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Conseils jardinage et plantes

Quels traitements aux huiles essentielles contre la pyrale du buis ?

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Peut-on employer un traitement aux huiles essentielles contre la pyrale du buis ? Ce papillon nocturne est un ravageur très invasif, dont la chenille dévore et détruit les buis. Ces arbustes persistants très présents dans nos jardins mais aussi dans nos sous-bois sont aujourd’hui en danger, car la pyrale du buis n’a pas de prédateur naturel dans cette région du monde dans laquelle elle est arrivée par accident il y a une dizaine d’années. Les solutions pour lutter contre cette vorace défoliatrice sont donc toutes bonnes à prendre et peuvent également se compléter les unes les autres pour plus d’efficacité. Les huiles essentielles font partie de ces solutions employées contre les ravageurs de nos jardins, parmi d’autres méthodes naturelles.

huiles essentielles

La pyrale, un danger pour les buis

Le buis, un arbuste patrimonial

Le buis est connu depuis l’Antiquité, utilisé pour l’ars topiaria. Son feuillage persistant d’un beau vert luisant lui donne en effet beaucoup d’intérêt. Sa croissance excessivement lente donne naissance à un bois très dur, qui est traditionnellement utilisé pour la fabrication d’instruments de musique et de manches de couteaux notamment. Ses qualités permettent de réaliser avec des buissons de buis les fameux topiaires qui sont la marque de fabrique des jardins à la française (bien que les topiaires soient donc d’origine romaine), d’autant qu’ils supportent très bien d’être taillés 2 fois au cours de l’année. Ils s’utilisent aussi dans les jardins familiaux pour la réalisation de haies, ils permettent la créations de bestiaires végétaux, ornent en pot les entrées de demeures bourgeoises, ou gardent leur silhouette spontanée dans les jardins plus naturels. Mais avant d’être des arbustes ornementaux, les buis sont des espèces de végétaux qui poussent spontanément dans la nature, appréciant les sols riches mais tout à fait capables de supporter des terrains pauvres et calcaires, voire arides. Buxus sempervirens, le buis commun, occupe les basses et moyennes strates de nombreux sous-bois, offrant le gîte à une nombreuse faune, participant à retenir les sols sur nos reliefs. Il protège également le pied des végétaux plus élevés qui l’entourent et régule la température du milieu. Les buxaies peuvent être très anciennes et font partie du patrimoine naturel du pays.


La pyrale du buis, un féroce ravageur

La pyrale du buis est un papillon nocturne, Cydalima perspectalis. C’est en Asie orientale qu’elle vit, importée en Europe de manière accidentelle dans les années 2000. Son habitat habituel se situe dans les zones tropicales et humides, mais ce papillon supporte parfaitement le climat tempéré européen, se répandant comme une traînée de poudre dans toutes les zones aux hivers peu ou moyennement rigoureux. Contrairement à son alimentation habituelle, composée de diverses espèces de buis, de fusains et de houx, elle ne se nourrit dans nos contrées que de buis, en tout cas pour le moment. On la trouve évidemment dans les parcs et jardins, mais aussi dans les massifs forestiers et les buxaies naturelles dans lesquels elle fait d’énormes dégâts. Sa présence en France date de 2008, et en 10 ans la pyrale a réussi à gagner tout le territoire, même si toutes les régions ne sont pas touchées avec la même gravité. Comme dans tout le reste de l’Europe, la pyrale n’y trouve pas de prédateur naturel. La disparition progressive des buis du fait de ce papillon fort invasif n’a pas que des conséquences purement esthétiques, elle endommage aussi la stabilité des reliefs et la biodiversité des sous-bois. Autre conséquence : les arbustes desséchés sont une proie facile pour les incendies de forêt dont les risques s’accroissent. Et il ne faut pas oublier que nombre de grands jardins possédant des buis font partie du patrimoine historique français comme les fameuses broderies de buis du château de Vaux-le-Vicomte dessinées par Lenôtre au 18e siècle. La pyrale est également un problème pour les activités humaines : les nuées de papillons dans les régions très envahies sont gênantes pour la circulation et pour la vie nocturne, ils peuvent aussi contrarier le bon fonctionnement de certains appareils. La pyrale, attirée par la lumière, peut même pénétrer dans les habitations, et ses chenilles peuvent parcourir arbres et façades de maisons une fois qu’elles sont venues à bout des buis disponibles aux alentours.

