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Les maladies fongiques, c’est-à-dire dues à des champignons pathogènes, sont des plus courantes au jardin, qu’il s’agisse du potager ou du jardin d’ornement. Le Phytophthora est l’un de ces pathogènes, responsable notamment du mildiou de la pomme de terre et de la tomate, mais pas seulement. Comment reconnaître les signes de sa présence et que faire ?
Informations
Description du Phytophthora
Le Phytophthora est un “champignon” pathogène, ou plutôt un genre de champignons, il en a été découvert une centaine, mais les chercheurs estiment qu’il pourrait y en avoir jusqu’à cinq fois plus. Jusqu’à il y a peu classé parmi les champignons, le genre Phytophthora fait aujourd’hui partie des Hétérocontes. Bien que morphologiquement proches des vrais champignons du fait de leur appareil végétatif, le mycélium, les Phytophthora est différent en termes de métabolisme et de reproduction.
Les Phytophthoras sont des organismes parasites qui attaquent un très grand nombre de végétaux, y compris des arbres. Certains sont très spécialisés quant à leur hôte, tandis que d’autres sont au contraire très généralistes.
Lorsqu’il est présent dans le sol, il parvient sur son hôte via des éclaboussures, grâce à des insectes ou tout autre contact.
Il est responsable de nombreuses maladies :
Le chancre du collet sur le pommier,
Le mildiou du fraisier est entraîné par Phytophthora fragariae, et c’est Phytophthora rubi qui est la cause du dépérissement du framboisier.
Le mildiou de la pomme de terre et de la tomate est causé par Phytophthora infestans.
Les poivrons sont attaqués par Phytophthora capsici.
Les cactées sont attaquées par le Phytophthora cactorum.
La maladie racinaire chez le rhododendron, la pivoine, les conifères, les viornes, le pieris, les bruyères, est provoquée par Phytophthora cinnamomi ou Phytophthora ramorum. Ce dernier n’étant pas trop problématique pour ces plantes de nos jardins qui sont des hôtes secondaires.
Le Phytophthora ramorum est par contre terriblement ravageur sur les arbres des forêts, leurs hôtes terminaux (chênes, hêtres, marronniers, mélèzes, érables, sapins…).
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Symptômes
Les symptômes sont assez variables, dépendant de l’espèce de Phytophthora dont il s’agit et quelle plante est touchée. On va s’intéresser aux mildious, qui touchent le potager et aux dépérissements dans le jardin d’ornement.
Les symptômes du mildiou
Il apprécie les jours humides (90 %) et doux (entre 16 et 22°) avec des nuits plus fraîches, et les rosées matinales lui sont aussi favorables. Inversement, il est détruit par temps sec et chaud, environ 30°. Très contagieux, c’est lui qui a provoqué la grande famine de 1840 en Irlande.
Sur la tomate et la pomme de terre, des taches huileuses se forment sur le limbe des feuilles. Elles virent ensuite au brun, au centre desséché et avec une marge claire sur la face supérieure des feuilles, qui correspond sur la face inférieure à un duvet blanc. Les pétioles, les pédoncules et les tiges peuvent aussi se marquer de taches brunes. Les tiges, fragilisées, peuvent se casser et les jeunes plants dépérir.
Sur la pomme de terre, les tubercules ont des taches allant du brun au violet. Sous la peau, la chair est tachée, des zones rouille marbrées présentent une texture irrégulière, comme une pourriture sèche.
Sur la tomate, la peau est bosselée et le fruit est sec, dur.
Sur les fraisiers, ce sont les jeunes feuilles qui sont atteintes en premier au printemps, flétrissant rapidement avant que les plants entiers deviennent bruns. Si vous les déterrez, vous verrez un système racinaire entièrement pourri.
Sur les framboisiers, le Phytophthora rubi attaque par temps humide et frais (5 à 15°), les cannes dépérissent et le système racinaire pourrit.
