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Comme pour de nombreuses plantes communes dans nos jardins, on pense à “La lavande” comme sujet unique, mais il suffit de se pencher un peu sur le sujet pour s’apercevoir qu’il n’en est rien. Il y a en effet différents types de lavande, une bonne vingtaine même, très proches les uns des autres, mais il est en fait relativement simple de les distinguer les uns des autres. Lavande fine, aspic ou lavandin n’ont pas le même arôme, les parfumeurs ne s’y trompent pas, et montrent quelques petites différences, tant dans leur aspect que dans leur usage, qui vous permettront de bien les choisir !
Quel type de lavande choisir pour son jardin ?
Combien de sortes de lavandes ?
La lavande est une Lamiacée, famille botanique autrefois nommée Labiée car les végétaux qui la composent ont une caractéristique commune notable : leurs fleurs montrent une corolle à 2 lèvres, la supérieure formant comme un casque, l’inférieure trilobée et plane. Autres caractéristiques faciles à distinguer : tiges quadrangulaires, feuilles persistantes, duveteuses et odorantes, toujours opposées. Thym, origan, menthe, sauge, romarin et un grand nombre de plantes dites “méditerranéennes” font partie de cette famille. Il existe une vingtaine d’espèces de lavandes répertoriées, toutes originaires du pourtour de la Méditerranée et des côtes africaines jusqu'au sud-est de l’Asie, inféodées aux zones sèches, arides et pauvres. La lavande se présente sous la forme d’un arbrisseau plus ou moins grand et buissonnant en fonction des espèces. Elle porte des épis fleuris bleu mauve, très odorants. Ce parfum de lavande, renommé et très familier, est particulièrement apprécié dans la parfumerie ainsi que dans les domaines qui concernent la propreté.
La lavande fine ou vraie Lavandula angustifolia est une lavande montagnarde, qui pousse entre 800 et 1200 mètres d’altitude. À l’état sauvage, elle se trouve exclusivement dans les montagnes sèches provençales. Elle est de petite taille, une cinquantaine de centimètres de hauteur, avec des feuilles fines. Ses tiges florales ne comptent qu’un seul long et fin épi d’une teinte bleu mauve caractéristique mais variant entre le mauve pâle et le bleu violacé. Son parfum est fin et délicat, d’où ce nom de “lavande fine” que lui ont donné au départ les parfumeurs.
Existe-t-il une différence entre lavande vraie et lavande fine ? Il n’y en a aucune, les 2 appellations désignent la même plante, Lavandula angustifolia (syn. Lavandula angustifolia P. Miller, Lavandula officinalis, Lavandula vera). Elle possède d’ailleurs d’autres noms : lavande officinale, lavande de population. Ce dernier nom lui est donné par les distillateurs et les cultivateurs, car il s’agit d’une espèce sauvage, qui se reproduit facilement par dispersion de ses graines, en opposition au lavandin qui doit être multiplié par bouturage. Il y a par contre de nombreuses sortes de lavande fine, de multiples variétés plus ou moins compactes, aux épis de blanc à violet sombre...
Le saviez-vous ? La lavande traditionnellement utilisée chez les parfumeurs est la lavande vraie, mais sa culture tend à disparaître car nombre d’entre eux utilisent aujourd’hui des essences artificielles. Mais il reste encore des champs de lavande vraie en Provence, d’autant plus que son huile essentielle est de très bonne qualité, notamment en aromathérapie. Dans cette culture, c’est la lavande ‘Maillette’ qui est la plus utilisée, une sélection plus résistante et régulière, et surtout adaptée à la culture en plaine. Le lavandin, très productif, est aujourd’hui le type de lavande le plus cultivé mais il est surtout utilisé pour l’industrie, car moins fin et qualitatif que la lavande vraie. La lavande ‘Matheronne’ et la ‘Maillette’ sont des lavandes dites clonales, qui se reproduisent par bouturage. Les distillateurs mélangent parfois les huiles essentielles de ces 2 variétés pour se rapprocher de l’huile essentielle de lavande fine. La lavande ‘Maillette’ a les mêmes vertus que la lavande fine, bien qu’un peu moins marquées. La lavande ‘Maillette’ s’utilise contre les moustiques, mais préférez la lavande aspic qui peut ensuite très efficacement soulager les piqûres des dits moustiques !