À savoir : il est possible de participer aux observations réalisées sur la pyrale du buis en communiquant avec le réseau Agiir, par exemple en les informant sur des actes de prédations, sur des dégâts importants ou sur une nouvelle présence.

À quoi ressemble la pyrale ?

Le papillon de la pyrale du buis est triangulaire, doté d’ailes irisées blanches entièrement bordées de brun. On trouve également des spécimens totalement bruns mais ils sont assez rares. Son envergure se situe entre 36 et 44 mm. Comme tout papillon nocturne, la pyrale passe la journée dissimulée sous des feuilles. Pourvue d’une trompe, la pyrale est par contre capable de se nourrir, au contraire de nombre de papillons nocturnes. Son butinage lui permet donc de vivre une quinzaine de jours. La chenille de la pyrale passe par 4 stades tout au long de sa croissance, mais elle garde la même apparence : un corps vert orné de bandes blanches et noires, avec de longs poils blancs isolés. Au premier stade, elle est minuscule, 3 mm, pour parvenir à une taille de 4 cm à son dernier stade. Elle devient ensuite une nymphe verte, qui brunit peu à peu. Le cycle entier (entre l’œuf et le papillon adulte) dure entre 45 et 60 jours, en fonction des températures. La présence de la pyrale est difficile à repérer : les œufs sont microscopiques, translucides et cachés sur le revers des feuilles de buis. À partir du deuxième stade, on peut cependant la repérer grâce à un examen attentif car la chenille commence à tisser des fils de soie, et elle parsème les feuilles et le sol au pied du buis de ses excréments vert sombre.


Quels traitements aux huiles essentielles contre la pyrale du buis ?

Quel est le mode d’action de la pyrale du buis ?

Vers le mois de février mars, les chenilles hivernantes sortent de leur cocon installé entre 2 feuilles et se mettent aussitôt à dévorer le feuillage. Elles ont hiverné à l’abri, plutôt vers le centre du buisson, c’est donc par l’intérieur qu’elles attaquent et c’est ce qui explique que leur présence passe inaperçue à ce moment là. Une fois adultes, aux alentours du mois de juin, elles prennent leur envol et se reproduisent. Les femelles vont pondre très vite, par plaques de 20 à 30 œufs, et peuvent donner naissance à un millier de chenilles dans leur vie en 2 à 4 pontes réparties entre juin et octobre (le nombre de ponte dépend du climat). Les œufs éclosent après 48 heures, et dès leur naissance les chenilles commencent à se nourrir. Leur taille microscopique ne leur permet d’entamer que la surface du feuillage et elles sont peu mobiles. Mais dès le deuxième stade, elles entament le dessus des feuilles. On peut déjà voir quelques parties du feuillage commencer à sécher. Au troisième stade, elles sont assez grosses pour consommer le feuillage par le côté, se montrant à partir de là de redoutables défoliatrices. Le feuillage prend l’aspect d’une dentelle et l’arbuste commence à s’affaiblir car il ne parvient plus à réaliser son processus de photosynthèse. Le quatrième stade est le plus dangereux, la chenille n’hésitant pas à manger l’écorce une fois que le buis est totalement défolié. Elle produit alors des blessures sur le végétal déjà très affaibli, qui peuvent être une porte d’entrée pour des agents pathogènes.

Nos hivers ne sont malheureusement pas assez froids pour stopper ce fléau. Certes les femelles ne pondent plus dès que les températures baissent, mais les larves (excepté au premier stade) et les nymphes se mettent en diapause, attendant pour reprendre leur croissance que les températures remontent. Pour lutter contre la pyrale du buis, des traitements aux huiles essentielles existent.


