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Jardinage au naturel

Fourmis : symptômes et traitements

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On n’a pas toujours très envie de se battre contre les fourmis qui habitent notre jardin. À raison, car ce sont des travailleuses acharnées et très utiles pour le sol. Et très intéressantes à observer, en outre. Pourtant, il arrive qu’elles envahissent nos plantes et posent problème, car leur présence y est entraînée par celle de pucerons ou autres insectes piqueurs-suceurs qui, eux, sont nuisibles pour les plantes. Que viennent faire les fourmis et comment éviter l’affaiblissement des plantes colonisées ?

Des fourmis au jardin
Des fourmis au jardin - © Aleksander - stock.adobe.com

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Informations

Type de maladie : insectes

Périodes d'attaque : printemps, été

Parties touchées : collet, jeunes pousses, racines

Évolution : la plante s’affaiblit, les fleurs et les feuilles sont déformées

Terrain favorisant : les fourmis sont attirées par les colonies de pucerons (ou de cochenilles), qu'elles élèvent pour le miellat qu'elles sécrètent

Plantes sensibles : toutes les plantes qui attirent les pucerons, les cochenilles, les psylles…


Description des fourmis

La fourmi fait partie de l’ordre des Hyménoptères, à l’instar des abeilles et des guêpes. Le nombre d'espèces est considérable puisqu’on en compte plus de 12 000 espèces réparties partout dans le monde. En France, plus de 200 espèces sont répertoriées. Toutes les espèces sont sociales, elles vivent en colonies très organisées.

De tailles et de couleurs très différentes en fonction des espèces, la fourmi présente néanmoins toujours la même morphologie : une tête pourvue d’antennes coudées ultrasensibles qui lui servent pour le toucher comme pour l’odorat et de mandibules puissantes. Leur thorax porte leurs six pattes, ainsi que les ailes chez les mâles et la reine. Le thorax est relié à l’abdomen grâce à deux segments très étroits qui lui donnent une taille de guêpe. L’abdomen porte généralement un aiguillon qui lui sert à se défendre en envoyant de l’acide formique.

Très actives, les fourmis explorent leur territoire afin de trouver de la nourriture. Le miellat, ce liquide ambré ressemblant à du miel qui excrètent les insectes piqueurs-suceurs (pucerons, cochenilles, psylles…), est constitué des résidus non digérés par les insectes qui ne retiennent que les protéines, ces résidus étant principalement des sucres mais aussi des acides aminés et des minéraux. Il est un aliment très apprécié par les fourmis, qui vont jusqu'à élever des pucerons pour en avoir toujours à disposition. Pour récupérer ce précieux miellat, elles vont directement à la source, à l’extrémité de l’abdomen des pucerons. Et s’il n’y a pas de miellat qui arrive, elles se servent de leurs antennes pour tapoter cet abdomen. De là à dire qu’elles traient les pucerons, il n’y a qu’un pas !


Fourmis et pucerons
Fourmis et pucerons - © Paweł Kacperek - stock.adobe.com

Cet “élevage” peut être fait sur les plantes sur lesquelles se trouvent déjà des pucerons ou des cochenilles − il peut y avoir des élevages directement dans les fourmilières. Elles vont protéger de leurs prédateurs cette source d’alimentation. Faisant augmenter la taille de la colonie, au grand désavantage de la plante ainsi colonisée. 

Néanmoins, toutes les fourmis n’élèvent pas de pucerons et tous les pucerons ne travaillent pas avec elles.

Par ailleurs, les fourmis peuvent creuser des fourmilières sous des plantes ou juste à côté, mettant ainsi leurs racines à découvert. Ce sont les espèces de taille un peu importante qui font des nids de grande taille avec beaucoup d’entrées qui peuvent être un problème pour les plantes.

Les fourmis sont surtout nuisibles parce qu'elles incitent des ravageurs à se multiplier. Sachez néanmoins qu’elles dévorent aussi des insectes nuisibles et qu’elles sont très efficaces pour aérer le sol, le nettoyer des insectes morts et autres déchets organiques. Cherchez à réguler leur population et à éviter qu’elles aillent sur vos plantes plutôt qu'à les détruire complètement, ce sont des insectes utiles et qui ne s’attaquent pas à vos végétaux, leur rôle est indirect.

