes curatives. Les traitements contre l’araignée rouge sur le thuya sont nombreux et variés, il est même conseillé de combiner ces traitements pour de meilleurs résultats.
