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SNHF
Jardiner de manière éco-responsable, c'est accepter de négocier avec les forces de la nature plutôt que la contraindre, en recherchant un équilibre entre différentes formes de vie au jardin, sans viser à tout prix la perfection.
Nous vous proposons 5 principes du jardinage éco-responsable : 1. Bien connaître l'environnement de son jardin : sol et conditions climatiques notamment, pour choisir les végétaux les mieux adaptés et les planter dans des conditions qui répondent le mieux à leurs exigences. La bonne plante au bon endroit s'épanouit mieux. 2. Adapter les pratiques à ces caractéristiques, notamment en matière de travail du sol, d'arrosage et de fertilisation. Une plante en bonne santé est plus résistante aux attaques, ce qui vous permet de limiter les traitements. 3. Anticiper les problèmes par l'observation et privilégier les mesures préventives aux traitements curatifs : "Prévenir plutôt que guérir". 4. Accepter de redonner des droits à la nature et tolérer un certain degré d'infestation qui ne nuise pas au résultat, avant d'intervenir chimiquement et privilégier les interventions manuelles ou naturelles. C'est également accepter des fruits et légumes peut-être plus petits et une récolte moins abondante, mais aussi plus saine. 5. C'est, enfin, faire preuve de modération dans ses interventions : arrosage, fertilisation et traitements ciblés et adaptés à chaque situation.
Jardiner de manière éco-responsable demande un minimum de compréhension des fondamentaux du jardin, mais n'exige pas d'être un scientifique : il fait surtout appel au bon sens et à l'observation. En le mettant en œuvre, vous redécouvrirez le plaisir d'un jardin en pleine forme, en phase avec la nature, de récolter des produits frais et sains, tout en limitant l'usage des produits dangereux pour l'homme et l'environnement.
Comment connaître l’environnement de son jardin ?
Il suffit de parcourir la France pour se rendre compte de la diversité des régions et de la végétation spontanée. Commencez à observer les caractéristiques de votre environnement, d'abord au niveau de la région, puis au niveau de votre jardin.
Trois éléments sont importants à connaître pour une bonne réussite des cultures : 1 - les caractéristiques climatiques 2 - l'exposition 3 - la nature du sol
1. Le climat
La France peut être découpée en douze zones climatiques. Chacune d'elle se caractérise par des températures moyennes et extrêmes, des précipitations, un ensoleillement, des vents dominants, l'existence d'embruns, etc. Les températures extrêmes, les périodes de gel et l'importance des pluies sont les principaux indicateurs qui guident le calendrier du jardinage et le choix des espèces. Le site de Météo-France permet de consulter les données de la station météo la plus proche de votre domicile. Cependant, au sein d'une même région, chaque site connaît un micro-climat spécifique, qui tient compte de nombreux facteurs: altitude, exposition, protection des vents, etc. Pour connaître précisément le micro-climat de son jardin, le jardinier a grand intérêt à faire des relevés de températures et de pluviométrie et à les noter. Deux accessoires permettent ces mesures: - un thermomètre (avec minimum et maximum de préférence), pour mesurer la température. Placez-le dans un endroit dégagé, isolé des apports de chaleur extérieurs, - un pluviomètre, pour mesurer la quantité de pluie tombée pendant une certaine durée donnée : placez-le dans un endroit dégagé.
Thermomètre avec mini-maxi Photo : C. Secq
Pluviomètre Photo : C. Secq
Relevez ces données, si possible tous les jours. Repérez les endroits du jardin où la neige fond en dernier, vous y planterez les plantes les plus rustiques. Avec le recul, vous apprendrez à connaître les nuances climatiques à l’échelle de votre jardin, les périodes avec risque de gel, etc. Cela constitue une base d'information solide pour savoir quand et où planter.
2. L'exposition
La configuration du lieu est déterminante. Observez votre jardin durant une journée, une fois le matin, une autre le midi et une dernière fois le soir, afin de repérer les zones d’ombre et d’ensoleillement, les ombres portées, et voir comment elles évoluent au cours d’une journée. Reportez-les sur un plan de votre jardin. Examinez aussi l’inclinaison du terrain. En effet, un terrain plat ne reçoit pas la lumière de la même façon qu’un terrain en pente : - incliné au sud : capte davantage la chaleur du soleil (les plantes poussent plus vite mais le sol s’assèche plus vite aussi). - incliné au nord : la croissance des plantes est retardée. - incliné à l’est : renforce les effets des gelées matinales. - incliné à l’ouest : ensoleillement de longue durée, plus fort impact des pluies.
