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Les différents pièges à chenilles processionnaires s’utilisent à 2 moments clé de la vie de ce ravageur : l’un avant la reproduction, l’autre lorsque ces chenilles descendent au sol afin de s’y transformer en papillon. Ces méthodes de capture sont donc complémentaires, et pourront même s’associer à d’autres solutions afin de lutter le plus efficacement possible contre les nuisances représentées par les chenilles processionnaires du pin ou du chêne. Celles-ci sont en effet un véritable fléau. Non contentes de ravager les forêts de résineux ou de chênes, elles sont en plus excessivement urticantes, nombre d’animaux domestiques ou sauvages en ont fait les frais, tout comme les humains d’ailleurs !
La chenille processionnaire du pin
Un vrai nuisible
La chenille processionnaire est le stade larvaire d’un papillon nocturne, Thaumetopoea pityocampa. Ce papillon de 35 à 40 mm est gris cendré avec des bandes sombres, plus marquées chez le mâle que chez la femelle qui a une teinte plus claire. Elle affiche également une plus grande taille que le mâle, un abdomen plus volumineux et cylindrique et des antennes plus fines. La naissance de l’imago a lieu en été. Il va aussitôt se reproduire, et le mâle meurt juste après. La femelle attendra d’avoir pondu ses œufs, environ 200 disposés entre des aiguilles de pin. Elle les protège à l’aide d’écailles brunes ou blondes aux reflets nacrés, l’ensemble formant comme un manchon très caractéristique bien que peu voyant du fait de sa taille, entre 2 et 3 cm. La femelle de la processionnaire du pin a un vol assez lourd qui l’empêche de voler haut, les pontes se font donc généralement sur les branches les plus basses des résineux ce qui compense leur discrétion en terme de visibilité. Ses essences de prédilection sont les pins maritime, sylvestre, d’Alep ou encore le pin noir d’Autriche, et en second choix les cèdres ou les sapins. Cependant, la densité de la population dans certaines zones la pousse vers d’autres essences comme le genévrier. La chenille naît après 4 à 6 semaines, vers la fin de l’été. Sa taille minuscule au premier stade, 3 mm à peine, ne l’empêche pas de commencer aussitôt à se nourrir des aiguilles de son hôte. La colonie tisse des nids temporaires pour s’y abriter, qu’elle quitte en processions lorsque la nourriture vient à manquer sur le rameau occupé. Lorsque la larve de la processionnaire arrive au quatrième stade, l’automne est arrivé. La colonie tisse alors un nid d’hiver à l’extrémité d’une branche pour bénéficier de la chaleur du soleil. Les chenilles sortent se nourrir tant que les températures le leur permettent, puis elles restent enfermées jusqu'au redoux. C’est à ce moment là, en fin d’hiver, qu’elles descendent de leur arbre, toujours en procession. Elles ont besoin de s’enterrer sous terre pour préparer leur chrysalide. Ces processions, dont chacune représente une colonie entière, ont lieu au printemps, entre février et mai selon les régions. La chenille est vorace, et plus il y a de colonies sur un pin moins celui-ci conservera d’aiguilles après leur passage. Pour autant, une année de ce régime ne tue pas l’arbre, celui-ci repartira très vite. Par contre, ces hôtes indésirables deviennent néfastes pour lui s’ils reviennent année après année. La défoliation empêche le processus de photosynthèse de se faire, l'arbre s’affaiblit, ouvrant une brèche pour des pathogènes. Autre conséquence désastreuse de leur présence : les poils urticants qui jonchent les nids, le sol après leur passage, dont la substance allergène reste active durant des mois. Cette espèce autrefois limitée aux régions du sud de la France trouve de plus en plus de régions favorables à son développement, grâce au réchauffement climatique. En effet, il faut des hivers où les températures descendent en-dessous de -16° pour “refroidir” la processionnaire du pin, et ces températures se raréfient, même en montagne où la chenille progresse également en altitude. Les dates de ponte et de procession deviennent également moins stables : les automnes doux et chauds entraînent des processions au mois de novembre, on peut trouver parmi les colonies partant en nymphose des chenilles de stade inférieur qui se sont perdues... Il devient donc de plus en plus difficile d’appliquer des solutions au moment opportun.