Traitement aux huiles essentielles de la pyrale du buis

Les huiles essentielles sont souvent employées au niveau médicinal, mais dans certains cas on peut aussi utiliser l’aromathérapie au jardin car elles ont de nombreuses qualités. Il est cependant préférable de les réserver pour certains cas graves, car elles possèdent des principes actifs en grande concentration. Elles ne s’utiliseront d’ailleurs que diluées et en faibles quantités.


Comment traiter la pyrale ?

Le traitement de la pyrale du buis aux huiles essentielles est justifié, elle peut sans problème être considérée comme un problème sérieux, d’autant que les solutions pour la supprimer sont assez peu nombreuses. Tout traitement curatif aux huiles essentielles (ou toute autre méthode) doit être réalisé dès l’arrivée des papillons. La pyrale est en effet très prolifique et son invasion est de ce fait particulièrement rapide. C’est pourquoi une attention toute particulière doit être portée aux buis, en surveillant notamment l’intérieur des buissons si la pyrale est apparue l’année précédente. Les premiers vols de ces papillons doivent également être surveillés.

Pour ce faire, la mise en place de pièges à phéromones (une substance qui imite l’odeur sexuelle de la femelle attire le papillon mâle, celui-ci tombe dans le réservoir d’eau) est très efficace. Ils permettent en effet de ne pas rater l’apparition de ces papillons et donc de connaître le seuil de déclenchement de ces traitements d'huile essentielle contre la pyrale du buis. La capture des mâles est également un bon moyen pour réduire le nombre de mâles. Pour bien utiliser ces pièges, il est fort utile de faire un suivi car c’est entre 7 à 10 jours après le pic de captures de pyrales adultes que les traitements doivent être déclenchés. La première attaque est souvent une surprise, et l’on découvre des buis ravagés par la chenille avant même de s’être aperçu de leur présence. Dans ce cas bien sûr, pour stopper l’attaque et donc les dégâts, un traitement au pyrèthre est presque indispensable. Par contre, des traitements plus écologiques seront préférés par la suite tels que les traitements à l'huile essentielle contre la pyrale du buis.


La menthe poivrée

C’est cette huile essentielle qui sera privilégiée en traitement contre la pyrale du buis. L’HE de menthe poivrée, Mentha x piperita, est communément utilisée pour de nombreux problèmes quotidiens (migraines, nausées, sciatique…), mais elle a aussi son utilité au jardin : elle est en effet réputée pour avoir un effet répulsif sur les rongeurs et sur de nombreux insectes (pucerons, fourmis, punaises, araignées, puces…), notamment sur les chenilles défoliatrices.

Pour 10 litres d’eau, vous aurez besoin de 60 gouttes d’HE de menthe poivrée et de 4 cuillères à soupe de savon noir. Celui-ci qui servira ici d’agent mouillant et de dispersant (les huiles essentielles sont insolubles dans l’eau), mais il a aussi la capacité de dessécher les chenilles. La préparation est à pulvériser sur la totalité du buis, à répéter 3 fois avec un intervalle de 15 jours entre chaque application. Un traitement d'huile essentielle efficace contre la pyrale du buis.

Le saviez-vous ? Les buis sont malheureusement victimes d’un type d’ennemi, le champignon parasite. Ce sont les espèces Volutella buxi et Cylindrocladium buxicola qui sont responsables de la maladie de dépérissement du buis qui décime un grand nombre de ces arbustes en France. Contre cette maladie fongique, il est possible d’utiliser l’huile essentielle d’orange douce, afin d’éviter l’usage de produits phytosanitaires.


L’huile de neem

Cette huile est couramment employée comme insecticide au jardin ou pour les animaux domestiques. Une dose de 15 cl mélangée à la même dose de savon noir dans 5 L d’eau est nécessaire pour traiter contre la chenille de la pyrale. Les buis doivent être traités dès le début de l’invasion, juste après la naissance des chenilles.