La lavande aspic Lavandula latifolia (syn. Lavandula aspic) est un arbrisseau qui pousse à basse altitude, en-dessous de 800 mètres. De plus haute taille, environ 1 mètre, elle affiche de larges feuilles duveteuses toujours gris-vert et des épis floraux assez courts, trapus, sur des tiges florales ramifiées. L’ensemble exprime des notes très camphrées, notamment lorsque la floraison est en cours, à partir de juin-juillet.
À savoir : la lavande aspic, la lavande vraie (ou lavande fine) et le lavandin, ainsi que les autres espèces ne fleurissent pas tous en même temps, c’est un autre indicateur pour savoir quelle lavande vous avez sous les yeux.
La lavande maritime … ou encore “lavande à toupet”, “lavande papillon”, “lavande stoechade”. De plus petite taille, aux alentours de 40 centimètres, cette lavande (Lavandula stoechas) affiche en effet, surplombant ses épis floraux, de curieuses bractées qui ont l’aspect d’un papillon ton sur ton délicatement posé sur les fleurs. Les épis eux-mêmes sont courts et trapus, presque carrés qui dégagent un arôme camphré.

Le lavandin Le lavandin est un hybride, issu d’un croisement spontané entre la lavande fine et la lavande aspic et sélectionné pour ses qualités. Son petit nom botanique est donc Lavandula x angustifolia latifolia (syn. Lavandula hybrida et Lavandula x intermedia). Il ne se reproduit que par multiplication végétative, on le voit d’ailleurs souvent apparaître sous le nom de “lavande clonale”. Il vit en plaine et jusqu’à 800 mètres d’altitude dans les terrains caillouteux. Très cultivé et résistant, il est très répandu, d’autant plus qu’il se marcotte spontanément. Sa présence presque exclusive tient à cette résistance et à sa grande productivité : 40 kg de lavandin suffisent pour extraire 1 l d’huile essentielle, alors que la lavande vraie demande pour le même volume 100 kg de fleurs. Certes il n’a pas la même délicatesse, car il est plus riche en camphre mais il est très intéressant pour ses nombreuses propriétés médicinales et il garde cette odeur de lavande typique que l’on associe depuis toujours au propre.
Le saviez-vous ? Au Moyen-Âge, une bonne odeur était synonyme de santé, de pureté. La lavande était alors utilisée pour chasser les maladies infectieuses, le mot “lavande” semble d’ailleurs tirer son nom du latin “lavare”, qui signifie laver.
Lorsque l’on n’y regarde pas de trop près, il ressemble en tous points à ses 2 parents hormis un seul : ses tiges florales sont ramifiées, présentant toujours la tige principale et 2 tiges opposées. Il forme un petit buisson de 60 à 80 centimètres de hauteur, dont les tiges sont habillées de feuilles tomenteuses gris-vert. Ses fleurs forment un épi plus pointu et violet. Sa floraison débute tôt, au mois de juin, et se poursuit jusqu’à la fin du mois de septembre.
À savoir : contre les poux, lavande vraie ou aspic peuvent être utilisées mais c’est le lavandin qui montre le plus d’efficacité.
La lavande dentée Lavandula dentata est également nommée “lavande alpine” ou encore “lavande des Alpes”. Comme son nom l’indique, ses feuilles sont dentées, ou plutôt lobées car les petites découpes y sont arrondies. Installées par 2 opposées sur des tiges de 50 à 70 centimètres, elle forme un buisson très ramifié et étalé. Elle fleurit au cours du printemps puis de façon sporadique jusqu’à l’automne mais elle est moins parfumée que les autres lavandes citées et son odeur se rapproche un peu de celle du romarin. Ses épis sont petits et peuvent être surmontés par des bractées, comme la lavande papillon.

Choisir une lavande selon son terrain
Pour savoir quelle sorte de lavande choisir pour son jardin, il faut s’appuyer sur le type de sol ainsi que l’exposition avant tout, ensuite, c’est votre goût personnel et l’utilisation que vous allez en faire qui vont vous guider. La lavande, comme toute méditerranéenne qui se respecte, apprécie les sols relativement pauvres et caillouteux, voire sablonneux, plutôt calcaires et le plein soleil. Cependant, la lavande dentée sort du lot en préférant des terres un peu plus fraîches et fertiles. Elle est assez frileuse et sera plutôt plantée en pot. Quant à la lavande maritime, c’est en sol acide ou neutre, fertile et sec, qu’elle sera à son aise. Frileuse elle aussi, elle sera à abriter dès -5°C. Dans tous les cas, un sol argileux devra être allégé, drainé, pour recevoir des lavandes. Réaliser de petites buttes peut également être une solution.
