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Malgré sa beauté sous sa forme adulte, la zeuzère du poirier est un féroce ravageur des arbres et des arbustes dans son état de chenille. Elle dévore en effet le bois de ses hôtes, ce qui fait courir de grands risques aux plus jeunes, aux plus âgés, ou aux sujets affaiblis. Comment reconnaître et, surtout, lutter contre la zeuzère du poirier ?
Informations
Description de la zeuzère du poirier
La zeuzère du poirier, Zeuzera pyrina, est un beau papillon blanc à taches sombres, aspect qui lui a donné son surnom de “papillon léopard”. La larve de ce lépidoptère de la famille des Cossidae se développe dans le bois de très nombreuses essences d’arbres et arbustes. On trouve la zeuzère du poirier partout en France, dans toute l’Europe et en Amérique du Nord, dans les bois et forêts, les parcs, les jardins, les vergers, jusqu’à 1000 m d’altitude.
Assez grosse, la zeuzère femelle adulte mesure 5 à 6 cm d’envergure, pour 3,5 à 4 cm chez le mâle. Les ailes sont blanches, presque translucides ouvertes, et parsemées de nombreuses tâches d’un bleu plus ou moins foncé. La tête est blanche, avec des antennes portant des sortes de peignes chez les mâles, simples chez les femelles. Le thorax, (entre la tête et l’abdomen) blanc et duveteux, porte six tâches bleu sombre. L’abdomen tire vers le gris pâle et est, lui aussi, marqué de taches bleu sombre, plus grosses que sur les autres parties du corps.

Il s’agit d’un papillon nocturne, qui effectue son premier vol de reproduction entre la fin du printemps et le début de l’été et qui meurt au bout de dix jours environ, sans s’être jamais alimenté. La femelle pond jusqu’à 1000 œufs en groupe ou isolés sous l'écorce ou sur les tiges des arbres, dans les bourgeons, dans les anciennes galeries, voire dans la terre. Ces œufs d’1 mm de long sont blanc crème à saumon, ovoïdes, ils éclosent au bout de sept à vingt jours.
Les chenilles de la zeuzère du poirier, appelées aussi "chenilles ronge-bois", sont d’un jaune plus ou moins vif pointillé de noir sur chaque segment et atteignent 5 cm de long, leur tête est brune et présente des dessins jaunes.

Juste après l’éclosion, les chenilles se rassemblent dans un cocon de soie puis se dispersent, allant vers l’extrémité des branches et tiges. Il arrive aussi qu’elles soient transportées par le vent sur un autre hôte. Elles commencent par s’y nourrir des parties vertes et tendres de leur hôte, feuilles, pétioles, nervures, très jeunes tiges, puis l'écorce des jeunes rameaux avant de migrer plusieurs fois (2 à 5, en général), en allant toujours vers des branches de diamètre supérieur. Pour finir dans le tronc ou les branches principales.
Au mois d’août, elles commencent à creuser des galeries dans le bois vivant, en se dirigeant vers le haut. Elles peuvent redescendre parfois par l’extérieur, suspendues par un fil de soie. Elles vont s’activer jusqu’à l’hiver, entrant alors en pause, pour redémarrer au printemps suivant, généralement début mai.
Les chenilles deviennent des nymphes entre avril et juillet et deviennent adultes de manière souvent échelonnée, généralement entre juin et août. Dans les régions les plus froides, les zeuzères n’ont pas le temps d’accomplir tout leur cycle en une année, elles passent donc un second hiver dans le bois de leur arbre.
Le fait qu’elles s’attaquent au bois vivant fait de la zeuzère un ravageur sérieux pour les arbres et arbustes. Lorsqu’il s’agit de sujets très jeunes, leur présence, même minime, peut tuer leur hôte. Un jeune arbre déjà formé, de trois ou quatre ans, va voir ses branches charpentières attaquées de l’intérieur, il peut perdre certaines d’entre elles. Et les vieux arbres ne résisteront pas longtemps, et les périodes de sécheresses n’aident pas. Seuls les sujets adultes et en bonne santé seront peu touchés, notamment s’ils sont bien irrigués et fertilisés de manière équilibrée. Ils peuvent néanmoins se voir affectés d’un ralentissement de leur croissance.
Symptômes
Les symptômes de la présence de zeuzères du poirier sont peu évidents et ne sont souvent visibles que lorsque le travail de sape des chenilles est déjà bien entamé.
Au cours de l’été, on peut repérer la présence des chenilles dans le bois quand elles y creusent leurs galeries, car elles laissent la sciure excavée et leurs excréments, formant des amas oranges à rouges, luisants, en entrée de galerie ou au sol. Ces amas sont souvent accompagnés d’écoulement de sève.
Durant l’été également, les rameaux ou les tiges dépérissent par leur extrémité, les tiges sèchent, il y a souvent cassure là où le bois a été évidé.
Entre juin et août, il est possible de voir la nymphe vide à la sortie de la galerie qui lui a servi de refuge.
Comme elles affaiblissent l’arbre, celui-ci est fréquemment la cible d’autres insectes xylophages tels que la sésie du pommier, les scolytes et le cossus gâte-bois.
Lutte préventive
La lutte contre la zeuzère du poirier est malheureusement peu efficace, y compris lorsqu’elle est préventive, et cette chenille a peu de prédateurs naturels une fois engagée dans sa galerie protectrice.
Gestes de culture
Une observation très régulière des arbres durant l’été est la seule manière de repérer la chenille de la zeuzère avant qu’elle n’attaque les rameaux. Jusqu’au mois d’août, ce sont les parties vertes des arbres et des arbustes qu’il faut examiner.
S’il y a eu une attaque et que vous avez coupé des branches − ou qu’elles sont tombées au sol −, traitez les galeries présentes ou brûlez le bois.
Méthodes douces
En mai et début juin, boucher les trous faits dans les troncs et les rameaux va empêcher les papillons adultes de sortir, limitant la reproduction.
Les phéromones ne sont plus utilisées pour piéger les mâles, la méthode attirant plus de zeuzères qu’elle n’en détruit.
Quel(s) produit(s) ?
Des applications de Bacillus thuringiensis seront efficaces dans le cas où peu de végétaux sont touchés. Renouvelez l’application tous les dix à quinze jours.
Lutte curative
Conseils de traitement
Lorsqu’une galerie est repérée, on peut introduire à l’intérieur un fin fil de fer rigide pour extirper ou tuer la chenille. Formez un petit crochet à son extrémité et ramonez la galerie avec le fil de fer. Raclez bien les parois si vous ne ramenez pas la chenille au grand jour, il est possible que vous l’ayez tuée à l’intérieur de la galerie. Il est judicieux après ce ramonage d’attacher un fin tissu imbibé d’alcool autour de votre tige pour nettoyer la galerie, puis de fermer celle-ci avec du mastic pour les greffes ou une pâte d’argile.
Il est possible d’injecter un produit de biocontrôle dans les galeries, mais c’est moins efficace à ce moment-là que lorsque les chenilles viennent d’éclore et sont encore à l’extérieur.
Quel(s) produit(s) ?
Les produits à base de Bacillus thuringiensis sont les plus efficaces contre ces chenilles, vous pouvez tenter une application tous les dix jours mais sans garantie de résultat.