Les pièges à chenilles processionnaires du pin
Il existe 2 types de pièges pour la chenille processionnaire du pin, qui n’emploient pas la même méthode de capture et qui ne s’utilisent pas à la même période, puisque le premier s’adresse aux papillons tandis que le second vise les chenilles lors de leur procession finale.
Comment capturer le papillon ?
Les pièges à phéromones pour la chenille processionnaire du pin émettent des hormones sexuelles femelles, afin d’attirer des mâles et de les capturer. Ces pièges limitent de ce fait le nombre de femelles fécondées, et donc le nombre d’œufs pondus. Ils sont installés à la fin du printemps, vers le mois de juin, pour rester en place jusqu’à fin septembre. Il faut compter 1 piège par pin, ou bien tous les 25 mètres si les arbres sont groupés. Ces pièges présentent un autre intérêt, celui de déterminer avec précision le début de la saison de reproduction de ce ravageur. Il sera ainsi plus facile de connaître le moment idéal pour employer des moyens de lutte complémentaire, 1 mois après le vol en ce qui concerne le traitement au Bacillus thuringiensis.
Comment piéger la chenille ?
L’éco piège contre la chenille processionnaire du pin est un système qui encercle l’arbre occupé par ces larves et les empêche de rejoindre le sol. Le collier est percé en un point d’où part un tube qui rejoint un sac. Les chenilles parcourent le collier et poursuivent de gré ou de force leur chemin vers le bas, en descendant ou en tombant dans le tube. En effet, à ce stade là, elles sont programmées pour rejoindre le sol, donc incapables de remonter le long de l'arbre. Une fois que la procession est totalement terminée, le sac sera détaché et brûlé. Les colliers, adaptables, existent en plus en diverses tailles, afin de s’ajuster au mieux au diamètre de votre pin. Ils sont réutilisables une fois que le sac collecteur a été détruit, celui-ci peut être acheté séparément. Ils s’utilisent entre décembre et mai, en fonction du climat de votre région. Ce système de piège est idéal car il limite au maximum les manipulations et ne s’adresse qu’aux chenilles processionnaires du pin, aucun autre insecte ne sera piégé dans la collerette.
Attention : le piège doit être hors de portée des enfants ainsi que de vos animaux domestiques. Il peut être nécessaire de supprimer quelques branches basses pour pouvoir l’installer à une hauteur suffisante.

Réaliser des pièges maison
Il est tout à fait possible de fabriquer son propre éco-piège pour la chenille processionnaire du pin. Celui-ci consiste en une collerette creuse qui est collée au tronc, percée d’une sortie tubée. Le tube débouche dans une poche qui recueillera les chenilles. Les matériaux et méthodes sont variées qui permettent de bricoler un éco-piège, mais voici un exemple de réalisation.
Le matériel
Une feuille de plexiglass fine. Elle doit pouvoir s’enrouler autour de l’arbre. En calculant le diamètre de votre arbre, prenez en compte le boudin de mousse qui assurera une bonne mise en place contre le tronc.
De la mousse en boudin (type bas de porte).
Un tube assez large (trop étroit, elles tournent à l’intérieur et ne tombent pas dans le sac), un tube d’écoulement de machine à laver par exemple.
De la colle néoprène,
une sangle à cliquer,
clous, œillets à sertir,
un sac solide,
de la terre.
La réalisation
Découpez le boudin au diamètre du tronc moins le tube.
Découpez la feuille de plexi : une hauteur d’au moins 10 cm et la largeur totale du boudin + tube + 20 cm de recouvrement (les chenilles ne doivent pas pouvoir se glisser entre les 2 bords de la feuille).
Collez le boudin le long du bord de la feuille plexi à l’aide de la néoprène (attention, elle ne prend pas à moins de 10°).
