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Conseils jardinage et plantes

Les chenilles du poirier

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Les plus communes chenilles sur le poirier ne sont pas très nombreuses, et seule l’une d’entre elles, la zeuzère, est particulièrement dangereuse pour la survie de l’arbre. Les tordeuses, carpocapses et autres hyponomeutes font des dégâts somme toute assez limités. D’autant plus limités que vous veillez attentivement sur vos arbres fruitiers de façon à pouvoir agir rapidement en cas d’agression ! Car des moyens de lutte existent et sont facilement applicables pour la plupart, à mettre en place au plus tôt, voire préventivement, pour limiter l’extension de ces agresseurs.

Les chenilles du poirier

Quelles chenilles sur le poirier ?

La zeuzère du poirier

La grande chenille orange clair pointillé de noir sur le poirier est une zeuzère du poirier, Zeuzera pyrina. Il s’agit d’un lépidoptère polyphage, très dangereux pour ces fruitiers. Le papillon est assez grand, environ 5 cm d’envergure, avec des ailes blanches tachées de points noirs. Il vole entre juin et août. La femelle pond plusieurs centaines d‘œufs dans l‘écorce du poirier. Une fois nées, les chenilles tissent un nid dans lequel elles vont rester jusqu’à ce que les conditions leurs soient favorables. Elles se déplacent ensuite à l’extrémité des jeunes rameaux dont elles vont se nourrir, puis se déplacent de rameaux en branches, y pénètrent et creusent des galeries, provoquant l’assèchement des parties attaquées et la fragilisation de l’arbre tout entier. On peut distinguer au niveau des trous d’entrée les excréments et la poussière de bois rejetés par la chenille. Pour en savoir plus, lisez notre fiche maladie sur la Zeuzère du poirier.


La chenille tordeuse

Les chenilles tordeuses sont nombreuses mais 3 espèces surtout s’attaquent aux arbres fruitiers, et c’est la tordeuse des buissons, Archips rosana, que l’on trouve principalement sur le poirier. Le papillon d’environ 2 cm est brun gris et vole entre la fin du mois de mai et la fin du mois de juillet. La femelle pond jusqu’à 150 œufs sur l’écorce des poiriers. Ils ne vont pas éclore, attendant le printemps suivant, entre fin février et début mai. Les petites chenilles tordeuses du poirier mesurent jusqu’à 2 cm, elles sont vert olive avec une tête brune. Elles commencent par pénétrer dans les bourgeons, puis font des toiles qui relient les feuilles entre elles. Celles-ci prennent une forme de cigare enroulé et seront grignotées, ne restent que les nervures. Les fruits se trouvant au contact des feuilles peuvent également être grignotés. L’attaque des bourgeons provoque la chute prématurée des fruits.

À savoir : la cheimatobie brumeuse, la chenille arpenteuse, n’attaque pas le poirier mais plutôt pommiers, cerisiers, abricotiers et pruniers, ainsi que des essences forestières.


Les chenilles du poirier

Le carpocapse du pommier et du poirier

Le papillon est petit, moins de 2 cm, de teinte grisâtre, et il vole au crépuscule de fin avril à fin mai, à une température minimale de 15°. La femelle pond une quarantaine d’œufs sur l’arbre (feuilles, fruits, rameaux). Une fois les œufs éclos, vers la fin du mois de mai, les chenilles se “baladent” avant de pénétrer dans les fruits. Elles mesurent 2 cm maximum et sont de teinte rose pâle, parfois tirant sur le rouge, avec une tête brun foncé. Elles passent toute leur vie dans les fruits, n’en sortant que pour le stade de la nymphose qui se passe dans l’écorce du poirier ou du pommier. Une deuxième, voire une troisième génération peut naître selon le climat. Les fruits attaqués peuvent pourrir ou chuter. S’ils ne sont pas ainsi abîmés, ils peuvent être consommés en ayant soin d’ôter les galeries des chenilles. 

À savoir : la chenille grise à points noirs du poirier est en fait une larve de petites mouches, les tenthrèdes, qui se nourrit de la sève des bourgeons.

L’hyponomeute du poirier

L’hyponomeute, Yponomeuta malinellus, est un petit papillon qui a comme plantes-hôtes les poiriers et les pommiers. Il est beige pâle tacheté de noir et vole seulement au crépuscule, durant l’été. Les femelles d’hyponomeute pondent quelques dizaines d’œufs à l’extrémité de rameaux du poirier, regroupés en ooplaques. L’éclosion a lieu à la fin du mois de septembre, après laquelle les jeunes chenilles entrent en repos jusqu'au mois de mai suivant. Au réveil, elles mesurent environ 1 cm de long et sont de teinte beige jaune pâle toujours tacheté de noir. Elles vont se diriger vers les feuilles dans lesquelles elles vont creuser des tunnels pour se nourrir. Les feuilles peuvent alors présenter des déformations et des galeries, ces dernières étant plus difficiles à distinguer. Après la floraison du poirier, elles se regroupent en nids autour des rameaux et en dévorent les feuilles. Si des fruits se trouvent à l’intérieur des nids, ils peuvent également subir des dégâts. Après ce second stade larvaire, elles entrent en nymphose, le papillon prenant son vol en juillet. Elles laissent des rameaux défoliés ou habillés de feuilles percées et desséchées. Pour en savoir pus, lisez notre fiche sur la maladie de l'hyponomeute.

À savoir : elles ne sont pas urticantes.


Les chenilles du poirier

Méthodes de lutte contre ces chenilles

  • Posez des bandes de glu autour des troncs, elles sont utiles pour gêner leur progression dans l'arbre et supprimer de nombreux individus.

  • Détruisez les nids par le feu. Lorsque les chenilles ne sont pas urticantes, vous pouvez ôter les nids sans risque.

  • Le Bacillus thuringiensis peut être pulvérisé le soir sur le poirier, bactérie qui vise spécifiquement les Lépidoptères.

  • Plusieurs chenilles peuvent être visées par des pièges à phéromones spécifiques selon leur espèce.

  • Méthode spécifique à la zeuzère qui creuse des galeries dans le bois : introduisez un fil de fer dans les galeries visibles pour les tuer, la galerie sera ensuite rebouchée au mastic. La taille en-dessous des parties atteintes est également possible.

  • Favorisez la présence d’oiseaux dans votre jardin. La mésange notamment est connue pour sa voracité à l’encontre des chenilles, quelles qu’elles soient !

Conclusion Comme tous les arbres fruitiers, de nombreux insectes s’attaquent au poirier, notamment des chenilles. Celles-ci ne sont pas seulement friandes des fruits comme on pourrait le penser, mais également des feuilles voire du bois, selon les espèces. Heureusement elles font rarement de gros dégâts, hormis la terrible zeuzère qui est capable de miner un arbre entier. Pour bien lutter contre ces agresseurs, l’observation est la clé. Elle permet en effet de limiter les dommages en s’attaquant rapidement au problème, avant qu’il ne devienne grave. Et pour vous aider, n’oubliez pas les mésanges !