Planter et cultiver la lavande La lavande se plante entre le printemps et la fin de l’automne, en évitant aussi bien les périodes de chaleur et de sécheresse que les périodes de gel ou de pluies intenses. Il est généralement conseillé d’adapter la plantation à sa région :
En automne pour les régions à hivers doux, durant lesquels la plante aura le temps de s’installer et suffisamment d’eau pour ne pas manquer, avant l’été généralement plus chaud et sec.
Au printemps dans les régions à hivers froids et étés courts. Les jeunes sujets évitent les périodes glaciales de l’hiver auxquels ils ne résisteraient pas et peuvent supporter un été qui arrive moins tôt et est moins sec.
La lavande est de culture simple. Résistante à la sécheresse, mis à part la première année durant laquelle les arrosages devront être réguliers lors d’épisodes secs, elle ne demande rien d’autre qu’une petite taille à la fin de la floraison (ou avant la reprise de végétation) afin de lui conserver une forme harmonieuse et compacte. Faites juste attention à ne pas tailler le vieux bois qui ne permet aucun rejet. En pot, les arrosages seront plus fréquents sans pour autant être abondants, ils viseront jute à ne pas laisser le substrat se dessécher totalement.
À savoir : la plante bleue type lavande que l’on voit souvent dans les jardins est le népéta.
Multiplier la lavande Cette multiplication est simple par contre elle demande de connaître l’espèce à multiplier. S’il s’agit d’une lavande clonale, vous pourrez toujours attendre la levée de vos plants… ! Une lavande “sauvage”, par contre, démarrera facilement à partir de ses graines de l’été précédent, semées en juillet dans un substrat fin et léger. Après un hiver passé hors gel, vous pourrez mettre vos plants en terre au printemps. Le bouturage peut être fait à partir de jeunes tiges dont vous taillerez 10 ou 15 centimètres sous un nœud. Débarrassées de la majorité des feuilles, elles seront elles aussi mises à l’abri puis plantées au cours du printemps.
À savoir : c’est juste avant l’ouverture complète des fleurs qu’il faut récolter la lavande pour la faire sécher ou pour une utilisation thérapeutique. Et dans l’idéal, le matin de très bonne heure. En effet, dès l’ouverture des fleurs et sous l’action du soleil les huiles essentielles contenues dans la plante se dissipent progressivement.

Choisir une lavande pour ses propriétés médicinales
Lavande fine, lavande aspic et lavandin sont assez proches chimiquement, la lavande maritime par contre diffère sur un plus grand nombre de point, c’est pourquoi au contraire de ses cousines elle est utilisée surtout en usage externe. Les lavandes fines, aspic et le lavandin en infusion seront utilisés pour les migraines, l’asthme, les bronchites, ils combattent la fièvre, les étourdissements, les spasmes d’origines diverses. Les insomnies et autres problèmes de sommeil, le stress, les angoisses, sont également des indications de ces différents types de lavande. Leur huile essentielle sera remarquable en friction sur des douleurs dues aux rhumatismes, sur des entorses ou des foulures. Elle pourra également aider aux soins des plaies, des brûlures et est très efficace pour calmer la peau après des piqûres d’insectes. Bien qu’elles présentent un grand nombre de propriétés communes, leur efficacité d’action peut varier, donc vous pourrez faire un choix parmi les différents types de lavande à installer dans votre jardin en fonction de vos affections ou problèmes. Pour des problèmes nerveux, d’endormissement ou pour ses effets antispasmodiques et hypotenseurs vous choisirez plutôt la lavande vraie. Elle est également recommandée en cas de migraines.
La lavande aspic sera préférée pour sa capacité à soulager les piqûres et brûlures ainsi que pour ses effets bénéfiques en cas d’eczéma.
Le lavandin, grâce à sa richesse en camphre, est un bon remède pour les spasmes et crampes musculaires. Il présente également, comme la lavande vraie, des propriétés sédatives et calmantes.
La lavande maritime se révèle efficace en applications cutanées pour soigner les otites. Elles est aussi indiquée en cas de plaies et de problèmes cutanés tels que l’eczéma car elle est antibactérienne. Elle affiche également de bonnes propriétés expectorantes, mucolytiques et anticatarrhales.
La lavande est le parfait exemple de la richesse des plantes, tant dans leur aspect que dans leurs propriétés. En terme thérapeutique, elle est l’une des plus importantes de par l’étendue de ses indications. Elle montre également à quel point il est utile d’avoir un petit coin pour ces aromatiques bienfaitrices dans n’importe quel jardin ou même sur le balcon !
