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Lavande fine, lavande vraie, lavande aspic, lavandin, la lavande possède beaucoup de noms mais a-t-elle autant de visages ? Et bien oui, car il existe plusieurs espèces de lavandes, qui possèdent leurs propres caractéristiques et se distinguent ainsi les unes des autres. Le lavandin, aujourd’hui le plus commun dans les champs, est un hybride naturel, pour autant non moins intéressant que ses parents. La lavande fine, également appelée lavande vraie, et la lavande aspic, sont des espèces sauvages, mais les qualités olfactives de la lavande vraie en ont fait le trésor de la parfumerie française. Et au jardin aussi !
Les lavandes
Toutes font partie de la famille des Lamiacées. Cette famille regroupe des plantes dont une des caractéristiques est la forme de leurs fleurs qui possèdent 2 lèvres (Les Lamiacées s’appelaient auparavant les Labiées). La lavande est un arbrisseau qui porte des fleurs groupés en épis odorants. Cependant, il n’y a pas qu’une seule espèce de lavande mais plusieurs, offrant plus ou moins de parfum et montrant des caractéristiques différentes. Ce sont par contre des plantes méditerranéennes, qui poussent le plus souvent en sols calcaires et caillouteux, arides et ensoleillés. Ces plantes très aromatiques sont particulièrement appréciées pour leur parfum et leurs nombreuses propriétés et sont de ce fait très cultivées. Les lavandiculteurs ont 2 “préférées”, qui sont la lavande vraie, ou lavande fine, et le lavandin. L’huile essentielle qui en est extraite est sécrétée par des poils glandulaires qui se trouvent sur le calice des fleurs et le revers des feuilles. La différence entre la lavande et le lavandin entraîne cependant des utilisations distinctes, l’une est plus qu’appréciée en parfumerie, l’autre sera plutôt réservée pour l’industrie.
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Notre sélection de lavandes :

La différence entre la lavande et le lavandin
Le lavandin
Le lavandin est une variété de lavande, issue d’une hybridation spontanée entre 2 espèces botaniques, donc naturelles, de lavande. Son petit nom est Lavandula x angustifolia latifolia (syn. Lavandula hybrida ou Lavandula x intermedia), et ses parents sont la lavande vraie, Lavandula angustifolia, et la lavande aspic, Lavandula latifolia (syn. Lavandula aspic). Comme toute hybride qui se respecte, elle ne peut pas se reproduire “naturellement”, par reproduction sexuée, il est nécessaire de la bouturer (elle est d’ailleurs souvent appelée lavande clonale). Le lavandin se trouve entre 200 et 800 mètres d’altitude et il peut aussi être trouvé en plaine, toujours dans des terrains rocheux, calcaires. Très robuste, il est de ce fait le plus répandu et l’on en trouve beaucoup dans la partie méridionale de la France où il s’étend spontanément. Une autre différence entre la lavande et le lavandin ? Son parfum est plus grossier que celui de la lavande vraie, d’ailleurs, même s’il est très utilisé dans l’industrie car il est très productif, il ne l’est pas dans la parfumerie. Il est en effet très rentable, donnant 1 litre d’huile essentielle pour 40 kg de lavandin. Son parfum est plus camphré que celui de la lavande vraie. On distingue le lavandin ‘Grosso’, très parfumé, du lavandin ‘Super’, au parfum plus épicé et camphré, ou encore de la variété ‘Abrial’ également très répandue. Le lavandin fleurit du mois de juin jusqu’à fin septembre. Il prend la forme d’un sous-arbrisseau à tiges ramifiées de 60 à 80 centimètres de hauteur. Ses feuilles sont opposées, assez étroites, d’un doux gris-vert duveteux. Ses épis floraux, de teinte violette, sont pointus et très ramifiés.

La lavande
La lavande vraie (ou lavande fine) pousse à moyenne altitude, à partir de 800 mètres, dans les plateaux secs et caillouteux de Haute-Provence. Elle s’y ressème spontanément. C’est un arbrisseau d’une cinquantaine de centimètres de hauteur et de largeur qui affiche de longues et fines feuilles et un seul épi floral par tige, lui aussi long et fin. La lavande vraie fournit une huile essentielle de grande qualité, c’est d’ailleurs la seule à bénéficier de l’AOC “Lavande de Haute-Provence”. Son parfum est très fin, floral et subtil. 100 kg de fleurs sont nécessaires pour fabriquer 1 litre d’huile essentielle. Elle est récoltée avant que les fleurs ne soient ouvertes, entre fin juillet et fin août en Provence. C’est la variété ‘Maillette’ qui est la plus utilisée pour son huile essentielle.
La lavande aspic, elle, pousse spontanément à basse altitude. Elle montre des feuilles bien plus larges, odorantes, et une plus haute taille. Ses tiges sont très ramifiées, et portent chacune plusieurs courts épis floraux. La floraison est plus précoce, démarrant dès le mois de juin et diffuse un parfum très camphré. Elle n’est pas cultivée.
Le saviez-vous ? Il est assez facile de reconnaître un champ de lavandin d’un champ de lavande vraie. Le premier est composé d’une plante stérile, donc de clones d’une même plante. La couleur va donc être uniforme. Le champ de lavande, lui, offre toute un camaïeu bleu violacé.
L’huile essentielle de lavande
L’huile essentielle de lavande est l’une des plus connues et utilisées, faisant partie de la pharmacopée du quotidien dans de nombreux foyers. On s’en sert pour favoriser le sommeil, ou bien pour soigner les petites plaies. Pour autant, chaque espèce de lavande montre une constitution biochimique différente de celle de ses cousines au niveau de l’huile essentielle qui est extraite de ses fleurs. Et cette différence entre les HE de lavande et de lavandin est assez marquée, car les différentes substances qui les composent leur donnent des propriétés médicinales variées.