Les symptômes du dépérissement
Phytophthora cinnamomi est un parasite très courant au jardin d’ornement sur les plantes de terre de bruyère. Il pénètre dans l’organisme via une blessure du collet ou des racines superficielles et, à partir de là, il se répand vers les parties aériennes et vers le système racinaire.
Sa progression entraîne une pourriture au niveau des plaies des racines et du collet. Il est fréquent que le système racinaire rétrécisse. Il peut prendre divers aspects, en fonction du végétal touché. Pour les résineux, il devient mou et spongieux.
Par ailleurs, les feuilles changent de couleur et sèchent, elles s’enroulent parfois sur elles-mêmes. La progression peut être très rapide et atteindre le sujet en entier.
Lutte préventive
Le Phytophthora peut rester dans le sol ou dans les déchets végétaux durant plusieurs années, prêt à se disperser lorsque les conditions lui sont favorables, ces conditions étant assez variées. Il est aussi transporté par les outils, les gants, les bottes, et arrive également au jardin par des plantes contaminées.
Gestes de culture
Au moment de la plantation ou du semis, espacez suffisamment les plants afin que l’air puisse facilement circuler entre les feuillages, réchauffant et séchant les feuilles.
En sol compact, plusieurs possibilités : installer des drains, planter sur buttes, drainer le fond des trous de plantation, améliorer la structure du sol en amendant (solution à moyen terme).
Arrosez au pied et sans détremper le sol. Évitez autant que possible les éclaboussures. Si possible, arroser le matin afin que l’humidité soit chassée durant la journée.
Paillez le sol au pied de vos plantes, pour isoler de la plante les spores dans le sol.
Limitez les apports en azote, qui fait se développer beaucoup de jeunes tissus plus fragiles.
Limitez le travail du sol avec de gros outils à proximité du collet de vos plantes, afin d’éviter les blessures qui sont un point d’entrée évident pour les parasites.
Sélectionnez des variétés résistantes au mildiou.
Nettoyez soigneusement vos outils de travail et vos bottes, gants et autres équipements.
Lorsque vous achetez de nouveaux plants, mettez-les en quarantaine avant de les mettre en place à proximité d’autres végétaux. Les symptômes arrivent rapidement lorsque les conditions sont favorables.
Détruisez les organes touchés, qu’il s’agisse de feuilles, de tubercules ou de racines.
Pratiquez la rotation des cultures à la moindre suspicion de présence d’un Phytophthora, et une rotation longue, 4 à 5 ans au moins, est recommandée.
Méthodes douces
Il est possible d’utiliser des champignons auxiliaires, Trichoderma, qui vont entrer en concurrence avec le Phytophthora dans le sol. Des mycorhizes peuvent aussi être utilisées, qui vont améliorer la santé de la plante, la rendant plus apte à se défendre.
Quel(s) produit(s) ?
Appliquez de la bouillie bordelaise − application possible dès la formation des feuilles de vos plants de pomme de terre.
Une décoction de prêle peut être appliquée par pulvérisation une fois par semaine sur le feuillage des pommes de terre et des tomates lorsque le temps est chaud et humide.
La lécithine est efficace sur le mildiou de la tomate et de la pomme de terre (P. infestans), ainsi que sur celui de la fraise (P. fragariae). À diluer dans de l’eau froide.
Lutte curative
Il n'existe pas de traitement des maladies des plantes réellement efficace lorsque le Phytophthora est bien installée.
Gestes de culture
Vous pouvez néanmoins arracher et détruire les plantes malades et enlever la terre qui entoure leurs racines lorsqu’il s’agit de dépérissement. La terre doit être remplacée sur un grand volume, et n’installez pas de plantes sensibles au même endroit.
Améliorez le drainage pour éviter l'extension de la maladie.
Quel(s) produit(s) ?
Contrôlez les feuillages des plantes potagères sensibles au mildiou lorsque les conditions sont favorables afin de pouvoir traiter à la bouillie bordelaise ou à la lécithine dès les premiers signes après avoir supprimé les feuilles atteintes.
Si les tiges sont touchées, il est conseillé d’arracher le pied.
Traitez les plantes voisines sensibles comme indiqué dans la prévention.