Avant de passer à la lutte contre les fourmis, observez leur manège. Car, bien que cette relation fourmi et pucerons soit généralement mutualiste, elle ne l’est pas systématiquement. Soit parce qu’il ne s’agit pas d’une espèce myrmécophile, soit parce que l’espèce de fourmis n’est pas de celles qui utilisent ainsi les pucerons. Soit d’autres raisons encore, qui font que cette relation mutualiste se transforme en relation proie et prédateur. Les fourmis sont alors vos alliées pour débarrasser vos plantes des pucerons. 

Pour en savoir plus, suivez nos conseils sur les fourmis : amis ou ennemis du jardinier ?.

Symptômes

Une présence massive de fourmis indique la plupart du temps la présence d’insectes piqueurs-suceurs avec lesquels elles ont une relation de symbiose, notamment les pucerons, les cochenilles ou les psylles.

  • Des colonnes de fourmis montent et descendent sans cesse le long du tronc ou des tiges.

  • Il y a du miellat sur les feuilles.

  • La plante s’affaiblit.

  • Les feuilles s’enroulent sur elles-mêmes, ses jeunes feuilles ou fleurs sont déformées.

  • Des monticules de terre ou des galeries sont visibles au pied des plantes.

Les entrées d’une fourmilière
Les entrées d’une fourmilière - © cineos - stock.adobe.com

Lutte préventive

Gestes de culture

  • Elles ne s’installent pas dans un endroit constamment humide. Paillez le pied de vos plantes pour que la surface reste bien fraîche afin de les décourager.

  • Inspectez très régulièrement vos plantes sensibles, notamment les bourgeons, le revers des feuilles et les aisselles des feuilles et des tiges pour ôter les pucerons et autres cochenilles dès qu’il y en a. Sans ces sources de miellat, pas de fourmis sur vos plantes.


Méthodes douces

  • Collez des bandes de glu sur les troncs et branches des arbres et arbustes que les pucerons, cochenilles et autres apprécient. Placez-les à environ 40 centimètres du sol. Veillez bien à en placer même sur les plantes alentour si elles peuvent servir d’accès, même si elles n’ont pas de pucerons. Attention également aux branches qui touchent le sol ou un mur. 

  • Mettez autour du pied de vos plantes sensibles des tranches de citron, dont les émanations olfactives peuvent perturber les pistes de phéromones déposées par les fourmis.

  • Plantez des aromatiques répulsives telles que le basilic, la lavande et la menthe au pied des plantes que vous savez sensibles aux pucerons et autres. Leurs odeurs fortes peuvent perturber les sens des insectes.

  • Nettoyez très régulièrement le miellat déposé sur les feuilles pour éviter de les attirer.


Les produits

  • Une barrière de terre de diatomées saupoudrée autour des pieds de vos plantes peut limiter la quantité de fourmis. À renouveler après chaque pluie.


Lutte curative

Comment faire pour se débarrasser des fourmis lorsqu’elles − et les pucerons ou cochenilles − sont trop nombreux pour la plante ?


En écojardinage

  • Les bandes de glu sont aussi une solution curative si vous repérez une plante très envahie par les fourmis et leurs troupeaux. Empêchées de rejoindre leur lieu d’approvisionnement, elles ne pourront plus protéger leurs troupeaux dont vous pourrez alors vous occuper.

  • Si la fourmilière s’est installée dans un pot de fleurs, plongez celui-ci dans une bassine d’eau et laissez ainsi durant ½ heure.


Quel(s) produit(s) ?

  • Utilisez des nématodes, ces vers microscopiques qui parasitent les larves de fourmis (et d’autres insectes), les Steinernema feltiae, à diluer dans l’eau d’arrosage et arrosez là où vous repérez des fourmilières. Généralement, les fourmis déménagent aussitôt leur nid, pour sauver la progéniture de la reine. Les nématodes doivent être utilisés lorsque la température dépasse les 10° (et rester supérieure durant au moins 24 heures) et le sol doit être bien mouillé à l’application puis le rester humide durant le mois suivant l’application. À utiliser seulement en cas d’invasion majeure, car il n’y a pas que les larves de fourmis qui sont appréciées par ces prédateurs microscopiques.