HE de lavandin
Cette huile essentielle s’applique sur la peau, notamment pour des problèmes dermatologiques comme les mycoses, les démangeaisons, les petites coupures, ou encore l’acné ou la couperose. Elle est souvent recommandée pour les problèmes de sommeil grâce à ses effets relaxants, en vaporisation sur l’oreiller ou en diffusion. Elle peut également être utilisée en massage avec une huile végétale pour soulager des crampes, des contractures musculaires… Ses propriétés : antalgique, anti-infectieuse, anti-inflammatoire, antispasmodique, calmante, décontractant musculaire. Sa composition :
Monoterpénols : linalol et bornéol
Esters terpéniques : acétate de linalyle , acétate de lavandulyle
Cétone : camphre
Oxyde terpénique : 1,8-cinéole + béta-phellandrène
HE de lavande fine
Massages, soins du cheveu et de la peau, hygiène, la lavande vraie s’invite même à la cuisine. Elle apaisera autant les problèmes de peau que les contractures ou les problèmes nerveux et/ou spasmodiques. Ses propriétés : antalgique, antiseptique, antispasmodique, calmante, cicatrisante, hypotensive. Sa composition :
Monoterpénols : linalol, terpinèn-4-ol
Monoterpènes : (Z)-béta-ocimène , ( E)-béta-ocimène
Esters terpéniques : acétate de linalyle , acétate de lavandulyle
HE de lavande aspic
Une odeur herbacée et camphrée pour cette lavande qui sera utilisée en massages, mais aussi en diffusion, pour l’hygiène et les soins de la peau et des cheveux. Hormis les piqûres d’insectes et petites brûlures, elle calme les rhumatismes et douleurs musculaires et apaise les maux de tête et autres migraines et céphalées. Ses propriétés : antalgique, anti-infectieuse, calmante, cicatrisante, expectorante, stimulante du système immunitaire. Sa composition :
Monoterpénols : linalol
Monoterpènes : limonène
Oxydes terpéniques : 1,8-cinéole
Cétones : camphre
Cultiver de la lavande au jardin
Au jardin, il y a fort peu de différence entre la lavande et le lavandin. La lavande aspic, elle, est très peu cultivée.
La plantation
Lavande fine et lavandin apprécient le même type de terrain : bien drainé, pauvre, plutôt calcaire et sec, caillouteux ou sablonneux. L’exposition elle est toujours bien ensoleillée. Le lavandin est rustique, supportant sans problème des températures de -10 voire -15° dans de bonnes conditions, mais la lavande fine, plus habituée au climat de montagne, est plus résistante encore, tolérant jusqu’à -20°. Ils vont être plantés au printemps ou en automne en fonction des régions : dans le sud de la France, les zones où l’hiver est doux et l’été très chaud, l’automne est la meilleure période, laissant aux végétaux le temps de s’implanter avant les sécheresses estivales. Ailleurs, il est préférable d’agir au printemps, quand le temps se radoucit, pour éviter aux jeunes plants les rigueurs de l’hiver.
Nos conseils pour planter la lavande
Leur entretien
Le temps d’un bon enracinement, vous arroserez vos jeunes pieds de lavande et de lavandin lorsque le temps est sec.
La fertilisation est inutile.
Un paillage au pied peut-être utile dans les régions froides.
Une fois les épis fanés, vous pouvez les supprimer, mais préférez les récolter avant pour en profiter à l’intérieur, en bouquet ou pour en faire des sachets merveilleusement odorants. Pour un résultat optimum, c’est en pleine chaleur et avant une complète maturité qu’il faut cueillir les fleurs de lavande et de lavandin, c’est à ce moment là qu’elles sont le plus riches en huiles essentielles. Une fois défleuris, lavandes et lavandins seront taillés pour les garder compacts et réguliers. Attention cependant à ne jamais tailler le vieux bois !
La multiplication
La multiplication est LA différence entre la lavande et le lavandin, en terme de culture. En effet, le lavandin étant stérile, il ne peut être multiplié que par bouturage. La lavande fine ou la lavande aspic, elles, peuvent être multipliées par semis. Vous sèmerez les graines au cours du printemps en pépinière pour une mise en place en début d’été. Soyez patient, la levée est un peu longue ! La lavande peut bien évidemment être aussi multipliée par bouturage, ainsi que par marcottage. Le bouturage des lavandes peut être réalisé en été ou en automne. Les tiges herbacées ou semi-ligneuses seront bouturées entre juin et septembre, les ligneuses à partir de novembre.
Ses ennemis
Les lavandes sont très peu agressées par les ravageurs, protégées comme elles le sont par l’intensité de l’huile essentielle que contiennent leurs épis floraux. Quelques-uns quand même ne craignent pas cet effet hautement répulsif :
la chrysomèle de la lavande et du romarin (Chrysolina americana),
le phytoplasme du stolbur (Hyalesthes obsoletus) qui entraîne la maladie du dépérissement de la lavande,
la cécidomyie (Resseliella lavandulae).
Lisez notre fiche sur les maladies de la lavande pour en savoir plus
Conclusion Malgré leur proximité visuelle et botanique, on remarque facilement des différences entre le lavandin et la lavande. Tandis que le lavandin, plus haut et ramifié, exprime une odeur de camphre, les épis uniques de la lavande vraie répandent un parfum plus délicat. Dans les champs, c’est par son uniformité que s’affiche le lavandin, alors que la lavande va proposer de beaux dégradés de teintes. C’est encore au jardin que leurs différences sont les moins marquées, le lavandin un peu moins rustique ne pourra être que bouturé, et oui, c’est un hybride, il est donc stérile !