Les autres traitements naturels

La terre de diatomée

Les diatomées sont des algues microscopiques, dont les fossiles forment ce que l’on appelle la terre de diatomées. Il s’agit d’une poudre très fine, extrêmement coupante à l’échelle des insectes et particulièrement absorbante (jusqu’à 150 % de son poids), et qui est donc utilisée comme insecticide. Elle agit en se faufilant dans l’organisme de ces insectes. Une fois dans leur organisme, elle les entaille et agit comme une éponge, les privant rapidement de leur sang. Contre la chenille de la pyrale, le buis doit être aspergé de poudre et secoué afin que celle-ci parvienne à l’intérieur de l’arbuste.

N’agissez pas en période de pluie et renouveler l’application après une précipitation.

Le marc de café

Mélangé à la terre au pied de vos végétaux, le marc de café a un double emploi : c’est une matière organique riche qui va fertiliser le sol, et de nombreux insectes sont éloignés par l’odeur puissante du café. La pyrale semble faire partie de ceux-là.


Les méthodes mécaniques

Employer la force pour faire partir les chenilles des buis est tout à fait envisageable, tant que les arbustes ne sont pas trop nombreux ! Deux possibilités s’offrent à vous :

  • Le Karcher : un jet d’eau puissant détache les œufs du revers des feuilles et les détruit, les chenilles sont-elles aussi mises à mal par ce procédé. Il faut agir juste après les vols, donc les repérer grâce aux pièges. Passez bien sur l’ensemble des arbustes, en privilégiant le dessous des feuilles.


Le Karcher

  • Secouer les buis à la main ou avec un bâton. Les mouvements et vibrations font fuir les chenilles qui tombent au sol dans leur fuite. Il faut au préalable étendre une bâche sous les arbustes pour récupérer les ravageurs et les détruire.

Les solutions de biocontrôle

Les bactéries

C’est à l’aide du bacille de Thuringe que l’on traite le plus souvent les buis. Bacillus thuringiensis, BT, agit sur tous les stades des chenilles. Après l’ingestion du bacille, le système digestif des chenilles se paralysent. Les larves, ne pouvant plus se nourrir, meurent rapidement.

Les trichogrammes

Ces mini-guêpes parasitoïdes sont de plus en plus utilisées. Leur intérêt majeur est qu’elles pondent à l’intérieur des œufs de la pyrale, les empêchant d’arriver à maturité. Ce sont les Trichotop buxus qui sont utilisés pour le buis.

À savoir : même après une attaque très sévère qui l’a laissé sans feuilles, même si les chenilles se sont aussi attaquées à l’écorce, le buis reste vivant. Il est important de le chouchouter : arrosages, apports de matières organiques, afin qu’il se refasse une santé. Et dès le printemps prochain, voire avant l’hiver, il commencera à remettre des feuilles. Il est par contre crucial pour la sauvegarde de vos buis qu’ils ne subissent pas une autre attaque l’année suivante.

Conclusion

Les huiles essentielles contiennent des actifs puissants, qui nous viennent en aide dans de nombreux domaines : en prévention et pour soigner nombre de maux, en parfumerie et cosmétique, et même en cuisine et au jardin. Toujours à utiliser avec précaution du fait de leur concentration, le traitement avec certaines huiles essentielles de la pyrale du buis, ce ravageur féroce tout droit arrivé d’Asie dans les années 2000, est tout à fait possible dans certaines conditions. C’est la chenille de ce pourtant charmant papillon nocturne qui est à redouter, car elle est particulièrement vorace et se nourrit exclusivement de nos buis communs, répandus autant dans les jardins que dans les massifs montagneux et les sous-bois. Pour venir à bout de ce lépidoptère, tous les moyens à notre disposition doivent être employés, en prenant toujours en considération la préservation des autres espèces.