Placez le système autour de l’arbre, y compris le tuyau glissé dans le “manque” du boudin et placez la sangle au niveau du boudin. Serrez bien. Attention à ce que le tuyau soit à fleur du haut du boudin, afin que les chenilles tombent ou descendent à l’intérieur. Le haut du plexi doit être loin du tronc, sinon les chenilles, en s’étendant, passeront par dessus la gouttière. Bloquez le recouvrement de la feuille plexi avec des trombones.
Repliez le haut du sac 2 fois pour qu’il soit bien fermé et réalisez en haut une entaille pour y passer le tube.
Placez les 2 œillets à sertir de part en part, qui serviront à accrocher le sac sur l'arbre grâce à des clous.
Installez le sac avec un peu de terre à l’intérieur avec le tube qui se glisse à l’intérieur. Celui-ci ne doit pas toucher la terre.
Lorsque le sac est plein et que la procession est terminée, vous incinérerez le sac. Équipez-vous avec masque hermétique, gants, manches et jambes longues, les poils présents dans le sac vont s’envoler avec la chaleur. Et pensez à vous installer dos au vent.
Et la chenille processionnaire du chêne ?
Description du ravageur
Comme la processionnaire du pin, cette espèce est un ravageur, mais ses hôtes de prédilection sont les chênes à feuillage caduc. On la trouve couramment en France comme dans d’autres pays d’Europe du sud. La chenille de la processionnaire du chêne est grise avec une partie ventrale, hérissée de nombreux et très longs poils argentés. Durant sa période larvaire, elle consomme les feuilles de son hôte, pouvant rapidement venir à bout de la totalité du feuillage. Ses dégâts sont particulièrement importants durant l’été. L’arbre peut cependant se remettre de cette attaque si celle-ci ne se reproduit pas plusieurs années d’affilée. Dans ce cas par contre, trop affaibli, il pourra être la proie de pathogènes ou d’autres ravageurs. Une autre conséquence de la pullulation de cette espèce concerne les risques d’allergies, chez les hommes comme chez les animaux domestiques ou sauvages. En effet, elle possède elle aussi, dès le troisième stade, des plages urticantes qui contiennent chacune des milliers de soies urticantes. Elle ne descend jamais au sol mais les nids pleins de poils se délitent peu à peu, libérant ces soies urticantes. Les herbivores sont susceptibles de brouter sous des chênes infestés. Tous types de travaux sur des chênes peuvent faire s’envoler des nuages de ces soies et devraient donc faire l’objet de précautions particulières. Les chênaies sont à éviter lorsqu’il fait très chaud ou lorsqu’il y a du vent.
L’envol des adultes et leur reproduction se produit au cours de l’été, entre août et septembre en moyenne. Les femelles vont déposer leur ponte au sommet d’un arbre, en ooplaques d’une centaine d’œufs disposées autour de fines branches. L’éclosion n’aura lieu qu’au printemps suivant, avant le débourrement. Si celui-ci tarde, les petites chenilles entrent dans une phase de repos jusqu'à moment où elles pourront enfin se nourrir. C’est en fin de journée et durant la nuit qu’elles sortent de leur nid pour s’alimenter. Celles-ci se déplacent plutôt en formant plusieurs rangs contigus, formant des rubans plus ou moins larges. Cet abri tissé est temporaire, elles en fabriquent un nouveau, plus grand, à chaque mue, souvent plaqué sur le tronc et les branches maîtresses.
Leur dernier stade larvaire arrive en été, à partir duquel elles ne s’alimentent plus. Elles tissent chacune, dans le nid, un cocon dans lequel elles passeront leur nymphose qui dure entre 30 et 40 jours. Ce nid peut être de grande taille, jusqu’à 1 mètre de long les années de pullulation car les colonies peuvent se rassembler. Mais en temps normal les nids en forme de bourse mesurent entre 15 et 30 centimètres. Les chenilles processionnaires du chêne ont un autre point commun avec leurs cousines du pin, les années de pullulations alternant avec des périodes à densité beaucoup moins élevées.
Les pièges pour la chenille du chêne
Il n’existe qu’un seul type de piège pour cette espèce, celui qui utilise les phéromones sexuelles. L’éco-piège ne lui en effet pas adapté, car la chenille processionnaire du chêne ne descend jamais au sol, restant toute sa vie dans son arbre-hôte.