3. La nature de son sol
La qualité du sol influe considérablement sur le comportement des végétaux. Le sol est à la fois le support physique des cultures, dans lequel se fixent les racines, leur source d'éléments nutritifs, d'eau et d'air. C'est un milieu vivant. De ses caractéristiques et de sa bonne santé va dépendre la capacité des plantes à se nourrir et à respirer. Connaître la nature de son sol est donc primordial pour : - choisir des plantes susceptibles de se plaire dans ce type de sol, - adapter le mode d’entretien du sol à ses caractéristiques physiques, - adapter les apports de matières fertilisantes pour compenser les carences du sol et les prélèvements des végétaux.
Un sol est caractérisé par sa texture, son pH (mesure de l'acidité) et son taux de matière organique.
- La texture du sol définit la taille et la nature des particules de terre. On dit d'un sol qu'il est plus ou moins léger ou lourd, selon qu'il se compacte facilement (il colle en cas de pluie) ou qu'il se délite.
- L'acidité du sol. Elle est mesurée par le pH. Un milieu est neutre quand son pH est de 7. En dessous, il est acide, au-dessus, il est basique. Les sols calcaires sont en général basiques, alors que les sols sableux ou très riches en matière organique (voir humus) sont plutôt acides. La plupart des plantes s'accommodent d'un pH autour de la neutralité. Certaines cependant préfèrent les terres acides (plantes acidophiles) ou au contraire calcaires. - Exemple de plantes "acidophiles" : toutes les plantes dites "de terre de bruyère" : azalée et rhododendron (Rhododendron), bruyère (Erika, Camellia...), myrtille (Vaccinium myrtillus), fougère aigle (Pteris aquilina), digitale (Digitalis)... - Exemples de plantes de terrain calcaire : sainfoin (Onobrychis), primevère (Primula), genévrier (Juniperus), chêne pubescent (Quercus pubescens), ciste (Cistus)...
Rhododendron Louis Philippe (La revue horticole 1852)
Trois variétés de Camellia (La revue horticole 1922)
- La richesse du sol en matière organique : La matière organique regroupe l'ensemble des matières d'origines végétale ou animale, qui vont se décomposer petit à petit dans le sol sous l'effet des bactéries et mettre ainsi à la disposition des plantes les éléments nutritifs qui les composent. La matière organique décomposée, aussi appelée « humus », joue un rôle primordial dans l'équilibre du système sol-plante : - elle agit comme liant entre les particules du sol et améliore sa structure, - elle constitue des réserves d'éléments nutritifs qui seront progressivement mises à disposition des plantes, - elle stimule l'activité biologique du sol, - elle améliore la capacité de rétention en eau et éléments fertilisants du sol, - elle assure un rôle « tampon » pour limiter l'influence néfaste d'un brusque changement de température, d'erreur de fertilisation, etc. Un sol de couleur foncée est en général riche en matières organiques, alors qu'un sol clair (calcaire, sable) en est plutôt dépourvu.
Terre sableuse Photo : JP Aquino
Terre riche Photo : JP Aquino
Maintenant que vous connaissez la nature de votre sol, ses avantages et ses inconvénients, vous pouvez chercher à le corriger (acidité), à l'améliorer (l'alléger, le nourrir...) avec des matières fertilisantes... Mais ne cherchez pas à y faire pousser des plantes qui demandent des conditions trop différentes, vous iriez au devant de déceptions. Choisissez des plantes adaptées à votre terrain. Les informations sur les plantes ayant des exigences spécifiques de sol sont en général indiquées sur les catalogues et les étiquettes des plantes en pots.
Nous espérons vous convaincre de l’intérêt de mettre en place progressivement les principes d'un jardinage responsable. Ces mesures simples vous apporteront de nombreuses satisfactions : - un jardin naturel, en pleine forme, qui vous donnera des produits sains, - le remplacement de certaines interventions fastidieuses comme les traitements par une observation plus attentive de votre jardin, - des économies, grâce à la réduction des traitements, engrais et consommation d'eau. En conciliant ces trois aspects: nature, santé et économies, vous contribuez à évoluer vers un nouveau mode de vie et de consommation.
Cet article est extrait d’un travail réalisé par la Commission Végétal et Développement Durable de la Société Nationale d’Horticulture de France.
Pour en savoir plus, rendez-vous sur www.snhf.org