Les pièges à phéromones
Le piégeage des chenilles processionnaire du chêne à l’aide de phéromones va être mis en place en juillet, jusqu'au mois de septembre, pour capturer les mâles et les empêcher de féconder les femelles. Le piège s’installera directement dans l’arbre, à raison d’1 ou 2 pièges par arbre en cas d’arbres isolés, il faudra compter 1 piège tous les 25 m pour des groupements ou alignements d’arbres. Il se place au niveau des branches charpentières, à un endroit dégagé afin que les papillons ne soient pas gênés pour y accéder. Les phéromones contenues dans le piège permettent 3 mois de capture. Le piège est bien sûr réutilisable, il suffit de le réapprovisionner en phéromones.
Où trouver ces pièges ?
L’achat du piège pour la chenille processionnaire du chêne se fait également dans votre jardinerie Gamm vert ou via notre site de vente en ligne. Les doses de phéromones doivent être conservées au réfrigérateur, voire au congélateur pour une conservation de plusieurs mois.
Autres méthodes de lutte contre les processionnaires
Les chenilles processionnaires ont de nombreux prédateurs : mésanges, araignées, chauves-souris, coléoptères… Une biodiversité riche et un jardin attractif pour les oiseaux sont les clés pour éviter la pullulation de ces ravageurs dans votre environnement proche. Les mésanges charbonnières, pipistrelles, oreillards et autres murins seront privilégiés pour leur grand appétit. Une mésange est capable de vider un nid à elle seule, et les chauves-souris capturent les papillons en plein vol, se complétant ainsi parfaitement.
L’utilisation de Bacillus thuringiensis avant le stade L3 (lorsqu’apparaissent les plages urticantes) : appliqué par pulvérisations, cette bactérie empoisonne les jeunes chenilles, paralysant leur système digestif et les tuant à court terme. Le traitement sera effectué en avril-mai (20 jours après le débourrement des feuilles du chêne) pour les processionnaires du chêne. La processionnaire du pin sera traitée entre la mi-septembre et la fin octobre. Certes efficace, cette méthode est cependant à utiliser en dernier recours. En effet, le bacille de Thuringe n’est pas spécifique aux chenilles processionnaires, tous les lépidoptères y sont sensible (au stade larvaire).
L’échenillage consiste à l’élimination des nids. Les professionnels sont équipés pour réaliser cette action mais il reste possible de le faire soi-même. Cependant, il est important de veiller à prendre toutes les précautions pour se protéger : combinaison et masque étanches, bottes, gants. Le nid des chenilles processionnaires du chêne peut être éliminé durant leur nymphose, en été. Leur stade de chrysalide les empêchera de se défendre en projetant leurs soies empoisonnées.
La destruction des chrysalides de la processionnaire du pin : c’est durant l’hiver que cette destruction peut être effectuée. 1 mois après que les larves se soient enterrées, il faut les extraire et les brûler, toujours en prenant toutes les précautions nécessaires pour qu’il n’y ait aucun risque d’exposition aux poils urticants.
Mise à part la destruction des nids, qui n’a aucun raison d’être si vous avez installé des éco-pièges sur vos arbres, les méthodes de lutte contre les chenilles processionnaires vont se compléter.
La chenille processionnaire, qu’elle soit du chêne ou du pin, pose suffisamment de problèmes pour que l’on s’attache à mieux la combattre. Pour ce faire, diverses solutions existent qui sont d'autant plus efficaces lorsqu’elles se complètent, mais les pièges restent une méthode fiable pour réduire le nombre de chenilles dans votre environnement proche. Une fois que les pièges à phéromones auront empêché un certain nombre d’adultes de se reproduire, les éco-pièges empêcheront les chenilles d’aller accomplir leur transformation en adulte, terminant le travail. Malheureusement, l’éco-piège est inutile pour la processionnaire du chêne, car c’est dans l’arbre qu’elle se transforme en chrysalide.
